3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Découvrez une méthode douce pour vaincre votre peur du fauteuil
Vous fermez les yeux dans la salle d’attente. Vous entendez le bruit de la roulette. Vos mains deviennent moites, votre cœur s’emballe. Et vous vous promettez, une fois de plus, que vous ne reviendrez pas.
Je reçois régulièrement des adultes qui vivent cette scène. Certains ont évité le dentiste pendant des années, parfois plus de dix ans. Au prix de douleurs chroniques, de dents abîmées, de nuits agitées. La honte s’ajoute souvent à la peur : « Je devrais être capable de gérer ça, c’est idiot. » Mais non, ce n’est pas idiot. C’est un mécanisme de survie puissant qui s’est installé dans votre cerveau.
La phobie du dentiste touche environ 15 à 20 % de la population à des degrés divers. Elle peut être déclenchée par une expérience traumatisante dans l’enfance, par une sensibilité particulière à la douleur, ou simplement par un sentiment d’impuissance dans ce fauteuil où l’on est allongé, bouche ouverte, sans contrôle.
Et si je vous disais qu’il existe une autre voie ? Ni la force mentale, ni les médicaments anxiolytiques systématiques, ni l’évitement. L’hypnose ericksonienne offre une approche douce, respectueuse de votre rythme, qui ne vous demande pas de « combattre » votre peur. Elle vous propose de la transformer.
Dans cet article, je vais vous expliquer comment cela fonctionne concrètement, avec des exemples de ce que je vois dans mon cabinet à Saintes. Et je vous donnerai une première chose à faire dès aujourd’hui, avant même de prendre rendez-vous.
Pour comprendre comment l’hypnose peut vous aider, il faut d’abord comprendre ce qui se passe dans votre tête quand vous pensez au dentiste. Ce n’est pas un simple « caprice » ou un manque de courage. C’est un circuit neuronal très ancien qui s’active.
Votre amygdale cérébrale, une petite structure en forme d’amande située au cœur du système limbique, joue le rôle de détecteur de menace. Elle scanne en permanence votre environnement. Quand elle associe un stimulus – le bruit de la fraise, l’odeur du cabinet, la vue de l’aiguille – à un danger potentiel, elle déclenche une cascade de réactions physiologiques : montée d’adrénaline, accélération du rythme cardiaque, respiration superficielle, tension musculaire.
Ce système est formidable pour fuir un tigre dans la savane. Mais il est beaucoup moins adapté pour rester allongé sagement pendant que quelqu’un vous manipule la bouche.
Le problème, c’est que votre cerveau ne fait pas la différence entre une menace réelle et une menace anticipée. La simple pensée du rendez-vous suffit à activer ce circuit. C’est ce qu’on appelle l’anxiété anticipatoire. Elle peut vous réveiller la nuit, vous donner des nausées le matin de la consultation, ou vous faire annuler au dernier moment.
« Je me souviens d’un patient qui arrivait systématiquement en retard à ses rendez-vous, puis qui annulait une fois dans la salle d’attente. Il n’était pas « fainéant ». Son corps entrait en mode survie dès qu’il franchissait la porte. Ce n’est pas une question de volonté. C’est une question de programmation neuronale. »
L’hypnose ne va pas effacer ce circuit. Elle va vous permettre de le contourner, de créer une nouvelle voie neuronale, plus calme et plus sécurisante. Vous ne perdrez pas votre vigilance, mais vous pourrez choisir de ne pas y répondre par la panique.
L’hypnose ericksonienne, du nom du psychiatre américain Milton Erickson, ne ressemble pas à l’hypnose de spectacle. Il n’y a pas de pendule, pas de « dormez, je le veux », pas de perte de conscience. C’est un état modifié de conscience, naturel, que vous expérimentez déjà plusieurs fois par jour sans le savoir.
Vous savez, ces moments où vous êtes absorbé dans un livre, où vous conduisez sur une route familière sans vous souvenir du trajet, ou quand vous regardez un film et que vous oubliez complètement la salle ? C’est ça, l’état hypnotique. Un état de concentration focalisée, où votre esprit conscient s’efface un peu et laisse place à des processus plus automatiques, plus créatifs.
Dans cet état, vous êtes plus réceptif aux suggestions. Non pas parce que vous perdez votre libre arbitre, mais parce que votre critique intérieur, celui qui dit « je n’y arriverai pas, c’est trop dur, je vais avoir mal », se met en veille.
Voici ce que nous faisons concrètement en séance :
Vous gardez le contrôle total. Vous pouvez ouvrir les yeux, parler, bouger à tout moment. L’hypnose n’est pas un sommeil. C’est un état de vigilance intérieure.
Je ne vous demande pas de « ne pas avoir peur ». Ce serait contre-productif. Nous accueillons la peur, nous la reconnaissons, puis nous lui donnons une autre forme. Par exemple, nous pouvons transformer la sensation de peur en une couleur, puis modifier cette couleur doucement.
Nous utilisons vos propres ressources. Vous avez déjà en vous des capacités de détente, de concentration, de dissociation. L’hypnose ne fait que les amplifier. Un sportif qui court un marathon utilise un état hypnotique naturel. Un musicien qui joue en concert aussi.
