3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Comprenez les causes profondes de cette phobie et les solutions.
« Je ne peux plus prendre l’autoroute. Dès que je dépasse la sortie de ma ville, mon cœur s’emballe, j’ai l’impression d’étouffer, et je suis obligé de m’arrêter sur la bande d’arrêt d’urgence. »
C’est ce que m’a confié Marc, 42 ans, commercial, lors de notre première rencontre. Il y a six mois encore, il parcourait 30 000 kilomètres par an sans sourciller. Aujourd’hui, il trouve des excuses pour éviter les déplacements, il planifie ses trajets en contournant les voies rapides, et il redoute le moment où il devra monter dans sa voiture pour aller voir sa fille à Bordeaux. Marc n’est pas seul. Chaque semaine, je reçois des personnes qui souffrent de cette peur des transports. Pour certains, c’est l’avion qui déclenche la panique. Pour d’autres, c’est le train, le métro, ou même le simple fait de traverser un pont en voiture.
Cette peur n’est pas une faiblesse. Elle n’est pas un manque de volonté. C’est un mécanisme de survie qui s’est emballé. Et la bonne nouvelle, c’est qu’on peut apprendre à le désactiver.
Dans cet article, je vais vous expliquer pourquoi cette peur s’installe, comment elle se maintient, et surtout, comment vous pouvez en sortir – avec des exemples concrets, des mécanismes simples, et des pistes d’action que vous pouvez tester dès maintenant.
La peur des transports a quelque chose de particulièrement pernicieux : elle ne se déclenche pas face à un danger réel et immédiat. Vous n’êtes pas en train de tomber d’une falaise quand vous êtes dans un avion. Vous n’êtes pas poursuivi par un prédateur quand vous roulez sur l’autoroute. Pourtant, votre corps réagit comme si c’était le cas.
Ce qui rend cette phobie si tenace, c’est qu’elle est alimentée par une combinaison unique de trois facteurs :
L’absence de contrôle. Dans une voiture, vous êtes censé maîtriser le véhicule. Mais quand la peur survient, vous perdez ce sentiment de contrôle. Vous vous sentez piégé dans un habitacle, sans possibilité de sortir immédiatement. En avion ou en train, c’est encore plus net : vous remettez votre sécurité entre les mains d’un inconnu (le pilote, le conducteur) et d’une machine.
L’anticipation anxieuse. Vous ne commencez pas à avoir peur au moment où vous montez dans le véhicule. Vous commencez à avoir peur la veille, ou même plusieurs jours avant. Votre cerveau se met à imaginer le pire scénario : une panne, un accident, une attaque de panique au mauvais moment. Cette anticipation génère autant de stress que la situation elle-même.
Le piège de l’évitement. Plus vous évitez une situation, plus votre cerveau l’enregistre comme dangereuse. Si vous annulez un trajet en voiture parce que vous avez peur, votre cerveau se dit : « Ah, j’ai bien fait d’avoir peur, puisque ça m’a évité le danger. » L’évitement renforce la peur. C’est un cercle vicieux infernal.
Je me souviens de Claire, 34 ans, qui avait développé une peur du métro après avoir été bloquée 20 minutes dans une rame en panne. Elle a commencé à prendre le bus. Puis elle a évité le bus aux heures de pointe. Puis elle a pris un taxi. Puis elle a télétravaillé. En six mois, son monde s’était rétréci à un rayon de 5 kilomètres autour de chez elle. Ce n’est pas la panne de métro qui l’a paralysée. C’est la stratégie d’évitement qu’elle a mise en place pour ne plus jamais revivre cette sensation.
L’évitement est la colle qui fige la peur dans le temps. Sans lui, la plupart des phobies disparaîtraient d’elles-mêmes en quelques semaines.
Pour comprendre comment sortir de cette peur, il faut d’abord comprendre ce qui se passe dans votre corps et votre cerveau quand elle survient.
Imaginez que votre cerveau possède un détecteur de fumée. Normalement, ce détecteur se déclenche quand il y a du vrai feu. Mais chez une personne qui développe une phobie des transports, ce détecteur devient hypersensible. Il se déclenche pour une simple vapeur de douche, une odeur de pain grillé, ou même juste en pensant à un feu.
Ce détecteur, c’est votre amygdale cérébrale. C’est une petite structure située au cœur de votre cerveau, chargée de détecter les menaces. Son rôle est vital : sans elle, vous ne fuiriez pas un danger. Mais quand elle dysfonctionne, elle vous fait fuir des situations parfaitement sûres.
Le problème, c’est que votre amygdale apprend très vite et désapprend très lentement. Un seul incident désagréable – une attaque de panique dans un train, un bruit étrange dans un avion, une frayeur au volant – peut suffire à la programmer pour associer ce contexte à un danger mortel.
