3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Utilisez des techniques de champions pour affronter les transports.
Vous êtes peut-être de ceux qui regardent les coureurs du marathon de Paris avec admiration, mais qui, à l’idée de prendre l’avion pour y assister, sentez déjà votre estomac se nouer. Ou bien vous êtes ce cadre commercial qui refuse une promotion parce qu’elle implique des trajets en train. Peut-être même que vous êtes ce parent qui, chaque année, invente une excuse pour éviter les vacances en famille à l’étranger, parce que l’idée même du ferry ou de l’avion vous paralyse.
Je comprends. Depuis mon cabinet à Saintes, je rencontre chaque semaine des adultes brillants, compétents, qui dirigent des équipes ou élèvent des enfants formidables, mais qui, face à un billet de transport, se transforment en version anxieuse d’eux-mêmes. Et ce qui est fascinant, c’est que ces mêmes personnes possèdent souvent les ressources mentales d’un athlète de haut niveau – sans le savoir.
Car la peur des voyages, qu’elle concerne l’avion, le train, le bateau ou même la voiture sur autoroute, n’est pas une faiblesse de caractère. C’est un programme mental que votre cerveau a installé pour vous protéger. Et comme tout programme, il peut être désinstallé, ou mieux, remplacé par un autre, plus adapté. Les techniques que j’utilise avec mes sportifs – coureurs de fond et footballeurs – pour gérer le stress de la compétition, la pression du résultat ou la peur de l’échec, sont exactement les mêmes que celles qui peuvent vous aider à monter dans cet avion ou ce train sans vivre un calvaire.
Alors, si vous êtes prêt à envisager votre peur des transports comme un défi sportif plutôt que comme une fatalité, installez-vous confortablement. Nous allons décortiquer ensemble comment la préparation mentale peut transformer votre rapport aux voyages.
Commençons par une évidence que mes patients oublient souvent : vous n’êtes pas fou. Votre peur des voyages a une logique, même si elle semble irrationnelle. Pour le comprendre, il faut regarder sous le capot de votre cerveau.
Imaginez votre esprit comme un préparateur mental sportif un peu trop zélé. Il y a des milliers d’années, quand nos ancêtres quittaient leur grotte, les dangers étaient réels : prédateurs, chutes, tribus hostiles. Le cerveau a donc développé un système d’alarme ultra-performant : l’amygdale. Son job ? Détecter la moindre anomalie et déclencher une réaction de survie avant même que la partie consciente du cerveau n’ait eu le temps de dire « ouf ».
Aujourd’hui, vous ne risquez pas d’être dévoré par un tigre dans l’allée centrale d’un Airbus. Mais votre amygdale, elle, n’a pas reçu le mémo. Pour elle, être enfermé dans un tube métallique à 10 000 mètres d’altitude, ou coincé dans un wagon de métro aux heures de pointe, coche toutes les cases du danger : espace clos, perte de contrôle, vitesse, absence d’issue de secours immédiate.
Ce que je vois souvent dans mon cabinet, c’est que la peur des voyages s’installe rarement après un événement traumatique direct. C’est plus sournois. Un jour, vous avez ressenti une gêne (un peu de turbulence, une panne sur l’autoroute), et votre cerveau a fait une association : situation de voyage = danger potentiel. Puis, comme un bon élève, il a généralisé. Maintenant, ce n’est plus seulement l’avion qui vous fait peur, c’est l’anticipation du voyage elle-même.
C’est là que la préparation mentale sportive devient précieuse. Les athlètes ne se demandent pas pourquoi ils ont peur avant une compétition. Ils savent que la peur est une énergie. Le problème, ce n’est pas la peur elle-même, mais la relation que vous entretenez avec elle. Vous luttez contre, vous voulez la supprimer, et plus vous luttez, plus elle grossit. C’est comme demander à quelqu’un de ne pas penser à un ours blanc. À quoi pense-t-il immédiatement ? À l’ours blanc.
“La peur n’est pas l’ennemi. L’ennemi, c’est l’histoire que vous vous racontez sur cette peur.” – Un athlète que j’accompagne résumait ainsi son état d’esprit avant un marathon.
Votre défi n’est donc pas d’éliminer la peur des voyages, mais de changer le scénario que vous jouez en boucle dans votre tête. Et pour cela, les sportifs ont des techniques redoutables.
J’ai un patient, appelons-le Marc. Marc est chef d’entreprise, un homme solide, rationnel. Mais trois semaines avant chaque voyage professionnel, il commence à mal dormir. Une semaine avant, il a des nausées. Le jour J, il est en sueur, le cœur battant, parfois au point d’annuler son déplacement. Marc est un compétiteur dans son travail, mais il se sent vaincu par sa propre peur.
