3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Contournez le mental pour accéder à l’inconscient.
Tu as tout essayé. La raison, d’abord. Tu t’es dit : « C’est irrationnel, je le sais. Une araignée ne peut pas me tuer, un ascenseur est sécurisé, prendre l’avion est statistiquement moins dangereux que la voiture. » Tu as lu des articles, regardé des documentaires, peut-être même consulté un médecin. Rien n’y fait. Le cœur qui s’emballe, les mains moites, cette sensation d’étouffement ou de fuite irrépressible revient dès que tu es confronté à l’objet de ta peur.
Ensuite, tu as tenté la volonté. « Je vais me forcer. Je vais affronter. Je vais serrer les dents et y aller. » Tu as peut-être pris l’ascenseur un étage, tenu une photo d’araignée dans ta main, ou réservé un vol court-courrier en te promettant d’être fort. Et puis ? Le mental a craqué. Parce que la volonté, c’est un muscle conscient, et la phobie, elle, ne se niche pas dans le conscient. Elle est ailleurs, plus profonde, plus rapide. Elle court-circuite toutes tes belles résolutions en une fraction de seconde.
Je vois ça tous les jours dans mon cabinet à Saintes. Des gens intelligents, rationnels, qui ont « tout compris » sur le papier, mais qui continuent à souffrir. Parce que comprendre ne suffit pas. La phobie n’est pas un problème de logique. C’est un problème d’ancrage. Et c’est exactement pour cela que l’hypnose ericksonienne fonctionne là où la volonté échoue systématiquement.
Alors, comment ça marche, concrètement ? Et pourquoi un travail avec l’inconscient est-il plus efficace que de se répéter « calme-toi » ?
Prenons un exemple simple. Tu es dans une salle de sport. Devant toi, un mur de 2 mètres de haut. Tu veux l’escalader. Tu as de la volonté, tu t’élances, tu tires sur tes bras. Mais si quelqu’un a enduit ce mur d’une graisse invisible et ultra-glissante, tu vas retomber. Tu peux serrer les dents, t’énerver, faire appel à toute ta détermination : tes mains glissent. La volonté est un moteur puissant, mais elle agit sur la surface. La phobie, elle, est la graisse.
Quand tu es phobique, ton cerveau a créé une connexion directe entre un stimulus (l’objet, la situation) et une réponse de survie (panique, fuite, sidération). Cette connexion est inconsciente. Elle ne passe pas par le cortex préfrontal, la zone du raisonnement. Elle emprunte un raccourci neuronal qui s’est consolidé avec le temps. Chaque fois que tu as eu peur, que tu as évité, que tu as imaginé le pire, tu as renforcé l’autoroute de la panique.
La volonté, c’est essayer de conduire une petite voiture à pédales sur cette autoroute en espérant faire changer de direction les camions qui arrivent en sens inverse. Tu vas te faire écraser. Le mental conscient est lent, analytique, fatigable. L’inconscient, lui, est rapide, automatique et puissant. C’est lui qui gère ta respiration, ton rythme cardiaque, et aussi… tes peurs les plus archaïques.
Le mental conscient pense. L’inconscient réagit. Dans une phobie, le temps de réaction de l’inconscient est cent fois plus rapide que celui de la volonté. Tu ne peux pas gagner une course de vitesse contre ta propre ombre.
J’ai reçu un jour un homme d’une quarantaine d’années, cadre supérieur, habitué à gérer des équipes et des crises. Sa phobie ? Les pigeons. Pas les volatiles en général, juste les pigeons. Il ne pouvait plus marcher sur une place, ni s’asseoir en terrasse. Il avait essayé de se raisonner : « Ce sont des oiseaux, ils ne m’attaquent pas. » Il avait essayé de s’exposer : il était resté trente secondes sur un banc avant de fuir en courant, honteux. Sa volonté était intacte, mais elle se brisait net au moment crucial. Pourquoi ? Parce que la partie de lui qui gérait la peur n’écoutait pas sa partie rationnelle. Elle écoutait un enregistrement plus ancien, plus viscéral.
La volonté échoue parce qu’elle s’attaque au symptôme (la peur) sans toucher au programme (l’association inconsciente). C’est comme essayer de changer le résultat d’un logiciel en tapant sur l’écran. Il faut ouvrir le code source.
L’hypnose ericksonienne, celle que je pratique, ne consiste pas à t’endormir ou à perdre le contrôle. C’est un état de conscience modifié, naturel, que tu expérimentes déjà plusieurs fois par jour : quand tu es absorbé par un film, quand tu conduis sur une route familière sans te souvenir des derniers kilomètres, quand tu rêvasses. Dans cet état, le mental critique, celui qui dit « c’est impossible », « c’est idiot », « je n’y arriverai pas », se met en veille. Le champ de la conscience s’élargit, et l’accès à l’inconscient devient direct.
