3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
L’angoisse monte à l’aéroport ? Voici pourquoi.
Tu arrives à l’aéroport deux heures à l’avance, comme toujours. Tu as pris soin de choisir un siège côté couloir, pour ne pas voir le vide par le hublot. Tu as téléchargé trois podcasts, un film et un livre au cas où. Tu as même évité le café, pour ne pas ajouter de la nervosité à l’anxiété. Pourtant, dès que tu passes le portique de sécurité, ta gorge se serre. Dans la salle d’embarquement, tes mains deviennent moites. Et quand l’hôtesse annonce « embarquement immédiat », ton cœur s’emballe comme si tu allais sauter d’une falaise. L’avion est encore au sol, les moteurs tournent à peine, et toi, tu es déjà en pleine crise d’angoisse.
C’est un scénario que je vois souvent dans mon cabinet à Saintes. Des adultes intelligents, rationnels, qui gèrent leur vie avec brio, mais qui se transforment en épave humaine dès qu’ils posent un pied dans un aéroport. Et ce qui les surprend le plus, c’est que le pire arrive avant le décollage. Pas en plein vol, pas pendant les turbulences. Avant même que les roues aient quitté la piste.
Alors pourquoi l’angoisse explose-t-elle au sol, et pas dans les airs ? Et surtout, comment faire pour que cette peur ne gâche plus ni tes voyages ni tes semaines qui les précèdent ? Je vais t’expliquer ce qui se joue dans ton cerveau, et te donner des pistes concrètes pour reprendre le contrôle.
La première chose à comprendre, c’est que la peur de l’avion n’est pas une peur de l’avion en tant que tel. C’est une peur de l’absence de contrôle. Quand tu es dans l’avion, tu es dans une boîte en métal pressurisée, à 10 000 mètres d’altitude, et tu ne peux pas en sortir. Tu ne peux pas ouvrir la porte et dire « stop, je descends ». Cette sensation d’être piégé est insupportable pour le cerveau humain, surtout si tu es quelqu’un qui aime maîtriser son environnement.
Mais pourquoi les crises arrivent avant le décollage ? Parce que c’est le moment où ton cerveau anticipe cette perte de contrôle. Il ne vit pas encore la situation, il la projette. Et cette projection est souvent bien pire que la réalité. Je compare ça à un film d’horreur que tu te passes en boucle dans la tête : l’avion ne décolle pas, mais dans ton imagination, il s’écrase déjà.
Pendant la phase d’attente – check-in, salle d’embarquement, montée dans l’avion – ton cerveau est en mode hypervigilance. Il scanne l’environnement pour détecter des signes de danger. Un bruit inhabituel ? Un mouvement de l’avion au sol ? Une annonce du commandant de bord ? Tout devient un signal d’alarme potentiel. C’est épuisant, et ça déclenche une cascade de stress : cortisol, adrénaline, rythme cardiaque accéléré, respiration courte. Et plus tu essaies de te raisonner (« c’est juste un avion, c’est statistiquement sûr, tout va bien »), plus ton cerveau résiste. Parce que la peur n’est pas rationnelle. Elle est émotionnelle, archaïque, et elle vient du système limbique, pas du cortex préfrontal.
Je me souviens d’un patient que j’ai accompagné, appelons-le Marc. C’est un chef d’entreprise, habitué à prendre des décisions lourdes de conséquences. Mais dans un avion, il se sentait comme un enfant perdu. Il m’a raconté que ses pires crises arrivaient systématiquement au moment où l’avion reculait de la porte d’embarquement. « Là, je sais que c’est trop tard, qu’on est coincés », disait-il. Son cerveau associait ce mouvement de recul à une trappe qui se referme. Le décollage en lui-même, il le vivait mieux : une fois dans les airs, il se disait « bon, c’est lancé, je n’ai plus le choix ». Mais l’attente, l’anticipation, le sentiment d’être pris au piège avant même d’avoir quitté le sol, c’était son enfer.
« La peur de l’avion n’est pas une peur du vol. C’est une peur de l’instant où l’on ne peut plus faire marche arrière. »
Quand on a peur de l’avion, on essaie souvent de se préparer. On lit des articles sur la sécurité aérienne, on regarde des vidéos de décollages, on répète des mantras comme « tout va bien se passer ». Et pourtant, chez beaucoup de personnes, cette préparation a l’effet inverse. Pourquoi ? Parce qu’elle maintient le problème au centre de l’attention.
Plus tu passes de temps à anticiper ta peur, plus tu lui donnes de l’importance. Ton cerveau enregistre : « Tiens, on se prépare à affronter un danger. Donc il y a un danger. » C’est un cercle vicieux. Plus tu essaies de contrôler ta peur, plus elle s’intensifie. C’est comme si tu essayais de ne pas penser à un ours blanc. Plus tu te dis « ne pense pas à l’ours blanc », plus l’ours blanc occupe tout l’espace.
