3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Un chemin précis pour réduire l’anxiété en ascenseur.
Vous êtes dans l’ascenseur. Les portes viennent de se refermer. Vous appuyez sur le bouton du 8e étage, et là, en une fraction de seconde, votre corps change. Le souffle devient court, les paumes moites, les jambes comme coupées. L’esprit s’emballe : « Et si ça s’arrêtait entre deux étages ? » ou « Et si la cabine chutait ? » ou encore « Je vais manquer d’air ici. »
Vous n’êtes pas seul·e. Chaque semaine, dans mon cabinet à Saintes, je reçois des hommes et des femmes qui vivent la même chose. Certains contournent les ascenseurs depuis des années, prennent les escaliers jusqu’au 10e étage, ou refusent des rendez-vous professionnels en hauteur. D’autres subissent la montée d’adrénaline en silence, en agrippant la rampe, les yeux fixés sur les chiffres qui défilent.
La peur des hauteurs n’est pas une faiblesse. C’est un système d’alarme intérieur qui s’est déréglé. Et la bonne nouvelle, c’est qu’on peut le recalibrer. Pas par la volonté, pas par la raison, mais par une plongée précise dans les coulisses de votre cerveau. C’est là que l’hypnose ericksonienne entre en jeu.
Je vais vous détailler aujourd’hui les 4 étapes d’un protocole que j’utilise régulièrement pour désamorcer cette anxiété. Ce n’est pas une formule magique. C’est un chemin. Un chemin qui a aidé un commercial à prendre l’ascenseur de la tour Montparnasse sans médicament, une maman à accompagner ses enfants au sommet d’une tour, et un sportif à ne plus bloquer en compétition en altitude.
Si vous lisez ces lignes, vous êtes probablement prêt·e à arrêter de fuir. Alors, commençons.
La première étape n’est pas de « guérir » la peur, mais de la comprendre. Pas de la justifier, de la comprendre. Parce que tant que vous luttez contre votre propre réaction, vous l’amplifiez.
Imaginez que votre cerveau possède un détecteur de fumée ultra-sensible. Dans un ascenseur, ce détecteur se déclenche pour un simple toast grillé. Vous ne brûlez pas, il n’y a pas de feu, mais l’alarme hurle. Votre corps se mobilise comme si vous étiez au bord d’une falaise. C’est exactement ce qui se passe : le système limbique, cette partie ancienne du cerveau chargée de la survie, associe l’ascenseur à un danger de chute ou d’enfermement.
Ce n’est pas un problème de « courage ». C’est un problème de mauvaise association neuronale. Votre cerveau a appris, à un moment donné, que l’ascenseur = danger. Peut-être après un incident réel (une panne, une secousse), peut-être après avoir entendu une histoire, peut-être sans aucune cause consciente.
« Quand je suis monté dans cet ascenseur vitré à La Rochelle, j’ai eu l’impression que le sol se dérobait. Mon cœur s’est emballé, j’ai cru que j’allais m’évanouir. Depuis, je tremble dès que je vois une cabine. » — Témoignage d’un patient, la semaine dernière.
Ce que nous allons faire en hypnose, ce n’est pas effacer ce souvenir ou cette association. C’est la réécrire. L’hypnose ericksonienne permet de contourner le filtre critique du cerveau conscient, celui qui dit « c’est irrationnel, arrête », et d’aller directement dialoguer avec la partie qui a pris cette décision de survie. On l’appelle la « partie protectrice » en IFS (Internal Family Systems). Elle a cru bien faire. Elle a voulu vous protéger. Mais aujourd’hui, elle vous emprisonne.
Ce que vous pouvez faire maintenant : Prenez un carnet. Notez le premier souvenir précis lié à cette peur. L’âge, le lieu, les sensations. Ne cherchez pas à l’analyser, juste à le décrire comme un film. Ce sera votre point de départ.
On ne désamorce pas une peur en se jetant dedans tête baissée. Ce serait comme demander à quelqu’un qui a peur de l’eau de sauter du grand bain sans bouée. L’hypnose, c’est l’inverse : on commence par créer un port d’attache solide.
