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Peur du bateau : l’hypnose pour des traversées sereines

Surmontez la thalassophobie liée aux voyages en mer.

TSThierry Sudan
24 avril 202613 min de lecture

Vous êtes assis sur le pont, les mains moites agrippées à l’accoudoir. Autour de vous, des passagers rient, prennent des photos, sirotent un verre. Mais vous, vous fixez l’horizon, le ventre noué. Chaque roulis du ferry vous rappelle que l’eau est là, immense, profonde, et que vous ne pouvez pas en descendre. Ce n’est pas juste une appréhension passagère. C’est une peur viscérale, celle qui vous empêche de partir en vacances en famille, de rejoindre vos proches en Corse, ou de vivre pleinement une croisière que vous avez pourtant choisie.

Cette peur du bateau, qu’on appelle parfois thalassophobie quand elle se focalise sur l’immensité de la mer, est bien plus qu’un simple inconfort. Elle vous coupe d’expériences, de souvenirs, de liberté. Vous avez peut-être déjà tout essayé : les médicaments contre le mal de mer, les exercices de respiration, les « allez, c’est juste dans ta tête ». Rien n’y fait. Parce que cette peur ne vient pas de votre corps, mais d’une partie de votre esprit qui a appris, un jour, que l’eau était un danger. Et cette partie-là, l’hypnose peut lui parler.

Je suis Thierry Sudan, praticien à Saintes, et je travaille depuis des années avec des adultes qui, comme vous, se sentent prisonniers de leurs peurs. L’hypnose ericksonienne, l’IFS (Internal Family Systems) et l’Intelligence Relationnelle m’aident à dénouer ces noeuds bien réels. Dans cet article, je vais vous expliquer pourquoi cette peur persiste malgré la raison, comment l’hypnose peut réellement vous aider à reprendre la barre, et vous donner des clés concrètes pour préparer votre prochaine traversée, même si elle vous semble encore inaccessible.

Pourquoi votre cerveau refuse-t-il de monter sur un bateau, même quand vous savez que c’est sûr ?

La première chose à comprendre, c’est que votre peur n’est pas un défaut de logique. Vous savez très bien que le ferry qui relie Marseille à la Corse fait la traversée tous les jours, par tous les temps, sans problème. Vous savez que les statistiques sont rassurantes. Mais votre cerveau ne fonctionne pas uniquement sur des statistiques. Il possède un système d’alarme très ancien, qui a sauvé vos ancêtres des prédateurs et des chutes. Ce système, c’est l’amygdale cérébrale.

Quand vous vous approchez d’un bateau, ou même quand vous imaginez l’embarquement, votre amygdale détecte une menace potentielle : eau, instabilité, absence de fuite. En une fraction de seconde, elle envoie un signal d’alerte à votre corps. Votre coeur s’accélère, vos muscles se tendent, votre respiration devient courte. Tout ça se produit avant que votre cortex préfrontal – la partie rationnelle de votre cerveau – ait eu le temps de dire « attends, c’est un ferry moderne, il y a des gilets de sauvetage ».

Vous vivez donc un conflit intérieur : une partie de vous sait que c’est sans danger, une autre partie vous crie de fuir. Et comme l’alarme est plus rapide que la raison, c’est souvent la peur qui gagne. Ce n’est pas de la faiblesse. C’est un mécanisme de survie qui s’est emballé.

Prenons un exemple concret. J’ai reçu un jour un homme, Marc, la quarantaine. Il devait accompagner sa femme et ses enfants pour des vacances en Grèce, avec une traversée en ferry de quatre heures. Il avait déjà annulé deux fois. Il me disait : « Je sais que c’est débile. Je regarde les prévisions météo, je sais que la mer est calme. Mais dès qu’on arrive au port, j’ai des palpitations, je transpire, j’ai envie de vomir. Je ne peux pas contrôler ça. » Marc avait raison : il ne pouvait pas contrôler son alarme par la seule volonté. Parce que cette alarme n’est pas une pensée, c’est un réflexe.

