3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Le mécanisme qui bloque la peur en conscience.
Tu ouvres la porte de l’ascenseur. Il est là, vide, éclairé. Tu inspires un grand coup. Tu poses un pied à l’intérieur. Puis tu sens ta gorge qui se serre, tes épaules qui remontent, ton cœur qui tape dans tes tempes. Tu recules. Tu prends les escaliers. Encore une fois. Ce n’est pas une question de choix, c’est une question de survie, te souffle ton corps. Pourtant, tu sais que cet ascenseur est sûr, que tu n’y resteras pas coincé, que des milliers de personnes l’empruntent chaque jour sans problème. Mais ce savoir ne change rien. La peur est là, plus forte que toute logique.
Bienvenue dans le quotidien de la claustrophobie. Une peur qui n’est pas une simple gêne, mais un mécanisme de survie qui s’est emballé et qui transforme un espace clos en piège mortel potentiel. Si tu vis cela, tu n’es pas seul. Et surtout, tu n’es pas condamné à subir cette peur toute ta vie. L’hypnose ericksonienne offre une voie pour désamorcer ce mécanisme en profondeur, en s’adressant non pas à ta raison, mais à la partie de toi qui a appris à avoir peur.
Pour comprendre pourquoi l’hypnose est efficace, il faut d’abord comprendre ce qui se passe dans ta tête quand tu fais face à un espace confiné. Ce n’est pas un caprice ni un manque de volonté. C’est un programme de survie qui s’est activé une fois, puis qui a été généralisé.
Imagine ton cerveau comme un système d’alarme ultra-performant. Dans une situation normale, l’alarme se déclenche face à un danger réel : une voiture qui arrive, une chute, un prédateur. Mais dans la claustrophobie, l’alarme est déréglée. Elle se déclenche pour un ascenseur, un métro, une salle de réunion sans fenêtre, un scanner médical, ou même un col roulé un peu trop serré.
Ce dérèglement a souvent une origine précise, même si tu ne t’en souviens pas consciemment. Cela peut être un événement unique et marquant : être resté coincé dans un petit espace enfant, avoir été enfermé par jeu devenu désagréable, une anesthésie mal vécue, ou même un traumatisme indirect comme avoir vu quelqu’un paniquer dans un lieu clos. Le cerveau, dans son rôle de protecteur, a fait une association immédiate : « Espace clos = Danger ! »
Ce qui rend la claustrophobie si tenace, c’est que ton cerveau ne fait pas la différence entre un danger réel et un danger imaginé ou passé. Pour ton système limbique, l’émotion est la réalité.
À partir de là, chaque fois que tu évites l’ascenseur, chaque fois que tu passes par les escaliers, tu renforces ce programme. Tu dis à ton cerveau : « Tu vois, j’ai eu raison de fuir, c’était dangereux. » L’évitement est un renforçateur puissant. Plus tu évites, plus la peur s’ancre. C’est un cercle vicieux qui peut s’étendre : d’abord les ascenseurs, puis les transports en commun, puis les salles de cinéma, puis les rendez-vous chez le dentiste. La vie rétrécit autour de cette peur.
Tu as probablement déjà essayé de te raisonner. Tu t’es dit : « Allez, c’est juste un ascenseur, il y a une issue de secours, des gens l’empruntent toutes les deux minutes, c’est statistiquement plus sûr que la route. » Et pourtant, au moment fatidique, ton corps n’écoute pas. Pourquoi ?
Parce que la peur phobique n’est pas logique. Elle est archaïque. Elle est gérée par l’amygdale, une petite structure en forme d’amande située dans ton cerveau profond. L’amygdale est le gardien de ta survie. Elle fonctionne en millisecondes, bien avant que ton cortex préfrontal (la partie rationnelle et réfléchie) ait eu le temps de dire « Ouf, ce n’est qu’un ascenseur ». C’est ce qu’on appelle le « chemin court » de la peur.
Le message part de tes yeux ou de tes oreilles (tu vois l’ascenseur), va directement à l’amygdale, qui envoie l’ordre à ton corps de fuir ou de se figer. Tout cela se passe en un éclair. Le cortex préfrontal reçoit l’information en retard, comme un commentateur sportif qui décrit une action déjà passée. Il peut bien dire « C’est bon, c’est sans danger », le corps est déjà en alerte rouge. Tu es en train de trembler, de transpirer, de chercher une issue, et ta raison assiste impuissante à ce déchaînement.
