3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Les astuces des athlètes pour vous.
Vous les croisez dans les couloirs, cinq minutes avant une réunion importante. Ils ont le teint pâle, le regard fuyant, les mains qui tremblent un peu en feuilletant leurs notes. Certains boivent un verre d’eau d’un trait, d’autres respirent fort, comme s’ils allaient plonger. Ce ne sont pas des sportifs de haut niveau, pas des athlètes en devenir. Ce sont des collègues, des managers, des responsables. Et pourtant, ce qu’ils s’apprêtent à vivre ressemble étrangement à ce que vivent les coureurs de fond ou les footballeurs avant un match : une montée d’adrénaline, une peur de l’échec, une pression qui peut paralyser.
Je travaille avec des sportifs depuis plusieurs années. Des marathoniens qui cherchent à gérer leur effort sur la durée, des footballeurs qui doivent rester lucides sous la pression d’un penalty décisif. Et il y a quelques mois, un commercial est venu me voir. Il ne courait pas de marathon. Il ne jouait pas au foot. Mais il avait un rendez-vous client, et ce rendez-vous, il le redoutait comme un sprinteur redoute un faux départ. Il m’a dit : « Je sais que je maîtrise mon produit. Je sais que je peux répondre à toutes les questions techniques. Mais au moment de parler, je perds tous mes moyens. »
Cette phrase, je l’entends aussi chez les sportifs. « Je sais que je suis prêt physiquement, mais au moment de passer à l’action, quelque chose se bloque. » Alors non, prendre la parole en public n’est pas un sport. Mais les mécanismes sous-jacents sont les mêmes : une anticipation anxieuse, un corps qui s’emballe, un mental qui vacille. Et les solutions que j’utilise avec mes athlètes fonctionnent remarquablement bien pour les personnes qui souffrent de trac ou de phobie de la prise de parole. Voici comment.
Commençons par le plus important : comprendre ce qui se passe dans votre tête au moment où vous devez parler devant un groupe. Vous avez peut-être déjà vécu cette sensation : votre cœur s’accélère, votre respiration devient courte, vos mains deviennent moites, et soudain, votre esprit se vide. Vous avez l’impression d’être incapable de formuler une phrase cohérente. Vous vous dites : « Je suis nul. Je n’aurais jamais dû accepter. »
Rassurez-vous : ce n’est pas un problème de compétence. C’est un problème de survie. Votre cerveau, celui que les neuroscientifiques appellent le cerveau limbique, ne fait pas la différence entre un regard de travers dans une salle de réunion et un tigre à dents de sabre dans la savane. Pour lui, le danger est le même. La menace sociale — être jugé, rejeté, ridiculisé — active les mêmes circuits que le danger physique. Résultat : votre système nerveux se met en mode « combat ou fuite ». Votre cortisol monte, votre adrénaline aussi. Le sang quitte vos organes digestifs et votre cortex préfrontal — la partie rationnelle — pour irriguer vos muscles. C’est parfait pour courir ou frapper. C’est catastrophique pour parler clairement et articuler une idée.
Les sportifs connaissent bien ce phénomène. Un jeune footballeur qui entre sur le terrain pour la première fois devant 20 000 spectateurs ressent exactement la même chose. Son corps est prêt à jouer, mais son mental s’emballe. La différence, c’est que les athlètes apprennent à apprivoiser cette activation. Ils ne cherchent pas à la supprimer — ce serait impossible — mais à la réguler.
« La peur ne disparaît jamais. Elle se transforme. Ce qui change, c’est le rapport que vous entretenez avec elle. »
Si vous attendez d’être complètement calme pour prendre la parole, vous n’attendrez jamais. Le calme absolu n’existe pas dans une situation qui compte pour vous. En revanche, vous pouvez apprendre à utiliser cette énergie plutôt que d’être utilisée par elle. C’est la première leçon que je transmets aux sportifs : l’objectif n’est pas d’éliminer le stress, mais de le rendre fonctionnel.
Quand un coureur de fond se prépare pour une course, il ne commence pas par s’étirer. Il commence par respirer. Avant chaque séance, je demande à mes athlètes de faire un exercice simple : la respiration en deux temps. Inspirez par le nez pendant quatre secondes. Expirez par la bouche pendant six secondes. C’est tout. Pas de visualisation compliquée, pas de mantra. Juste un allongement de l’expiration.
Pourquoi ça marche ? Parce que la respiration est le seul système physiologique que vous pouvez contrôler volontairement et qui a un effet direct sur votre système nerveux autonome. Quand vous expirez plus longtemps que vous inspirez, vous activez le nerf vague, ce qui ralentit le rythme cardiaque et envoie un signal à votre cerveau : « Tout va bien. Tu peux relâcher la pression. » C’est l’inverse de la respiration courte et saccadée de la panique.