En séance, je guide la personne vers un état de relaxation profonde, mais pas un sommeil. Un état de conscience modifiée où le corps est détendu et l’esprit hyper-ouvert. C’est là qu’on construit une ancre.
Une ancre, c’est un geste, un mot, une image qui, une fois activé, déclenche immédiatement un état de calme et de sécurité. Pour un sportif, ce peut être le fait de serrer le poing en pensant à une victoire passée. Pour une personne anxieuse en ascenseur, ce sera un lieu imaginaire ou réel, chargé de sensations de paix.
Je demande souvent : « Quel est l’endroit où vous vous êtes senti·e le plus en sécurité dans votre vie ? » Cela peut être une plage déserte, le canapé de votre grand-mère, un coin de forêt. On va alors ancrer cette sensation.
Le protocole exact :
Pourquoi c’est crucial avant de travailler la peur ? Parce que votre cerveau a besoin de savoir qu’il existe une sortie de secours. Si vous lui montrez qu’il peut retrouver le calme à volonté, il accepte plus facilement de lâcher la réaction de panique. C’est une question de confiance. Sans cette ancre, le travail sur la peur peut être vécu comme une nouvelle agression.
Ce que vous pouvez faire maintenant : Pendant 3 jours, matin et soir, exercez-vous à activer cette ancre. Pressez pouce et index, respirez, et laissez la sensation monter. Ne le faites pas en situation de stress au début. Entraînez votre cerveau à associer ce geste à la sécurité. C’est votre bouton « reset ».
C’est le cœur du protocole. Une fois que la personne a son ancre de sécurité bien installée, on peut aborder la peur elle-même. Mais pas en frontal. On utilise une technique que j’appelle le protocole de cinéma.
Le principe est simple : la peur est souvent vécue en immersion. Vous êtes dans l’ascenseur, vous sentez tout, vous êtes prisonnier·e de la sensation. L’hypnose va vous permettre de passer de l’immersion à l’observation.
Voici comment je le guide :
Étape A – L’écran : Je demande à la personne d’imaginer un grand écran de cinéma, à 3 mètres devant elle. Sur cet écran, elle projette une scène en noir et blanc : elle-même entrant dans un ascenseur, les portes se fermant, les chiffres défilant. Elle regarde la scène comme un spectateur. Pas de son, pas de couleurs. Juste l’image.
Étape B – La distanciation : « Regardez cette personne sur l’écran. Elle a peut-être un peu peur. Elle serre la rampe. Mais vous, vous êtes dans la salle, bien installé·e, en sécurité. Vous pouvez voir sa respiration s’accélérer, mais vous ne la ressentez pas. »
Étape C – La réécriture : Une fois que la personne peut regarder la scène sans panique (cela prend parfois 2 ou 3 passages), on modifie le film. On accélère la montée. On la ralentit. On ajoute une musique amusante. On transforme les boutons en bonbons. On fait flotter la cabine au lieu de monter. Le but n’est pas le ridicule, c’est la flexibilité cognitive. Votre cerveau apprend qu’il peut jouer avec la réalité de la scène. Que ce n’est pas une vérité absolue.
Étape D – L’intégration : On remet la scène en couleur et en son. On la repasse une dernière fois. Mais cette fois, la personne sur l’écran respire calmement. Elle sourit même. Vous, dans la salle, activez votre ancre de sécurité (pouce-index) pour associer cette nouvelle image au calme.
« La peur n’est pas un mur. C’est une porte que vous n’avez jamais appris à ouvrir. En hypnose, on ne défonce pas la porte. On apprend à tourner la poignée. »
Ce protocole permet de dissocier la réponse émotionnelle du stimulus. L’ascenseur n’est plus un déclencheur de panique automatique. Il devient une image que vous pouvez manipuler. Et ce qui se manipule dans l’imaginaire finit par se transformer dans le réel.
Ce que vous pouvez faire maintenant : Sans vous mettre en situation réelle, prenez 5 minutes. Fermez les yeux. Visualisez un ascenseur. Pas vous dedans, juste la cabine vide. Donnez-lui une forme bizarre : des murs en guimauve, un plafond en ciel étoilé. Amusez-vous. Plus vous jouez, plus votre cerveau casse l’association rigide « ascenseur = danger ».
