3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Des gestes concrets pour reprendre pied chez vous.
Tu regardes le vide par la fenêtre du troisième étage et une main invisible serre ton estomac. Tes jambes deviennent molles, ta nuque se tend, tu agrippes le rebord comme si ta vie en dépendait. Pourtant, tu es en sécurité, derrière une vitre solide. Mais ton corps, lui, n’a pas reçu le message. Il est déjà en mode survie, prêt à fuir ou à combattre un danger qui n’existe pas. Si tu te reconnais dans cette scène, sache que tu n’es pas seul et que tu n’es pas faible. La phobie des hauteurs – ou acrophobie – est l’une des peurs les plus répandues. Et la bonne nouvelle, c’est que tu peux agir concrètement, dès ce soir, sans matériel, sans thérapeute, juste avec toi-même.
Je m’appelle Thierry Sudan, je suis praticien à Saintes depuis 2014, et j’accompagne des adultes qui souffrent de phobies, d’anxiété ou de blocages. Dans mon cabinet, je vois des gens intelligents, compétents, qui se sentent ridicules de trembler devant une simple balustrade. Ils ne sont pas ridicules. Ils sont simplement piégés par un mécanisme ancien, que leur cerveau a appris à reproduire sans leur permission. L’hypnose ericksonienne, l’IFS (Internal Family Systems) et l’Intelligence Relationnelle m’ont appris une chose essentielle : la peur n’est pas une ennemie à écraser, mais une partie de toi qui a besoin d’être rassurée. Alors aujourd’hui, je te propose trois exercices d’autohypnose à essayer ce soir, chez toi, en toute sécurité. Pas de formule magique, mais des gestes précis pour reprendre pied.
Avant de plonger dans les exercices, il est utile de comprendre ce qui se joue. Quand tu es en hauteur, ton système nerveux déclenche une alarme en une fraction de seconde. Ce n’est pas une question de volonté ou de courage. C’est un réflexe archaïque. Ton cerveau reptilien – la partie la plus ancienne, celle qui gère la survie – interprète la hauteur comme une menace de chute mortelle. Il active alors l’amygdale, cette petite structure en forme d’amande au cœur de ton cerveau, qui libère un cocktail d’hormones de stress : adrénaline, cortisol, noradrénaline. Ton cœur s’emballe, ta respiration devient courte, tes muscles se figent ou tremblent. Tout cela se produit en moins d’une seconde, bien avant que ta pensée consciente n’ait le temps de dire : « Attends, je suis sur un balcon solide, il ne va rien m’arriver. »
Ce décalage est crucial. Tu ne peux pas raisonner une peur qui s’est déjà installée dans ton corps. C’est comme essayer d’éteindre un incendie avec un verre d’eau pendant que la maison brûle. L’autohypnose ne va pas supprimer la peur – ce serait illusoire et contre-productif. Elle va t’apprendre à calmer le système nerveux avant qu’il ne s’emballe, ou à le réguler pendant qu’il est en alerte. C’est une compétence, un peu comme apprendre à nager : au début, tu bois la tasse, puis tu trouves ton rythme.
L’hypnose ericksonienne, que j’utilise quotidiennement, repose sur l’idée que ton inconscient est ton allié. Il a déjà toutes les ressources nécessaires pour te protéger, mais il les utilise parfois de manière inadaptée. L’autohypnose, c’est un dialogue avec cette partie de toi. Tu lui montres une autre voie, sans forcer, sans lutter. Les trois exercices qui suivent sont conçus pour cela : court-circuiter le réflexe panique en redonnant à ton corps des signaux de sécurité.
La peur des hauteurs n’est pas une faiblesse de caractère. C’est une méprise de ton système de survie. Tu peux lui apprendre à faire la différence entre un vrai danger et une simple sensation désagréable.
Quand la peur te saisit, tu as tendance à quitter ton corps. Tu te projettes mentalement dans le vide, tu imagines le pire, tu te déconnectes de tes sensations physiques immédiates. L’ancrage au sol est l’exercice le plus simple et le plus puissant pour revenir dans l’instant présent. Il s’inspire des techniques de pleine conscience et de l’hypnose sensorielle.
Installe-toi confortablement chez toi, sur une chaise ou au bord de ton lit. Tu peux faire cet exercice debout si tu préfères, mais assure-toi d’avoir les pieds bien à plat sur le sol. Ferme les yeux ou garde-les mi-clos, comme tu préfères. Prends trois respirations lentes, en expirant plus longuement que tu n’inspires. L’expiration longue active le nerf vague, qui est le frein de ton système nerveux. C’est un geste biochimique : tu envoies un signal à ton corps pour lui dire que tu es en sécurité.
