3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Une méthode douce pour accueillir vos parts fragiles
Vous entrez dans une pièce où il y a du monde. Cinq personnes. Vous les connaissez toutes, pourtant votre cœur s’emballe. Vos épaules remontent, votre respiration devient courte. Vous cherchez une place discrète, près du mur, pour observer sans participer. Et pendant toute la soirée, vous avez cette sensation désagréable d’être jugé, épié, presque démasqué.
Peut-être que vous reconnaissez cette scène. Peut-être que vous la vivez régulièrement, au travail, en famille, ou même avec des amis proches. On appelle ça une phobie sociale, ou anxiété sociale. Derrière ce terme clinique se cache une expérience quotidienne très concrète : celle d’être trop sensible au regard des autres, et d’en souffrir.
Je reçois régulièrement des adultes qui me disent : « Je suis hypersensible, c’est pour ça que je n’y arrive pas. » Ou encore : « J’ai toujours été timide, c’est ma nature. » Ces explications ne sont pas fausses, mais elles sont incomplètes. Elles enferment dans une identité fixe, alors que la réalité est plus subtile. Votre hypersensibilité n’est pas un défaut de fabrication. C’est une partie de vous qui a dû se protéger, et qui continue à le faire, parfois trop fort.
Dans cet article, je vais vous présenter une approche qui change profondément le rapport à cette anxiété sociale : l’IFS, ou Internal Family Systems. Combinée à l’hypnose ericksonienne, elle permet de ne plus lutter contre vos parts sensibles, mais de les accueillir. Et ce faisant, de les apaiser.
Je ne vais pas vous promettre que vous deviendrez soudainement extraverti. Mais je peux vous dire que beaucoup de personnes retrouvent une liberté qu’elles croyaient perdue. Simplement en arrêtant de se battre contre elles-mêmes.
Quand on parle d’hypersensibilité, on évoque souvent une capacité à ressentir intensément les émotions, les ambiances, les nuances relationnelles. C’est une réalité pour environ 20 % de la population. Mais dans le cadre d’une phobie sociale, cette sensibilité devient un piège.
Prenons l’exemple de Claire, une enseignante de 34 ans que j’ai accompagnée. Elle adorait son métier, mais chaque réunion pédagogique était un supplice. Elle sentait les regards, interprétait les soupirs, anticipait les critiques. Après chaque réunion, elle repassait en boucle les échanges, trouvant des preuves qu’elle avait été maladroite. Le soir, elle était épuisée.
Claire se disait : « Je suis trop sensible, je devrais être plus forte. » Cette phrase, elle la répétait depuis l’adolescence. Mais en travaillant avec elle, nous avons découvert autre chose. Sa sensibilité n’était pas venue par hasard. Petite, elle avait appris à être vigilante pour éviter les conflits familiaux. Son père avait des sautes d’humeur imprévisibles. Elle avait développé une hyper-vigilance pour lire ses humeurs et ne pas déclencher sa colère.
Cette stratégie avait fonctionné. Elle l’avait protégée. Mais à l’âge adulte, son système nerveux continuait à appliquer les mêmes règles : « Pour être en sécurité, il faut tout détecter, tout anticiper, tout contrôler. »
Votre hypersensibilité sociale est peut-être aussi une ancienne protectrice. Elle n’est pas votre ennemie. Elle essaie de vous garder en vie, affectivement parlant. Le problème, c’est qu’elle utilise des méthodes d’un autre temps, dans un contexte qui n’est plus le même.
« Ce que vous appelez votre faiblesse est souvent la partie de vous qui a le plus veillé sur vous, dans l’ombre. »
L’IFS nous apprend à reconnaître cette part protectrice, à la remercier, puis à négocier avec elle un nouveau rôle. Pas à la chasser. À la libérer de son fardeau.
L’Internal Family Systems (IFS) a été développé par Richard Schwartz dans les années 1980. Son postulat de départ est simple, mais révolutionnaire : notre esprit n’est pas un bloc homogène. Il est composé de multiples « parts » ou sous-personnalités, chacune avec ses émotions, ses croyances, son rôle.
Vous avez peut-être déjà expérimenté cette sensation de conflit intérieur : une partie de vous veut aller à cette soirée, une autre trouve des excuses. Une partie voudrait parler franchement, une autre vous fait taire. Ces voix contradictoires ne sont pas des signes de folie. Ce sont vos parts qui s’activent.
L’IFS distingue trois grands types de parts :
L’objectif de l’IFS n’est pas d’éliminer les managers ou les pompiers. Ils sont précieux. Le but est de rétablir la confiance dans ce qu’on appelle le Self, votre centre calme, confiant, curieux et compatissant. Quand le Self est aux commandes, les parts protectrices peuvent se détendre.
Prenons un exemple concret. Marc, 42 ans, cadre commercial, venait me voir pour une anxiété sociale qui le paralysait lors des présentations clients. Son manager intérieur était très actif : « Prépare tout, ne laisse rien au hasard, vérifie cent fois tes diapositives. » Mais plus il préparait, plus son anxiété augmentait. Pourquoi ? Parce que son manager fonctionnait sur une croyance : « Si je ne contrôle pas tout, je vais être humilié. »
En IFS, nous avons rencontré cette part manager. Elle était épuisée. Elle veillait depuis l’enfance, quand Marc avait été ridiculisé par un enseignant devant toute la classe. Cette part avait juré que cela ne se reproduirait jamais. Elle avait raison de vouloir le protéger. Mais son mode opératoire était devenu contre-productif.