Les trois premières étapes se font surtout dans la tête. La quatrième, c’est le passage à l’acte. Mais un passage à l’acte intelligent, pas un saut dans le vide.
Beaucoup de personnes croient que pour guérir une phobie, il faut « se confronter ». Alors elles montent dans un ascenseur, serrent les dents, et vivent une expérience terrifiante. Résultat : la peur est renforcée. Le cerveau enregistre : « Tu vois, j’avais raison d’avoir peur, c’était horrible. »
Non. La reprogrammation passe par une exposition micro-graduée, associée à l’état de sécurité de l’hypnose.
Le protocole en pratique :
Niveau 1 : Vous restez debout devant la porte d’un ascenseur fermé. Vous activez votre ancre. Vous respirez. Vous restez 30 secondes, puis vous partez. Pas de montée.
Niveau 2 : Vous montez d’un seul étage. Portes ouvertes. Vous pouvez même garder un pied dehors si besoin. Vous activez l’ancre. Vous descendez.
Niveau 3 : Vous montez de deux étages, portes fermées, mais avec une personne de confiance. Vous parlez, vous respirez.
Niveau 4 : Vous montez seul·e jusqu’au sommet de votre immeuble, en sachant que vous pouvez appuyer sur le bouton d’arrêt à tout moment.
Chaque niveau doit être réussi sans lutte. Si vous sentez la panique monter, vous reculez d’un cran. Ce n’est pas un échec. C’est un réglage. L’hypnose vous a donné les outils (l’ancre, la dissociation), mais le corps doit les intégrer par l’expérience.
Le rôle du préparateur mental : Pour mes sportifs (coureurs, footballeurs), je travaille la même logique. La peur de la hauteur chez un footballeur qui doit sauter de la tête dans un stade bondé, c’est la même mécanique. On crée un scénario mental de réussite, on l’ancre, puis on le répète sur le terrain. La différence, c’est que vous n’avez pas besoin de marquer un but. Vous avez juste besoin de monter.
Ce que vous pouvez faire maintenant : Fixez-vous un micro-défi pour cette semaine. Pas « prendre l’ascenseur », mais « rester 10 secondes devant la porte fermée ». Ou « monter d’un étage avec mon téléphone en main et une musique apaisante ». Tenez un journal de ces expériences. Notez votre niveau d’anxiété avant/après sur 10. Vous verrez : la courbe descendra.
Si vous avez lu jusqu’ici, vous avez déjà fait le plus difficile : arrêter de fuir le problème. Beaucoup de personnes passent leur vie à contourner les ascenseurs, à prendre les escaliers, à trouver des excuses. Vous, vous cherchez une solution. C’est déjà un premier pas immense.
Ce protocole en 4 étapes – comprendre le déclencheur, ancrer la sécurité, dissocier par le cinéma, exposer progressivement – est un cadre. Il a fonctionné pour des dizaines de personnes dans mon cabinet. Mais il n’est pas figé. Chaque cerveau est unique. Parfois, on doit passer plus de temps sur l’ancre. Parfois, le protocole de cinéma déclenche une résistance qu’on doit explorer avec l’IFS.
L’hypnose ericksonienne, l’Intelligence Relationnelle et l’IFS sont des outils puissants, mais ils ne remplacent pas une relation humaine. Derrière chaque peur, il y a une histoire, une partie de vous qui a besoin d’être écoutée, pas combattue.
Je vous reçois à Saintes, dans mon cabinet, pour un premier temps d’échange. On ne parlera pas forcément d’ascenseur tout de suite. On parlera de vous, de ce qui s’est joué à ce moment-là. Et on construira ensemble le chemin qui vous permettra de remonter à la surface, un étage après l’autre.
Si cet article vous a parlé, si vous sentez que le moment est venu d’agir, je vous invite à me contacter. Pas pour une guérison miracle. Pour un accompagnement respectueux, précis, qui vous redonne le choix.
Parce que la liberté, ce n’est pas de ne plus avoir peur. C’est de pouvoir monter dans l’ascenseur, même si le cœur bat un peu plus vite, en sachant que vous avez la main sur la rampe… et sur votre respiration.
Prenez soin de vous.
— Thierry Sudan, praticien à Saintes
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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