3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
L'histoire d'un retour à la vie sociale sans stress
Je les voyais arriver de loin. Le bruit montait, les corps se resserraient autour de moi, et mon cœur commençait à tambouriner contre mes côtes. Mes mains devenaient moites, ma respiration s’accélérait, et une seule pensée occupait tout l’espace : Je dois sortir d’ici. Maintenant. Les marchés de Noël, les concerts en plein air, les terrasses bondées, les couloirs du supermarché un samedi après-midi… tout cela était devenu un terrain miné. Pendant des années, j’ai organisé ma vie autour de cette peur. J’arrivais en avance pour être le premier, je repérais les issues de secours, je prétextais une migraine pour éviter les anniversaires surprises. Je me sentais prisonnier d’un cercle qui se resserrait chaque jour un peu plus. Et puis un jour, j’ai poussé la porte du cabinet de Thierry. Pas pour guérir, juste pour essayer de survivre un peu mieux. Je ne savais pas que ce rendez-vous allait changer ma façon d’habiter le monde.
Avant de comprendre comment j’ai dépassé cette peur, il faut que je vous dise ce qui se passait vraiment en moi. Ce n’était pas une simple gêne, une timidité sociale ou un caprice. C’était une réaction physiologique intense, incontrôlable, qui me donnait l’impression de perdre la raison. Dès que le nombre de personnes autour de moi dépassait un seuil – parfois une dizaine, parfois moins – mon cerveau basculait en mode survie.
Je me souviens d’un après-midi à La Rochelle, sur le Vieux-Port, en plein été. La foule était dense, joyeuse, insouciante. Moi, je sentais le sol se dérober sous mes pieds. J’avais l’impression que les gens se rapprochaient, que l’air devenait rare, que les murs invisibles se refermaient sur moi. Mon champ visuel se rétrécissait, comme si je regardais le monde à travers un tunnel. Les visages se brouillaient, les sons se mélangeaient en une cacophonie assourdissante. Je devais m’asseoir, fermer les yeux, me concentrer sur ma respiration pour ne pas fuir en courant.
Thierry m’a expliqué un jour, calmement, ce qui se jouait dans mon système nerveux. « Ce que tu vis, ce n’est pas un défaut de caractère. C’est ton cerveau qui interprète la foule comme un danger. Il active le même circuit que si tu croisais un ours dans les bois. » Cette phrase m’a libéré d’un poids énorme. Je n’étais pas faible, je n’étais pas anormal, j’étais simplement piégé dans une réaction de survie qui s’était emballée.
Les mécanismes derrière cette peur sont souvent les mêmes : une hypersensibilité aux stimuli sensoriels (bruits, mouvements, odeurs), une anticipation anxieuse (peur de perdre le contrôle, de faire un malaise, d’être jugé), et parfois un événement déclencheur – une bousculade vécue enfant, une panique dans un ascenseur bondé, une humiliation en public. Dans mon cas, c’était une accumulation. Rien de spectaculaire, juste une série de petites expériences désagréables qui avaient fini par graver dans mon cerveau l’équation : foule = danger.
Ce que j’ai compris plus tard, c’est que cette peur n’était pas une fatalité. Elle n’était pas gravée dans le marbre. Elle était apprise, donc elle pouvait être désapprise. Mais pour ça, il fallait que j’accepte de la regarder en face, sans la juger, sans la combattre frontalement. Et c’est là que l’hypnose est entrée en jeu.
« La peur des foules n’est pas une faiblesse. C’est une partie de toi qui a cru te protéger. Si tu veux la transformer, commence par la remercier d’avoir veillé sur toi. Ensuite seulement, tu pourras lui montrer un autre chemin. » — Thierry Sudan
Quand je suis arrivé au cabinet, je m’attendais à un protocole strict, à des techniques de relaxation, à des suggestions directes pour « effacer » ma peur. Je me trompais. Thierry ne m’a pas proposé de supprimer quoi que ce soit. Il m’a invité à m’asseoir, à fermer les yeux, et à simplement observer ce que ma peur faisait dans mon corps.
C’était déstabilisant. J’avais passé des années à lutter contre elle, à la repousser, à la camoufler. L’écouter ? L’accueillir ? Cela me semblait contre-intuitif. Pourtant, j’ai essayé. Il m’a guidé vers une sensation de calme, une respiration plus profonde, puis il m’a demandé d’imaginer la foule – non pas en détail, mais comme une présence lointaine, floue. Et là, au lieu de la peur habituelle, j’ai ressenti une tension dans mes épaules, une chaleur dans ma poitrine, une légère nausée. Rien d’insurmontable.
