3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Les mécanismes qui libèrent votre voix.
C’est une sensation que vous connaissez peut-être bien. Vous êtes dans une réunion, ou pire, devant un public restreint. Votre tour de parole approche. Votre cœur s’emballe. Votre respiration devient courte. Vos mains deviennent moites. Et lorsque vous ouvrez la bouche, votre voix sort étranglée, trop aiguë, ou pire, elle se bloque complètement. Vous avez l’impression que votre cerveau s’est vidé, que les mots ne sont plus accessibles. Vous vous sentez jugé, observé, et vous voulez disparaître.
Cette peur de parler en public, ou même en petit comité, n’est pas une simple timidité. C’est une réaction physiologique et émotionnelle intense qui peut handicaper votre vie professionnelle et personnelle. Vous avez peut-être déjà tout essayé : la préparation à outrance, les techniques de respiration, les coachings en communication. Parfois ça aide un peu, mais la peur revient, tenace, comme un vieux fantôme.
Je suis Thierry Sudan, praticien à Saintes. Depuis 2014, j’accompagne des adultes qui vivent cette souffrance au quotidien. Et je peux vous dire une chose : l’hypnose ericksonienne, combinée à d’autres approches comme l’IFS (Internal Family Systems), offre une clé puissante pour désamorcer cette peur à la racine. Pas en la combattant, mais en comprenant ce qu’elle essaie de vous dire.
Dans cet article, je vais vous expliquer pourquoi l’hypnose est particulièrement efficace contre la peur de parler. Pas de magie, pas de promesses irréalistes. Juste des mécanismes concrets, illustrés par des situations que vous reconnaîtrez.
Avant de comprendre comment l’hypnose peut vous aider, il faut d’abord nommer l’ennemi. Cette peur de parler n’est pas un simple caprice mental. C’est une réponse archaïque de survie, programmée dans votre système nerveux depuis des millions d’années.
Imaginez-vous il y a 50 000 ans, dans la savane. Vous êtes face à une meute de loups. Votre cerveau reptilien, l’amygdale, prend le contrôle. Il active le système sympathique : votre cœur pompe plus fort, votre respiration s’accélère, votre sang quitte vos organes digestifs pour vos muscles, vos pupilles se dilatent. Vous êtes prêt à fuir ou à combattre. C’est le réflexe « fight or flight ».
Aujourd’hui, vous n’êtes pas face à des loups. Vous êtes face à un public ou à votre chef. Mais votre cerveau, lui, ne fait pas bien la différence. Il perçoit ce regard collectif comme une menace potentielle pour votre intégrité sociale. Et l’intégrité sociale, pour un être humain, c’était historiquement une question de vie ou de mort. Être exclu du groupe, c’était mourir.
Alors votre corps réagit exactement comme si vous étiez en danger de mort. Le problème ? Dans cette situation, vos cordes vocales se tendent, votre diaphragme se bloque, votre bouche s’assèche. Vous perdez l’accès à votre cortex préfrontal, la partie rationnelle de votre cerveau. Vous ne pouvez plus réfléchir clairement, ni formuler vos idées. Vous êtes en mode survie, pas en mode communication.
« Ce n’est pas vous qui êtes nul en public. C’est votre système nerveux qui croit sincèrement que votre vie est en danger. Et il fait exactement son travail. »
Voilà le paradoxe : votre corps essaie de vous protéger, mais cette protection vous empêche exactement de faire ce que vous voulez. L’hypnose va permettre de modifier ce dialogue intérieur, non pas en forçant le système, mais en lui apprenant qu’il peut se sentir en sécurité.
Vous avez probablement déjà essayé de vous raisonner. Vous vous êtes dit : « C’est juste une présentation, il n’y a aucun danger réel, je connais mon sujet, je vais me calmer. » Et ça n’a pas marché. Pourquoi ?
Parce que la peur ne se trouve pas dans votre cerveau rationnel. Elle est logée dans votre système limbique, dans l’amygdale, dans le corps. C’est une mémoire émotionnelle et corporelle. Vous ne pouvez pas raisonner une peur qui est pré-verbale. C’est comme essayer d’éteindre un feu avec un dictionnaire.
Les techniques de respiration, la visualisation positive, la préparation mentale classique : tout cela a une certaine utilité. Mais souvent, ces outils restent en surface. Ils gèrent les symptômes sans toucher à la cause profonde. C’est comme mettre un sparadrap sur une fracture.
