3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Les conséquences d’éviter les soins et comment y remédier
Tu me dis souvent que tu préfères « attendre de voir » avant de prendre rendez-vous chez le médecin. Que tu te débrouilles, que ce n’est pas si grave. Pourtant, la dernière fois que tu as dû faire une prise de sang, tu as passé trois jours à tourner en rond, le cœur serré, à chercher une raison de reporter encore une fois. Et quand tu t’es finalement assis dans la salle d’attente, les mains moites, la respiration courte, tu as eu envie de fuir. Ce n’est pas juste une « petite appréhension ». C’est une peur qui prend toute la place, qui te coupe de toi-même et qui, surtout, te pousse à éviter des soins dont tu as besoin.
Je rencontre régulièrement des personnes comme toi dans mon cabinet à Saintes. Des adultes qui ont développé une phobie médicale au point de renoncer à des examens, des traitements ou même des consultations de routine. Ils viennent me voir parce qu’ils ont compris que cette peur n’est pas une faiblesse, mais un mécanisme qui s’est installé et qui, aujourd’hui, les handicape. Dans cet article, je vais t’expliquer pourquoi cette peur n’est pas « dans ta tête » au sens où tu l’imagines, comment elle impacte concrètement ta santé, et surtout, comment tu peux commencer à t’en libérer. Pas avec des discours du style « arrête de stresser », mais avec des outils concrets, issus de l’hypnose ericksonienne, de l’IFS et de l’intelligence relationnelle.
Quand on parle de phobie médicale, on imagine souvent quelqu’un qui a peur des aiguilles. C’est vrai pour certain·e·s, mais ce n’est qu’une facette du problème. La phobie médicale, c’est un spectre large : peur du diagnostic, peur de perdre le contrôle, peur de la douleur, peur du verdict, peur de l’intimité violée par un examen. Parfois, c’est un mélange de tout ça, et ça peut concerner un simple rendez-vous chez le dentiste, une mammographie, une coloscopie, ou même une consultation chez le généraliste pour un renouvellement d’ordonnance.
Ce qui rend cette peur handicapante, c’est qu’elle n’est pas proportionnelle au danger réel. Ton cerveau, dans sa grande sagesse de protecteur, a associé un contexte médical à une menace. Il a enregistré une expérience passée – peut-être une douleur vive, une sensation d’étouffement, un sentiment d’humiliation, ou même une simple information entendue – et il a créé un programme de survie : « Si je vais chez le médecin, je risque quelque chose de grave. Évitons. » Ce programme est automatique, involontaire. Tu n’as pas choisi d’avoir peur. Tu as juste appris, à un moment donné, que le monde médical était dangereux pour toi.
Prenons un exemple. Charles, un coureur que j’accompagne en préparation mentale, avait arrêté toute compétition depuis deux ans à cause d’une douleur au genou. Il savait qu’il aurait dû consulter un kiné ou un médecin du sport, mais à chaque fois qu’il prenait rendez-vous, il annulait la veille. Il me disait : « J’ai peur qu’on me dise que je dois arrêter la course à pied. » Sa peur n’était pas la douleur du soin, mais la peur d’une perte : perdre son identité de sportif, perdre son plaisir. En évitant le diagnostic, il pensait se protéger. Mais en réalité, il se privait de la possibilité de guérir. Sa phobie médicale était devenue un obstacle plus grand que la blessure elle-même.
Cette peur est légitime. Elle a une fonction : te protéger. Le problème, c’est qu’elle est devenue dysfonctionnelle. Elle te protège d’un danger imaginaire (ou exagéré) au prix de ta santé réelle. C’est là que l’accompagnement prend tout son sens : non pas pour « supprimer » la peur, mais pour rééduquer ton système nerveux à distinguer une vraie menace d’un souvenir ou d’une anticipation.
« La peur n’est pas une ennemie à abattre, mais une sentinelle qui a mal appris. L’hypnose ne la fait pas taire, elle lui apprend à parler moins fort et à mieux écouter. »
Quand tu évites un soin, tu ne te contentes pas de reporter un rendez-vous. Tu enclenches une cascade de conséquences qui s’installent dans l’ombre. La première est évidente : tu risques de laisser une pathologie évoluer. Un petit problème dentaire non traité peut devenir une infection grave. Une tension artérielle non surveillée peut mener à un accident vasculaire. Un cancer détecté tardivement réduit les chances de guérison. Les chiffres sont là : selon des études, les personnes souffrant de phobie médicale consultent en moyenne 40 % moins souvent que les autres, et elles arrivent souvent aux urgences dans un état avancé.