Nous créons un « lieu sûr » mental. Avant même d’aborder le dentiste, nous construisons ensemble un endroit imaginaire où vous vous sentez totalement en sécurité. Une plage, une forêt, un souvenir d’enfance. Vous apprendrez à y retourner en quelques secondes, même dans le cabinet dentaire.
L’objectif n’est pas de vous endormir pour que le dentiste fasse son travail sans que vous le sachiez. L’objectif est que vous puissiez rester présent, conscient, mais détendu, pendant les soins. Que vous puissiez entendre la fraise sans que votre cœur s’emballe. Que vous puissiez sentir l’aiguille sans que votre corps se crispe.
Je vais être honnête avec vous : l’hypnose n’est pas une baguette magique. Elle ne fonctionne pas du premier coup pour tout le monde. Elle demande un peu de pratique et une certaine ouverture. Mais quand elle fonctionne, les changements sont souvent profonds et durables.
Voici ce que j’observe régulièrement chez les personnes que j’accompagne :
Une réduction significative de l’anxiété anticipatoire. La simple pensée du dentiste ne déclenche plus la panique. Vous pouvez prendre rendez-vous sans passer trois nuits blanches. Vous pouvez vous rendre au cabinet sans avoir envie de faire demi-tour.
Une modification de la perception de la douleur. L’hypnose ne supprime pas la douleur, mais elle change la manière dont votre cerveau l’interprète. Ce qui était vécu comme une douleur insupportable peut devenir une simple pression, une sensation de chaleur, ou un inconfort tolérable. C’est le même principe que les sportifs de haut niveau qui continuent à courir avec une fracture.
Une diminution du réflexe nauséeux. Beaucoup de personnes phobiques ont aussi un réflexe nauséeux très fort lors des soins. L’hypnose permet de « déconnecter » cette réaction automatique. En focalisant votre attention ailleurs, votre corps oublie de déclencher le réflexe.
Un sentiment de contrôle retrouvé. C’est sans doute le changement le plus important. Vous n’êtes plus une victime passive de votre peur. Vous devenez acteur de votre soin. Vous pouvez demander une pause, lever la main, reprendre votre respiration. Votre relation avec le dentiste change : ce n’est plus un bourreau, c’est un partenaire.
Prenons un exemple concret. J’ai accompagné une femme d’une cinquantaine d’années, appelons-la Sylvie. Elle n’était pas allée chez le dentiste depuis douze ans. Elle avait une dent cassée qui s’infectait régulièrement, la douleur devenait chronique. Elle est venue me voir en désespoir de cause.
« Je préfère souffrir de ma dent que de souffrir de la peur chez le dentiste. Au moins, chez moi, je contrôle. »
Nous avons travaillé en trois séances. La première pour créer son lieu sûr et lui apprendre l’auto-hypnose. La deuxième pour désensibiliser progressivement les bruits et les sensations. La troisième pour simuler mentalement la séance de soin. Quand elle est allée chez le dentiste, elle a utilisé sa technique de respiration et d’ancrage. Elle a tenu vingt minutes sans panique. Elle m’a rappelé en pleurant de joie : « J’ai réussi. Je n’ai pas eu besoin d’anxiolytique. »
Bien sûr, tout le monde ne vit pas une transformation aussi rapide. Pour certains, il faut plus de séances. Pour d’autres, l’hypnose combinée à une dose légère d’anxiolytique prescrite par le médecin est la meilleure solution. L’important est de trouver votre chemin, pas de correspondre à un modèle idéal.
La phobie du dentiste n’est pas un bloc monolithique. Elle se manifeste de différentes manières, et l’hypnose peut s’adapter à chacune.
La peur de la douleur. C’est la plus fréquente. La personne a déjà vécu une expérience douloureuse (souvent dans l’enfance, avec une anesthésie locale inefficace) et son cerveau a enregistré : « dentiste = douleur ». Dans ce cas, l’hypnose travaille sur la dissociation : apprendre à séparer la sensation physique de l’interprétation émotionnelle. On peut aussi utiliser la technique de « la télécommande » : imaginer que vous avez une télécommande qui baisse le volume de la douleur.
La peur de perdre le contrôle. Certaines personnes ne supportent pas d’être allongées, bouche ouverte, sans pouvoir parler ni voir ce qui se passe. C’est une peur liée à la vulnérabilité. L’hypnose va renforcer votre sentiment de maîtrise. Nous pouvons par exemple convenir d’un signal (bouger l’orteil gauche) que vous ferez si vous voulez une pause. Vous saurez que le dentiste s’arrêtera immédiatement.
La peur de l’aiguille. Très courante, parfois liée à une phobie plus générale des piqûres. L’hypnose peut créer une anesthésie hypnotique locale : en focalisant votre attention sur une autre partie du corps, ou en imaginant une sensation de froid intense au niveau de la gencive, votre cerveau réduit naturellement la transmission des signaux douloureux.
La peur du bruit ou des vibrations. La fraise, le détartreur ultrasonique. Ces sons peuvent déclencher une réaction viscérale. L’hypnose permet de « recontextualiser » ces bruits : les transformer en musique, en vagues, en bruit de fond d’un paysage choisi.
