3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Un exercice d’hypnose rapide à faire avant de partir.
Vous êtes là, les clés de voiture à la main, et votre estomac se noue. Ou peut-être que vous regardez l’heure du train, et une sueur froide perle sur votre front, alors que vous n’avez même pas encore quitté votre salon. Cette peur du transport — que ce soit en voiture, en avion, en train ou même en bus — n’est pas une fatalité. Elle ne vous définit pas. C’est juste une réaction de votre système nerveux qui s’emballe, un peu comme une alarme incendie qui se déclencherait à cause de la fumée d’un grille-pain.
Je suis Thierry Sudan, praticien à Saintes, et je vois régulièrement des adultes qui viennent me voir avec cette boule au ventre avant chaque trajet. Ils ont tout essayé : la respiration, les médicaments, la préparation mentale. Et pourtant, la peur revient, tenace. Ce que beaucoup ignorent, c’est que vous pouvez désamorcer cette alarme en moins de temps qu’il n’en faut pour faire chauffer une tasse de café. Ce n’est pas de la magie, c’est de l’hypnose ericksonienne combinée à des techniques d’IFS (Internal Family Systems) et d’intelligence relationnelle. Un protocole express, concret, que vous pouvez appliquer seul, en 10 minutes, avant de partir.
Prêt(e) à reprendre le volant de votre vie ? Alors commençons.
Avant de plonger dans l’exercice, il est essentiel de comprendre ce qui se joue. Votre peur du transport n’est pas un caprice ni un manque de courage. C’est un mécanisme de survie ancestral qui a mal tourné. Imaginez votre cerveau comme un vigile un peu trop zélé. À l’origine, ce vigile (l’amygdale, pour les intimes) était conçu pour vous protéger des prédateurs dans la savane. Aujourd’hui, il interprète un bruit de moteur, une sensation de vitesse ou un espace confiné comme une menace existentielle.
Ce qui se passe concrètement : votre système nerveux sympathique (l’accélérateur) s’emballe avant même que vous ayez démarré. Il libère du cortisol et de l’adrénaline, préparant votre corps à fuir ou à combattre. Mais dans une voiture ou un avion, vous ne pouvez ni fuir ni combattre. Vous êtes coincé. Alors cette énergie se transforme en panique, en oppression thoracique, en pensées catastrophiques.
Voici la bonne nouvelle : ce vigile est programmable. Il a appris à avoir peur, il peut désapprendre. L’hypnose ericksonienne, que j’utilise depuis 2014 avec mes patients, permet de parler directement à cette partie de vous qui a peur. On ne la combat pas, on la rassure. On lui montre que le danger est passé, que le présent est sûr. L’IFS, quant à lui, nous aide à identifier cette « partie peur » non pas comme un ennemi, mais comme une sentinelle épuisée qui a besoin qu’on la remercie et qu’on la libère de son poste.
« La peur n’est pas un mur, c’est une porte mal fermée. Vous n’avez pas à la défoncer, juste à trouver la bonne clé. »
Cette clé, c’est votre propre esprit. Et l’exercice qui suit est conçu pour l’utiliser sans effort, en 10 minutes chrono.
Vous êtes assis(e) sur le siège conducteur, ou peut-être encore dans votre salon, prêt(e) à partir. La première chose à faire est de sortir de votre tête pour entrer dans votre corps. Pourquoi ? Parce que la peur est une pensée qui devient une sensation. Si vous coupez la sensation, la pensée s’effondre.
Fermez les yeux. Juste 60 secondes. Ne cherchez pas à vous détendre, cherchez simplement à observer. Portez votre attention sur vos pieds. Sentez-ils le sol ? Le plancher de la voiture ou le carrelage ? Maintenant, remontez lentement : vos chevilles, vos mollets, vos genoux. Notez les tensions. Ne les jugez pas. Dites-vous simplement : « Ah, voilà, c’est là que ça serre. »
Continuez : vos cuisses, votre bassin, votre ventre. Si vous sentez une boule, une chaleur, un vide, restez là 5 secondes. Respirez dans cette zone. Puis remontez : votre poitrine, vos épaules (souvent remontées vers les oreilles), votre cou, votre mâchoire, votre front.