Dans mon travail avec les sportifs – coureurs, footballeurs – je vois exactement le même mécanisme. Un joueur qui rate une pénalité parce qu’il a trop pensé à « ne pas rater ». Un coureur qui craque au 30e kilomètre parce qu’il a passé les trois jours avant la course à imaginer le mur. L’anticipation anxieuse n’est pas une préparation, c’est une usure mentale qui épuise tes ressources avant même le début de l’épreuve.
Avec mes patients phobiques de l’avion, je leur dis souvent : arrêtez de vous préparer. Arrêtez de lire des statistiques. Arrêtez de regarder des documentaires sur l’aéronautique. Votre cerveau n’a pas besoin de plus d’informations ; il a besoin d’apprendre à déconnecter le signal d’alarme. C’est là que l’hypnose et l’IFS (Internal Family Systems) entrent en jeu.
Je pratique l’hypnose ericksonienne depuis mon installation à Saintes en 2014. Beaucoup de personnes viennent me voir en pensant que l’hypnose va « effacer » leur peur. Comme si on pouvait faire un tour de magie et qu’ils se retrouvent soudain sereins dans un avion. La réalité est plus subtile, mais tout aussi puissante.
L’hypnose ne supprime pas la peur. Elle change le rapport à la peur. Concrètement, on va travailler avec ton inconscient pour qu’il ne déclenche plus l’alarme au moment où tu passes le portique de sécurité. On va lui apprendre que l’aéroport n’est pas un lieu de danger, mais un lieu de transition. Que l’avion n’est pas un piège, mais un moyen de transport.
Comment on fait ça ? En état d’hypnose, ton cerveau est dans une onde cérébrale différente, plus réceptive, moins critique. C’est ce qu’on appelle l’état de conscience modifié. Dans cet état, on peut reprogrammer les associations automatiques. Par exemple, on peut associer le bruit des moteurs à une sensation de confort, comme le ronronnement d’un chat. On peut associer le mouvement de recul de l’avion à une sensation de lâcher-prise, comme quand tu t’allonges dans un hamac.
Un patient que j’ai suivi, Claire, avait une peur panique du moment où l’avion accélère sur la piste. Elle se cramponnait à son siège, les yeux fermés, en retenant sa respiration. En hypnose, on a travaillé sur une image : celle d’une fusée qui décolle. Mais pas une fusée angoissante – une fusée qu’elle avait vue enfant dans un parc d’attractions, avec des lumières et de la musique. On a associé la sensation d’accélération à cette image joyeuse. La fois suivante, elle a senti une bouffée d’excitation au lieu de la panique. Pas une guérison miraculeuse, mais un changement significatif.
« L’hypnose ne t’enlève pas ta peur. Elle te donne une nouvelle manière de l’habiter. »
L’IFS (Internal Family Systems) est une approche que j’utilise de plus en plus, souvent en complément de l’hypnose. Elle part d’une idée simple : nous ne sommes pas un bloc homogène. Nous sommes composés de plusieurs « parties » en nous, chacune avec sa propre perspective, ses émotions, ses croyances. Et la peur de l’avion, ce n’est pas « toi » qui a peur. C’est une partie de toi qui a peur.
Cette partie a une bonne intention. Elle essaie de te protéger. Elle te dit : « Attention, si tu montes dans cet avion, tu risques de mourir. Reste au sol, c’est plus sûr. » Le problème, c’est qu’elle utilise une stratégie inadaptée, basée sur des informations anciennes ou exagérées. En IFS, on ne combat pas cette partie. On l’écoute. On la remercie pour sa vigilance. Et on lui montre qu’elle peut se détendre, parce que l’adulte que tu es aujourd’hui peut gérer la situation.
Prenons un exemple concret. Un de mes patients, Thomas, avait une partie qui paniquait dès qu’il voyait un avion à la télévision. Cette partie était liée à un souvenir d’enfance : il avait vu un reportage sur un crash, et son cerveau d’enfant avait enregistré « avion = danger mortel ». En IFS, on a dialogué avec cette partie. Thomas lui a dit : « Je te remercie d’avoir voulu me protéger pendant toutes ces années. Mais aujourd’hui, je suis un adulte, je peux évaluer les risques autrement. Tu peux prendre ta retraite. » Cela peut sembler étrange, mais ça marche. Parce que quand une partie se sent entendue et reconnue, elle lâche prise.
L’IFS est particulièrement utile pour la peur de l’avion parce qu’elle permet de désamorcer la honte. Beaucoup de gens ont honte de leur peur. Ils se disent : « Je suis nul, je n’arrive même pas à monter dans un avion, alors que ma grand-mère de 80 ans le fait sans problème. » Cette honte alimente la peur. En IFS, on normalise : ce n’est pas toi qui es faible, c’est une partie de toi qui a été blessée ou qui a appris à avoir peur. Et ça, ça change tout.
