3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Les causes inconscientes de la phobie de l’avion.
Tu as peut-être déjà vécu cette scène : tu es assis dans l’avion, la ceinture bouclée, le moteur qui gronde. Tout va bien, objectivement. Le commandant de bord annonce une météo clémente, le vol est court, l’appareil est neuf. Pourtant, ton cœur s’emballe. Tes paumes deviennent moites. Une boule se forme dans ton ventre. Tu te dis : « Mais pourquoi j’ai peur ? Je sais que c’est sûr, je connais les statistiques, je ne suis pas en danger. » Et pourtant, la peur est là, viscérale, irrationnelle. Elle ne répond à aucune logique.
Je reçois régulièrement des personnes qui vivent cette situation. Des cadres qui voyagent pour le travail, des parents qui veulent emmener leurs enfants en vacances, des sportifs qui doivent se déplacer pour des compétitions. Ils me disent tous la même chose : « Je sais que c’est stupide, mais je n’y peux rien. » Ce sentiment d’impuissance est peut-être ce qu’il y a de plus difficile à vivre. Parce que la peur, quand elle semble venir de nulle part, nous donne l’impression que notre propre corps nous trahit.
Pourtant, cette peur a une cause. Elle n’est pas « sans raison ». Simplement, cette raison n’est pas accessible à ta conscience immédiate. Elle est enfouie dans une partie de ton esprit que tu ne contrôles pas directement : ton inconscient. Et c’est là que l’hypnose ericksonienne, l’IFS (Internal Family Systems) et l’Intelligence Relationnelle peuvent t’aider à comprendre et à désamorcer ce mécanisme.
Je te propose d’explorer ensemble pourquoi cette peur surgit, ce qu’elle essaie de te dire, et comment tu peux commencer à t’en libérer.
La première chose que je dis à mes patients, c’est : « Tu n’es pas fou. » Ta peur n’est pas stupide. Elle a un sens, même si ce sens t’échappe. Pour comprendre, il faut accepter que notre cerveau fonctionne sur deux pistes parallèles.
La première piste, c’est le cortex préfrontal. C’est la partie rationnelle, celle qui lit les statistiques de sécurité aérienne, qui comprend que les turbulences sont normales, qui se dit que le pilote est formé. Cette partie de toi sait que l’avion est sûr. Le problème, c’est qu’elle n’est pas aux commandes quand la peur surgit.
La deuxième piste, c’est le système limbique, et plus particulièrement l’amygdale. C’est le détecteur de danger primitif. Il ne parle pas avec des mots. Il parle avec des sensations, des images, des souvenirs émotionnels. Et surtout, il n’écoute pas la raison. Quand l’amygdale perçoit un déclencheur qui ressemble, même de loin, à une menace, elle active le mode survie : fuite, combat ou paralysie. Tout cela en quelques millisecondes, bien avant que ta partie rationnelle ait eu le temps de dire « mais attends, c’est juste un avion ».
Alors, qu’est-ce qui déclenche cette alarme ? Parfois, c’est un événement spécifique. Un vol turbulent vécu enfant. Un reportage marquant vu à la télé. Une histoire racontée par un parent. Mais souvent, c’est plus subtil. C’est une association inconsciente. Par exemple, la sensation d’être enfermé dans un espace exigu peut réveiller un souvenir de claustrophobie lié à une autre situation. Le bruit du moteur peut rappeler un traumatisme sonore. Le simple fait de quitter le sol peut être associé, dans ton inconscient, à une perte de contrôle qui renvoie à une période d’instabilité dans ta vie.
Je me souviens d’un patient, appelons-le Marc. Marc avait une peur panique de l’avion. Il ne comprenait pas pourquoi. En explorant avec lui, on a découvert que son père avait perdu son emploi quand Marc avait 8 ans. À cette époque, la famille avait dû déménager, changer d’école, perdre des repères. Son inconscient avait associé le départ, le fait de « s’envoler » vers l’inconnu, à cette perte brutale de sécurité. L’avion, pour lui, n’était pas un moyen de transport. C’était le symbole d’un arrachement. La peur n’était pas irrationnelle. Elle était profondément logique, mais à un niveau que sa conscience ne voyait pas.
« La peur n’est jamais sans raison. Elle est simplement sans raison apparente. Son langage est celui des sensations et des souvenirs, pas celui des mots. »
Voilà le premier pas : accepter que ta peur a une histoire. Elle n’est pas un défaut de fabrication. Elle est un message. Et pour la désamorcer, il faut apprendre à écouter ce message, sans le juger.
C’est une question qui revient souvent : « Si je sais que ma peur vient d’un souvenir ancien, pourquoi est-ce que je n’arrive pas à m’en débarrasser ? » La réponse est à la fois simple et déroutante : parce que cette peur a été créée pour te protéger.
L’inconscient fonctionne comme un gardien un peu trop zélé. Son objectif numéro un, c’est ta survie. Il ne se soucie pas de ton confort, de ta liberté de voyager ou de ta carrière. Il veut juste que tu restes en vie. Et pour ça, il utilise des stratégies qui ont marché dans le passé.
