3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
L'hypnose les transforme en ressources.
Vous entrez dans mon cabinet, vous vous asseyez, et avant même que je pose une question, vous lâchez cette phrase que j’entends presque chaque jour : « Je ne comprends pas, j’essaie pourtant d’être gentil(le), mais ça ne marche jamais avec les autres. »
Souvent, vous avez raison sur un point : vous êtes de bonne volonté. Mais quelque chose coince, se répète, comme un disque rayé. Un collègue qui vous prend la tête, un conjoint qui semble vous fuir, une amitié qui s’étiole sans raison claire. Vous finissez par vous dire : « Le problème, c’est les autres. »
Pourtant, si le même schéma se reproduit avec différentes personnes, à différents moments de votre vie, il y a de fortes chances que le dénominateur commun soit ailleurs. Et ce n’est pas une question de méchanceté ou de mauvaise volonté. C’est une question de croyances.
Ces croyances, je les appelle les croyances limitantes relationnelles. Ce sont des phrases que vous répétez dans votre tête depuis l’enfance, des conclusions que vous avez tirées un jour, et qui aujourd’hui pilotent vos réactions en pilotage automatique. L’hypnose ericksonienne, combinée à l’IFS (Internal Family Systems) – cette approche qui consiste à dialoguer avec les parties de vous qui souffrent – permet de ne pas les combattre, mais de les accueillir pour les transformer.
Je vais vous prendre par la main à travers les cinq croyances les plus fréquentes que je rencontre. Et je vais vous montrer comment, au lieu de les arracher comme des mauvaises herbes, on peut les retourner en ressources puissantes.
C’est probablement la plus répandue. Elle se manifeste par une hypervigilance constante. Vous passez votre temps à « lire » l’autre pour ajuster votre comportement. Vous dites « oui » quand vous pensez « non ». Vous vous excusez d’exister. Vous portez un masque si bien ajusté que vous avez oublié votre visage en dessous.
Je reçois souvent des cadres ou des chefs d’entreprise qui brillent en public mais se sentent vides en privé. Un jour, un client m’a dit : « Thierry, je suis comme un acteur. Je joue le rôle du mec bien, mais si on voyait mes doutes, ma colère, mon besoin d’être seul, tout le monde partirait. »
D’où vient cette croyance ? Elle naît souvent d’une expérience précoce de rejet. Un parent qui vous a fait sentir que vous était « trop » (trop sensible, trop bruyant, trop lent). Ou une trahison amicale dans l’enfance. Votre psychisme a conclu : « Pour être aimé, je dois cacher cette partie de moi. » Cette partie, en IFS, on l’appelle un exilé – une part vulnérable que vous avez mise au placard.
Pourquoi ça sabote vos relations ? Parce qu’une relation construite sur un masque est une relation en carton-pâte. L’autre sent confusément que vous n’êtes pas authentique. Et surtout, vous finissez par vous épuiser à maintenir la façade. Vous attirez des personnes qui aiment votre masque, pas vous. Forcément, ça ne tient pas.
Comment l’hypnose transforme cette croyance en ressource ? L’hypnose ne va pas vous forcer à « balancer votre vérité » demain matin. Ce serait violent. L’idée, c’est d’abord de rencontrer cette peur du rejet.
En séance, je vous guide vers un état de conscience modifié – détendu, alerte, comme juste avant de vous endormir. On va chercher la partie de vous qui croit qu’être authentique est dangereux. On va la remercier. Elle a fait son boulot : elle vous a protégé du rejet pendant des années.
Puis, on installe une nouvelle expérience. Je vous propose de visualiser un petit moment où vous montrez une facette de vous que vous cachez habituellement – disons, votre fatigue ou votre agacement – et de voir que la personne en face ne se transforme pas en monstre. Son visage reste humain. L’hypnose permet au cerveau de répéter mentalement cette scène jusqu’à ce qu’elle devienne familière.
La ressource que vous récupérez, c’est la liberté intérieure. Vous n’avez plus à porter le poids de la performance. Vous pouvez choisir, en conscience, de révéler une part de vous, sans être prisonnier de la peur. C’est un gain d’énergie colossal.
Le masque le plus lourd à porter n’est pas celui qu’on met pour les autres, mais celui qu’on oublie d’enlever quand on est seul.
Vous avez appris à ne pas compter sur les autres. Vous êtes autonome, indépendant, « je n’ai besoin de personne ». Vous entretenez des relations à distance, vous fuyez l’engagement, ou vous coupez les ponts au premier signe de faiblesse chez l’autre. Vous préférez partir avant d’être quitté.
