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Les 4 étapes d’une séance d’hypnose pour la peur des transports

Visualisez le déroulement d’une consultation type à Saintes.

TSThierry Sudan
24 avril 202613 min de lecture

Vous êtes assis là, dans ma salle d’attente, à Saintes. Peut-être que vous regardez votre montre en vous demandant si vous allez vraiment oser me raconter cette peur qui vous gâche la vie depuis des années. Cette angoisse qui monte dès que vous pensez à prendre l’avion, le train, la voiture sur l’autoroute, ou même le bus pour traverser la ville. Vous avez tout essayé : les médicaments, les respirations, les listes de vérification, les promesses que vous vous faites à vous-même. Rien n’y fait.

Et puis un jour, vous tapez « hypnose Saintes peur des transports » dans Google. Vous arrivez ici. Et maintenant, vous vous demandez : qu’est-ce qui va se passer concrètement ? Est-ce que je vais vous endormir ? Est-ce que vous allez perdre le contrôle ? Est-ce que ça va marcher pour quelqu’un comme vous, qui n’arrive même pas à regarder une vidéo de turbulences sans serrer les poings ?

Je vais vous raconter comment se déroule une séance type, pas à pas. Pas de théorie abstraite, pas de promesses en l’air. Juste ce que vous vivrez si vous poussez cette porte.

Pourquoi votre peur des transports n’est pas un caprice, mais un programme de survie

Avant d’entrer dans les étapes, il faut qu’on pose une chose claire : votre peur n’est pas un défaut de caractère. Ce n’est pas de la faiblesse, ni un manque de volonté. C’est un programme de survie qui tourne en boucle, comme un logiciel qui aurait été mal installé.

Prenons l’exemple de Julien, 42 ans, commercial. Il vient me voir parce qu’il refuse depuis trois ans les déplacements en TGV pourtant nécessaires à son boulot. À chaque fois qu’il s’approche d’une gare, son cœur s’emballe, ses mains deviennent moites, et il a cette sensation d’étouffement. Il se dit : « Je suis nul, je devrais pouvoir gérer ça, c’est juste un train. » Mais ce discours ne fait qu’enfoncer la culpabilité.

Ce que Julien ne voit pas, c’est que son cerveau a fait une association. À un moment donné – parfois un événement précis, parfois une accumulation – son système limbique a décidé que « transport = danger ». Depuis, chaque fois qu’il monte dans un train, son amygdale cérébrale (le détecteur de menace) s’active avant même qu’il ait eu le temps de réfléchir. C’est un réflexe, pas un choix.

L’hypnose ne va pas effacer ce programme. Elle va permettre à son cerveau de réinstaller une mise à jour. Pas en niant la peur, mais en créant de nouvelles associations plus adaptées. Et ça se fait en quatre étapes, que je vais vous détailler maintenant.

Étape 1 : L’accueil et l’histoire de votre peur (30 minutes environ)

La première séance commence toujours par une discussion. Pas une discussion de docteur qui vous regarde de haut avec un carnet. Une vraie conversation où je vous écoute.

Je vais vous demander : « Racontez-moi votre peur. Pas la théorie, pas ce que vous avez lu sur Internet. Racontez-moi la dernière fois où vous avez eu peur dans un transport. Qu’est-ce que vous avez ressenti dans votre corps ? Qu’est-ce qui vous a traversé l’esprit ? »

Ce n’est pas un interrogatoire policier. C’est une exploration. Je cherche à comprendre la structure de votre peur : est-ce que c’est la sensation d’enfermement ? La perte de contrôle ? La peur de l’accident ? La foule ? Le vide ? Chaque peur des transports est unique, même si les symptômes se ressemblent.

Prenons Sophie, 35 ans, graphiste. Elle vient pour une peur de l’avion. Mais en creusant, on découvre que ce n’est pas le décollage ou les turbulences qui la terrifient. C’est le moment où les hôtesses ferment les portes. Cette sensation de « c’est trop tard, je suis piégée ». Cette peur est liée à un souvenir d’enfance où elle s’était retrouvée enfermée dans un placard lors d’un jeu. L’avion, pour elle, c’est ce placard.