Et ensuite, chaque fois que vous vous retrouvez dans une situation similaire, votre amygdale envoie un signal d’alarme avant même que votre cortex (la partie rationnelle de votre cerveau) ait eu le temps d’analyser la situation. C’est pour ça que vous pouvez vous dire « je sais que l’avion est sûr, statistiquement c’est le moyen de transport le plus fiable », et pourtant ressentir une panique incontrôlable. Votre cortex rationnel n’a pas accès au bouton d’arrêt d’urgence de l’amygdale.
Je vois souvent des personnes très intelligentes, très rationnelles, qui sont piégées par cette peur. Elles comprennent parfaitement que leur peur est irrationnelle. Mais comprendre ne suffit pas. Parce que la peur ne vient pas du raisonnement. Elle vient d’une partie bien plus ancienne de votre cerveau.
C’est là que l’hypnose ericksonienne entre en jeu. Et ce n’est pas un hasard si elle est particulièrement adaptée à ce type de problème.
L’hypnose, contrairement à ce qu’on voit dans les spectacles, n’est pas un état de sommeil ou de perte de contrôle. C’est un état de conscience modifié, naturel, que vous expérimentez déjà plusieurs fois par jour : quand vous êtes absorbé par un film, quand vous conduisez sur une route familière et que vous ne vous souvenez plus des dix derniers kilomètres, quand vous rêvassez sous la douche.
Dans cet état, votre cerveau fonctionne différemment. La partie critique, rationnelle, qui dit « ce n’est pas logique » se met en retrait. Et la partie créative, intuitive, qui est connectée à vos émotions et à vos mémoires, devient plus accessible.
Concrètement, l’hypnose permet de :
Désactiver le lien entre le transport et le danger. En état d’hypnose, on peut travailler avec votre amygdale pour lui apprendre que la voiture, l’avion ou le train ne sont pas des menaces. On ne supprime pas la peur – la peur est une émotion utile quand il y a un vrai danger. On la redimensionne. On la ramène à un niveau adapté à la réalité.
Recontextualiser l’incident initial. Très souvent, la phobie des transports est déclenchée par un événement précis : une panne, un accident évité de justesse, une attaque de panique dans un espace clos. L’hypnose permet de revivre cet événement en toute sécurité, avec une perspective nouvelle, pour en extraire l’émotion qui est restée coincée.
Créer de nouvelles ressources. Vous n’avez pas besoin de devenir quelqu’un d’autre pour surmonter cette peur. Vous avez juste besoin d’activer des ressources qui sont déjà en vous, mais qui sont inaccessibles à cause du stress. L’hypnose aide à connecter ces ressources – votre calme, votre confiance, votre capacité à respirer – à la situation qui vous pose problème.
J’ai accompagné Karim, 29 ans, qui ne pouvait plus prendre l’avion depuis un vol mouvementé où l’avion avait traversé une zone de turbulences violentes. Il avait passé deux heures à serrer les accoudoirs, à transpirer, à imaginer le pire. Après ce vol, il avait annulé trois voyages professionnels et un week-end en amoureux. En deux séances d’hypnose, nous avons travaillé sur la mémoire de ce vol pour lui redonner une place dans le passé, et nous avons créé un « ancrage » – un geste simple associé à une sensation de sécurité – qu’il pouvait utiliser avant et pendant un vol. La troisième fois qu’il a pris l’avion, il a dormi pendant la moitié du trajet.
L’hypnose est un outil puissant, mais elle ne fait pas tout. Depuis quelques années, j’intègre systématiquement l’IFS (Internal Family Systems) dans mon travail sur les phobies. Et les résultats sont spectaculaires.
L’IFS part d’une idée simple : votre esprit n’est pas une entité unique et homogène. Il est composé de différentes « parties », comme des sous-personnalités, chacune avec son propre rôle, ses propres émotions, sa propre histoire.
Quand vous avez une phobie des transports, une partie de vous a peur. C’est une partie protectrice, qui a été activée à un moment de votre vie pour vous protéger. Elle a peut-être été créée après un accident, ou après une attaque de panique particulièrement intense, ou même après avoir vu un reportage sur un crash aérien.
Cette partie a une mission : vous empêcher de revivre cette expérience traumatique. Elle le fait avec les moyens du bord : en déclenchant de l’anxiété, des pensées catastrophiques, des sensations physiques désagréables. Elle est convaincue que si elle vous laisse monter dans cette voiture ou cet avion, vous allez mourir. Elle ne fait pas semblant. Elle le croit vraiment.
Le problème, c’est que cette partie est souvent en conflit avec d’autres parties de vous : celle qui veut voyager, celle qui veut voir sa famille, celle qui veut réussir professionnellement, celle qui en a marre de se sentir limité. Résultat : vous êtes tiraillé, paralysé, incapable d’avancer.
L’IFS permet d’entrer en contact avec cette partie qui a peur, non pas pour la combattre ou la faire taire, mais pour comprendre ce qu’elle essaie de faire, et pour la rassurer. Quand une partie se sent écoutée et comprise, elle peut lâcher prise. Elle n’a plus besoin de maintenir la peur à un niveau maximal parce qu’elle sait qu’une autre partie de vous – votre Self, votre centre calme et confiant – est désormais aux commandes.