Cet exercice dure une minute, pas plus. Mais il fait basculer votre cerveau du mode « catastrophe à venir » (futur) au mode « sensations présentes » (ici et maintenant). L’hypnose commence par cette ancre corporelle. Vous venez de dire à votre système nerveux : « Je suis là, dans mon corps, pas dans le scénario d’accident qui n’a pas encore eu lieu. »
Maintenant que vous êtes un peu plus présent(e), nous allons activer votre système nerveux parasympathique (le frein). Beaucoup de gens respirent mal quand ils ont peur : ils bloquent l’inspiration ou hyperventilent. Ici, nous allons faire simple, mais puissant.
Inspirez par le nez pendant 4 secondes. Imaginez que vous remplissez un ballon dans votre ventre, pas dans votre poitrine. BloqueZ 2 secondes. Puis expirez lentement par la bouche pendant 6 secondes. Faites-le trois fois.
Pourquoi ça marche ? Parce que l’expiration longue est un signal chimique direct pour votre nerf vague, le grand chef d’orchestre de la relaxation. Vous forcez votre cœur à ralentir. Vous dites à votre amygdale : « Calme-toi, le patron reprend les commandes. »
Mais voici le twist : pendant la troisième expiration, ajoutez une image mentale. Imaginez que vous soufflez une bougie qui vacille, mais vous voulez qu’elle reste allumée. Pas de vent brusque, juste un souffle doux et continu. Cette image ancre l’exercice dans votre imagination, ce qui est le terreau de l’hypnose.
Après ces 3 souffles (30 secondes environ), vous devriez sentir un début de relâchement. Si ce n’est pas le cas, répétez. Vous n’êtes pas en retard. Vous êtes en train de reprogrammer un réflexe.
Nous arrivons au cœur du protocole. L’hypnose ericksonienne utilise beaucoup les ressources internes. Vous avez en vous un endroit de calme absolu, même si vous ne le savez pas. Il ne s’agit pas d’un lieu physique que vous avez visité, mais d’un lieu que votre inconscient peut construire en quelques secondes.
Fermez les yeux (si vous conduisez, faites ça avant de démarrer, à l’arrêt). Respirez normalement. Imaginez que vous descendez un escalier de trois marches. À chaque marche, vous vous enfoncez un peu plus dans une sensation de détente. Marche 1 : vos épaules lâchent. Marche 2 : votre mâchoire se décontracte. Marche 3 : vous arrivez dans une pièce, ou un espace, qui est votre lieu sûr.
Ce lieu peut être n’importe quoi : une plage déserte, une clairière, un salon douillet, un nuage. L’important n’est pas l’image, mais la sensation qu’il vous procure. Sentez la température sur votre peau. Écoutez les sons (le bruit des vagues, le silence). Sentez l’odeur (l’air marin, le bois, le café). Restez-y 2 minutes.
Pendant ce temps, votre esprit inconscient associe cet état de sécurité à votre corps. Vous êtes en train de créer une ancre neurologique puissante. Plus tard, quand la peur reviendra, vous pourrez retourner dans ce lieu en un clignement d’œil. Mais pour l’instant, contentez-vous d’y habiter pleinement.
« Votre inconscient n’a pas de notion du temps. Deux minutes dans un lieu sûr intérieur peuvent valoir deux heures de sommeil réparateur. »
Si vous sentez que votre esprit s’évade, c’est parfait. L’hypnose, ce n’est pas un contrôle strict, c’est une rêverie éveillée. Laissez-vous flotter.
Maintenant que vous êtes dans votre lieu sûr, nous allons rencontrer la partie de vous qui a peur. Ne la fuyez pas. Invitez-la. En IFS, on appelle cela « la partie protectrice ». Elle s’est manifestée pour vous protéger d’un danger perçu. Elle a peut-être été efficace une fois, dans un autre contexte. Mais aujourd’hui, elle vous gâche la vie.
Imaginez cette peur comme une petite créature, ou une forme, ou même une voix. Posez-lui cette question, intérieurement : « Qu’est-ce que tu crains qu’il arrive si je prends ce transport ? » Écoutez la réponse. Souvent, c’est une peur de perte de contrôle, de mort, ou de honte (avoir peur devant les autres).
Maintenant, remerciez cette partie. Dites-lui : « Merci d’avoir essayé de me protéger. Je te vois. Mais aujourd’hui, je suis adulte, je suis capable. Tu peux prendre un peu de repos. » C’est un geste de réconciliation. Vous n’écrasez pas la peur, vous la remerciez pour son service et vous lui demandez de vous faire confiance.
