3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Apprenez à contrôler les symptômes physiques
Vous êtes au supermarché, un samedi après-midi. Votre caddie est à moitié plein, vous regardez la liste de courses, tout semble normal. Et soudain, sans raison apparente, votre cœur se met à cogner si fort dans votre poitrine que vous entendez les battements dans vos oreilles. La sueur perle sur votre front, votre respiration devient courte, vos jambes se vident. Vous lâchez le caddie, vous avez besoin de sortir, vite. Mais vous êtes à la caisse, les gens vous regardent, et vous vous sentez piégé. Ce scénario, si vous le vivez régulièrement, vous savez à quel point il est épuisant. Vous avez probablement consulté un médecin, fait des examens cardiaques, tout est normal. Pourtant, votre corps continue de vous trahir dans ces moments publics. Alors, que se passe-t-il vraiment ? Et surtout, comment l’hypnose peut-elle remettre le calme là où règne la tempête ?
La première chose que je dis à mes patients qui arrivent avec ce problème, c’est : « Votre cœur n’est pas malade. C’est votre système d’alarme qui dysfonctionne. » Imaginez que vous ayez un détecteur de fumée ultra-sensible. Une simple toast dorée un peu trop longtemps, et la sirène se déclenche, l’eau asperge toute la cuisine. Le détecteur fait son travail, mais il se trompe de cible. Dans votre corps, c’est la même chose. Votre système nerveux autonome, celui qui gère votre respiration, votre rythme cardiaque et votre digestion sans que vous y pensiez, confond une situation banale (faire la queue, être dans une salle de réunion, prendre les transports) avec un danger vital.
Ce système comprend deux branches principales : le système sympathique (l’accélérateur, celui qui prépare à l’action, à la fuite ou au combat) et le parasympathique (le frein, celui qui calme, digère, repose). Chez les personnes sujettes à ces emballements cardiaques en public, l’accélérateur s’enclenche tout seul, sans demande, et le frein ne répond plus. Le corps se met en mode « survie » dans un contexte où il n’y a aucun prédateur. Le problème, c’est que votre esprit rationnel sait que vous êtes en sécurité, mais votre corps, lui, n’a pas reçu le message. Et plus vous essayez de contrôler ce cœur qui s’emballe, plus vous ajoutez de l’essence sur le feu. « Calme-toi, calme-toi » devient une injonction qui alimente l’anxiété. L’hypnose va justement permettre de rétablir la communication entre votre cerveau rationnel et votre corps, pour dire à ce détecteur : « Tout va bien, tu peux arrêter la sirène. »
« Ce n’est pas la peur du lieu qui déclenche la crise, c’est la peur de la crise elle-même. Vous ne craignez pas le supermarché, vous craignez ce que votre corps va faire dans le supermarché. »
Contrairement à ce qu’on pourrait croire, l’hypnose n’est pas un état de sommeil ou de perte de contrôle. C’est un état de conscience modifié, hyper-éveillé, où votre attention se focalise vers l’intérieur. Vous êtes pleinement conscient, mais votre cerveau ralentit ses ondes, passant des ondes bêta (actives, anxieuses) aux ondes alpha ou thêta (relaxées, créatives). Dans cet état, le cortex préfrontal – cette partie de votre cerveau qui rumine, analyse et vous dit « Attention, tu vas avoir une crise » – se met en veille. À la place, les zones plus anciennes, émotionnelles et corporelles deviennent accessibles.
Quand vous êtes en hypnose, je ne vais pas vous dire « Ne pense pas à ton cœur ». Je vais plutôt vous guider vers une expérience sensorielle concrète. Par exemple, je vais vous demander d’imaginer que votre cœur bat dans un espace immense, comme une plage ou un stade vide. Soudain, ces battements que vous perceviez comme violents et oppressants deviennent petits, lointains, presque anodins. Votre cerveau, qui associait « battement fort » à « danger immédiat », réapprend une nouvelle association : « battement fort » peut être simplement « battement fort », sans catastrophe.
Concrètement, l’hypnose va permettre de rééquilibrer votre système nerveux autonome. Des études en neuro-imagerie montrent que l’état hypnotique réduit l’activité de l’amygdale, cette petite structure cérébrale qui déclenche l’alarme. En parallèle, elle augmente l’activité du cortex cingulaire antérieur, une zone qui aide à réguler les émotions et à inhiber les réponses de panique. Vous n’allez pas supprimer la sensation cardiaque, mais vous allez lui enlever son pouvoir de vous terrifier. Vous passez de « Mon cœur s’emballe, je vais mourir » à « Mon cœur bat plus vite, c’est juste une sensation, je peux continuer ma vie ».
