3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Des outils concrets pour poser vos limites en douceur.
« Je n’ai pas dit non, j’ai juste… laissé passer. »
Voilà ce que m’a confié Anaïs, 34 ans, responsable marketing dans une PME de la région. Elle est venue me voir après une énième réunion où son collègue lui a « piqué » son idée de campagne, et où elle a hoché la tête en silence. Le soir, elle n’a pas dormi, ruminant ce qu’elle aurait dû dire. Pas de cris, pas d’insultes. Juste un « stop » clair, posé, respectueux. Mais elle n’avait pas su le formuler.
Anaïs n’est pas seule. Chaque semaine, je reçois des cadres, des managers, des commerciaux, des indépendants. Ils viennent avec la même plainte, habillée de mots différents : « Je n’arrive pas à dire non sans me sentir coupable », « Je m’énerve trop vite, puis je regrette », « On profite de moi, mais je ne sais pas comment réagir autrement ». La ligne rouge entre s’effacer et exploser est fine, et beaucoup la franchissent dans les deux sens, sans jamais trouver l’équilibre.
L’assertivité, ce n’est ni être un paillasson ni un bulldozer. C’est exprimer clairement ce que vous ressentez, ce dont vous avez besoin, ce que vous acceptez ou refusez — sans écraser l’autre et sans vous écraser vous-même. Et l’hypnose, couplée à des outils comme l’IFS (Internal Family Systems) ou l’intelligence relationnelle, offre des leviers concrets pour y arriver.
Cet article n’est pas une théorie de plus. C’est un guide pratique. Trois techniques d’hypnose que vous pouvez expérimenter dès aujourd’hui pour vous affirmer au bureau, sans agressivité. Commençons par comprendre pourquoi c’est si dur.
Avant de parler de techniques, regardons ce qui se passe en vous quand vous devez dire non, poser une limite ou défendre votre point de vue.
Imaginez : votre responsable vous demande en urgence un dossier pour 18h. Vous avez déjà trois tâches à finir, et votre planning est blindé. Qu’est-ce qui monte en premier ? Souvent, ce n’est pas une pensée claire. C’est une sensation physique : une tension dans la poitrine, une boule dans la gorge, une chaleur dans le ventre. Puis vient une voix intérieure. Parfois elle dit : « Si tu refuses, tu vas passer pour un tire-au-flanc. » Parfois : « Tu n’as pas le droit de décevoir. » Parfois : « Si tu dis non, il va se fâcher, et tu ne supporteras pas son regard. »
Ces voix ne sortent pas de nulle part. En IFS, on appelle ça des parties — des sous-personnalités qui se sont formées pour vous protéger, souvent depuis l’enfance. Il y a peut-être en vous une partie qui s’est construite pour être « la gentille », celle qui évite les conflits à tout prix. Ou une partie « parfaite », qui croit que sa valeur dépend de sa productivité. Ou une partie « sauveuse », qui prend tout sur elle pour ne pas laisser les autres dans la difficulté.
Ces parties ne sont pas vos ennemies. Elles ont fait leur job. Mais au bureau, elles vous piègent : elles vous empêchent de voir que votre besoin est légitime, que l’autre peut entendre un non, et que vous pouvez survivre à un moment de désaccord.
Le problème, c’est que quand ces parties prennent le contrôle, vous réagissez de façon automatique. Soit vous vous effacez (soumission), soit vous contre-attaquez (agression). L’assertivité, elle, demande une troisième voie : celle de l’adulte qui observe, choisit, et parle avec calme.
L’hypnose permet de contourner ces automatismes. Elle ne les efface pas, mais elle vous donne une fenêtre pour agir autrement. Voici trois techniques que j’utilise régulièrement avec mes patients.
La première technique est simple, rapide, et particulièrement utile dans les moments chauds — une réunion tendue, une remarque injuste, une demande déplacée.
Quand vous êtes sur le point de vous effacer ou de vous énerver, votre système nerveux bascule en mode survie. C’est physiologique : votre amygdale cérébrale prend le dessus sur votre cortex préfrontal, celui qui réfléchit. Vous n’êtes plus en état de choisir vos mots. Vous êtes en réaction.
L’ancrage est une technique d’hypnose ericksonienne qui consiste à associer un geste, une sensation ou un mot à un état de calme et de confiance. Une fois cet ancrage installé, vous pouvez le déclencher en quelques secondes pour revenir dans une zone de ressources.
Comment faire concrètement ?
Choisissez un souvenir de confiance. Prenez un moment où vous vous êtes senti compétent, solide, respecté. Peut-être une présentation réussie, un compliment sincère, une situation où vous avez dit non et ça s’est bien passé. Revivez-le en détail : les images, les sons, les sensations dans le corps.