Je lui ai proposé un protocole en trois étapes, directement inspiré de ce que je fais avec des footballeurs avant un penalty décisif ou avec un coureur avant un 10 km. Voici comment vous pouvez l’appliquer à votre prochain voyage.
Étape 1 : La respiration en carré (ou respiration du sportif) Quand l’anxiété monte, votre respiration devient courte, thoracique. Vous manquez d’oxygène, ce qui envoie un signal de panique à votre cerveau. Les sportifs utilisent la respiration en carré pour reprendre le contrôle physiologique.
Inspirez par le nez en comptant jusqu’à 4. Bloquez votre souffle en comptant jusqu’à 4. Expirez par la bouche en comptant jusqu’à 4. Puis bloquez à vide en comptant jusqu’à 4. Recommencez 5 cycles.
Concrètement, si vous êtes à l’aéroport ou sur le quai de la gare, et que vous sentez la vague monter, vous pouvez faire cet exercice discrètement. Personne ne le remarquera. Mais votre système nerveux, lui, recevra un message clair : « Calme-toi, on n’est pas en danger immédiat. »
Étape 2 : Le recadrage temporel (ou « l’ancrage du champion ») L’anxiété de voyage est presque toujours une anxiété d’anticipation. Vous projetez un futur catastrophique. Les sportifs apprennent à se ramener dans le présent, car c’est le seul endroit où ils ont du pouvoir.
Voici un exercice simple : prenez un billet de train ou d’avion. Regardez-le. Ce bout de papier (ou ce QR code) ne représente PAS le moment où vous serez dans les turbulences. Il représente un instant précis : le moment où vous êtes assis, la ceinture bouclée. Rien de plus. Vous n’êtes pas encore dans l’avion. Vous êtes ici, maintenant, en train de lire cet article.
Répétez-vous : « Je ne voyage pas dans 3 semaines. Je suis là, dans mon salon, en sécurité. Le voyage est un événement futur que je peux préparer, mais il n’existe pas encore. »
Étape 3 : Le « script mental » du voyage réussi Avant chaque compétition, les athlètes visualisent leur course idéale. Ils ne voient pas l’échec, ils voient le geste parfait. Pour votre peur des voyages, c’est pareil.
Prenez 5 minutes par jour, les yeux fermés. Visualisez votre voyage du début à la fin, mais en version réussie. Vous arrivez à l’aéroport, vous montrez votre billet, vous passez la sécurité (sans stress), vous vous asseyez dans l’avion, vous mettez votre ceinture, vous sentez le décollage (vous respirez calmement), vous regardez par le hublot, vous atterrissez, vous descendez. Faites-le en couleurs, avec des sons, des odeurs. Votre cerveau ne fait pas la différence entre une expérience vécue et une expérience vividement imaginée. En répétant ce script, vous créez un nouveau chemin neuronal qui remplace l’ancien chemin de la peur.
La préparation mentale sportive ne fait pas tout. Parfois, la peur des voyages est alimentée par des parties de vous-même que vous ne connaissez pas bien. C’est là que l’approche IFS (Internal Family Systems) que j’utilise en cabinet devient un outil puissant.
L’IFS part d’une idée simple : votre esprit n’est pas monolithique. Il est composé de plusieurs « parties » ou sous-personnalités, chacune avec sa propre perspective, ses émotions, et souvent, une bonne intention. Vous avez peut-être une partie « contrôleur » qui veut tout maîtriser, une partie « enfant effrayé » qui a vécu un incident passé, et une partie « protecteur » qui utilise la peur pour vous empêcher de prendre des risques.
Prenons un exemple concret. Une patiente, Sophie, avait une peur panique des ferries. Elle habitait à La Rochelle et refusait d’aller à l’île d’Oléron avec ses enfants. En travaillant avec l’IFS, nous avons découvert une partie d’elle-même qui était une petite fille de 8 ans. Cette petite fille avait été prise dans une tempête en bateau avec ses parents, et personne ne l’avait rassurée. Cette partie était restée figée dans le temps, terrifiée.
La peur des voyages de Sophie n’était pas « sa » peur, c’était la peur de cette partie. Une fois que Sophie a pu reconnaître cette partie, la remercier de l’avoir protégée toutes ces années, et lui offrir la sécurité qu’elle n’avait pas eue enfant, la peur a commencé à se dissiper. Elle n’a pas disparu du jour au lendemain, mais Sophie a cessé de lutter contre elle. Elle a pu monter sur un ferry en disant à cette partie : « Je suis là, je suis adulte, je vais m’occuper de toi. »
“Quand vous comprenez que votre peur est une partie de vous qui essaie de vous aider, vous arrêtez de la combattre et vous commencez à l’écouter. Et c’est là que la transformation commence.”