Alors, comment faire ? On ne peut pas supprimer l’amygdale. Mais on peut lui apprendre à ne plus tirer la sonnette d’alarme pour une fausse alerte. C’est exactement ce que permet l’hypnose.

« La peur n’est pas un ennemi à combattre, c’est un signal à comprendre. L’hypnose ne supprime pas le signal, elle le réinterprète. »

Comment l’hypnose peut-elle reprogrammer votre peur de la mer ?

Vous avez peut-être une image de l’hypnose issue du spectacle : quelqu’un qui dort, qui obéit à des ordres, qui perd le contrôle. Rassurez-vous, l’hypnose thérapeutique n’a rien à voir. Quand je vous reçois dans mon cabinet à Saintes, vous restez pleinement conscient. Vous entendez ma voix, vous pouvez parler, vous pouvez même refuser une suggestion si elle ne vous convient pas. L’état hypnotique, c’est simplement un état de concentration profonde, comme quand vous êtes absorbé par un bon film ou que vous conduisez sur une route familière sans vous souvenir du trajet.

Dans cet état, votre esprit critique (le fameux cortex préfrontal) se met en veille. Votre cerveau devient plus réceptif aux nouvelles informations, sans passer par le filtre du jugement. C’est là que la magie opère pour la peur du bateau.

Concrètement, en hypnose, nous allons travailler sur trois niveaux :

1. Dissocier la sensation physique de la peur

Beaucoup de personnes confondent les sensations physiques du mal de mer (nausée, vertige) avec la peur. En hypnose, je peux vous apprendre à ressentir le roulis du bateau comme un bercement, comme un mouvement agréable, plutôt que comme une menace. C’est ce qu’on appelle la restructuration perceptive. Votre cerveau va associer le mouvement à une sensation de sécurité (le bercement) plutôt qu’à un danger.

2. Désactiver le déclencheur

Souvent, la peur du bateau est liée à un événement passé : une traversée agitée quand vous étiez enfant, une image choquante vue à la télé, ou même une sensation de perte de contrôle dans un ascenseur qui s’est généralisée à tous les espaces clos mobiles. En hypnose, nous pouvons retrouver l’origine de cette peur – sans forcément revivre l’émotion – et « déconnecter » le lien entre ce souvenir et la réaction de panique. C’est comme si on remplaçait un câble électrique défectueux.

3. Créer une ancre de sérénité

Je vous apprendrai à associer un geste simple (par exemple, toucher votre pouce et votre index) à un état de calme profond. Ensuite, sur le bateau, ce geste pourra déclencher instantanément une vague de détente, même au milieu d’une crise d’angoisse. C’est une technique très puissante que j’utilise aussi avec les sportifs que je prépare mentalement.

Prenons l’exemple de Sophie, une femme de 35 ans qui venait me voir pour une phobie des ferrys. Elle était capable de prendre l’avion sans problème, mais la mer la terrifiait. En séance, nous avons découvert que, petite, elle avait vu son père très malade lors d’une traversée en Bretagne. Elle n’avait pas eu peur pour elle, mais pour lui. Son cerveau avait alors associé « bateau = danger pour ceux qu’on aime ». En hypnose, nous avons pu libérer cette association. Aujourd’hui, Sophie fait des croisières en Méditerranée avec son mari. Elle me dit que le premier jour, elle a encore un peu d’appréhension, mais qu’elle utilise son ancre et que ça passe en quelques minutes. Ce n’est pas de la magie, c’est du réapprentissage.

L’IFS pour dialoguer avec la partie de vous qui a peur

L’hypnose est un outil formidable, mais je l’associe souvent à l’approche IFS (Internal Family Systems). L’IFS part d’une idée simple : nous ne sommes pas un bloc homogène. Nous sommes constitués de plusieurs « parties », des sous-personnalités qui ont chacune leur rôle, leurs émotions, leurs croyances.