La peur du jugement. « Le dentiste va voir que j’ai négligé mes dents, il va me faire la morale. » Cette peur sociale est souvent sous-estimée. L’hypnose travaille alors sur l’estime de soi, sur la capacité à se présenter vulnérable sans honte, sur le droit à l’imperfection.
Dans tous les cas, je ne travaille jamais seul. Je collabore avec les dentistes de Saintes et des environs. Certains sont formés à l’accueil des patients phobiques, d’autres non. Je peux vous orienter vers un confrère sensible à cette approche. L’idéal est que le dentiste accepte de faire des pauses, de parler doucement, de vous laisser le temps.
Si vous venez me voir à mon cabinet à Saintes, voici à quoi vous pouvez vous attendre. Pas de surprise, pas de mystère. Tout est transparent.
La première séance (environ 1h15) est un entretien approfondi. Je vous écoute raconter votre histoire, vos peurs, vos éventuelles expériences traumatiques. Je vous pose des questions précises : qu’est-ce qui déclenche le plus de peur ? À quel moment exact ? Que ressentez-vous dans votre corps ? Quelles images vous viennent ? Je vous explique le fonctionnement de l’hypnose, je réponds à vos doutes. Ensuite, je vous induis un premier état hypnotique léger, pour que vous expérimentiez la sensation. Rien de menaçant. Juste une relaxation profonde. Vous repartez avec un exercice d’auto-hypnose à pratiquer chez vous.
La deuxième séance (environ 1h) est plus active. Nous utilisons l’hypnose pour travailler spécifiquement sur vos déclencheurs. Je peux vous faire écouter des sons de fraise à faible volume, puis augmenter progressivement. Je peux vous guider dans une visualisation où vous êtes dans le fauteuil, calme et détendu. Nous installons des « ancres » : un geste, une respiration, un mot qui déclenche immédiatement l’état de calme.
La troisième séance (environ 45 minutes) est une préparation mentale pour le jour J. Nous répétons mentalement la séance de soin, étape par étape : l’entrée dans le cabinet, l’installation, l’anesthésie, le bruit de la fraise, la fin. Nous prévoyons des stratégies de secours si la peur remonte. Vous partez avec un enregistrement audio personnalisé à écouter avant le rendez-vous.
Le suivi après le soin est important. Vous me tenez au courant du déroulement. Si des difficultés persistent, nous ajustons. Si tout s’est bien passé, nous consolidons les acquis.
Je ne vous promets pas que vous deviendrez un amateur de soins dentaires. Mais je vous promets que vous pouvez apprendre à vivre ces moments sans terreur. Et que cette compétence vous servira dans d’autres domaines de votre vie.
Vous n’êtes pas obligé de venir me voir tout de suite. Il y a des choses que vous pouvez commencer à faire chez vous, aujourd’hui, pour amorcer le changement.
1. Respirez en conscience. La respiration est votre outil le plus puissant et le plus accessible. Asseyez-vous confortablement. Inspirez par le nez pendant 4 secondes. Retenez votre souffle 2 secondes. Expirez lentement par la bouche pendant 6 secondes. Faites cela 5 fois de suite. Cela active votre système parasympathique, celui qui calme le corps. Pratiquez cette respiration chaque fois que vous pensez au dentiste.
2. Identifiez précisément votre peur. Prenez un carnet. Notez : « Quand je pense au dentiste, ce qui me fait le plus peur, c’est… » Soyez honnête. Est-ce l’aiguille ? Le bruit ? L’impuissance ? La douleur ? Le jugement ? Plus vous nommez précisément, plus vous pouvez agir.
3. Trouvez une image de sécurité. Fermez les yeux. Imaginez un endroit où vous vous sentez totalement en sécurité. Cela peut être réel ou imaginaire. Une plage déserte, une cabane dans les bois, un jardin secret. Ajoutez des détails : les couleurs, les sons, les odeurs, la température. Quand vous sentez cet endroit, faites un geste simple (pouce et index joints) pour l’ancrer. Vous pourrez reproduire ce geste plus tard pour retrouver cette sensation.
4. Parlez à un dentiste. Pas pour prendre rendez-vous, juste pour parler. Beaucoup de dentistes sont aujourd’hui formés à l’accueil des patients anxieux. Un simple appel téléphonique pour dire : « J’ai très peur, je voudrais savoir comment vous accueillez les patients comme moi » peut déjà vous rassurer. Vous n’êtes pas obligé de prendre rendez-vous tout de suite.
5. Acceptez que la peur soit là. La pire chose à faire est de lutter contre la peur, de se dire « je ne devrais pas avoir peur, c’est ridicule ». Cette lutte ne fait que l’amplifier. Dites-vous plutôt : « Oui, j’ai peur. C’est normal. Mon cerveau essaie de me protéger. Je peux avoir peur et agir quand même. »
Je ne vais pas vous dire que l’hypnose est une solution miracle qui efface toutes les peurs en une séance. Ce serait mentir. Mais je peux vous dire que des dizaines de
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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