Si votre peur des voyages est tenace, ancienne, ou semble déconnectée de toute logique, posez-vous cette question : quelle partie de moi a peur ? Quelle âge a-t-elle ? Que cherche-t-elle à protéger ? Parfois, en reconnaissant simplement cette partie, vous lui enlevez son pouvoir.
Parlons maintenant de l’outil le plus sous-estimé de la préparation mentale : la visualisation. Mais pas la visualisation passive où vous vous contentez de « voir » des images. Non, je parle de la visualisation active, celle que les footballeurs utilisent avant un match pour répéter leurs gestes, et que les coureurs utilisent pour connaître chaque kilomètre d’un parcours.
Pour votre peur des voyages, voici comment procéder. Prenez un moment calme, installez-vous confortablement. Fermez les yeux. Vous allez vivre votre voyage en accéléré, comme si vous regardiez un film, mais vous êtes le personnage principal.
Étape 1 : L’avant-voyage -> Visualisez-vous chez vous, préparant votre valise calmement. Vous vérifiez vos papiers, vous fermez la porte, vous montez dans votre voiture ou dans un taxi. Tout se passe bien. Vous êtes calme, confiant.
Étape 2 : L’arrivée sur le lieu de transport -> Vous arrivez à l’aéroport ou à la gare. Vous voyez les panneaux, vous entendez les annonces. Votre respiration est régulière. Vous passez les contrôles sans stress. Vous sentez l’odeur du café dans le hall.
Étape 3 : L’embarquement et le voyage -> Vous montez à bord. Vous trouvez votre siège. Vous rangez vos affaires. Vous vous asseyez. Vous attachez votre ceinture. Vous sentez le moteur qui démarre (ou le train qui bouge). Vous respirez. Vous pouvez même visualiser un moment de turbulence légère – vous restez calme, vous respirez en carré, et ça passe.
Étape 4 : L’arrivée -> Vous descendez, vous récupérez vos bagages, vous sortez. Vous êtes arrivé. Vous ressentez la fierté et le soulagement. Vous avez réussi.
Répétez cette visualisation 3 à 5 fois par jour pendant la semaine qui précède votre voyage. Plus vous serez précis, plus votre cerveau enregistrera ce scénario comme un événement familier et sans danger. C’est exactement ce que fait un footballeur avant un penalty : il a déjà frappé ce penalty 100 fois dans sa tête avant de le frapper dans la réalité.
Enfin, arrivons à l’outil que j’utilise le plus souvent en cabinet pour les phobies de voyage : l’hypnose ericksonienne. Si la visualisation active est un entraînement conscient, l’hypnose permet de travailler directement avec l’inconscient, ce pilote automatique qui déclenche votre peur sans que vous ayez votre mot à dire.
L’idée n’est pas de vous endormir ou de perdre le contrôle. C’est tout le contraire. L’hypnose ericksonienne est un état de conscience modifié, hyper-éveillé, où vous êtes plus réceptif aux suggestions. C’est comme si vous pouviez parler directement à la partie de votre cerveau qui a installé le programme « peur des voyages » pour lui proposer un nouveau programme plus adapté.
En séance, je ne vais pas vous dire « vous n’aurez plus peur ». Ce serait mentir. Je vais plutôt utiliser vos propres ressources. Par exemple, si vous êtes un grand marcheur, je vais utiliser la métaphore de la marche pour recadrer le voyage. « Vous savez marcher, n’est-ce pas ? Vous posez un pied après l’autre. Un voyage, c’est pareil. Vous enchaînez des étapes. L’embarquement est un pas. Le décollage est un autre pas. Et à chaque pas, vous êtes là, présent, en sécurité. »
L’hypnose permet aussi de désactiver l’association négative. Nous pouvons, par exemple, associer la sensation de l’avion qui décolle à une sensation agréable (comme la première gorgée de bière fraîche en terrasse, ou le sentiment de liberté sur un vélo qui descend une côte). Votre cerveau, qui ne fait pas la différence entre une association « peur » et une association « plaisir », peut alors recâbler sa réponse.
Ce n’est pas de la magie. C’est de la neuroplasticité. Votre cerveau change en fonction de ce que vous lui proposez. L’hypnose est un moyen accéléré de lui proposer quelque chose de nouveau.
Il est temps d’être honnête. La préparation mentale sportive, l’IFS et l’hypnose ne sont pas des baguettes magiques. Elles ne feront pas disparaître votre peur des voyages en un claquement de doigts. Et c’est une excellente nouvelle, parce que cela signifie que vous n’avez pas à attendre d’être « guéri » pour voyager.
Voici ce que ces approches ne feront pas :
En revanche, voici ce qu’elles feront concrètement :
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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