Prenons un exemple. Imagine un enfant qui se brûle avec une plaque de cuisson. Son cerveau associe « plaque rouge » = « douleur ». Il va éviter les plaques rouges. C’est utile. Mais si, plus tard, cet enfant devient adulte et qu’il a peur de toutes les surfaces chaudes, même d’une tasse de thé, son mécanisme de protection est devenu inadapté. Pourtant, son inconscient continue de l’appliquer parce que, à l’époque, il a sauvé sa main.
Pour la phobie de l’avion, c’est la même logique. À un moment donné de ta vie, ton inconscient a décidé que voler était dangereux. Peut-être à cause d’un événement réel (un vol difficile), peut-être à cause d’une émotion intense ressentie dans un contexte lié au départ ou à la hauteur. Depuis ce jour, il applique la même consigne : « Dès qu’on s’approche d’un avion, on active l’alarme. »
Ce qui est fascinant, c’est que cette protection est souvent liée à une partie de toi que l’on appelle, en IFS, une « partie protectrice ». Imagine que tu as en toi plusieurs sous-personnalités. Il y a la partie qui veut voyager, celle qui est rationnelle, celle qui aime l’aventure. Mais il y a aussi une partie dont le job est de te maintenir en sécurité. Cette partie-là est souvent jeune, parfois très jeune. Elle a pris ce rôle à un moment où personne d’autre ne pouvait te protéger. Et elle continue, des années après, à faire son travail du mieux qu’elle peut.
Le problème, c’est qu’elle ne sait pas que tu as grandi. Elle ne sait pas que tu as les ressources pour gérer une situation inconfortable. Elle ne sait pas que les avions sont sûrs. Elle ne connaît que l’alerte rouge. Et plus tu luttes contre elle, plus tu lui dis « arrête d’avoir peur », plus elle se sent incomprise et plus elle renforce sa vigilance.
L’hypnose ericksonienne permet de communiquer avec cette partie d’une manière qu’elle comprend. Pas en lui ordonnant de se taire, mais en la remerciant pour son travail, en lui montrant que tu es désormais capable de gérer la situation, et en lui proposant un nouveau rôle. C’est un peu comme si tu disais à un vigile trop zélé : « Merci de monter la garde toutes les nuits. Maintenant, je peux installer une alarme plus moderne. Tu peux prendre des congés. »
Cette approche change tout. Au lieu d’être en guerre contre toi-même, tu deviens le chef d’orchestre de tes différentes parties. Et la peur, au lieu d’être un ennemi, devient une alliée qui a juste besoin qu’on lui explique que le danger est passé.
Tu te demandes peut-être concrètement comment l’hypnose agit sur cette peur. Ce n’est pas de la magie, et je ne vais pas te faire croire que tu vas sortir d’une séance en adorant les turbulences. Mais ce qui se passe est à la fois profond et pratique.
L’hypnose ericksonienne, celle que je pratique, n’est pas un état de sommeil ou de perte de contrôle. C’est un état de conscience modifié, très proche de la rêverie ou de l’absorption que tu ressens quand tu es plongé dans un film ou un livre. Dans cet état, ton esprit critique se met en veille, et ton inconscient devient plus réceptif aux nouvelles suggestions. C’est le moment idéal pour lui proposer une autre manière de voir les choses.
Prenons l’exemple de la sensation de perte de contrôle. Beaucoup de personnes qui ont peur de l’avion ont besoin de sentir qu’elles maîtrisent la situation. Or, dans un avion, tu ne peux pas ouvrir la porte, tu ne peux pas sortir, tu ne pilotes pas. Cette absence de contrôle est vécue comme une menace. En hypnose, on peut travailler avec cette sensation. Je vais guider ton inconscient à recréer, en imagination, un espace de contrôle intérieur. Par exemple, tu peux apprendre à te concentrer sur ta respiration, sur le rythme de ton cœur, sur la sensation de tes pieds sur le sol. C’est un contrôle que personne ne peut t’enlever. Ton inconscient va peu à peu associer l’avion non plus à l’impuissance, mais à un espace où tu peux rester centré.
Il y a aussi le travail sur les ancrages. Un ancrage, c’est une association entre un stimulus (un geste, un mot, une sensation) et un état émotionnel. Par exemple, tu peux créer un ancrage de calme en touchant ton pouce et ton index ensemble à un moment où tu te sens en sécurité. En hypnose, on renforce cette association. Ensuite, dans l’avion, tu n’as plus qu’à refaire ce geste pour que ton corps se rappelle l’état de calme. C’est un peu comme un bouton de réinitialisation émotionnelle.