Je vais aussi vous demander ce que vous avez déjà essayé. Parce que vos tentatives sont précieuses : elles me disent ce qui ne marche pas pour vous. Et surtout, je vais vérifier une chose essentielle : est-ce que vous êtes prêt à changer ? Pas à guérir du jour au lendemain, mais à expérimenter une autre façon de faire.

« La peur des transports n'est pas une ennemie à abattre. C'est une partie de vous qui a pris trop de pouvoir. L'hypnose lui redonne sa juste place : celle d'un gardien, pas d'un dictateur. »

À la fin de cette première partie, je vous explique en deux minutes le principe de l’hypnose ericksonienne : ce n’est pas un état de sommeil, c’est un état de conscience modifiée, comme quand vous êtes tellement absorbé par un film que vous oubliez que vous êtes dans votre salon. Vous restez aux commandes, vous pouvez parler, bouger, sortir de la transe si vous voulez. Simplement, votre conscient critique s’apaise, et votre inconscient peut entendre de nouvelles propositions.

Étape 2 : L’induction et l’installation de la ressource (15 minutes)

C’est le moment où vous vous installez dans le fauteuil. Pas un divan de psychanalyste où vous êtes allongé sans savoir quoi faire. Un fauteuil confortable, où vous pouvez poser vos pieds et vos mains.

Je vais vous guider avec ma voix. Pas une voix monotone de hypnotiseur de spectacle. Une voix calme, rythmée, qui suit votre respiration. Je vais probablement commencer par un exercice simple : « Portez votre attention sur votre respiration. Pas pour la modifier, juste pour la remarquer. Inspirez, expirez. »

Ce n’est pas magique. C’est un chemin. Je vais utiliser des images que vous me donnez dans la première partie. Si vous êtes quelqu’un de visuel, je parlerai de couleurs et de formes. Si vous êtes plutôt sensoriel, je décrirai des sensations de chaleur, de poids, de légèreté.

L’objectif ici est d’installer une ressource. Avant de toucher à la peur, il faut que votre système nerveux sache qu’il existe un état de sécurité. Je vais vous demander de vous souvenir d’un moment où vous vous êtes senti calme, confiant, en contrôle. Peut-être un lieu, une musique, une personne. Et je vais ancrer cette sensation : par un geste, un mot, une respiration.

Je me souviens de Marc, 50 ans, dirigeant d’une PME. Il était terrorisé à l’idée de prendre le train pour Paris. Dans son passé, il avait été un marin passionné. Je lui ai demandé de se remémorer une journée en mer, par beau temps, où il sentait le vent et le bateau glisser. En quelques minutes, son visage s’est détendu, ses épaules sont descendues. Cette ressource – la sensation d’être porté par un mouvement fluide – allait devenir son point d’appui pour la suite.

Vous ne serez pas « endormi ». Vous entendrez ma voix, vous pourrez bouger un doigt si une démangeaison vous gêne. Mais vous serez dans un état de relaxation profonde, où votre conscient lâche un peu les rênes.

Étape 3 : Le travail thérapeutique – dissocier la peur du transport (20 minutes)

C’est le cœur de la séance. Maintenant que votre ressource est installée, je vais utiliser des techniques pour délier ce qui a été lié. Votre peur, c’est une association : transport = danger. On va créer une nouvelle association : transport = sécurité (ou au moins neutralité).

Il y a plusieurs façons de faire, selon votre profil. Je vais vous en décrire une que j’utilise souvent.

Je vais vous demander d’imaginer que vous êtes dans un cinéma. Sur l’écran, vous voyez un film en noir et blanc, un peu flou, de vous en train de prendre ce transport qui vous fait peur. Mais vous, vous êtes dans la cabine de projection, en sécurité, avec un bouton pause. Vous pouvez observer la scène sans la vivre. C’est ce qu’on appelle la dissociation.