Créez l’ancre. Quand la sensation est forte, posez doucement votre pouce et votre index ensemble, ou serrez votre poing gauche, ou touchez votre poignet. Faites ce geste précis tout en restant dans la sensation positive. Répétez plusieurs fois. Le cerveau associe le geste à l’état.
Testez et renforcez. Sortez du souvenir, puis refaites le geste. Si la sensation revient (même atténuée), l’ancre fonctionne. Entraînez-vous 2-3 minutes par jour.
Utilisez en situation réelle. Avant une réunion stressante, ou au moment où vous sentez la tension monter, déclenchez l’ancre discrètement. Vous sentirez une vague de calme. Cela ne fera pas disparaître le problème, mais vous pourrez parler depuis un état plus centré.
« L’assertivité ne vient pas d’un manque de peur, mais d’une capacité à agir malgré elle. L’ancrage ne vous rend pas invulnérable, il vous rend disponible à vos ressources. »
Je me souviens de Marc, commercial dans une grande enseigne. Il venait de se faire recadrer vivement par son N+1 devant toute l’équipe. D’habitude, il aurait encaissé en silence, puis explosé en rentrant chez lui. Avec l’ancrage, il a pu prendre trois secondes, toucher son poignet, et répondre : « Je comprends votre point de vue. Je vais reprendre les chiffres et on en reparle après la réunion, si vous voulez. » Pas de soumission, pas d’agressivité. Une réponse professionnelle.
Ce que ça fait et ne fait pas : L’ancrage ne règle pas le fond du déséquilibre relationnel. Mais il vous redonne une marge de manœuvre immédiate. C’est le premier pas pour ne plus être prisonnier de vos réactions automatiques.
Parfois, vous savez ce que vous devriez dire, mais une force invisible vous en empêche. Vous avez les mots en tête, mais ils ne sortent pas. Ou alors ils sortent trop fort, trop secs, et vous regrettez.
C’est là que l’IFS (Internal Family Systems) est précieux. Cette approche considère que notre psyché est composée de multiples « parties », chacune avec ses croyances et ses émotions. Quand vous n’arrivez pas à vous affirmer, ce n’est pas « vous » qui êtes faible. C’est une partie de vous qui prend le contrôle pour vous protéger d’une menace qu’elle perçoit — même si cette menace est imaginaire ou dépassée.
L’hypnose permet d’entrer en contact avec cette partie, non pas pour la combattre, mais pour la comprendre et la rassurer.
Exercice pratique (à faire seul, ou avec un thérapeute) :
Installez-vous confortablement. Fermez les yeux. Respirez profondément trois fois. Imaginez une situation professionnelle où vous n’arrivez pas à vous affirmer. Par exemple, votre collègue vous interrompt encore une fois en réunion.
Accueillez la sensation. Où est-ce que ça se passe dans votre corps ? Poitrine serrée ? Ventre noué ? Mâchoire crispée ? Restez avec cette sensation sans vouloir la changer.
Donnez-lui une forme ou une voix. Si cette sensation pouvait parler, que dirait-elle ? Souvent, elle dit des choses comme : « Si tu parles, tu vas tout gâcher », « Il faut que tout le monde t’aime », « Tu n’as pas le droit de te défendre ». Écoutez-la sans jugement.
Demandez-lui ce qu’elle veut pour vous. Cette partie n’est pas méchante. Elle veut vous protéger. Demandez-lui : « Qu’est-ce que tu crains qu’il se passe si je m’affirme ? » Peut-être répondra-t-elle : « Tu vas te faire rejeter », « On va te trouver agressif », « Tu vas perdre ton job ». Remerciez-la d’avoir veillé sur vous.
Négociez un nouveau rôle. Dites-lui : « Je te remercie de me protéger. Mais aujourd’hui, je suis adulte. Je peux gérer cette situation. Acceptes-tu de prendre un peu de recul et de me laisser essayer ? » Parfois, la partie accepte. Parfois, elle demande des conditions : « D’accord, mais seulement si tu me promets de ne pas t’énerver. » Acceptez ces conditions.
Je travaille régulièrement avec cette technique. Une patiente, Sophie, responsable d’équipe, avait une partie qui la poussait à tout vérifier trois fois, de peur qu’on la juge incompétente. En réunion, elle n’osait pas contredire son directeur. En dialoguant avec cette partie sous hypnose, elle a découvert qu’elle protégeait une petite fille qui avait été humiliée par un professeur à 10 ans. En rassurant cette partie, Sophie a pu, progressivement, prendre la parole avec plus d’aisance. Pas de transformation magique, mais un chemin.
Ce que ça fait et ne fait pas : Cette technique ne vous transforme pas en lion du jour au lendemain. Mais elle vous permet de comprendre pourquoi vous réagissez comme vous réagissez. Et cette compréhension, à elle seule, desserre l’étau. Vous n’êtes plus identifié à votre peur. Vous êtes celui qui l’observe.