C’est pour cela que les conseils du type « Pense à autre chose », « Respire profondément » ou « Ce n’est rien » sont souvent vécus comme une insulte par la personne phobique. Ce n’est pas qu’elle ne veut pas, c’est qu’elle ne peut pas. Son système d’alarme est plus rapide que sa pensée. L’hypnose, elle, ne va pas essayer de convaincre ta raison. Elle va aller parler directement à l’amygdale, dans son langage à elle : le langage sensoriel, émotionnel et imagé.
L’hypnose que je pratique, l’hypnose ericksonienne, n’a rien à voir avec un spectacle de scène ou un état de sommeil. C’est un état de conscience modifié, un état de concentration intérieure très naturel. Tu sais quand tu es tellement absorbé par un film que tu en oublies le temps et ton environnement ? Quand tu conduis sur une route familière et que tu arrives sans vraiment te souvenir du trajet ? Cet état de « transe légère », tu y entres plusieurs fois par jour sans t’en rendre compte. L’hypnose, c’est simplement utiliser volontairement cette capacité pour un objectif thérapeutique.
Dans cet état, ton mental critique, ta partie rationnelle qui dit « Oui mais », est mise en veille. L’accès à ton inconscient, à cette partie de toi qui gère tes automatismes, tes émotions, tes croyances, est facilité. C’est comme si on baissait le volume du bruit de fond mental pour pouvoir avoir une conversation claire avec l’architecte de la peur.
L’objectif n’est pas de te forcer à monter dans un ascenseur en hurlant intérieurement. L’objectif est de rencontrer la peur, de comprendre ce qu’elle protège, et de lui apprendre une nouvelle réponse. L’hypnose permet de revivre la situation d’origine, non pas en la subissant de nouveau, mais en la revisitant avec les ressources d’aujourd’hui. Tu n’es plus l’enfant impuissant. Tu es l’adulte qui peut dire à cette partie de lui : « Merci d’avoir essayé de me protéger, mais aujourd’hui, je suis capable de gérer ça autrement. »
Concrètement, en séance, nous allons d’abord créer un lieu de sécurité intérieure. Un endroit imaginaire où tu te sens parfaitement bien, en sécurité, en contrôle. Cela peut être une plage, une forêt, un salon confortable, peu importe. Ce lieu devient une ancre, un refuge auquel ton cerveau apprend à se connecter instantanément. Ensuite, nous allons approcher la situation phobique, mais par la bande, sans jamais te forcer à la revivre pleinement si cela te submerge. Nous allons utiliser la distance, la métaphore, le jeu.
La grande force de l’hypnose, c’est qu’elle ne combat pas la peur. Combattre la peur, c’est lui donner de l’énergie. C’est comme essayer de calmer une personne en colère en lui disant « Calme-toi ! » Ça ne marche pas. L’hypnose va plutôt utiliser la distraction, la redirection de l’attention, et la dissociation.
Imaginons que nous travaillions sur la peur de l’ascenseur. Plutôt que de t’imaginer dedans, je pourrais te proposer de t’imaginer regarder un film en noir et blanc, sur un petit écran, où une personne (pas toi) entre dans un ascenseur. Tu regardes la scène de loin, confortablement installé dans ton fauteuil. Tu peux même mettre la musique de ton lieu de sécurité en fond sonore. Tu vois la personne appuyer sur le bouton, la porte se fermer. Rien ne t’arrive à toi. Tu n’es qu’un observateur.
Puis, on peut commencer à jouer avec l’image. Ralentir la scène. L’accélérer. La passer en accéléré. Changer les couleurs. Imaginer que l’ascenseur est en fait un décor de carton-pâte, comme dans un film de science-fiction. En faisant cela, ton cerveau commence à découpler la situation « ascenseur » de la réponse automatique « peur ». Tu es en train de câbler un nouveau circuit neuronal. Le lien entre le stimulus et la réponse est en train de se distendre, de se fragiliser.
L’hypnose ne consiste pas à supprimer la peur, mais à lui offrir un nouveau chemin. Un chemin qui permet à la conscience de rester calme même dans un espace clos.
Une autre technique puissante est la dissociation. En hypnose, tu peux apprendre à laisser ton corps faire l’action (monter dans l’ascenseur) tandis que ta conscience reste à distance, dans un lieu sûr. C’est ce que font naturellement les grands sportifs ou les artistes en état de flow : ils sont dans l’action, mais leur esprit est libre. Tu peux apprendre à ressentir la sensation de l’ascenseur qui monte, le bruit de la porte, le mouvement, tout en restant connecté à une sensation de calme intérieur. Progressivement, ton corps réapprend que l’ascenseur ne déclenche plus l’alarme. L’amygdale se recalibre.