Ensuite, je vais vous proposer de modifier le film : accélérer la scène, la mettre au ralenti, la passer en musique comique, ou au contraire l’entourer d’une bulle de lumière protectrice. Votre cerveau, qui avait associé cette image à une alarme, commence à l’associer à une expérience que vous contrôlez.

Je peux aussi utiliser une technique de reconsolidation de la mémoire. La peur est stockée dans votre mémoire comme un fichier corrompu. En rappelant cette mémoire (pas la revivre, juste la rappeler) alors que vous êtes dans un état de sécurité, votre cerveau a l’opportunité de la « réécrire ». C’est comme si on ouvrait un document Word pour le modifier, mais qu’on le sauvegardait avec une nouvelle version.

Attention : je ne vous ferai pas revivre votre pire moment. Je ne suis pas là pour vous traumatiser une deuxième fois. On travaille toujours avec des images, des métaphores, des symboles. Votre inconscient fait le lien tout seul.

Je me rappelle d’Élodie, 28 ans, qui devait prendre le bus tous les jours pour aller travailler. Mais elle avait une crise d’angoisse à chaque fois que le bus s’arrêtait à un feu rouge (sensation d’enfermement). Pendant la séance, je lui ai proposé d’imaginer que le bus était une bulle transparente, et que chaque arrêt était une occasion de voir les gens passer, les nuages, la vie dehors. Elle a souri. La semaine suivante, elle m’a dit : « Je n’y crois pas, j’ai fait trois arrêts sans paniquer. »

Étape 4 : L’intégration et l’après-séance – ce que vous faites ensuite (10 minutes)

On ne termine pas une séance d’hypnose en claquant des doigts et en disant « vous êtes guéri ». Il y a un temps de retour. Je vais vous ramener doucement à la conscience : « Je vais compter de 1 à 5, et à 5 vous ouvrirez les yeux, en pleine forme, comme après une sieste réparatrice. »

Ensuite, on parle. Pas pour analyser, mais pour ancrer ce qui s’est passé. Je vais vous demander : « Qu’est-ce que vous avez ressenti ? Qu’est-ce qui vous a surpris ? Qu’est-ce qui était différent ? » Certaines personnes ont des larmes de soulagement, d’autres un grand calme, d’autres encore des doutes (« Je ne suis pas sûr que ça ait marché, j’ai juste rêvé »). Tout est normal.

Je vais vous donner un rituel à faire chez vous. Pas un devoir scolaire, mais une petite pratique. Par exemple : chaque matin, avant de sortir, fermez les yeux 30 secondes, respirez, et rappelez-vous la sensation de sécurité qu’on a installée. Faites le geste qu’on a ancré. C’est comme réactiver un antivirus.

Je vous dirai aussi : ne testez pas votre peur. Ne prenez pas le premier train demain pour voir si ça marche. Le cerveau a besoin de temps pour intégrer les nouveaux apprentissages. On programme souvent une deuxième séance 2 à 3 semaines plus tard, pour consolider et ajuster si besoin.

Et puis, je vous dirai une chose importante : il est normal d’avoir encore un peu de peur. L’objectif n’est pas de devenir un aventurier qui prend l’avion les yeux fermés. L’objectif est que vous puissiez faire ce que vous voulez faire sans que la peur vous paralyse. Vous pouvez avoir un peu d’appréhension, c’est humain. Mais vous ne serez plus prisonnier.

« L'hypnose ne vous enlève pas votre peur. Elle vous redonne le choix. Avant, la peur choisissait pour vous. Après, c'est vous qui décidez si vous la laissez vous accompagner ou non. »

Ce que l’hypnose ne fera pas (et c’est important à savoir)

Je veux être honnête avec vous. L’hypnose n’est pas une baguette magique. Si vous venez en me disant « faites-moi une séance et je veux plus jamais avoir peur », vous serez déçu. Ça ne marche pas comme ça.