Un autre point que j’entends souvent : « J’ai peur des turbulences. » Mais quand on creuse, on se rend compte que les turbulences ne sont qu’un déclencheur, pas la cause. La cause, c’est toujours la même : la sensation de perte de contrôle. Les turbulences, c’est le moment où l’avion bouge sans que tu puisses faire quoi que ce soit. Ton corps est secoué, et ton cerveau interprète ça comme un danger.
Mais voici ce que j’observe dans mon cabinet : les personnes qui ont le plus peur des turbulences sont souvent celles qui n’ont jamais vécu de turbulences dangereuses. Leur peur est basée sur une projection, pas sur une expérience réelle. Et cette projection, elle se construit avant le vol, pendant l’attente. Plus tu passes de temps à imaginer les turbulences, plus tu les redoutes. Et quand elles arrivent, tu es déjà en état de stress maximal, donc tu les vis comme une catastrophe, même si ce n’est qu’un petit creux.
En hypnose, on peut travailler sur la respiration et l’ancrage. Par exemple, je propose à mes patients d’identifier une sensation de sécurité dans leur corps – la pression de leurs pieds sur le sol, le contact de leur dos contre le siège. Puis on associe cette sensation à un mot ou une image, comme « ancre ». Pendant les turbulences, ils peuvent activer cette ancre en posant la main sur leur cuisse et en respirant profondément. Cela ne supprime pas les secousses, mais ça empêche la panique de s’emballer.
La clé pour gérer la peur de l’avion, c’est de déplacer le point de bascule. Actuellement, pour toi, le point de bascule est l’aéroport. Dès que tu arrives, tu entres en mode survie. L’objectif, c’est que ce point de bascule recule. Que tu puisses arriver à l’aéroport tranquillement, monter dans l’avion sans crise, et ne ressentir qu’une légère appréhension au moment du décollage, voire rien du tout.
Comment on fait concrètement ? Voici quelques pistes que je donne à mes patients :
Changer le rituel d’arrivée : Au lieu d’arriver stressé et de te jeter dans la file d’attente, prévois un temps pour boire un thé ou un café (décaféiné si besoin) dans un coin calme. Observe les autres voyageurs, les avions qui décollent et atterrissent. Fais-toi une petite routine : « Je suis à l’aéroport, je suis en sécurité, je vais prendre un moment pour moi avant de monter. »
Utiliser le corps pour calmer le mental : Quand tu sens l’angoisse monter, ne cherche pas à la raisonner. Respire. Inspire pendant 4 secondes, retiens 4 secondes, expire 6 secondes. Plus long que l’inspiration. Cela active le système parasympathique, celui qui calme. Tu peux aussi serrer et desserrer les poings, ou appuyer tes pieds au sol pour te reconnecter à la stabilité.
Accepter la peur sans la combattre : Dis-toi : « D’accord, j’ai peur. C’est normal. C’est une partie de moi qui fait son boulot. Je la remercie, et je continue. » Plus tu luttes contre la peur, plus elle s’installe. En l’acceptant, tu lui enlèves son carburant.
Créer une association positive : Avant de monter dans l’avion, écoute une musique qui te fait du bien, ou regarde une photo qui t’apaise. Ton cerveau va commencer à associer l’aéroport à ce moment agréable, plutôt qu’à la peur.
Je ne vais pas te promettre que ces astuces suffiront à tout régler. Pour certaines personnes, la peur est trop ancrée, trop liée à des expériences ou des croyances profondes. Dans ce cas, un accompagnement plus poussé, comme l’hypnose ou l’IFS, peut faire la différence. Mais ce que je peux te dire, c’est que la peur de l’avion n’est pas une fatalité. Elle peut se transformer, s’adoucir, et même disparaître.
Si tu lis cet article, c’est probablement que tu as un vol à venir, ou que tu évites de prendre l’avion depuis des années. Dans les deux cas, voici une chose simple que tu peux faire dès aujourd’hui.
Prends un carnet, ou une note sur ton téléphone, et écris la phrase suivante : « J’ai une partie de moi qui a peur de l’avion. Cette partie essaie de me protéger. Je la remercie, mais aujourd’hui, je choisis de prendre soin de moi autrement. »
Ensuite, ferme les yeux et imagine-toi dans l’aéroport, mais dans un état calme. Visualise-toi en train de marcher tranquillement vers la porte d’embarquement, de t’asseoir dans l’avion, de respirer profondément. Ne cherche pas à être parfait. Laisse venir les sensations. Si une vague d’anxiété monte, accueille-la, sans la juger. Puis reviens à ta
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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