Maintenant, porte ton attention sur tes pieds. Sens le contact de tes chaussons ou de ta peau nue avec le sol. Ne cherche pas à ressentir quelque chose de spécial. Observe simplement : est-ce que c’est dur ? Doux ? Froid ? Tiède ? Laisse ta conscience descendre lentement, comme si tu pouvais peser davantage dans tes appuis. Sente le poids de tes jambes, de tes cuisses contre la chaise ou de tes mollets si tu es debout. Puis, imagine que des racines poussent sous la plante de tes pieds. Des racines douces, souples, qui traversent le sol, le plancher, la terre en dessous. Elles descendent, s’enfoncent tranquillement, te relient à quelque chose de stable et d’immense. Tu n’as pas besoin de les voir : tu peux les sentir, les deviner.
Reste là, une à deux minutes, sans chercher à contrôler quoi que ce soit. Si ton esprit s’évade, ramène-le doucement à la sensation de tes racines. Ce n’est pas un combat, c’est une invitation. Quand tu te sens prêt, ramène ton attention à ta respiration, puis ouvre les yeux.
Ce que cet exercice fait concrètement : il redirige l’énergie de ton cerveau émotionnel vers ton cortex somatosensoriel. En d’autres termes, il force ton attention à quitter le scénario catastrophe pour revenir à des sensations physiques réelles. Plus tu pratiques, plus ce geste devient automatique. Tu peux l’utiliser en situation réelle, sur un pont ou un balcon, en une trentaine de secondes. Personne ne remarquera que tu es en train de t’ancrer.
Le deuxième exercice est un classique de la préparation mentale que j’utilise avec les sportifs que j’accompagne, notamment les coureurs et les footballeurs. Quand ils sont en compétition, leur cœur s’emballe aussi. Mais ils ont appris à réguler cette montée d’adrénaline. La respiration en boîte – ou respiration carrée – est un outil que tu peux glisser dans ta poche et sortir à tout moment.
Assieds-toi droit, sans raideur. Pose une main sur ton ventre, l’autre sur ta poitrine. Inspire lentement par le nez pendant quatre secondes. Sens ta main sur le ventre se soulever doucement. Puis bloque ta respiration – ne retiens pas l’air, laisse-le juste en suspension – pendant quatre secondes. Ensuite, expire lentement par la bouche pendant quatre secondes, comme si tu soufflais doucement sur une bougie sans l’éteindre. Enfin, laisse tes poumons vides pendant quatre secondes, sans forcer. Tu viens de faire un cycle complet.
Recommence. Trois à cinq cycles suffisent généralement pour sentir une différence. Si quatre secondes te semblent trop longues, commence par trois, ou même deux. L’important est la régularité du rythme, pas la durée. Tu peux visualiser un carré : à chaque côté, tu inspires, tu retiens, tu expires, tu retiens. Certaines personnes préfèrent imaginer un ascenseur qui monte et descend doucement. D’autres comptent mentalement. Fais à ta façon.
Ce qui est intéressant, c’est que cet exercice ne cherche pas à supprimer la peur. Il l’accueille en la régulant. La respiration en boîte force ton système nerveux parasympathique – celui qui gère le repos et la digestion – à prendre le relais du sympathique – celui qui gère l’alerte. C’est une forme de négociation avec ton corps : « Je comprends que tu as peur, mais on va ralentir ensemble. » Dans mon cabinet, je vois des personnes qui arrivent avec une fréquence cardiaque à 120 et qui, après trois minutes de respiration en boîte, redescendent à 80. Ce n’est pas de la magie, c’est de la physiologie.
La respiration en boîte n’est pas un truc de relaxation new-age. C’est un outil de régulation nerveuse utilisé par les forces spéciales, les sportifs de haut niveau et les astronautes. Parce que ça marche.
Le troisième exercice est un peu plus avancé, mais il est redoutablement efficace pour les phobies. Il repose sur un principe de l’hypnose ericksonienne : la dissociation. Quand tu es en proie à la peur des hauteurs, tu es totalement identifié à elle. Tu es la peur. Tu ne peux pas prendre de recul. La dissociation visuelle consiste à créer une distance symbolique entre toi et la sensation de panique.
Installe-toi dans un endroit calme, les yeux fermés. Imagine que tu es dans une salle de cinéma, seul. Devant toi, un grand écran. Sur cet écran, tu vois une scène : toi, en situation de hauteur. Peut-être sur un balcon, au bord d’une falaise, ou devant une fenêtre haute. Observe cette image comme si tu regardais un film. Tu vois ton personnage, là-bas, qui respire vite, qui a les mains moites, qui panique. Mais toi, tu es dans ton fauteuil de cinéma, en sécurité. Tu n’es pas dans l’image. Tu es le spectateur.
Maintenant, modifie l’image. Ralentis-la, comme au ralenti. Ou bien désature les couleurs : rends-la en noir et blanc. Ou encore, réduis la taille de l’écran : fais-la tenir dans un petit carré au centre. Tu peux même ajouter une bande-son rigolote, comme une musique de dessin animé. L’idée n’est pas de ridiculiser ta peur, mais de casser l’immersion totale. Quand tu modifies les paramètres sensoriels de la scène, ton cerveau reçoit un signal : « Ce n’est pas la réalité, c’est une représentation. » Le système limbique, qui génère la peur, est moins activé par une image en noir et blanc que par une image hyperréaliste.