Avant de franchir la porte de mon cabinet, il y a des choses que vous pouvez commencer à comprendre et à expérimenter seul. La première, c’est que vous n’êtes pas en danger. Votre cœur peut monter à 160 pulsations par minute pendant une crise de panique, et c’est parfaitement sûr. Un cœur sain supporte des pointes à 200 sans problème. Ce qui fait peur, ce n’est pas la fréquence, c’est l’interprétation que vous en faites. Si vous courez après un bus, vous avez le même rythme cardiaque, mais vous ne paniquez pas. La différence, c’est la signification : « Je cours = battements normaux » vs « Je suis immobile = battements anormaux ».
La deuxième prise de conscience, c’est que votre respiration est une télécommande pour votre cœur. Quand vous avez peur, vous inspirez fort et vous expirez superficiellement, ce qui active encore plus le système sympathique. Mais si vous allongez votre expiration, vous actionnez le frein parasympathique. Essayez maintenant : inspirez doucement sur 4 secondes, bloquez 2 secondes, expirez sur 6 secondes. Recommencez trois fois. Vous sentez votre cage thoracique qui descend, votre rythme qui ralentit ? C’est simple, gratuit, et ça marche immédiatement. Ce n’est pas une solution miracle pour stopper une crise en plein vol, mais c’est un premier pas pour reprendre le contrôle.
La troisième chose, c’est que la lutte aggrave la crise. Plus vous essayez de chasser la sensation, plus elle s’accroche. C’est comme si vous disiez à quelqu’un : « Surtout, ne pense pas à un ours blanc. » À quoi pensez-vous immédiatement ? À l’ours blanc. Accepter la sensation, lui dire mentalement « OK, je te sens, tu es là, tu peux rester un moment », ça enlève la pression. L’hypnose travaille beaucoup sur cette acceptation radicale. On n’essaie pas de faire disparaître le symptôme par la force, on l’accueille, on le regarde, et souvent, il s’évanouit de lui-même.
Quand vous venez me voir pour la première fois, je prends le temps de comprendre votre histoire. Pas seulement les crises, mais votre vie, votre quotidien, ce qui vous fatigue, ce qui vous nourrit. L’hypnose n’est pas une technique qu’on applique comme un pansement, c’est un travail relationnel. Ensuite, je vous explique que vous allez vivre une expérience et que vous gardez le contrôle à tout moment. Vous pouvez ouvrir les yeux, parler, bouger. Rien de mystérieux.
La séance commence souvent par une induction, une façon de guider votre attention vers l’intérieur. Je vais vous demander de fixer un point, d’écouter ma voix, de ressentir le poids de votre corps. Progressivement, votre esprit se détache des pensées parasites. C’est un peu comme quand vous êtes plongé dans un bon film : vous savez que vous êtes sur votre canapé, mais vous êtes ailleurs. Là, c’est pareil, sauf que le « film », c’est votre propre monde intérieur.
Une fois dans cet état, je vais vous proposer des métaphores. Par exemple, je peux vous inviter à imaginer que votre cœur est une grosse caisse claire, un tambour qui résonne dans une pièce vide. Vous avez le droit de baisser le volume, de l’éloigner, de le recouvrir d’un tissu épais. Votre cerveau va littéralement « re-coder » la sensation. Vous allez expérimenter, en toute sécurité, que vous pouvez modifier votre perception de votre propre corps. Certains patients voient leur cœur comme un soleil rouge qui palpite, et ils apprennent à le transformer en une lumière douce et chaude. D’autres ressentent une vague de chaleur qui descend de la tête aux pieds et qui emporte l’anxiété.
« L’hypnose ne vous enlève pas votre cœur qui bat. Elle vous redonne le fauteuil du conducteur. Vous n’êtes plus passager de votre panique, vous êtes aux commandes de votre ressenti. »
L’hypnose seule peut faire des merveilles, mais parfois, les emballements cardiaques en public cachent quelque chose de plus profond. C’est là que j’utilise l’IFS (Internal Family Systems), un modèle qui considère que notre esprit est composé de plusieurs « parties ». Il y a par exemple la partie « contrôleuse » qui vous dit de ne pas sortir de chez vous pour éviter la crise, la partie « critique » qui vous reproche d’être faible, et la partie « panique » qui fait s’emballer votre cœur. Ces parties ne sont pas vos ennemies. Elles ont une intention positive : vous protéger. Le problème, c’est qu’elles utilisent des méthodes radicales.
