3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Comprendre la biologie derrière la peur du confinement.
Tu n’as pas choisi d’avoir peur dans un ascenseur, un scanner, un tunnel ou une salle de réunion sans fenêtre. Pourtant, quand ça arrive, tu te sens piégé, non seulement par l’espace, mais aussi par le regard des autres. « Ressaisis-toi », « Ce n’est rien », « Pense à autre chose » — ces phrases bien intentionnées te parviennent, et au lieu de t’aider, elles ajoutent une couche de honte. Tu finis par croire que tu es trop sensible, trop faible, que tu manques de volonté. Je reçois des adultes à Saintes depuis plus de dix ans, et je peux te dire une chose avec certitude : la claustrophobie n’a rien à voir avec un défaut de caractère. C’est un système d’alarme biologique qui s’est emballé, et on peut le recalibrer.
Je vais t’expliquer pourquoi ton corps réagit comme ça, et surtout, ce que tu peux faire concrètement pour désamorcer ce piège intérieur.
Imagine que tu es dans une file d’attente pour un scanner médical. J’ai accompagné un patient, appelons-le Marc, qui venait de se faire prescrire une IRM après une blessure au genou. Rien d’exceptionnel. Sauf que dès qu’il a vu l’appareil — ce tube blanc, étroit, avec une ouverture qui ressemble plus à un tunnel qu’à un lit — son cœur s’est emballé. Il a commencé à transpirer, sa respiration s’est bloquée, et il a annulé le rendez-vous. « Je suis nul », m’a-t-il dit en consultation. « Je n’arrive même pas à faire un examen médical. »
Mais ce n’est pas une question de caractère. C’est une question de survie. Ton cerveau possède une structure ancienne, l’amygdale cérébrale, qui agit comme un détecteur de fumée. Son boulot, c’est de repérer les menaces avant même que tu aies le temps de réfléchir. Pour certains d’entre nous, cette alarme s’est réglée sur un seuil très bas pour tout ce qui ressemble à un espace confiné. Pourquoi ? Parfois, c’est lié à une expérience passée — une porte bloquée dans l’enfance, un jeu qui a mal tourné, une sensation d’étouffement lors d’une maladie. Mais parfois, il n’y a aucun souvenir précis. Le cerveau a simplement « appris » qu’être coincé = danger, et il a généralisé.
Quand l’alarme se déclenche, ton corps se prépare à fuir ou à combattre. Le cortisol et l’adrénaline inondent ton système. Ta fréquence cardiaque monte, ta vision se rétrécit (tu vois moins les détails autour, pour te concentrer sur la sortie), et ta respiration devient courte et haute dans la poitrine. Tout ça est automatique. Tu n’as pas plus choisi cette réaction que tu ne choisis de cligner des yeux quand une poussière vole vers toi. C’est biologique, pas moral.
La honte que tu ressens après une crise de claustrophobie est souvent plus invalidante que la peur elle-même. Tu te juges d’avoir eu peur, alors que ton corps faisait exactement ce pour quoi il a été conçu : te protéger.
Quand l’alarme sonne trop fort, tu fais ce qui semble le plus logique : tu évites. Tu prends les escaliers plutôt que l’ascenseur. Tu refuses les invitations qui impliquent un métro bondé. Tu demandes une IRM ouverte, ou tu repousses l’examen médical. J’ai vu des patients qui ne conduisaient plus sur les ponts ou dans les tunnels, qui changeaient de trajet de plusieurs kilomètres pour contourner une route étroite bordée d’arbres.
Sur le moment, l’évitement te soulage. Tu évites la tempête intérieure. Mais voilà le problème : chaque fois que tu évites, tu envoies un message à ton cerveau : « Tu avais raison, cet espace est dangereux. » Tu renforces la connexion neuronale qui associe espace confiné = menace. C’est comme si tu arrosais une mauvaise herbe. Elle pousse, plus forte, plus large. Petit à petit, la liste des situations à éviter s’allonge. Tu ne te sens plus libre de tes mouvements. Tu t’adaptes autour de la peur, et ta vie rétrécit.
Je me souviens de Sophie, une femme de 42 ans, cadre dans une grande entreprise. Elle devait assister à des réunions dans une salle sans fenêtre au sous-sol. La première fois, elle a tenu vingt minutes avant de se lever, prétextant un malaise. La fois d’après, elle a demandé à être en visio. Au bout de six mois, elle refusait toute réunion en présentiel, et son chef commençait à s’interroger sur son engagement. Sophie n’était pas moins compétente qu’avant. Mais son cerveau avait appris que cette salle = danger, et elle avait appris à l’éviter. La peur n’avait pas grandi, mais le territoire de l’évitement s’était étendu.
L’évitement n’est pas une faiblesse, c’est une stratégie. Une stratégie qui marche à court terme et qui coûte cher à long terme. Le problème n’est pas d’avoir peur. Le problème, c’est que la peur prend le volant de ta vie.