J’ai proposé cet exercice à une responsable des ressources humaines qui devait animer une réunion de 50 personnes. Elle était terrorisée. Je lui ai demandé de le faire trois fois, juste avant d’entrer dans la salle. Elle m’a rappelé le lendemain : « Je ne dis pas que j’étais détendue. Mais au moins, je n’ai pas eu cette sensation de tête qui tourne et de voix qui tremble. J’ai pu parler. »
Vous pouvez le faire maintenant, où que vous soyez. Prenez une inspiration par le nez pendant 4 secondes. Retenez une seconde. Expirez par la bouche pendant 6 secondes. Recommencez deux fois. Sentez-vous une différence ? La plupart des gens me disent oui. Ce n’est pas magique, c’est physiologique.
Pour ceux qui veulent aller plus loin, il existe une variante : la cohérence cardiaque. Inspirez 5 secondes, expirez 5 secondes, pendant 5 minutes. Faites-le tous les matins, ou juste avant votre prise de parole. Les sportifs l’utilisent avant les compétitions. Les orateurs devraient en faire autant.
Les sportifs parlent souvent de « sensations ». Un footballeur vous dira qu’il a besoin de « sentir le terrain » avant un match. Un coureur, de « sentir ses appuis ». Ce n’est pas du blabla. C’est un ancrage. L’ancrage, c’est une technique qui consiste à associer un état émotionnel positif à un stimulus physique précis. En hypnose ericksonienne, on l’utilise beaucoup. En préparation mentale sportive, aussi.
Voici comment ça fonctionne. Imaginez un moment où vous vous êtes senti particulièrement confiant, compétent, solide. Peut-être après avoir réussi un projet important, ou après une bonne séance de sport, ou simplement un instant où vous étiez dans votre élément. Prenez le temps de revivre cette scène mentalement. Qu’est-ce que vous voyez ? Qu’est-ce que vous entendez ? Qu’est-ce que vous ressentez dans votre corps ?
Maintenant, pendant que vous revivez cet état, pressez votre pouce et votre index ensemble. Pas fort, juste une pression légère. Faites-le plusieurs fois pendant que l’émotion est présente. Ce que vous êtes en train de faire, c’est créer une connexion neuronale entre ce geste et cet état de confiance.
Ensuite, au moment où vous devez prendre la parole, vous pouvez reproduire ce geste discrètement. Une pression du pouce et de l’index, et votre cerveau, conditionné, va activer partiellement l’état de confiance que vous avez ancré. Ce n’est pas une certitude absolue, mais ça fonctionne dans la majorité des cas. Les sportifs l’utilisent avant chaque action importante. Un golfeur peut toucher son club d’une certaine manière. Un basketteur peut faire un geste précis avant un lancer franc. Vous pouvez le faire avant une question en réunion.
Attention : l’ancrage demande un peu d’entraînement. Ne vous attendez pas à ce que ça marche parfaitement du premier coup. Mais si vous le répétez régulièrement, vous créez un réflexe. Et dans les moments de stress, un réflexe vaut mieux qu’une pensée.
Quand un athlète se prépare mentalement pour une compétition, il ne se contente pas de penser au résultat. Il visualise le déroulement. Il voit la piste, il ressent le sol sous ses pieds, il entend le bruit de la foule, il anticipe les sensations de fatigue et la façon dont il va les gérer. C’est une pratique bien documentée : la visualisation améliore la performance parce qu’elle active les mêmes réseaux neuronaux que l’action réelle.
Vous pouvez faire la même chose avec une prise de parole. Ne vous contentez pas de répéter mentalement votre discours. Visualisez la salle. Visualisez les visages. Visualisez l’instant où vous ouvrez la bouche et où les premiers mots sortent. Mais surtout, visualisez les imprévus. C’est là que les sportifs excellent.
Un joueur de tennis ne visualise pas seulement le service parfait. Il visualise aussi la double faute, et comment il va réagir. Il visualise un adversaire qui contre, et comment il va ajuster son jeu. Pourquoi ? Parce que la réalité n’est jamais parfaite. Si vous vous êtes préparé uniquement à un scénario idéal, le moindre grain de sable vous déstabilisera. En revanche, si vous avez visualisé une question difficile, un trou de mémoire, un regard sceptique, votre cerveau aura déjà un chemin de réponse.
J’ai accompagné un commercial qui avait peur des objections. Chaque fois qu’un client lui disait « C’est trop cher », il perdait ses moyens. Nous avons travaillé la visualisation. Il s’est imaginé la scène, a entendu la phrase, et s’est vu répondre calmement, sans se justifier. Au bout de quelques séances, la peur a diminué. Non pas parce qu’il avait une meilleure réponse, mais parce que son cerveau ne considérait plus cette objection comme une menace imprévue.
Vous pouvez le faire chez vous, le soir, avant votre réunion. Prenez cinq minutes. Fermez les yeux. Voyez-vous entrer dans la pièce. Voyez les regards. Entendez votre voix. Et puis, introduisez un obstacle : une question gênante, un bruit soudain, un trou de mémoire. Observez-vous le gérer. Pas parfaitement, mais suffisamment. Votre cerveau enregistrera l’expérience comme si elle avait eu lieu. Et le jour J, vous serez moins surpris.