Prenons un exemple concret. Je reçois un jour un homme d’une quarantaine d’années, cadre dans une entreprise de la région. Appelons-le Marc. Marc est compétent, reconnu, mais dès qu’il doit prendre la parole en réunion, sa voix devient chevrotante, il rougit, et il enchaîne les « euh ». Il a suivi deux stages de prise de parole, lu trois livres sur le sujet. Il connaît toutes les techniques de storytelling et d’ancrage. Mais dans l’instant, rien n’y fait.
En explorant avec lui en séance d’hypnose, nous découvrons que cette peur est liée à une mémoire ancienne. À 8 ans, il devait réciter un poème devant toute la classe. Il a oublié son texte, les enfants ont ri, l’instituteur l’a réprimandé. Ce moment, il ne s’en souvenait même plus consciemment. Mais son corps, lui, s’en souvenait parfaitement. À chaque prise de parole, son système nerveux revivait cette humiliation, comme si elle se produisait ici et maintenant.
Les méthodes rationnelles ne pouvaient pas toucher cette mémoire corporelle. L’hypnose, si.
L’hypnose ericksonienne, celle que je pratique, ne ressemble pas à l’hypnose de spectacle. Vous ne perdez pas conscience, vous n’êtes pas endormi, vous ne faites pas des choses contre votre gré. Vous êtes au contraire dans un état de conscience modifiée, très focalisé, très réceptif. C’est un peu comme l’état que vous ressentez juste avant de vous endormir, ou lorsque vous êtes absorbé par un film ou une musique.
Dans cet état, la partie critique de votre cerveau, celle qui analyse, juge, résiste, se met en retrait. Votre inconscient devient plus accessible. Et c’est là que le travail peut avoir lieu.
Le mécanisme clé est le suivant : l’hypnose permet de recadrer la signification que votre cerveau donne à la situation de prise de parole. Actuellement, votre cerveau interprète « regard des autres » comme un danger. Grâce à l’hypnose, nous allons progressivement apprendre à votre système nerveux que ce regard n’est pas une menace, mais simplement une attention, parfois bienveillante.
Concrètement, comment ça se passe ? Nous ne cherchons pas à supprimer la peur. La peur est une émotion utile, elle vous alerte d’un danger potentiel. Le problème, c’est qu’elle sonne une fausse alarme. En hypnose, nous allons :
« Ce n’est pas la peur qu’il faut faire taire. C’est le message qu’elle vous envoie qu’il faut réécrire. »
L’hypnose ericksonienne est particulièrement douce car elle utilise vos propres ressources. Vous avez déjà ressenti du calme, de la confiance, de la fluidité, ne serait-ce que dans d’autres contextes. L’hypnose va simplement vous permettre de reconnecter ces ressources à la situation qui vous pose problème.
L’IFS (Internal Family Systems) est un modèle que j’intègre systématiquement dans mon accompagnement. Il part d’une idée simple mais révolutionnaire : votre esprit n’est pas monolithique. Il est composé de multiples « parties », comme une famille intérieure.
Vous avez une partie qui veut briller, une partie qui veut tout contrôler, une partie qui critique, une partie qui se cache. Et vous avez aussi une partie qui a peur de parler en public.
Cette partie n’est pas votre ennemie. Elle a une fonction. Elle essaie de vous protéger. Souvent, elle porte le poids d’une expérience passée où vous avez été vulnérable et où vous avez souffert. Elle croit dur comme fer que si vous prenez la parole, vous allez revivre cette souffrance.
En séance, je vous invite à dialoguer avec cette partie. Pas en la forçant, mais en l’écoutant. « Qu’est-ce que tu crains ? Qu’est-ce qui pourrait arriver de terrible si je parle ? Qu’est-ce que tu essaies de m’éviter ? »
Les réponses sont souvent éclairantes. « Si tu parles, tu vas dire une bêtise, tout le monde va rire, tu vas être seul, personne ne t’aimera. » C’est le langage d’un enfant, pas d’un adulte. Mais cette partie est restée figée dans le temps.
L’IFS, combiné à l’hypnose, permet de décharger le fardeau que cette partie porte. On ne l’élimine pas, on la libère. On lui montre qu’elle peut prendre sa retraite, qu’elle n’a plus besoin de monter la garde. Et progressivement, votre voix se libère.