Ce qu’elle ne fera pas :

  • Effacer votre mémoire des mauvaises expériences
  • Vous rendre invulnérable au stress
  • Fonctionner si vous n’êtes pas prêt à faire votre part (les petits rituels, l’observation de vous-même)
  • Résoudre en une séance des peurs qui durent depuis 30 ans (parfois oui, mais c’est rare)

Ce qu’elle peut faire :

  • Vous donner des outils concrets pour gérer l’angoisse qui monte
  • Modifier le lien émotionnel que vous avez avec le transport
  • Vous permettre de reprendre le contrôle là où vous vous sentiez impuissant
  • Créer un espace intérieur de calme que vous pourrez retrouver seul

Les résultats varient. Certaines personnes repartent après 2 séances et peuvent prendre le TGV sans problème. D’autres ont besoin de 5 ou 6 séances, surtout si la peur est ancienne et liée à d’autres traumatismes. Et parfois, on découvre que la peur des transports cache autre chose : une peur de l’engagement, un deuil non fait, un besoin de contrôle généralisé. Dans ce cas, on continue le travail.

Un exemple concret pour finir

Je vais vous raconter l’histoire de Paul, 60 ans, retraité. Il vient me voir parce qu’il ne peut plus monter en voiture avec sa femme. Il a peur qu’elle ait un accident, peur de perdre le contrôle, peur de la vitesse. Depuis deux ans, il refuse de sortir de Saintes. Sa femme doit faire les courses seule.

En première séance, on découvre que sa peur a commencé après la mort brutale de son frère, dans un accident de voiture. Paul n’a jamais fait le deuil. Il s’est dit « je dois être fort pour ma famille ». Mais son corps, lui, a dit non : « Je ne prendrai plus jamais de risques. »

On a travaillé en trois séances. La première pour installer une ressource de sécurité (un souvenir de balade en vélo avec son père quand il était enfant). La deuxième pour dissocier la voiture de l’image de l’accident, en utilisant une technique de cinéma. La troisième pour intégrer le deuil de son frère – parce que la peur était aussi une façon de ne pas pleurer.

Aujourd’hui, Paul peut monter en voiture. Il ne fait pas l’autoroute, il prend les petites routes. Mais il va chez sa fille à La Rochelle. Sa femme pleurait de joie en me l’annonçant. Ce n’est pas parfait, mais c’est sa liberté retrouvée.

Ce que vous pouvez faire maintenant

Si vous lisez ces lignes et que vous vous reconnaissez, je vous propose un petit exercice, tout de suite, sans rendez-vous, sans engagement.

Asseyez-vous confortablement. Fermez les yeux. Prenez trois respirations profondes, en laissant l’air descendre jusqu’au ventre. Puis, posez-vous cette question : « Si je pouvais voyager sans cette peur, qu’est-ce que je ferais de différent dans ma vie ? » Ne cherchez pas une réponse logique. Laissez venir une image, une sensation, un mot.

Peut-être que vous voyez un paysage, une gare, un aéroport. Peut-être que vous ressentez une légèreté dans la poitrine. Peut-être que rien ne vient. C’est normal. Ce simple fait de poser la question, c’est déjà un premier pas.

Ensuite, si vous sentez que c’est le moment, vous pouvez prendre contact. Pas pour vous engager, juste pour parler. On peut échanger par téléphone, par mail, ou se voir à Saintes pour un premier rendez-vous sans obligation. Je ne vais pas vous vendre un package de 10 séances. On commence par une séance, on voit où ça vous mène.

La peur des transports, c’est une prison invisible. Les barreaux sont dans votre tête, mais ils sont bien réels. L’hypnose ne les fait pas disparaître d’un coup. Elle vous donne les clés pour ouvrir la porte vous-même, à votre rythme.

Et si vous n’êtes pas prêt aujourd’hui, ce n

À propos de l'auteur

TS

Thierry Sudan

Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.

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