Il y a un moment précis où la panique peut tout faire basculer : les trois secondes avant de commencer à parler. C’est le « trou noir » de la prise de parole. Vous êtes debout, tous les regards sont tournés vers vous, et vous sentez le vide s’installer. Les sportifs connaissent ce moment. Un coureur sur la ligne de départ, un footballeur au point de penalty. Ces trois secondes sont une fenêtre critique.
Dans ces instants, l’instinct vous pousse à parler vite, à combler le silence, à faire quelque chose. C’est une erreur. Parler vite aggrave la respiration courte, augmente le rythme cardiaque, et donne l’impression que vous êtes paniqué. Les sportifs, eux, font l’inverse. Ils prennent leur temps. Avant un penalty, un joueur respire, marque un temps d’arrêt, puis tire. Il ne se précipite pas.
Appliquez la règle des trois respirations. Avant de prononcer votre premier mot, inspirez profondément par le nez, expirez lentement par la bouche. Faites-le trois fois. Oui, trois fois. Cela peut sembler long, surtout si vous êtes déjà sous pression. Mais ce temps que vous prenez, les autres ne le perçoivent pas comme un silence gênant. Ils le perçoivent comme de la maîtrise. Vous donnez l’impression d’être posé, réfléchi.
« Le silence n’est pas un vide. C’est un espace que vous créez pour vous recentrer. »
J’ai travaillé avec un jeune cadre qui devait pitcher un projet devant des investisseurs. Il était tellement nerveux qu’il commençait toujours par « Euh, alors, bonjour, je vais vous présenter… » sans reprendre son souffle. Je lui ai imposé la règle des trois respirations. Il a trouvé ça ridicule au début. Puis il a essayé. La première fois, il a compté ses respirations et s’est lancé. Il m’a dit : « C’était étrange. Le silence m’a paru énorme, mais personne n’a bougé. Et après, j’étais plus calme. » Ce n’est pas une solution miracle, mais c’est un levier que vous actionnez vous-même, à l’instant où vous en avez besoin.
Les sportifs passent beaucoup de temps à travailler leur dialogue interne. Ce que vous vous dites dans votre tête, juste avant ou pendant l’effort, influence directement votre performance. Si vous vous répétez « Je vais me planter », « Ils vont voir que je suis nul », « Je n’aurais jamais dû accepter », vous programmez votre cerveau pour l’échec. C’est ce qu’on appelle une prophétie autoréalisatrice. Votre cerveau, en entendant ces phrases, active les circuits de la peur et de l’évitement. Il ne cherche plus à réussir, il cherche à survivre.
Je propose souvent à mes patients un exercice simple : remplacer « Je dois être parfait » par « Je peux être suffisant ». La perfection est une quête épuisante, irréaliste, et contre-productive. En revanche, être suffisant, c’est atteignable. Vous n’avez pas besoin d’être brillant, drôle, captivant, charismatique en même temps. Vous avez juste besoin d’être clair, présent, et de transmettre votre message.
Un commercial que j’ai suivi se disait systématiquement : « Il faut que je les convainque. » Cette pression le paralysait. Nous avons reformulé : « Je vais partager des informations. » Ce n’est pas un grand changement de sens, mais c’est un changement de posture. « Convaincre » implique une bataille, un rapport de force. « Partager » implique une ouverture, une collaboration. Son cerveau a perçu la différence. Ses prises de parole sont devenues plus fluides.
Vous pouvez faire cet exercice maintenant. Prenez une phrase que vous vous dites avant de parler. Par exemple : « Je vais oublier ce que je dois dire. » Reformulez-la en : « Si j’oublie, je peux regarder mes notes. » Cela paraît banal, mais cette reformulation désamorce la menace. Vous passez d’une pensée catastrophiste à une pensée pragmatique. Votre cerveau, qui cherche toujours à anticiper le danger, reçoit un message rassurant : « Il y a une solution. »
Je veux être honnête avec vous. La préparation mentale, l’hypnose, les techniques que j’ai décrites ne vont pas supprimer votre trac. Elles ne vont pas faire de vous un orateur né, charismatique et décontracté. Ce ne sont pas des baguettes magiques. Ce sont des outils. Et comme tous les outils, ils demandent de l’entraînement, de la répétition, et un peu de patience.
Certaines personnes viennent me voir en espérant que je vais « enlever » leur peur. Ce n’est pas mon travail. Mon travail, c’est de vous apprendre à danser avec elle. La peur est une information, pas une fatalité. Elle vous dit que ce que vous allez faire compte pour vous. Si vous n’aviez pas peur, cela signifierait peut-être que vous n’êtes pas impliqué. Alors au lieu de la combattre, apprenez à l’écouter, à la réguler, à l’utiliser.
Un sportif ne devient pas champion en un jour. Il s’entraîne, il répète, il ajuste. La prise de parole, c’est pareil. Si vous avez une réunion importante demain, vous pouvez utiliser la respiration et l’ancrage. Mais si vous voulez vraiment progresser, intégrez ces pratiques dans votre quotidien. Faites de la cohérence cardiaque le matin. Visualisez vos interventions la veille. Reformule
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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