Cet inconscient n’est pas un monstre cavernicole. C’est le siège de tes ressources, de tes mémoires, de tes automatismes. C’est lui qui sait marcher sans que tu aies à penser à chaque contraction musculaire. C’est lui qui a appris à avoir peur des pigeons, ou des araignées, ou des ascenseurs. Et c’est lui qui peut désapprendre.
En hypnose, je ne te dis pas : « N’aie plus peur ». Ce serait un ordre que ton mental conscient refuserait. Je vais plutôt créer un contexte, une métaphore, une suggestion indirecte qui permet à ton inconscient de revisiter le souvenir ou la peur, sans la charge émotionnelle qui l’accompagne.
Prenons l’exemple d’une jeune femme que j’ai accompagnée pour une phobie des piqûres. Elle devait subir une prise de sang annuelle et en faisait des crises d’angoisse trois semaines à l’avance. Sa volonté lui disait : « C’est pour ta santé, c’est rapide, des millions de gens le font. » Rien n’y faisait. En séance, nous n’avons pas parlé de la piqûre. Nous avons parlé d’un jardin, d’un mur de briques, d’une porte qui s’ouvre. Je lui ai suggéré que son inconscient pouvait choisir de déplacer la sensation de piqûre vers un endroit de son corps qu’elle choisirait, ou de la transformer en une simple pression. Ce n’est pas de la magie. C’est une redirection de l’attention et une dissociation des éléments de la peur.
Résultat ? Lors de sa prise de sang suivante, elle a regardé l’aiguille (chose impossible avant), a senti une pression, et a dit « C’est tout ? ». Son mental conscient n’avait pas changé d’avis. C’est son inconscient qui avait accepté une nouvelle possibilité.
Parfois, l’hypnose seule ne suffit pas immédiatement, surtout si la phobie est liée à une histoire plus complexe. C’est là que j’utilise l’IFS (Internal Family Systems), ou le travail avec les parties. Cette approche, que j’intègre souvent à mes séances, considère que nous ne sommes pas un bloc homogène. Nous sommes faits de différentes « parties » de nous-mêmes, comme une famille intérieure.
Dans une phobie, une partie de toi est devenue pompier. Son job ? Éteindre le feu de la peur immédiatement, par tous les moyens. Elle te fait fuir, t’éviter, paniquer. C’est une partie qui a un bon objectif : te protéger. Mais elle utilise une méthode dépassée. Une autre partie, peut-être plus jeune, a été blessée ou a vécu un événement marquant. C’est la partie exilée, celle qui porte la charge émotionnelle initiale.
En combinant l’hypnose et l’IFS, on peut entrer en contact avec cette partie pompier, la remercier pour son travail, et lui demander de faire un pas de côté. Puis, avec douceur et sans forcer, on va accéder à la partie exilée, celle qui a eu peur. On va l’écouter, la comprendre, et surtout, lui apporter ce dont elle a manqué à l’époque : la sécurité, la présence, la validation.
La phobie n’est pas un ennemi à abattre. C’est une partie de toi qui crie au secours avec les seuls moyens qu’elle connaît. L’hypnose et l’IFS ne la combattent pas : ils l’écoutent et la rassurent.
Un sportif de haut niveau que j’ai suivi pour une préparation mentale avait développé une phobie de l’échec avant les penalties. Ce n’était pas une phobie classique, mais le mécanisme était identique : blocage, accélération du rythme cardiaque, vision qui se rétrécit. Sa volonté de « réussir » le paralysait. En travaillant avec la partie qui avait peur de décevoir (un souvenir d’entraîneur criant), et en utilisant l’hypnose pour recoder la scène du penalty comme un moment de choix et non de menace, il a retrouvé sa fluidité. La volonté n’y pouvait rien. La réorganisation intérieure, si.
Concrètement, quand tu viens me voir pour une phobie, on ne plonge pas tête la première dans le trauma. On procède par étapes, avec respect et sécurité.
Première étape : l’écoute et la cartographie. Je vais te poser des questions précises. Pas pour te faire revivre la peur, mais pour comprendre comment elle fonctionne. Quand a-t-elle commencé ? À quoi penses-tu juste avant la panique ? Que ressens-tu dans ton corps ? Quelle est la pire conséquence imaginée ? Cela me permet de connaître le terrain et d’identifier les ressources que tu possèdes déjà. Car oui, tu as des ressources. Tu as peut-être géré d’autres peurs, d’autres défis. On va s’appuyer dessus.
Deuxième étape : l’induction hypnotique. Je ne vais pas te balancer un pendule devant les yeux. Je vais utiliser ta propre expérience, ta respiration, ta capacité à te souvenir d’un moment agréable pour t’emmener dans un état de relaxation profonde et de concentration intérieure. Certains décrivent cela comme une flottaison, d’autres comme une hyper-vigilance calme. Il n’y a pas de sensation standard.