Votre peur n’est pas un ennemi à vaincre. C’est une partie de vous qui a besoin d’être rassurée. Quand elle se sent en sécurité, elle peut se reposer.
Pour les sportifs que j’accompagne – coureurs, footballeurs – la peur est un sujet quotidien. Peur de l’échec, peur de la blessure, peur de ne pas être à la hauteur. Mais ils ont un avantage sur le commun des mortels : ils savent que la peur ne se combat pas par la volonté, mais par la préparation.
Cette logique s’applique parfaitement à la peur des transports. Vous ne pouvez pas attendre d’être dans l’avion ou sur l’autoroute pour décider de ne pas avoir peur. C’est trop tard. La préparation mentale, c’est ce qui se passe avant.
Concrètement, voici comment je travaille avec les personnes qui souffrent de phobie des transports :
La visualisation positive. Vous ne pouvez pas empêcher votre cerveau d’imaginer des scénarios. Mais vous pouvez choisir lesquels. Chaque jour, pendant 5 minutes, fermez les yeux et imaginez un trajet réussi. Pas un trajet parfait, sans aucune émotion, mais un trajet où vous ressentez une légère appréhension, vous respirez, et vous continuez. Votre cerveau ne fait pas la différence entre une expérience vécue et une expérience imaginée intensément. À force de visualiser des trajets réussis, vous créez de nouveaux circuits neuronaux.
La respiration rythmée. C’est l’outil le plus simple et le plus sous-estimé. Quand votre amygdale s’emballe, votre respiration s’accélère, ce qui envoie un signal à votre cerveau pour dire « danger, danger ». En ralentissant volontairement votre respiration – 4 secondes d’inspiration, 6 secondes d’expiration – vous envoyez un signal inverse : « tout va bien, on peut se calmer ». C’est un levier direct sur votre système nerveux autonome.
Le plan B. Une grande partie de la peur des transports vient de la sensation de ne pas pouvoir s’échapper. Alors, anticipez. Que ferez-vous si vous sentez la panique monter ? Vous pouvez descendre à la prochaine station de train. Vous pouvez vous arrêter sur une aire d’autoroute. Vous pouvez prévenir un passager ou l’hôtesse de l’air. Avoir un plan B concret réduit considérablement l’anxiété d’anticipation.
Je pense à Lucas, 38 ans, joueur de football amateur, qui avait développé une peur de l’avion après un atterrissage brutal. Il devait prendre l’avion pour un tournoi à l’étranger. Nous avons travaillé ensemble pendant trois semaines : visualisation quotidienne, respiration rythmée, et un protocole d’ancrage spécifique. Le jour du vol, il a utilisé son ancrage à l’embarquement, il a respiré pendant le décollage, et il a passé le reste du trajet à regarder un film. Il m’a envoyé un message à l’arrivée : « J’ai eu un moment de stress au décollage, mais ça a duré 30 secondes. Ensuite, ça allait. »
30 secondes. C’est tout ce que la peur a duré. Parce qu’il avait préparé le terrain.
Vous n’avez pas besoin d’attendre une séance d’hypnose pour commencer à agir. Voici trois choses que vous pouvez mettre en place dès maintenant, chez vous, sans aucun risque.
1. Identifiez la première fois. Asseyez-vous calmement, fermez les yeux, et essayez de vous souvenir de la première fois où vous avez ressenti cette peur. Pas la dernière, la première. Quel âge aviez-vous ? Où étiez-vous ? Que s’est-il passé ? Prenez un carnet et notez ce qui vous vient. Vous n’avez pas besoin d’analyser, juste de décrire. Cette mémoire est souvent la clé qui permet de déverrouiller la peur actuelle.
2. Respirez en 4-6. Pendant les trois prochains jours, chaque fois que vous pensez à votre peur des transports, faites cet exercice : inspirez par le nez pendant 4 secondes, expirez par la bouche pendant 6 secondes. Répétez 5 fois. Vous n’essayez pas de supprimer la peur. Vous montrez à votre cerveau qu’il est possible de ralentir même quand la peur est là.
3. Faites un petit pas concret. Ne visez pas le grand saut. Si vous avez peur de l’avion, n’achetez pas un billet pour Tokyo demain. Allez simplement à l’aéroport. Asseyez-vous dans le hall. Regardez les avions décoller. Si vous avez peur de l’autoroute, faites un trajet d’une seule sortie. 5 kilomètres. Pas plus. L’objectif n’est pas d’arriver à destination. L’objectif est de montrer à votre amygdale que vous pouvez survivre à cette situation.
Si vous lisez ces lignes, il y a de fortes chances que vous ou un proche soyez concerné par cette peur des transports. Et je sais à quel point elle peut être isolante. On n’ose pas en parler, parce qu’on a honte. On se dit que les autres voyagent sans problème, qu’on est le seul à paniquer, qu’on devrait pouvoir se contrôler.
Ce n’est pas vrai.
Cette peur est un mécanisme comme un
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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