Quand vous avez peur du bateau, ce n’est pas « vous » qui avez peur, c’est une partie de vous. Cette partie, je l’appelle souvent la partie « sentinelle ». Elle a été formée à un moment de votre vie pour vous protéger. Peut-être qu’elle a vu une image de naufrage, peut-être qu’elle a ressenti une perte de contrôle, peut-être qu’elle a hérité d’une peur familiale. Son intention est bonne : elle veut votre sécurité. Mais elle utilise des méthodes dépassées.

Le problème, c’est que cette partie est souvent en conflit avec d’autres parties : celle qui veut profiter des vacances, celle qui veut faire plaisir à la famille, celle qui aime l’aventure. Ce conflit intérieur génère de l’anxiété. L’IFS, en état d’hypnose, permet d’entrer en contact avec cette sentinelle, de la remercier pour sa vigilance, puis de lui montrer que la situation a changé. On ne la combat pas, on la rassure.

Je me souviens de Christophe, un sportif de haut niveau que j’accompagnais en préparation mentale. Il avait une peur panique du bateau, ce qui l’empêchait de participer à des compétitions à l’étranger nécessitant une traversée. En IFS, nous avons rencontré une partie de lui qui se souvenait d’un jeu vidéo de son enfance où il coulait sans cesse. Cette partie avait pris le pouvoir. Une fois qu’il a pu lui dire « merci d’avoir voulu me protéger, mais aujourd’hui je suis un adulte qui sait nager, qui a un gilet, et le bateau est un outil pour gagner », la peur s’est dissipée. Il a pu monter sur le ferry pour la première fois sans médication.

« La partie de vous qui a peur n’est pas votre ennemie. C’est un gardien fatigué qui a besoin qu’on lui montre que le danger est passé. »

Préparer votre esprit avant l’embarquement : 3 exercices concrets

L’hypnose en cabinet est un travail de fond, mais il y a des choses que vous pouvez faire dès maintenant, chez vous, pour préparer votre prochain départ. Ces exercices ne remplacent pas un accompagnement personnalisé, mais ils vous donneront un sentiment de contrôle.

Exercice 1 : Le voyage mental sécurisé

Asseyez-vous confortablement, fermez les yeux. Imaginez que vous êtes sur le bateau de vos rêves (pas celui qui vous fait peur). Un beau bateau, calme, avec une mer d’huile. Vous êtes sur le pont, vous sentez une brise légère. Vous regardez l’eau, elle est belle, bleue, scintillante. Vous respirez profondément. Vous restez dans cette image pendant 5 minutes. Chaque jour, répétez cet exercice. Votre cerveau va commencer à associer le bateau à une image agréable, même si c’est une fiction au début.

Exercice 2 : La respiration du marin

Quand la panique monte, votre respiration devient rapide et thoracique. Cela alimente la peur (votre cerveau interprète l’essoufflement comme un signe de danger). Apprenez la respiration « 4-7-8 » : inspirez par le nez pendant 4 secondes, bloquez votre respiration pendant 7 secondes, expirez lentement par la bouche pendant 8 secondes. Faites cela 4 à 5 fois. Cela active votre système parasympathique, celui qui calme l’alarme. Entraînez-vous tous les jours, même sans peur. Ainsi, le geste deviendra automatique le jour J.

Exercice 3 : Le dialogue avec votre peur

Prenez un carnet. Écrivez une lettre à votre peur. Dites-lui : « Je sais que tu es là pour me protéger. Merci. Mais aujourd’hui, j’ai besoin de monter sur ce bateau pour (raison personnelle : voir ma famille, vivre une aventure, me prouver que je peux). Peux-tu me faire confiance ? » Puis, écrivez la réponse de votre peur. Vous serez surpris de ce qu’elle vous révèle. Cet exercice simple est une porte d’entrée vers l’IFS.