Troisième étape : le travail de dissociation et de recodage. C’est le cœur de la séance. En hypnose, je vais te proposer de voir la situation phobique comme sur un écran de cinéma, ou de la regarder à travers une vitre, ou de la réduire à une petite image lointaine. Cette distance permet à ton système nerveux de ne pas s’emballer. Une fois que tu es en sécurité, on peut commencer à modifier les éléments. Changer la couleur de l’image, ajouter une bande-son ridicule, accélérer le film en accéléré, ou au contraire le ralentir. Ce sont des techniques de recadrage. L’inconscient, lui, enregistre la nouvelle version. Il ne sait plus laquelle est la « vraie ». Il a tendance à choisir la plus récente et la moins chargée émotionnellement.
Quatrième étape : l’ancrage et l’intégration. Avant de sortir de l’état hypnotique, on va créer un ancrage. Un geste, un mot, une sensation que tu pourras utiliser dans la vie réelle. Par exemple, presser le pouce et l’index ensemble en retrouvant la sensation de calme que tu as ressentie pendant la séance. C’est un déclencheur volontaire que tu pourras actionner si la peur pointe le bout de son nez.
Une séance ne guérit pas toujours une phobie en un claquement de doigts. Parfois, surtout si la phobie est très ancienne ou liée à un traumatisme, plusieurs séances sont nécessaires. Mais ce qui est frappant, c’est la rapidité du changement comparée à des années de lutte volontaire. Là où la volonté piétine, l’inconscient danse.
Je veux être très clair. L’hypnose n’est pas une baguette magique. Elle ne va pas effacer ta mémoire ni te transformer en quelqu’un d’autre. Si tu es phobique des araignées, tu n’auras probablement pas envie d’en élever chez toi après une séance. Mais tu pourras peut-être en voir une dans ton salon sans que ton cœur s’emballe, ou passer à côté sans faire un détour par le jardin.
L’hypnose ne fonctionne pas non plus si tu es dans une opposition totale, si tu penses que c’est du charlatanisme et que tu viens « pour voir ». Un minimum d’ouverture est nécessaire. Ce n’est pas une croyance aveugle, c’est une disposition à expérimenter. Comme quand tu t’assois dans un fauteuil chez le dentiste : tu ne crois pas que l’anesthésie va marcher, tu laisses faire.
L’hypnose ne remplace pas non plus un suivi médical ou psychiatrique. Si ta phobie est accompagnée de crises d’angoisse très fortes, de troubles du sommeil ou de pensées envahissantes, il peut être utile de consulter un médecin en parallèle. Je ne suis pas là pour remplacer, mais pour ajouter une corde à ton arc.
Enfin, l’hypnose ne te rendra pas passif. C’est un travail actif. Tu n’es pas un spectateur endormi. Tu es un explorateur. C’est toi qui fais le voyage. Je suis juste le guide qui t’aide à ouvrir les portes.
Si tu lis ces lignes, c’est probablement que la phobie te pourrit la vie ou celle d’un proche. Que tu en as assez de t’organiser en fonction d’elle, de refuser des invitations, de stresser à l’avance. La bonne nouvelle, c’est que tu n’as pas à la combattre. Tu as juste à la laisser se transformer.
Voici une petite expérience à faire chez toi, sans hypnose, pour commencer à changer le rapport avec ta peur :
Nomme ta peur. Pas l’objet (l’ascenseur, l’avion), mais la sensation. Où est-elle dans ton corps ? Est-ce une boule, une tension, un froid ? Donne-lui une forme, une couleur, une texture. La simple action de décrire une sensation l’objective. Elle cesse d’être « toi » pour devenir « une chose ».
Respire vers elle. Au lieu de vouloir la repousser, place doucement ton attention sur cette zone de ton corps. Inspire en imaginant que tu envoies de l’air vers cette boule. Expire en laissant la tension se diffuser un peu. Tu ne cherches pas à la faire disparaître. Tu cherches à l’accueillir. C’est contre-intuitif, mais souvent, ce que l’on accueille se calme.
Remercie-la. Oui, remercie cette peur. Elle a essayé de te protéger. Elle a peut-être été utile à un moment de ta vie. Tu peux lui dire mentalement : « Merci d’avoir veillé sur moi. Je suis en sécurité maintenant. Tu peux te reposer. »
Ces trois gestes sont un premier pas vers un changement de relation avec ta phobie. Ce n’est pas un traitement complet. Mais c’est un signe que tu es prêt à passer de la lutte à l’écoute.
Et si tu sens que tu as besoin d’un accompagnement plus profond, je suis là. Mon cabinet à Saintes est ouvert aux adultes qui souhaitent sortir de ces schémas qui les limitent. L’hypnose ericksonienne, l’IFS et l’Intelligence Relationnelle sont des outils que je tiens à ta disposition, avec honnêteté et sans promesse miracle.
Tu n’as pas à te battre tout seul. Parfois, il suffit de tendre la main et d’accepter qu’une autre voie est possible. Une voie qui contourne le mental, qui respecte ton rythme, et qui libère des ressources que tu c
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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