Dans ma pratique, j’associe souvent l’hypnose à une approche appelée l’IFS (Système Familial Intérieur). L’IFS part d’une idée simple et puissante : ton esprit n’est pas monolithique. Il est composé de différentes « parties », comme une famille intérieure. Il y a la partie qui veut être parfaite, la partie qui se décourage, la partie qui procrastine, et bien sûr, la partie qui a peur.
Dans le cas de la claustrophobie, il y a une partie de toi qui est terrifiée à l’idée d’être enfermée. L’IFS ne considère pas cette partie comme un problème à éliminer, mais comme une partie qui a été forcée à endosser un rôle de protection, souvent suite à un événement passé. C’est une partie qui a pris la mission de te garder en vie, même si aujourd’hui sa méthode est devenue inadaptée et handicapante.
En hypnose, je vais t’aider à entrer en contact avec cette partie. Non pas pour la faire taire, mais pour l’écouter. « Qu’est-ce que tu crains ? Que se passerait-il si tu ne me protégeais pas ? » Souvent, la réponse est surprenante : la partie a peur de mourir, de perdre le contrôle, de devenir folle. Ce sont des peurs très profondes, souvent liées à un traumatisme ancien.
Quand tu commences à écouter cette partie avec compassion, elle se détend. Elle n’a plus besoin de hurler pour être entendue. Tu peux alors lui montrer que tu es là, que tu es un adulte capable, et que tu peux prendre le relais. Tu deviens le leader de ta propre vie, et cette partie peut prendre une retraite bien méritée, ou se reconvertir dans un autre rôle plus utile. L’hypnose facilite ce dialogue intérieur, ce processus de guérison. C’est un travail en profondeur, qui ne se contente pas de gratter la surface.
Je veux être honnête avec toi. L’hypnose n’est pas une baguette magique. Tu ne vas pas sortir d’une séance en montant dans un sous-marin si tu es claustrophobe depuis trente ans. Ce n’est pas un effacement de mémoire. Tu te souviendras encore de ta peur, mais elle n’aura plus le même pouvoir. Elle sera comme une vieille photographie jaunie, qui n’a plus d’emprise sur le présent.
Ce que l’hypnose permet, c’est de désactiver le réflexe automatique. Le sentiment de panique, la montée d’adrénaline, la sensation d’étouffement, l’envie irrépressible de fuir. Ces réactions peuvent diminuer considérablement, voire disparaître. Tu retrouves un choix. Tu peux décider de prendre l’ascenseur, non pas parce que tu es forcé, mais parce que c’est une option confortable.
L’hypnose ne va pas non plus supprimer toute émotion. Si tu es coincé dans un ascenseur en panne, tu ressentiras de l’inconfort, de l’agacement, peut-être même un peu d’appréhension. C’est normal. La différence, c’est que tu ne seras plus en état de panique. Tu pourras appeler l’aide, t’asseoir, lire un livre, et attendre. Tu seras en capacité de gérer la situation, plutôt que d’être géré par elle.
Pour les coureurs et les footballeurs que j’accompagne en préparation mentale, le principe est similaire. Il s’agit de neutraliser les pensées parasites et les peurs qui bloquent la performance. Pour la claustrophobie, il s’agit de neutraliser la peur qui bloque la vie. La méthode est la même : créer un état de calme intérieur, reprogrammer les automatismes, renforcer la confiance.
Si tu lis ces lignes, il y a de fortes chances que tu aies déjà essayé de gérer cette peur tout seul, avec plus ou moins de succès. Peut-être que tu compenses, que tu évites, que tu t’arranges. Mais tu sais aussi que cela te coûte de l’énergie, du temps, et que cela limite ta liberté.
L’hypnose est particulièrement adaptée à la claustrophobie pour plusieurs raisons :
Certaines personnes hésitent à consulter parce qu’elles ont peur de « perdre le contrôle » ou de « révéler des choses contre leur gré ». C’est une idée fausse. L’état hypnotique est un état de conscience augmentée, pas de soumission. Tu es plus concentré, plus réceptif, mais tu n’es ni endormi ni manipulé. Ton inconscient est un gardien bienveillant qui ne laissera passer que ce qui est bon pour toi.
Avant même de prendre rendez-vous, tu peux commencer à poser une intention. La claustrophobie se nourrit de l’évitement et de la pensée catastrophique. Tu n’as pas besoin de te forcer à entrer dans un ascenseur. Mais tu peux commencer par observer ta peur avec un peu de curiosité, plutôt qu’avec jugement.
Exercice simple : la gratitude envers la peur
La prochaine fois que tu ressens un pincement de claustrophobie (en voiture, dans une file d’attente, dans une pièce sans fenêtre), arrête-toi une seconde. Ne cherche pas à faire partir la sensation. Au contraire,
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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