Ce que l’hypnose ne fait pas (soyons honnêtes)

Je veux être clair avec vous. L’hypnose n’est pas une baguette magique. Elle ne va pas effacer votre peur en une séance, surtout si elle est ancienne et intense. Elle ne va pas non plus vous transformer en un aventurier insouciant du jour au lendemain. Ce que l’hypnose fait, c’est vous donner des outils pour gérer votre peur, pour la réduire à un niveau où elle ne vous paralyse plus.

Certaines personnes me disent : « Je veux ne plus avoir peur du tout. » C’est un objectif louable, mais parfois irréaliste. Une peur résiduelle, légère, peut même être utile : elle vous rend prudent, vous fait vérifier les conditions météo, vous fait mettre un gilet. Le but n’est pas d’éliminer toute vigilance, mais de passer d’une peur panique à une simple appréhension gérable.

J’ai accompagné une dame de 62 ans, Jacqueline, qui n’avait pas pris un bateau depuis 30 ans. Après 5 séances, elle a pu faire une traversée de 2 heures pour rendre visite à sa fille. Elle m’a dit : « Je n’étais pas détendue comme sur un transat, mais je n’ai pas pleuré, je n’ai pas crié, j’ai même réussi à manger un sandwich. » Pour elle, c’était une victoire immense. Parfois, le progrès n’est pas l’absence de peur, mais la possibilité d’agir malgré elle.

Comment savoir si cette approche est faite pour vous ?

Vous êtes peut-être en train de vous demander si tout cela s’applique à votre situation. Voici quelques signes qui indiquent que l’hypnose et l’IFS pourraient vous aider :

  • Vous avez une peur qui dépasse la simple appréhension : crises d’angoisse, sueurs, tachycardie, évitement systématique.
  • Vous avez déjà essayé de « vous raisonner » ou de vous forcer, sans succès durable.
  • Vous sentez que cette peur vous prive de quelque chose d’important (voyages, moments en famille, opportunités professionnelles).
  • Vous êtes prêt à faire un travail sur vous-même, pas seulement à chercher une solution rapide.
  • Vous acceptez l’idée que la peur a une origine, même si vous ne la connaissez pas consciemment.

Si vous vous reconnaissez, sachez que vous n’êtes pas seul. Chaque semaine, je reçois des personnes qui ont honte de leur peur du bateau. Elles pensent que c’est ridicule, que les autres jugent. Mais la peur n’a pas de logique, et elle mérite du respect, pas du mépris.

Je travaille aussi avec des sportifs – coureurs, footballeurs – qui doivent parfois voyager en bateau pour des compétitions. Leur peur est la même que la vôtre, mais ils ont l’avantage de savoir que le mental se prépare comme un muscle. Vous aussi, vous pouvez le préparer.

Conclusion : votre première traversée sereine commence maintenant

Vous n’êtes pas obligé de rester prisonnier de cette peur. Vous n’êtes pas obligé de refuser des invitations, de mentir sur la raison de votre absence, de regarder la mer avec envie et crainte en même temps. Les traversées sereines ne sont pas réservées aux autres. Elles peuvent être les vôtres.

Le chemin passe par une meilleure compréhension de votre propre fonctionnement, par un dialogue avec les parties de vous qui veulent vous protéger, et par des outils concrets pour apaiser votre système nerveux. L’hypnose et l’IFS sont des alliés puissants, mais le véritable acteur, c’est vous.

Si cet article résonne en vous, si vous sentez que le moment est venu de faire un pas, je vous invite à me contacter. Nous pouvons échanger par téléphone ou par mail, sans engagement. Je vous parlerai de la façon dont je travaille, je répondrai à vos questions, et nous verrons ensemble si une première séance pourrait vous être utile.

Je reçois à Saintes, dans mon cabinet, mais je propose aussi des séances en visio pour ceux qui sont loin ou qui préf

À propos de l'auteur

TS

Thierry Sudan

Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.

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