Tu es dans un ascenseur. Les portes se ferment. La cabine commence à descendre. Tu sens cette montée de chaleur dans la poitrine, cette envie de sortir à tout prix. L’alarme sonne. Ta première tentation, c’est de contrôler : « Calme-toi, arrête de paniquer, c’est ridicule. » Mais la lutte intérieure ne fait qu’augmenter la tension. Pourquoi ? Parce que ton cerveau interprète cette lutte comme une confirmation : « Il y a un vrai danger, sinon je ne me battrais pas autant. »
Alors, que faire ? Il y a une chose que tu peux essayer, tout de suite, sans matériel, sans préparation. C’est la respiration. Pas n’importe comment. Quand la peur monte, ta respiration devient rapide et haute, dans le haut des poumons. C’est la respiration du stress. Elle est conçue pour te préparer à l’effort physique immédiat. Mais si tu ne fuis pas et que tu ne combats pas, cette respiration devient un problème : elle maintient le système nerveux en alerte.
Voici une technique simple que j’enseigne à mes patients : la respiration 4-7-8. Tu inspires par le nez en comptant jusqu’à 4. Tu bloques (tu retiens l’air) en comptant jusqu’à 7. Tu expires lentement par la bouche en comptant jusqu’à 8. L’expiration longue est le signal le plus puissant que tu puisses envoyer à ton système nerveux pour lui dire : « On peut ralentir. » C’est comme appuyer sur le frein doucement. Tu ne vas pas stopper l’alarme d’un coup, mais tu vas réduire la pression.
Quand Marc, le patient du scanner, a essayé cette technique dans mon cabinet, il a été surpris. « Je ne pensais pas que ça marcherait. » Ça n’a pas fait disparaître sa peur, mais ça a créé un espace de quelques secondes entre le déclenchement de l’alarme et sa réponse. Cet espace, c’est ton pouvoir. Au lieu de réagir automatiquement (fuir, éviter), tu peux commencer à répondre. Et répondre, c’est le début de la liberté.
La respiration, c’est le frein. Mais pour vraiment changer la donne, il faut aller voir sous le capot. C’est là que l’hypnose ericksonienne et l’IFS (Internal Family Systems) entrent en jeu. Je ne te parle pas de méthodes magiques. Je te parle d’outils qui permettent de dialoguer avec la partie de toi qui a peur.
En hypnose ericksonienne, on ne cherche pas à supprimer la peur. On cherche à entrer en contact avec elle, à la comprendre et à lui offrir une nouvelle expérience. Par exemple, je peux guider une personne en état de conscience modifié (un état de relaxation profonde où l’esprit critique est moins actif) pour qu’elle revisite mentalement une situation confinée, mais en y ajoutant des ressources : une respiration calme, une sensation de sécurité, un souvenir de maîtrise. Le cerveau ne fait pas bien la différence entre une expérience réelle et une expérience imagée intensément. Si tu vis une scène de calme dans un espace confiné en hypnose, ton cerveau met à jour sa base de données. Il apprend que ce n’est pas systématiquement dangereux.
L’IFS, de son côté, part d’un postulat que j’aime beaucoup : tu n’es pas un bloc monolithique. Tu es composé de différentes « parties » en toi. Il y a une partie qui a peur de l’ascenseur. Cette partie n’est pas ton ennemie. Elle essaie de te protéger, même si sa méthode est devenue inadaptée. En IFS, on entre en dialogue avec cette partie. On lui demande : « Qu’est-ce que tu crains qu’il arrive si on monte dans cet ascenseur ? » Souvent, la réponse est surprenante : « J’ai peur qu’on reste coincé et que tu manques d’air », ou « J’ai peur que tu perdes le contrôle et que les gens te jugent ». Une fois que tu écoutes cette partie avec compassion, elle se détend. Elle n’a plus besoin de crier pour se faire entendre.
J’ai travaillé avec un jeune footballeur qui refusait de jouer dans des stades couverts. Pas à cause du jeu, mais à cause de la sensation d’être enfermé sous le toit. En IFS, on a découvert une partie de lui qui gardait le souvenir d’une punition d’enfance dans un placard sombre. Cette partie était restée bloquée là, à faire le guet. Quand il a pu lui parler, la reconnaître et la remercier d’avoir veillé si longtemps, la peur a changé de nature. Elle n’a pas disparu du jour au lendemain, mais elle est devenue une voix douce, pas un ouragan.
L’hypnose et l’IFS ne promettent pas de supprimer ta peur. Elles promettent de lui redonner sa juste place : une information parmi d’autres, pas le commandant de bord.