Un sportif de haut niveau que j’accompagne m’a confié un jour : « Dans le foot, je fais confiance à mes coéquipiers sur le terrain, mais en dehors, je leur en donne le moins possible. Comme ça, s’ils me trahissent, ça ne me touche pas. »
D’où vient cette croyance ? Elle est souvent liée à une expérience de perte ou de trahison non digérée. Un parent qui n’était pas fiable. Un divorce parental douloureux. Une amitié d’enfance brisée par un mensonge. Pour ne pas revivre cette souffrance, votre système a décidé : « Pas d’attachement = pas de douleur. »
Pourquoi ça sabote vos relations ? Cette stratégie est efficace à court terme, mais elle vous isole. Vous construisez des murs, pas des ponts. Vous avez l’impression d’être libre, mais en réalité, vous êtes seul(e) dans votre bunker. Les relations qui pourraient être nourrissantes restent superficielles. Vous ne laissez personne vous toucher vraiment.
Comment l’hypnose transforme cette croyance en ressource ? On ne va pas vous forcer à « faire confiance à tout le monde ». Ce serait naïf. L’hypnose va travailler sur la sécurité intérieure.
En état d’hypnose, on va créer un espace sûr dans votre corps – un endroit où vous pouvez vous retirer mentalement à tout moment, même en plein conflit. On va ensuite rencontrer la partie de vous qui a été blessée, celle qui a décidé de ne plus s’attacher. On va lui dire : « Je comprends. Tu as eu raison de me protéger. Maintenant, regarde : tu es adulte, tu as des ressources. Tu peux choisir à qui tu t’ouvres, et jusqu’où. »
La ressource, c’est la discernement relationnel. Au lieu de vous fermer à tous par peur, vous pouvez évaluer, en conscience, qui est digne de confiance et à quel degré. Vous passez d’une position de repli à une position de choix. Vous pouvez vous attacher un peu, beaucoup, passionnément, ou pas du tout – et c’est vous qui décidez, pas votre peur.
Celle-ci est un poison lent. Vous êtes exigeant(e) avec vous-même, mais aussi avec les autres. Vous avez du mal à déléguer, vous êtes souvent déçu(e), vous ruminez vos erreurs. Vous pensez que si vous faites tout bien, les autres vous respecteront et vous aimeront. Mais plus vous en faites, plus on en attend. Et vous finissez épuisé(e).
Je pense à une cheffe d’entreprise que j’ai accompagnée. Elle organisait des dîners parfaits, gérait son équipe à la micro-gestion, et ne supportait pas qu’on lui fasse une remarque. Elle me disait : « Si je lâche une seule chose, tout s’effondre. » Résultat : son mari se plaignait qu’elle n’était jamais présente, et ses employés la trouvaient étouffante.
D’où vient cette croyance ? Souvent, un parent aimant mais exigeant, ou un système scolaire qui valorisait la performance. Vous avez appris que votre valeur dépend de ce que vous faites, pas de ce que vous êtes. Une partie de vous croit dur comme fer que la perfection est la seule garantie d’amour.
Pourquoi ça sabote vos relations ? Parce que la perfection est impossible. Vous courez après un fantôme. Et vous projetez cette exigence sur les autres : personne n’est jamais à la hauteur. Vous attirez soit des personnes qui profitent de votre abnégation, soit des personnes qui se sentent écrasées par votre perfectionnisme. Dans les deux cas, la relation est déséquilibrée.
Comment l’hypnose transforme cette croyance en ressource ? On va utiliser l’hypnose pour réhabiliter l’imperfection. C’est contre-intuitif, mais c’est puissant.
En séance, je vous propose d’aller dans un souvenir précis où vous avez fait une erreur. Au lieu de la revivre avec honte, on va l’observer avec une nouvelle lentille : celle de l’apprentissage. On va demander à la partie perfectionniste : « Qu’est-ce que tu crains qu’il arrive si je fais une erreur ? » Souvent, la réponse est : « Que les gens se moquent, que je sois rejeté(e). »
On va alors tester cette hypothèse en hypnose. Je vous guide pour visualiser une situation où vous montrez une imperfection – un plat raté, un mot de travers – et on observe la réaction des autres. Très souvent, ils ne remarquent rien, ou ils s’en fichent, ou même ils se rapprochent parce que vous devenez humain.
La ressource, c’est la légèreté relationnelle. Vous pouvez lâcher la pression. Vous pouvez être imparfait et aimé. Vous pouvez offrir à l’autre le droit à l’erreur aussi. Les relations deviennent des espaces de jeu, pas des examens de passage.
Vous êtes un « oui » ambulant. Vous acceptez des tâches que vous n’avez pas envie de faire. Vous vous pliez aux désirs des autres pour éviter les conflits. Vous sacrifiez vos besoins pour maintenir la paix. Et au fond, vous en voulez à tout le monde.
Un client, cadre commercial, me racontait : « Mon chef me donne des dossiers impossibles, et je dis oui. Ma femme me demande de rentrer tôt, et je dis oui. Mes potes veulent sortir, et je dis oui. Je n’en peux plus. Mais si je dis non, je vais passer pour un égoïste. »
D’où vient cette croyance ? Elle est souvent liée à une éducation où dire non était puni. Où l’amour était conditionnel : « Si tu es sage, je t’aime. » Vous avez appris que votre valeur dépend de votre capacité à satisfaire l’autre. Dire non, c’est risquer de perdre l’attachement.