Avec l’IFS, on va dialoguer avec cette partie qui déclenche la panique. On va lui demander : « Qu’est-ce que tu crains vraiment ? De quoi me protèges-tu ? » Très souvent, la réponse est surprenante. La partie panique peut dire : « Si tu t’effondres en public, les gens vont voir ta vulnérabilité, et tu vas être rejeté. » Ou : « Si tu ne paniques pas, tu vas devoir affronter cette situation sociale que tu redoutes depuis l’enfance. » En comprenant la peur derrière la peur, on peut rassurer cette partie, lui montrer qu’on est adulte maintenant, qu’on peut gérer. Et le symptôme cardiaque, qui était le seul moyen d’expression de cette partie, n’a plus besoin de se manifester.
L’Intelligence Relationnelle vient compléter ce travail en vous aidant à reprendre votre place dans le monde. Car souvent, ces crises naissent d’un sentiment d’être jugé, observé, évalué. On travaille sur votre posture intérieure : comment vous tenir dans l’espace public sans vous faire tout petit, comment respirer avec les autres sans absorber leur stress, comment dire non sans vous sentir coupable. C’est un réapprentissage du lien à l’autre. L’hypnose vous calme, l’IFS vous libère de vos parties protectrices, et l’Intelligence Relationnelle vous permet de vivre ces changements dans la vraie vie.
Je veux être honnête avec vous. L’hypnose n’est pas une baguette magique. Elle ne va pas effacer les crises du jour au lendemain, surtout si elles sont installées depuis des années. Elle ne va pas non plus vous transformer en quelqu’un d’autre. Vous resterez la personne sensible que vous êtes, et c’est une force. Ce qu’elle fait, c’est vous donner des outils concrets, des clés pour que votre corps ne soit plus un territoire ennemi.
Certains patients s’attendent à repartir de la première séance complètement guéris. Ce n’est pas réaliste. En revanche, beaucoup repartent avec une sensation de légèreté, un sentiment d’espoir, et surtout, la preuve qu’ils ont un pouvoir sur leurs sensations. La première crise que vous gérez sans fuir, sans vous cacher, est une victoire immense. Et cette victoire, vous la construisez séance après séance.
L’hypnose ne remplace pas un avis médical. Si vous avez des palpitations, consultez d’abord un cardiologue pour écarter tout problème organique. Une fois que vous avez le feu vert, l’hypnose devient un merveilleux complément pour travailler sur le versant émotionnel et comportemental. Et si vous prenez un traitement anxiolytique, ne l’arrêtez pas brutalement. L’hypnose peut vous aider à réduire les doses, mais cela se fait avec votre médecin.
Vous n’avez pas besoin d’attendre une séance pour commencer. Voici un petit exercice d’auto-hypnose que vous pouvez faire chez vous, dans votre lit, avant de dormir. Allongez-vous, posez une main sur votre ventre, l’autre sur votre cœur. Fermez les yeux. Portez votre attention sur votre respiration, sans la modifier. Sentez votre ventre qui se soulève et qui retombe. Puis, déplacez doucement votre attention sur votre cœur. Ne cherchez pas à le calmer. Observez-le juste, comme si vous écoutiez un instrument au loin. Vous allez peut-être sentir qu’il accélère un peu (c’est normal, l’attention crée de l’excitation). Restez là, 30 secondes, sans jugement. Puis, imaginez que chaque expiration est un petit nuage qui emporte une partie de la tension autour de votre cœur. Expirez lentement, comme si vous souffliez dans une paille.
Si vous faites cela 5 minutes par jour, vous commencez à rééduquer votre système nerveux. Vous lui montrez que vous pouvez être attentif à votre cœur sans paniquer. C’est un premier pas, tout petit, mais il est dans la bonne direction.
Vivre avec ces emballements cardiaques en public, c’est épuisant. C’est une vigilance constante, une épée de Damoclès qui vous empêche de profiter des moments simples. Vous avez le droit de faire vos courses sans stress, d’aller à un dîner sans craindre la crise, de prendre les transports sans planifier une issue de secours. Ces choses-là ne sont pas des luxes, ce sont des besoins fondamentaux de sécurité et de liberté.
L’hypnose, l’IFS et l’Intelligence Relationnelle sont des chemins pour y arriver. Ils ne sont pas rapides, mais ils sont solides. Ils vous redonnent une relation apaisée avec votre corps, et avec vous-même.
Si vous vous reconnaissez dans ces lignes, si vous sentez que c’est le moment de faire quelque chose pour vous, je vous invite à me contacter. On peut échanger par téléphone ou par mail, sans engagement, pour que vous puissiez poser toutes vos questions. Je reçois à Saintes, et je propose aussi des séances en visio pour ceux qui sont loin ou qui préfèrent la discrétion de leur domicile.
Vous n’êtes pas seul avec cette peur. Et il est possible d’en sortir. À vous de faire le premier pas.
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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