Je travaille aussi comme préparateur mental avec des coureurs et des footballeurs. Et j’ai remarqué un parallèle frappant entre la claustrophobie et le trac du sportif. Un footballeur qui rate un penalty décisif ne manque pas de caractère. Il est submergé par la pression. Son cerveau entre en mode survie, et ses gestes techniques deviennent imprécis. La solution n’est pas de lui dire « Ressaisis-toi », mais de lui apprendre à réguler son système nerveux dans l’instant.
C’est exactement pareil pour toi face à un espace confiné. Tu n’as pas besoin de plus de volonté. Tu as besoin de stratégies. Les sportifs utilisent des routines d’ancrage : un geste, une respiration, un mot-clé qui ramène l’attention dans le corps et hors de la panique. Par exemple, un coureur que j’accompagne inspire profondément et pose sa main sur son sternum avant chaque départ. Ce simple geste lui rappelle qu’il a déjà réussi des courses, qu’il est capable, que son corps sait quoi faire.
Tu peux créer ton propre ancrage. Avant d’entrer dans un ascenseur ou une salle fermée, pose ta main sur ton ventre. Sens la chaleur de ta main. Inspire profondément en pensant à un mot qui te fait du bien : « calme », « stable », « ici ». Expire lentement. Ce n’est pas un rituel mystique. C’est un conditionnement. Tu entraînes ton cerveau à associer le geste à un état de sécurité. Avec la répétition, le geste devient un interrupteur. Pas magique, mais efficace.
Il y a une chose que j’observe souvent chez les personnes claustrophobes : elles essaient de tout contrôler. La respiration, les pensées, les sensations. « Je ne dois pas avoir peur », « Il faut que je me calme ». C’est épuisant. Et ça ne marche pas. La peur est une émotion, pas une erreur de programmation. Plus tu pousses contre elle, plus elle résiste. C’est comme essayer d’écraser un ballon sous l’eau : plus tu appuies, plus il remonte fort.
Un patient m’a raconté une expérience marquante. Il était coincé dans un bouchon dans un tunnel. Son alarme s’est déclenchée. Il a eu l’habituelle envie de sortir de la voiture. Mais au lieu de lutter, il a fait quelque chose de contre-intuitif : il a dit intérieurement à sa peur « Ok, j’ai peur. Je te sens dans ma poitrine. C’est désagréable, mais je peux rester avec toi une minute. » Il n’a pas essayé de faire partir la peur. Il l’a accueillie. Résultat : après une trentaine de secondes, la vague est redescendue. Pas parce qu’il avait gagné, mais parce qu’il avait arrêté de lutter.
Lâcher prise ne veut pas dire abandonner. Lâcher prise, c’est arrêter de faire de la peur une ennemie à abattre. C’est reconnaître qu’elle est là, qu’elle fait partie de toi, et que tu peux agir malgré elle. C’est un changement de posture radical. Tu passes du combat à l’accompagnement. Et c’est là que le calme revient, doucement, sans forcément que tu t’en rendes compte.
Je ne vais pas te laisser avec des concepts. Voici trois choses que tu peux essayer aujourd’hui, chez toi, sans rendez-vous, sans matériel.
Premièrement, normalise ta peur. Ce soir, assieds-toi cinq minutes avec un carnet. Note une situation où tu as évité un espace confiné. Puis écris : « Cette peur n’est pas une faiblesse. C’est mon système d’alarme qui a été trop zélé. Il essaie de me protéger, même s’il se trompe de cible. » Lis cette phrase à voix haute. La normalisation est le premier pas vers l’apaisement.
Deuxièmement, entraîne ta respiration. Pas dans une situation de crise, mais dans le calme. Installe-toi confortablement, ferme les yeux, et pratique la respiration 4-7-8 pendant trois cycles. Fais-le matin et soir, pendant une semaine. Tu crées un chemin neuronal. Quand la crise arrivera, ce chemin sera déjà tracé. Tu n’apprendras pas à nager le jour de la tempête.
Troisièmement, observe sans juger. La prochaine fois que tu sens la peur monter dans une situation (même légère), arrête-toi une seconde. Pose ta main sur ton ventre. Note ce que tu ressens : chaleur, oppression, envie de fuir. Ne change rien. Observe juste. « Tiens, ma poitrine se serre. Tiens, ma respiration devient courte. » L’observation sans jugement désamorce l’escalade. Tu n’es plus dans la peur, tu es dans la conscience de la peur. Et c’est très différent.
Je reçois des personnes à Saintes depuis 2014. Des hommes, des femmes, des jeunes adultes, des sportifs, des dirigeants. Tous ont un point commun : ils ont cru, à un moment, que leur claustrophobie était une marque de faiblesse. Et tous ont découvert, en travaillant avec l’hypnose, l’IFS ou la préparation mentale, que c’était faux. La peur est une information, pas une condamnation. Elle peut être comprise, accueillie, et peu à peu, reléguée à une place moins centrale dans ta vie.
Si tu te reconnais
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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