Reste sur cette scène modifiée pendant une à deux minutes. Puis, laisse-la se dissoudre doucement. Reviens à ta respiration, sens ton corps sur la chaise, ouvre les yeux. Ce que tu viens de faire, c’est apprendre à ton cerveau à ne plus se confondre avec la peur. La prochaine fois que tu seras en hauteur, tu pourras utiliser cette technique en direct : imagine que tu regardes la scène à travers un écran de téléphone, ou que tu appliques un filtre mental. La peur sera toujours là, mais elle aura perdu son emprise totale.
Tu te demandes peut-être : « D’accord, mais est-ce que ça va vraiment marcher pour moi ? » La réponse est : ça dépend de ta régularité. Un seul essai, ce soir, te donnera un aperçu. Mais c’est en répétant que tu construis de nouveaux chemins neuronaux. L’hypnose, c’est comme l’entraînement musculaire : tu ne deviens pas fort en soulevant une haltère une fois. Tu deviens fort en répétant le geste, en douceur, sans forcer.
Je te propose un rituel simple pour ce soir. Après ta douche, avant d’éteindre la lumière, installe-toi dans ton lit ou sur un fauteuil. Commence par l’ancrage au sol : une minute à sentir tes racines. Puis, enchaîne avec trois cycles de respiration en boîte. Termine par la dissociation visuelle : choisis une scène qui te fait peur – pas la plus terrifiante, juste une qui te met un peu mal à l’aise – et applique les modifications. Le tout ne te prendra pas plus de cinq minutes. Si tu as du mal à tenir, ce n’est pas grave. Reviens demain. L’important est de faire, pas de réussir.
Certaines personnes ressentent des picotements, des fourmillements, ou une sensation de chaleur pendant ces exercices. C’est normal : c’est le signe que ton système nerveux est en train de se réguler. D’autres ne ressentent rien de particulier, et c’est normal aussi. L’autohypnose n’est pas une expérience spectaculaire. C’est un dialogue subtil avec toi-même.
Je veux être honnête avec toi. Ces trois exercices ne guériront pas ta phobie en une nuit. Ils ne feront pas disparaître la peur comme par enchantement. Si tu t’attends à te réveiller demain matin et à pouvoir sauter d’un pont en élastique sans trembler, tu risques d’être déçu. Ce n’est pas le but. Le but est de te redonner un peu de contrôle là où tu te sens impuissant.
La phobie des hauteurs est souvent liée à des expériences anciennes, parfois oubliées. Une chute dans l’enfance, une frayeur sur une attraction, un parent anxieux qui t’a transmis sa peur. Ces mémoires sont stockées dans ton corps, et elles ne s’effacent pas avec des exercices seuls. L’autohypnose est un premier pas, un outil d’auto-soutien. Mais si ta phobie est intense, si elle limite ta vie quotidienne – tu évites les escaliers, tu ne peux pas prendre l’avion, tu refuses de monter sur une échelle – alors un accompagnement professionnel peut être nécessaire.
Dans mon cabinet, j’utilise l’hypnose ericksonienne pour travailler directement avec l’inconscient, l’IFS pour dialoguer avec les parties de toi qui protègent cette peur, et l’Intelligence Relationnelle pour t’aider à comprendre le sens de cette phobie dans ta vie. Ce n’est pas une faiblesse de demander de l’aide. C’est un acte de courage. Mais pour ce soir, commence par ces trois gestes. Tu verras bien.
La guérison d’une phobie ne passe pas par l’éradication de la peur, mais par l’apprentissage d’une nouvelle relation avec elle. Tu n’as pas à devenir courageux. Tu as juste à devenir plus curieux de ce qui se passe en toi.
Si après avoir essayé ces exercices, tu sens que tu as besoin d’aller plus loin, je suis là. Je reçois à Saintes, en face à face, mais je travaille aussi à distance pour ceux qui ne peuvent pas se déplacer. On commence toujours par un échange gratuit de vingt minutes pour voir si on peut travailler ensemble. Pas d’engagement, pas de pression. Juste une conversation pour comprendre ce que tu vis et comment je peux t’accompagner.
Tu peux m’écrire via le formulaire de contact sur mon site, ou m’appeler au 06 52 14 37 48. Si tu préfères, tu peux aussi consulter mon carnet d’adresses pour trouver un praticien près de chez toi. L’important est que tu ne restes pas seul avec cette peur qui te gâche la vie. Tu mérites de regarder le paysage depuis un belvédère sans que ton cœur s’emballe. Tu mérites de prendre l’avion pour des vacances sans angoisse. Et surtout, tu mérites de te sentir libre, chez toi, dans ton corps.
Alors ce soir, avant de dormir, accorde-toi ces cinq minutes. Pose tes pieds, respire en boîte, regarde ta peur sur un écran. Et demain, tu auras déjà fait un premier pas vers
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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