La troisième technique est une forme de répétition mentale, mais en hypnose, on ne se contente pas de « visualiser une réussite ». On va plonger dans la scène, la modifier, et y associer des ressources corporelles et émotionnelles.
L’idée est simple : votre cerveau ne fait pas bien la différence entre une situation vécue et une situation imaginée de façon intense. Si vous répétez mentalement une réponse assertive, dans un état hypnotique, vous créez des circuits neuraux qui seront disponibles en situation réelle.
Comment faire :
Choisissez une situation précise. Pas « m’affirmer en général », mais « dire à mon collègue que je ne peux pas reprendre son dossier ce soir ». La précision est clé.
Entrez en état d’hypnose légère. Asseyez-vous, fermez les yeux, portez votre attention sur votre respiration. Imaginez que votre souffle descend dans votre ventre, puis remonte. Après quelques minutes, vous êtes plus détendu, plus réceptif.
Jouez la scène en deux versions. D’abord, laissez défiler la version « problème » : celle où vous vous effacez ou vous énervez. Observez-la comme un film. Puis, dites « stop » mentalement.
Créez la version « ressource ». Imaginez la même situation, mais cette fois, vous êtes calme, vous parlez posément. Visualisez votre posture : épaules ouvertes, regard franc, voix stable. Entendez vos mots : « Je comprends que ce soit urgent, mais je ne peux pas m’en occuper aujourd’hui. On peut regarder mon planning demain matin ? » Ressentez la sensation de légèreté après avoir dit cela.
Ancrez la réussite. Quand la sensation est forte, faites le même geste d’ancrage que dans la première technique. Répétez la scène plusieurs fois, en variant légèrement les réponses de l’autre. Parfois l’autre accepte, parfois il insiste. Vous vous entraînez à répondre calmement dans tous les cas.
« Ce que vous répétez mentalement, vous le rendez possible physiquement. La préparation hypnotique ne garantit pas le succès, mais elle multiplie vos chances de choisir votre réponse plutôt que de la subir. »
Un patient, David, préparateur mental pour des sportifs (et aussi consultant en entreprise), utilisait cette technique avant des entretiens annuels où il devait négocier son salaire. Il répétait mentalement des phrases comme : « Je suis satisfait de mon travail. Voici les résultats. Je souhaite discuter d’une augmentation. » La première fois, il a bafouillé un peu. La troisième fois, il a obtenu ce qu'il voulait. Pas de bagarre, pas de stress. Juste une conversation.
Ce que ça fait et ne fait pas : Cette technique ne remplace pas la compétence relationnelle réelle. Elle ne vous apprend pas à gérer un conflit complexe ou une manipulation. Mais elle vous prépare à agir dans des situations courantes où l’assertivité est bloquée par la peur ou l’habitude.
Les techniques seules ne suffisent pas. Il faut les pratiquer, comme on s’entraîne pour un sport ou un instrument. Voici comment les articuler dans votre semaine.
Les 7 prochains jours, je vous propose ce plan simple :
Ne visez pas la perfection. L’assertivité s’apprend par petites touches. Un non posé à un collègue, une demande clarifiée à votre manager, une limite posée à un client. Chaque micro-victoire renforce votre confiance et affaiblit l’emprise de vos parties protectrices.
Et si ça ne marche pas ? Parfois, les blocages sont plus profonds. Une peur ancienne, un trauma relationnel, un environnement toxique. Dans ce cas, ces techniques peuvent être utiles, mais un accompagnement individuel avec un praticien formé (hypnose, IFS, intelligence relationnelle) peut faire la différence. Ce n’est pas un échec, c’est une reconnaissance que certains nœuds ont besoin de plus de temps et de présence pour se dénouer.
S’affirmer sans agressivité, ce n’est pas devenir quelqu’un d’autre. Ce n’est pas non plus appliquer une formule magique qui fonctionne à tous les coups. C’est un apprentissage progressif, parfois inconfortable, souvent libérateur.
Les trois techniques que je viens de partager — l’ancrage, le dialogue intérieur avec vos parties, la répétition mentale — sont des outils que j’utilise quotidiennement avec les personnes que j’accompagne. Elles ne promettent pas une transformation en 24 heures, mais elles ouvrent une porte.
Vous n’êtes pas obligé de rester coincé dans le silence ou la colère. Vous avez le droit de dire non, de demander, de négocier, de poser vos limites. Et vous pouvez le faire avec douceur, pour vous et pour l’autre.
Si cet article résonne avec ce que vous vivez, si vous sentez que vous avez besoin d’un cadre pour explorer ces blocages plus en profondeur, je vous invite à me contacter. Je reçois à Saintes, et je propose aussi des sé
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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