Pourquoi ça sabote vos relations ? Parce qu’un « oui » forcé est un « non » différé. Vous accumulez de la frustration, et un jour vous explosez pour une broutille, ou vous vous éloignez silencieusement. Vous devenez une personne agréable mais absente. Les autres sentent votre ressentiment, même si vous le cachez. Et ils finissent par ne plus savoir qui vous êtes vraiment.
Comment l’hypnose transforme cette croyance en ressource ? On va travailler sur l’affirmation de soi comme un acte d’amour, pas d’égoïsme.
L’hypnose permet de revisiter des scènes où vous avez dit oui sous pression. On va, en état modifié, réécrire la scène : vous dites non calmement, et vous observez la réaction. Le cerveau ne fait pas la différence entre une expérience réelle et une expérience imaginaire bien construite. À force de répéter mentalement le « non » serein, votre système nerveux s’habitue.
On va aussi rencontrer la partie de vous qui a peur de perdre l’autre. On va lui montrer que dire non peut renforcer la relation. Un « non » clair est plus respectueux qu’un « oui » forcé. Les personnes qui vous aiment vraiment préfèrent votre honnêteté à votre sacrifice.
La ressource, c’est l’intégrité relationnelle. Vous pouvez dire oui parce que vous le voulez, et non parce que vous devez. Vous devenez plus fiable, plus présent, et vos relations gagnent en profondeur.
Celle-ci est la plus sournoise. Elle ne se dit pas à voix haute, mais elle s’incarne dans vos choix. Vous choisissez des partenaires distants, des amis qui vous manquent de respect, des situations où vous êtes le/la sauveur/se. Vous sabotez les relations qui pourraient bien se passer. Vous trouvez toujours une raison de ne pas y croire.
Une patiente, brillante, belle, drôle, me disait en pleurant : « Je rencontre des hommes formidables, mais dès que ça devient sérieux, je trouve une excuse pour rompre. Je me dis qu’ils vont finir par découvrir que je ne suis pas à la hauteur. »
D’où vient cette croyance ? Elle plonge ses racines dans une blessure d’estime de soi. Peut-être un message parental répété : « Tu n’es pas assez bien. » Ou une expérience de rejet où vous avez conclu que vous étiez le problème. En IFS, on appelle ça un fardeau – une charge émotionnelle que vous portez depuis l’enfance.
Pourquoi ça sabote vos relations ? Parce que vous attirez ce que vous croyez mériter. Si vous pensez au fond que vous ne méritez pas l’amour, vous allez inconsciemment repousser les personnes saines et vous accrocher à celles qui confirment votre croyance. Vous créez une prophétie auto-réalisatrice.
Comment l’hypnose transforme cette croyance en ressource ? C’est le travail le plus profond. L’hypnose va permettre de décharger ce fardeau.
En état d’hypnose, on va remonter à la source – l’événement ou la période où vous avez conclu que vous ne méritiez pas. On va observer cette scène avec la conscience de l’adulte que vous êtes aujourd’hui. Vous allez pouvoir dire à l’enfant ou l’adolescent(e) que vous étiez : « Ce n’est pas toi le problème. Ce qu’on t’a dit ou fait n’est pas sur toi. »
On va ensuite installer une nouvelle croyance. Pas en se forçant à penser « je mérite tout », mais en créant une expérience corporelle d’acceptation. Je vous guide pour ressentir dans votre corps ce que ça fait d’être aimé(e) sans condition. On ancre cette sensation – une chaleur dans la poitrine, une détente dans les épaules. Et on répète.
La ressource, c’est la dignité intérieure. Vous n’avez plus à prouver votre valeur. Vous êtes digne d’amour simplement parce que vous existez. Vos relations peuvent alors se construire sur un terrain solide : celui de l’estime de soi.
Vous l’avez peut-être remarqué : ces croyances ne sont pas des erreurs de logique qu’on peut corriger avec une bonne discussion. Elles sont ancrées dans le corps, dans le système nerveux, dans des parties de vous qui ont été blessées. Les combattre à coup de « pensées positives » ou de volonté, c’est comme essayer d’éteindre un feu avec de l’essence.
L’hypnose ericksonienne permet d’accéder à l’inconscient – cette partie de vous qui gère 95% de vos comportements – sans résistance. Parce qu’on ne force pas, on suggère, on invite. On utilise vos propres métaphores, vos propres images. C’est un travail sur mesure.
L’IFS, lui, apporte une cartographie précise : on identifie les parties qui portent ces croyances (les gestionnaires qui vous poussent à la perfection ou au repli), les parties qui les protègent (les pompiers qui vous font fuir ou exploser), et les parties exilées
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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