Mais il y a des conséquences moins visibles, tout aussi lourdes. L’évitement répété génère une anxiété chronique. Tu passes ton temps à anticiper, à ruminer, à chercher des alternatives. Tu te sens coupable de « ne pas être comme les autres », de « ne pas être capable d’affronter quelque chose de si simple ». Cette culpabilité alimente un cercle vicieux : plus tu évites, plus tu te juges, plus tu as peur. Tu finis par t’isoler, par ne plus parler de tes soucis de santé à tes proches, par porter seul le poids de cette peur.
Je pense à Claire, une femme d’une quarantaine d’années que j’ai reçue pour une phobie des examens gynécologiques. Elle n’avait pas consulté depuis sept ans. Elle savait qu’elle prenait un risque, mais chaque fois qu’elle prenait rendez-vous, elle était prise de nausées, de palpitations, et elle annulait. Elle me disait : « Je me sens nulle. Je sais que c’est important, mais mon corps refuse. » Ce n’était pas un caprice. C’était son système nerveux qui criait « danger » à chaque fois qu’elle envisageait de s’asseoir sur une table d’examen. En sept ans, elle avait développé une anxiété sociale autour de la santé, une hypervigilance, et une perte de confiance en elle. Son évitement n’avait pas seulement impacté sa santé physique, il avait érodé son estime de soi.
Une autre conséquence sournoise, c’est la banalisation des symptômes. Pour éviter d’avoir à consulter, tu vas minimiser ce que tu ressens. « Ce n’est rien, ça va passer. » Tu deviens un expert en auto-diagnostic bricolé, tu cherches des réponses sur Internet, tu te rassures avec des demi-vérités. Mais en faisant ça, tu perds le contact avec ton corps. Tu n’écoutes plus ses signaux, tu les interprètes à travers le filtre de ta peur. Et ça, c’est un terrain glissant vers l’épuisement et la chronicisation de problèmes qui auraient pu être traités simplement.
Enfin, il y a l’impact sur tes proches. Quand tu évites les soins, tu les inquiètes. Ils te voient souffrir en silence, ils te proposent de t’accompagner, et tu refuses. Parfois, ils se fâchent. Parfois, ils s’éloignent. Ta phobie médicale devient un sujet tabou dans la famille, une source de tension. Pourtant, tu n’as pas à porter ça seul. C’est une souffrance qui mérite d’être reconnue et adressée, pas avec des injonctions, mais avec une écoute et des outils adaptés.
L’hypnose que je pratique, l’hypnose ericksonienne, n’a rien à voir avec un spectacle de foire. Ce n’est pas un état de sommeil ou de perte de contrôle. C’est un état de conscience modifié, naturel, que tu expérimentes déjà plusieurs fois par jour – quand tu es absorbé par un film, quand tu conduis sur une route familière sans te souvenir du trajet, quand tu rêvasses. Dans cet état, ton esprit critique ralentit, et ton inconscient devient plus accessible. C’est lui qui a enregistré la peur, et c’est lui qui peut apprendre à la reprogrammer.
Concrètement, comment on travaille sur une phobie médicale en hypnose ? On ne va pas te forcer à revivre des souvenirs traumatiques. On ne va pas te dire « tu n’as pas peur ». On va créer un espace de sécurité intérieure. On va utiliser des métaphores, des suggestions indirectes, des ancrages, pour que ton système nerveux associe progressivement le contexte médical à des sensations de calme et de contrôle.
Prenons l’exemple de la peur des aiguilles. Je ne vais pas te demander de regarder une seringue en face. Je vais d’abord t’aider à installer une ressource : un souvenir où tu te sentais fort, serein, en sécurité. On va ancrer cette sensation dans un geste simple – par exemple, poser ta main sur ton cœur. Ensuite, en état d’hypnose, je vais te guider pour que tu puisses imaginer une situation médicale, mais en la modifiant : tu es derrière une vitre, tu observes la scène avec une distance bienveillante. Tu peux ajouter des éléments qui te rassurent – une musique que tu aimes, une lumière douce, une personne de confiance à côté de toi. Petit à petit, ton cerveau va créer de nouvelles connexions neuronales, où le contexte médical n’est plus uniquement associé à la peur, mais aussi à des ressources de calme.
Ce travail est progressif. Personne ne sort d’une séance d’hypnose en disant « je n’ai plus peur du tout ». Mais ce qui change, c’est la relation à la peur. Elle n’est plus au volant. Elle devient une émotion parmi d’autres, que tu peux accueillir sans qu’elle prenne toute la place. Tu retrouves la capacité d’agir malgré elle. C’est ça, l’objectif : que tu puisses prendre rendez-vous, entrer dans le cabinet, et vivre l’examen sans que ton système nerveux se mette en alerte maximale.
« L’hypnose ne te promet pas de supprimer ta peur. Elle te promet de lui redonner sa juste place : une information, pas une interdiction. »
L’IFS, ou Internal Family Systems, est un modèle que j’utilise souvent en complément de l’hypnose. Il repose sur une idée simple : notre psyché est composée de multiples « parties », comme une famille intérieure. Il y a la partie qui a peur, la partie qui juge, la partie qui veut tout contrôler, la partie qui se protège en évitant. Aucune de ces parties n’est « mauvaise ». Elles ont toutes une intention positive : te protéger, t’aider à survivre. Mais parfois, elles prennent le contrôle de manière excessive.