« Reste avec ça, » m’a-t-il dit. « Ne cherche pas à changer quoi que ce soit. Contente-toi de respirer et d’observer. »
Pendant plusieurs minutes, je suis resté dans cet état, à regarder ma peur comme on regarde un nuage passer dans le ciel. Elle était là, oui, mais elle n’était pas toute ma personne. Elle n’était qu’une partie de moi, une partie qui avait voulu me protéger, mais qui s’y prenait mal. Cette simple prise de conscience a été un tremblement de terre intérieur.
L’hypnose ericksonienne, que Thierry pratique, ne fonctionne pas par ordre ou par suggestion autoritaire. Elle utilise le langage de l’inconscient : des métaphores, des images, des sensations. Il m’a raconté une histoire – je ne me souviens plus des mots exacts – sur un jardinier qui apprenait à connaître chaque plante de son jardin, même les mauvaises herbes, avant de décider quoi en faire. Cette image m’a accompagné longtemps.
À la fin de la séance, je n’étais pas guéri. Mais quelque chose avait bougé. La peur n’était plus un monstre tapi dans l’ombre, mais une réaction que je pouvais apprivoiser. Pour la première fois depuis des années, j’ai eu l’impression de reprendre le volant de ma vie.
Les séances suivantes ont pris une autre direction. Thierry m’a présenté l’IFS – l’Internal Family Systems, ou Système Familial Intérieur. L’idée est simple, presque enfantine : notre esprit est composé de plusieurs « parties », chacune avec son rôle, ses croyances, ses émotions. Il y a la partie qui veut tout contrôler, celle qui se méfie des autres, celle qui se cache, celle qui juge. Et au centre, il y a un « Soi » – une essence calme, curieuse, confiante, qui peut dialoguer avec toutes ces parties.
Dans mon cas, la peur des foules était portée par une partie que j’ai appelée « la Sentinelle ». Elle était toujours en alerte, scrutant l’horizon, prête à sonner l’alarme au moindre signe de danger. Elle était épuisée, mais elle ne pouvait pas se reposer, convaincue que sans elle, je serais vulnérable, humilié, anéanti.
Thierry m’a guidé pour entrer en contact avec elle. Pas pour la combattre, mais pour la comprendre. « Qu’est-ce qu’elle craint vraiment ? » m’a-t-il demandé. « Qu’est-ce qui se passerait si elle baissait la garde ? »
J’ai fermé les yeux, et j’ai laissé émerger une image : une petite sentinelle en armure, debout sur une tour de guet, les yeux écarquillés, épuisée mais ne pouvant pas dormir. Elle me disait : « Si je ne veille pas, tu vas te faire marcher dessus. Tu vas t’effondrer. Tout le monde va te voir faible. »
Je lui ai répondu, avec la voix la plus douce possible : « Je te remercie d’avoir veillé sur moi toutes ces années. Tu as fait un travail incroyable. Mais aujourd’hui, je suis là. Je peux prendre le relais. Tu peux te reposer. » Elle ne m’a pas cru tout de suite. Il a fallu plusieurs séances, plusieurs dialogues, pour qu’elle accepte de lâcher un peu de contrôle.
Ce processus est puissant parce qu’il ne diabolise aucune partie de nous. Il ne s’agit pas d’arracher la peur comme une mauvaise herbe, mais de la transformer en alliée. Aujourd’hui, ma Sentinelle n’a pas disparu. Elle est toujours là, mais elle a changé de métier. Elle veille, oui, mais avec bienveillance. Parfois, elle me signale une gêne légère, et je peux lui dire : « Merci, j’ai compris. Je gère. » Et elle se tait.
Un autre pilier de mon chemin a été l’Intelligence Relationnelle. Thierry ne se contente pas de travailler sur la peur en elle-même ; il m’a aidé à comprendre comment je me reliais aux autres, et surtout comment je me reliais à moi-même dans la relation.
La peur des foules, j’ai appris, n’est pas seulement une peur de l’espace ou du bruit. C’est souvent une peur de se perdre dans le regard des autres. Une peur de ne plus exister en tant qu’individu, d’être absorbé par la masse. Une peur de l’intrusion, du jugement, de la perte de contrôle de son propre espace.
Je me suis rendu compte que, depuis mon adolescence, j’avais développé une carapace relationnelle. J’étais poli, souriant, mais en réalité, je restais sur mes gardes. J’anticipais les besoins des autres pour éviter les conflits, je m’effaçais pour ne pas déranger, je disais « oui » quand je pensais « non ». Cette stratégie de survie fonctionnait en apparence, mais elle me vidait de mon énergie. Et dans une foule, cette carapace volait en éclats, me laissant nu et vulnérable.
L’Intelligence Relationnelle m’a appris à poser des limites claires, à exprimer mes besoins sans agressivité, à rester connecté à moi-même même au milieu d’un groupe. Un exercice simple, mais qui a changé ma vie : avant d’entrer dans un espace bondé, je prends trois secondes pour poser ma main sur mon cœur, respirer, et me dire intérieurement : « Je suis là. Je suis entier. Je peux partir à tout moment si je le choisis. » Ce petit rituel ancre ma présence dans mon corps et me rappelle que j’ai le choix.