Prenons un autre exemple. Sophie, une consultante, venait me voir parce qu’elle « bloquait » systématiquement en fin de phrase, comme si un couvercle se refermait sur sa gorge. En explorant, nous avons découvert une partie d’elle qui s’était formée à l’adolescence. Ses parents se disputaient violemment, et elle avait appris à se taire pour ne pas envenimer les choses. Parler, c’était dangereux. Des années plus tard, son corps reproduisait ce schéma en réunion. L’hypnose a permis de recontextualiser ce réflexe : elle n’était plus une adolescente impuissante, mais une femme compétente dans un environnement professionnel sécurisé.
En tant que préparateur mental sportif, j’accompagne des coureurs et des footballeurs. Et croyez-le ou non, les mécanismes sont les mêmes. Un sportif de haut niveau qui rate un penalty crucial vit une pression comparable à celle d’un manager qui doit pitcher un projet devant son comité de direction.
Ce que j’ai appris du sport, c’est l’importance de la préparation par l’état de corps. Un footballeur ne se contente pas de visualiser le ballon qui entre dans le but. Il travaille sa respiration, son ancrage au sol, sa posture. Il crée un état physiologique de confiance.
Nous pouvons faire exactement la même chose pour la prise de parole. Avant une intervention, votre corps est souvent en état d’alerte. L’hypnose vous apprend à reconnaître cet état et à le faire basculer volontairement vers un état de ressource.
Voici un exercice simple que je donne souvent :
Ce n’est pas magique. C’est un conditionnement. Mais il est puissant car il agit directement sur le système nerveux, sans passer par la rationalisation.
« Votre corps sait déjà ce qu’est la confiance. Il l’a déjà expérimentée. L’hypnose ne fait que lui rappeler le chemin. »
Je veux être honnête avec vous. L’hypnose n’est pas une baguette magique. Elle ne va pas effacer votre peur en une séance, comme par enchantement. Ce n’est pas non plus une solution pour éviter de préparer votre intervention. Vous devrez toujours connaître votre sujet.
L’hypnose ne vous transforme pas en un orateur charismatique du jour au lendemain. Elle vous permet de retirer les blocages qui vous empêchent d’être celui ou celle que vous êtes déjà. Elle libère votre potentiel, elle ne le crée pas de toutes pièces.
Parfois, les gens viennent avec l’idée que l’hypnose va « enlever la peur ». Mais la peur n’est pas à enlever. Elle a une fonction. L’objectif est plutôt qu’elle devienne une alliée, un signal qui vous dit « je suis concentré, je suis présent », plutôt qu’une alarme qui paralyse.
Certaines peurs profondes, liées à des traumatismes complexes, peuvent nécessiter plusieurs séances. C’est normal. Votre système nerveux a mis des années à se construire, il est normal qu’il ait besoin de temps pour se réorganiser.
Enfin, l’hypnose ne fonctionne que si vous êtes prêt à vous engager. Vous devez être acteur de votre changement. Je suis là pour vous guider, pour créer un cadre sécurisé, pour vous donner des outils. Mais le voyage est le vôtre.
Vous vous demandez peut-être si vous êtes « hypnotisable ». La réponse est oui, presque à 100 %. Tout le monde peut entrer en état d’hypnose, à condition d’être d’accord. Certaines personnes sont plus visuelles, d’autres plus kinesthésiques. Je m’adapte à votre fonctionnement.
Voici quelques signes qui indiquent que l’hypnose pourrait vous être utile :
Si vous vous reconnaissez dans plusieurs de ces points, sachez que vous n’êtes pas seul. Et que des solutions existent.
Parlons maintenant de la durée. Une séance d’hypnose pour une peur de parler dure généralement entre 1h et 1h30. Je reçois souvent mes clients sur 3 à 5 séances, espacées de 2 à 3 semaines. La première séance est souvent une découverte, un temps d’exploration. Les suivantes permettent de consolider les changements et de travailler plus en profondeur.
Certains ressentent un soulagement immédiat. Pour d’autres, c’est plus progressif. L’important est de ne pas se juger. Chaque parcours est unique.
Vous l’aurez compris, la peur de parler n’est pas une fatalité. Ce n’est pas une tare, ni un signe de faiblesse. C’est simplement un programme de survie qui s’est activé au mauvais moment. L’hypnose ericksonienne, l’IFS et la préparation mentale offrent des clés concrètes pour désactiver ce programme, en douceur, sans violence.
Vous n’avez pas à devenir quelqu’un d’autre. Vous avez juste à retrouver l’accès à vos propres ressources, à votre voix authentique. Imaginez un instant : pouvoir prendre la parole sans que votre corps ne vous trahisse. Pouvoir dire ce que vous avez à dire, avec calme et présence. Pouvoir être entendu, vraiment.
Ce chemin est possible. Je le vo
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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