Nous avons dialogué avec elle, avec douceur. Nous lui avons demandé ce dont elle avait besoin pour faire un pas de côté. Elle a répondu : « J’ai besoin de savoir que Marc peut gérer une critique sans s’effondrer. » C’est là qu’intervient l’hypnose.
L’hypnose ericksonienne, du nom de Milton Erickson, est une approche non directive. Plutôt que d’imposer des suggestions, elle utilise le langage métaphorique, la dissociation et la réorientation de l’attention pour permettre au système inconscient de trouver ses propres solutions.
Quand je combine l’hypnose et l’IFS, je ne vous demande pas de « chasser votre anxiété ». Je vous invite à entrer en contact avec la part qui porte cette anxiété, dans un état de conscience modifié où les défenses sont plus souples.
Voici comment cela se déroule typiquement dans mon cabinet :
Je me souviens d’une patiente, Sophie, qui avait une phobie sociale très invalidante. Elle ne pouvait pas manger en public. Son manager s’activait dès qu’elle entrait dans un restaurant : « Tout le monde te regarde, tu vas t’étouffer, ils vont se moquer. » En hypnose, nous avons rencontré cette part. Elle était très jeune, peut-être 6 ans. Elle avait été forcée à finir son assiette sous les moqueries de ses frères aînés. Cette part n’avait jamais été consolée.
En séance, Sophie a pu, depuis son Self adulte, prendre cette petite fille dans ses bras, lui dire qu’elle était en sécurité maintenant. Les larmes ont coulé, mais c’étaient des larmes de soulagement. Au fil des séances, la part protectrice a accepté de se reposer. Sophie a recommencé à sortir au restaurant, d’abord avec une amie proche, puis seule. Elle ne s’est pas transformée en bête de scène, mais elle avait retrouvé une liberté qu’elle croyait perdue.
« Guérir, ce n’est pas devenir quelqu’un d’autre. C’est arrêter de se battre contre les parties de soi qui ont trop veillé. »
J’apprécie la transparence avec les personnes que je reçois. L’IFS n’est pas une baguette magique. Voici ce qu’elle ne fait pas :
Ce que l’IFS fait vraiment, c’est transformer votre relation à vous-même. Au lieu de vous juger « trop sensible » ou « pas assez fort », vous commencez à ressentir de la curiosité pour vos parts. Vous devenez moins en guerre intérieure.
Et c’est là que se produit le changement durable.
Vous n’avez pas besoin d’attendre une séance pour expérimenter l’IFS. Voici un exercice simple que vous pouvez faire chez vous, seul, dans un moment calme.
Exercice : Dialoguer avec votre critique intérieur
Cet exercice ne résoudra pas tout. Mais il installe une nouvelle dynamique intérieure. Vous passez d’une relation de lutte à une relation de dialogue.
Si vous sentez une forte résistance, ou si cela réveille des émotions intenses, ne forcez pas. C’est le signe que vous avez besoin d’un cadre sécurisé pour explorer ces parts. C’est tout à fait normal.
Je pratique à Saintes depuis 2014. J’ai vu défiler des personnes de tous âges, de tous horizons. Des enseignants, des artisans, des retraités, des étudiants. La phobie sociale touche tout le monde, sans distinction.
Ce qui revient souvent dans leurs retours, c’est la surprise de découvrir que leur anxiété n’est pas un monstre à combattre, mais une part d’eux-mêmes qui a besoin d’être entendue. Une patiente m’a dit un jour : « J’ai passé 20 ans à essayer de me muscler psychologiquement. C’est la première fois que quelqu’un m’apprend à me parler avec douceur. »
Je ne suis pas là pour vous transformer en quelqu’un d’autre. Je suis là pour vous aider à retrouver accès à vos ressources naturelles : votre calme, votre confiance, votre capacité à être en relation sans vous perdre.
L’hypnose ericksonienne est un merveilleux véhicule pour cela. Elle permet d’accéder à des états de conscience où les parts rigides peuvent se relâcher, où les blessures anciennes peuvent être revisitées avec une présence adulte.
Et l’IFS apporte la carte. Elle donne un langage pour comprendre ce qui se joue à l’intérieur. Elle remplace le chaos par une écologie intérieure respectueuse.
Si vous lisez ces lignes, peut-être que vous portez depuis longtemps l’étiquette de « trop sensible ». Peut-être que vous avez essayé de vous endurcir, de vous raisonner, de vous forcer à être différent. Et peut-être que ça n’a pas marché.
Je voudrais vous proposer une autre hypothèse : vous n’êtes pas trop sensible. Vous avez simplement des parts de vous qui ont appris à être vigilantes pour survivre. Et ces parts méritent votre gratitude, pas votre rejet.
L’approche IFS couplée à
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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