Imagine que ta phobie médicale, c’est une partie de toi qui s’appelle « La Protectrice ». Elle a été formée à un moment de ta vie où tu as vécu une expérience médicale difficile. Depuis, elle fait son boulot : elle t’empêche de retourner dans une situation qui pourrait être dangereuse. Le problème, c’est qu’elle est devenue hypervigilante. Elle voit un danger partout, même là où il n’y en a pas. Elle crie si fort que tu n’entends plus les autres parties de toi – celle qui sait que c’est important de se soigner, celle qui veut prendre soin de toi.
En IFS, on ne cherche pas à faire taire cette protectrice. On va plutôt l’écouter, la remercier, et lui demander de laisser un peu d’espace. On va entrer en dialogue avec elle, avec douceur. « Qu’est-ce que tu crains vraiment ? Qu’est-ce qui se passerait si tu baissais un peu la garde ? De quoi as-tu besoin pour te sentir en sécurité ? » Très souvent, la protectrice a besoin de savoir qu’une autre partie de toi – ton « Self », cette partie calme, curieuse et compatissante que tu possèdes naturellement – peut prendre le relais. Elle peut alors se détendre.
J’ai travaillé avec un footballeur qui avait développé une phobie des soins après une blessure mal prise en charge. Chaque fois qu’il voyait un kiné, son corps se verrouillait. En IFS, on a découvert une partie de lui qui avait été traumatisée par la douleur et par le sentiment d’abandon. Cette partie ne faisait pas confiance aux soignants. On a passé du temps à l’écouter, à valider sa peur, puis à lui montrer que l’adulte d’aujourd’hui pouvait choisir un soignant de confiance, poser des limites, et garder le contrôle. Progressivement, cette partie a accepté de lâcher prise. Il a pu reprendre les soins sans crise d’angoisse.
L’IFS, c’est un peu comme devenir un bon parent pour toi-même. Tu apprends à accueillir toutes tes parties, même celles qui te semblent « idiotes » ou « exagérées ». Et quand tu les accueilles, elles s’apaisent. La phobie n’est plus un ennemi à combattre, mais une partie de toi qui a besoin d’être entendue.
La phobie médicale ne se joue pas seulement dans ta tête. Elle se joue aussi dans la relation avec les soignants. Beaucoup de personnes que je reçois me disent : « Je n’ose pas dire au médecin que j’ai peur. » Ou : « Je sens qu’il est pressé, je ne veux pas le déranger. » Ou encore : « Je me suis déjà senti humilié lors d’un examen. » Le contexte relationnel est central. Si tu ne te sens pas en sécurité avec la personne qui te soigne, ta peur va s’amplifier.
L’intelligence relationnelle, c’est la capacité à naviguer dans ces interactions avec conscience et habileté. Concrètement, ça veut dire apprendre à exprimer ta peur avant l’examen. Tu peux dire : « Je suis très anxieux à l’idée de cette prise de sang. Est-ce que je peux m’allonger ? Est-ce que tu peux me parler pendant le geste ? » La plupart des soignants sont formés pour accueillir ce type de demande, et ils seront plus attentifs. Si tu ne te sens pas écouté, tu peux aussi changer de professionnel. C’est ton droit. La relation de soin est un partenariat, pas une soumission.
Un autre aspect de l’intelligence relationnelle, c’est la gestion de ton propre discours intérieur. Avant un rendez-vous, tu as probablement des pensées du style : « Je vais avoir peur, je vais trembler, je vais être ridicule. » Ces pensées alimentent la peur. Tu peux les remplacer par des affirmations plus réalistes : « Je peux avoir peur et faire ce soin quand même. Je peux demander une pause si j’en ai besoin. Je ne suis pas seul·e. » Ce n’est pas de la pensée positive naïve, c’est une réorientation de ton attention.
Enfin, l’intelligence relationnelle, c’est aussi apprendre à réguler ton système nerveux pendant l’interaction. Si tu sens que la panique monte, tu peux utiliser des techniques simples : respirer lentement, regarder un point fixe, presser tes pouces l’un contre l’autre, ou poser ta main sur ton ventre. Ces gestes envoient un signal de sécurité à ton cerveau. Tu peux aussi prévoir un signal avec le soignant – par exemple, lever la main si tu as besoin d’une pause. Savoir que tu as un contrôle sur le déroulement réduit considérablement l’anxiété.
« La peur se nourrit de l’impuissance. L’intelligence relationnelle, c’est reprendre le pouvoir sur la relation, pas sur le soignant, mais sur ta propre capacité à agir et à demander. »
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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