Puis, dans votre lieu sûr, visualisez votre trajet. Mais pas comme un film d’horreur. Voyez-vous calme, souriant(e), écoutant de la musique ou lisant un livre. Voyez l’arrivée, la porte qui s’ouvre, l’air frais. Votre cerveau ne fait pas bien la différence entre une visualisation intense et la réalité. En répétant cette image positive, vous créez un nouveau circuit neuronal.
Nous allons maintenant fixer cet état de calme dans un geste simple. C’est ce qu’on appelle un ancrage en PNL et en hypnose. Pendant que vous êtes encore dans votre lieu sûr, ressentez la plénitude, la sécurité, la paix. Amplifiez cette sensation.
Maintenant, choisissez un geste discret : toucher votre pouce et votre index ensemble, ou poser votre main sur votre cœur, ou serrer doucement votre cuisse. Faites ce geste au moment précis où la sensation est à son maximum. Maintenez 5 secondes. Puis relâchez.
Répétez ce lien trois fois : geste + sensation. Vous venez de créer un interrupteur. Plus tard, dans le transport, si la peur remonte, vous pourrez refaire ce geste. Il rappellera instantanément à votre corps l’état de votre lieu sûr. Ce n’est pas une baguette magique, mais c’est un signal puissant pour votre système nerveux.
Quand je travaille avec des sportifs (coureurs ou footballeurs), on utilise des ancrages similaires avant une compétition. Un simple tapotement sur la poitrine peut transformer une montée d’adrénaline paralysante en énergie concentrée. Ici, c’est pareil. Vous êtes en train de devenir votre propre préparateur mental.
Vous avez 10 minutes, n’oubliez pas. Nous avons utilisé environ 6-7 minutes jusqu’ici. Il vous reste 3 minutes avant de démarrer. Ne les sautez pas. C’est la phase de « test en douceur ».
Ouvrez les yeux. Regardez le tableau de bord, la route, les autres voitures. Mais gardez une partie de votre attention sur l’ancrage que vous venez de créer. Bougez vos doigts, sentez le volant. Dites-vous à voix haute (ou dans votre tête) : « Je pars maintenant, en sécurité. Mon corps est prêt, mon esprit est calme. »
Si une vague de peur revient (c’est possible, c’est normal), ne la combattez pas. Revenez à votre respiration (les 3 souffles) et refaites votre ancrage gestuel. Vous n’êtes pas en échec. Vous êtes en train d’apprendre à nager dans cette émotion.
Démarrez. Les premières minutes sont les plus critiques. Votre vigile intérieur va tester si la menace est toujours là. À chaque fois que vous restez calme malgré la peur, vous lui envoyez un message : « Tu vois ? Rien de grave. » C’est ainsi que la peur s’éteint, par extinction progressive, pas par suppression brutale.
Un seul protocole de 10 minutes ne guérira pas une phobie installée depuis des années. Mais il vous donne une boîte à outils. L’idéal est de répéter cet exercice chaque fois que vous devez prendre un transport, pendant au moins 7 à 10 jours. Votre cerveau a besoin de répétition pour graver le nouveau chemin.
Si vous sentez que la peur est trop profonde, trop envahissante, ou qu’elle vous empêche de voyager, de voir des proches ou de travailler, alors un accompagnement individuel peut être nécessaire. En cabinet, à Saintes ou en visio, je peux vous aider à dénouer les couches plus anciennes de cette peur — parfois liées à un événement spécifique, parfois à une sensibilité particulière.
L’hypnose ericksonienne, l’IFS et l’intelligence relationnelle sont des alliés puissants pour cela. On ne se contente pas de gérer les symptômes, on va à la racine. Mais vous avez déjà fait le premier pas en lisant cet article. Vous avez déjà commencé à envisager que la peur n’est pas une muraille infranchissable.
« Ce n’est pas parce que vous avez peur que vous êtes en danger. C’est parce que vous avez oublié que vous avez déjà survécu à tout ce qui vous est arrivé. »
Vous n’avez pas besoin de tout maîtriser maintenant. Voici ce que je vous propose de faire, tout de suite, avant de refermer cette page :
Et si vous sentez que le chemin est trop long seul, sachez que je suis là. Un simple appel ou un message peut suffire à poser les bases d’un travail plus profond. Vous n’êtes pas fait(e) pour vivre dans la peur. Vous êtes fait(e) pour voyager, pour bouger, pour vivre.
Prenez soin de vous. Et bon voyage.
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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