J’ai accompagné une patiente, Sophie, qui était terrifiée par le moment du décollage. Pour elle, c’était la sensation d’être plaquée contre le siège qui déclenchait la panique. Elle associait cette pression à une sensation d’étouffement. En hypnose, on a travaillé à transformer cette sensation. On a imaginé que cette pression était celle d’une couverture lourde et sécurisante, comme celle qu’elle utilisait pour s’endormir. On a reprogrammé l’interprétation de la sensation. Le décollage n’était plus une agression, mais un bercement.
Ce qui est important de comprendre, c’est que l’hypnose ne fait pas disparaître le stimulus. L’avion reste un avion. Les turbulences restent des turbulences. Mais elle modifie la réponse de ton système nerveux. L’alarme ne se déclenche plus automatiquement. Tu passes d’un réflexe de panique à une réaction que tu peux choisir.
« L’hypnose ne change pas la réalité. Elle change la manière dont ton corps et ton esprit réagissent à cette réalité. »
La clé, c’est la répétition et la pratique. Une séance d’hypnose, c’est comme un entraînement pour ton cerveau. Tu lui montres un nouveau chemin. Au début, il emprunte encore l’ancien, celui de la peur. Mais à force de lui proposer le nouveau chemin, il finit par le prendre par défaut.
C’est une question qui revient souvent. « Je n’ai jamais eu d’accident d’avion. Je n’ai jamais vécu de vol terrible. D’où ça sort ? » La réponse est multiple et souvent surprenante.
Parfois, la phobie est héritée. Pas génétiquement, mais émotionnellement. Un parent qui avait peur de l’avion, même s’il n’en parlait pas, a pu transmettre cette peur par son comportement. Les enfants sont des éponges émotionnelles. Ils captent les tensions, les crispations, les silences. Si ta mère serrait les poings dans la voiture en allant à l’aéroport, si ton père devenait silencieux et irritable les jours de voyage, ton inconscient a peut-être enregistré que « prendre l’avion = danger ». Le lien s’est créé sans qu’aucun mot ne soit prononcé.
Il y a aussi le phénomène de généralisation. La peur de l’avion peut être la pointe émergée d’un iceberg bien plus large. J’ai vu des personnes qui avaient peur de l’avion parce qu’elles avaient peur de perdre le contrôle dans leur vie en général. Leur phobie était un symptôme d’une anxiété plus globale, souvent liée à des événements comme un divorce, un licenciement ou un deuil. L’avion devenait le symbole concret d’une peur abstraite.
Ensuite, il y a la sensibilité personnelle. Certaines personnes ont un système nerveux plus réactif que d’autres. Leurs capteurs internes sont plus sensibles aux changements de pression, aux bruits, aux vibrations. Ce qui est une simple gêne pour l’un devient une source d’angoisse pour l’autre. Ce n’est pas une faiblesse, c’est une différence de seuil de tolérance sensorielle.
Enfin, il ne faut pas sous-estimer le pouvoir des images et des récits collectifs. Les films catastrophe, les reportages sur les crashs, les discussions dans les médias. Même si tu ne vis pas l’événement, ton cerveau peut le vivre par procuration. Les neurones miroirs s’activent quand tu regardes quelqu’un avoir peur. Tu peux ainsi « apprendre » une peur sans jamais l’avoir expérimentée directement.
C’est pour cela que la culpabilité est inutile. Te dire « je n’ai aucune raison d’avoir peur » ne fait qu’ajouter une couche de honte à l’anxiété. La peur n’a pas besoin d’une raison logique pour exister. Elle a juste besoin d’une association, d’un déclencheur, d’une histoire. Et cette histoire, on peut la réécrire.
L’Intelligence Relationnelle, c’est la capacité à comprendre et à gérer les relations que tu entretiens, non seulement avec les autres, mais aussi avec toi-même. Et dans le cas d’une phobie, la relation la plus importante à réparer, c’est celle que tu as avec ta propre peur.
Beaucoup de personnes vivent leur peur comme une ennemie. Elles la combattent, la nient, la cachent. Elles se disent : « Je ne dois pas avoir peur », « Je suis nul d’avoir peur », « Il faut que ça s’arrête ». Cette attitude crée une lutte interne épuisante. Plus tu pousses la peur, plus elle revient fort. C’est le principe de la pensée paradoxale : ce que tu résistes, persiste.
L’Intelligence Relationnelle propose une autre voie : l’accueil. Accueillir sa peur, ce n’est pas se laisser submerger. C’est dire : « OK, je sens que la peur est là. Je la reconnais. Je ne la juge pas. Je ne lui obéis pas non plus. Je l’observe. »
C’est un peu comme si tu étais dans une pièce avec un enfant qui pleure. Tu peux lui crier de se taire (ça ne marche pas). Tu peux l’ignorer (il pleure plus fort). Ou tu peux t’asseoir à côté de lui, lui dire « Je te vois, je suis là, tu n’es pas seul ». La peur, c’est cet enfant. Elle a besoin d’être reconnue pour pouvoir se calmer.
Concrètement, comment faire ? La prochaine fois que tu sens la panique monter, arrête-toi une seconde. Ne cherche pas à la chasser. Pose-toi ces questions :
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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