Thierry m’a aussi fait travailler sur la notion de « frontière ». En hypnose, il m’a guidé pour imaginer une bulle lumineuse autour de moi, une enveloppe protectrice que je pouvais ajuster à ma guise. Quand quelqu’un s’approchait trop, je pouvais agrandir ma bulle. Quand je me sentais en sécurité, je pouvais la réduire. Cette image m’a donné un sentiment de contrôle que je n’avais jamais eu auparavant.
« Tu n’as pas besoin de disparaître pour être accepté. Tu as juste besoin d’apprendre à rester toi-même, même quand le monde autour de toi s’agite. » — Thierry Sudan
Parallèlement aux séances d’hypnose, j’ai découvert une autre facette du travail de Thierry : la préparation mentale sportive. Sur son site, il explique qu’il accompagne des coureurs et des footballeurs. Je ne suis pas sportif de haut niveau, mais cette approche m’a parlé immédiatement.
Dans le sport, la gestion du stress, de la pression, de l’adversité est centrale. Un coureur qui a peur de la foule ? Cela n’existe pas dans les clichés, mais en réalité, oui. Un footballeur qui panique quand 30 000 personnes le regardent ? Plus fréquent qu’on ne le croit. Les techniques que Thierry utilise avec ses athlètes – visualisation, ancrage, routine de préparation – sont parfaitement transférables à la vie quotidienne.
J’ai par exemple appris à créer un « ancrage de ressource ». En état d’hypnose, Thierry m’a demandé de me souvenir d’un moment où je m’étais senti particulièrement calme, confiant, en sécurité. Pour moi, c’était une après-midi d’automne, seul sur une plage déserte, le bruit des vagues en fond. Il m’a guidé pour associer cette sensation à un geste simple : presser mon pouce et mon index ensemble. Aujourd’hui, avant d’entrer dans un lieu bondé, je fais ce geste discrètement. En une seconde, je retrouve une partie de ce calme intérieur.
J’ai aussi intégré des routines de préparation. Avant un événement social important, je ne me contente plus d’arriver en stressant. Je prends cinq minutes pour visualiser le déroulé : entrer, respirer, repérer une issue, échanger avec une personne, puis partir si je le souhaite. Cette préparation mentale me donne un cadre, un sentiment de maîtrise. La foule n’est plus un chaos imprévisible, mais un environnement que j’ai choisi d’explorer.
Le parallèle avec le sport m’a aidé à dédramatiser ma peur. Un athlète ne se dit pas « je suis nul parce que j’ai le trac ». Il se dit « j’ai le trac, c’est normal, voici comment je le gère ». J’ai adopté la même logique. La peur des foules n’est plus une pathologie honteuse, c’est un défi à relever, avec des outils concrets.
Aujourd’hui, je peux dire que j’ai vaincu ma peur des foules. Mais le mot « vaincu » n’est peut-être pas le plus juste. Je ne l’ai pas écrasée, je l’ai apprivoisée. Je ne l’ai pas arrachée, je l’ai transformée.
Je peux désormais aller au marché un samedi matin sans préparer un plan d’évacuation. Je peux assister à un concert debout, au milieu de la foule, et même fermer les yeux pour me laisser porter par la musique. Je peux prendre le train aux heures de pointe sans que mon cœur ne s’emballe. Je peux dire oui à un anniversaire surprise sans prétexter une migraine.
Bien sûr, il m’arrive encore de ressentir une pointe d’appréhension. Une gêne légère, comme un vieux réflexe qui resurgit. Mais la différence est que je ne m’identifie plus à cette peur. Elle n’est plus le pilote de mon avion. Elle est juste un passager, parfois un peu bruyant, mais que je peux inviter à se taire.
Ce que l’hypnose m’a apporté, au-delà de la gestion des symptômes, c’est une nouvelle relation à moi-même. J’ai découvert que je pouvais dialoguer avec mes peurs, les comprendre, les remercier, puis les laisser partir. J’ai découvert que je n’étais pas mon anxiété, mais bien plus que ça : une personne capable de calme, de confiance, de présence.
Et vous savez quoi ? Ce chemin n’a pas été un long fleuve tranquille. Il y a eu des rechutes, des jours où je doutais, des moments où la vieille peur cognait à la porte. Mais à chaque fois, j’avais les outils pour l’accueillir sans m’effondrer. Et à chaque fois, elle repartait un peu plus petite.
« Guérir, ce n’est pas ne plus jamais avoir peur. Guérir, c’est que la peur ne décide plus à ta place. » — Thierry Sudan
Si vous vous reconnaissez dans ce témoignage, si la peur des foules empoisonne votre vie sociale, sachez que vous n’êtes pas
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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