3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Le rôle clé de la relaxation profonde.
Tu passes des soirées entières à analyser ce qui ne va pas. Tu repasses les conversations dans ta tête. Tu cherches le bon argument, la phrase qui fera enfin comprendre à l’autre ce que tu ressens. Et pendant ce temps-là, ton corps est tendu, tes épaules remontées, ta mâchoire serrée. Tu es en état d’alerte permanent.
Je reçois régulièrement des personnes qui viennent me voir pour des difficultés relationnelles. Elles me disent : « On a tout essayé. On a communiqué, on a lu des livres, on a fait des compromis. Mais ça bloque toujours au même endroit. » Ce qu’elles ne voient pas encore, c’est que le problème n’est pas toujours dans ce qui se dit. Il est souvent dans ce qui se vit physiologiquement pendant l’échange.
Ton système nerveux n’est pas fait pour rester en mode discussion quand il perçoit un danger. Et pour lui, un regard froid, un silence pesant ou un ton qui monte, c’est un danger. Il réagit en survie. Et en survie, on ne construit pas une relation épanouie. On tente juste de ne pas souffrir.
C’est là que l’hypnose ericksonienne entre en jeu. Pas comme une baguette magique qui effacerait les conflits. Mais comme un outil concret pour calmer ce système nerveux qui s’emballe, pour retrouver une capacité d’écoute et de présence à l’autre. Et ça change tout.
Tu es assis à table. Le ton monte sur un sujet qui revient souvent. Et soudain, tu sens cette chaleur dans la poitrine, cette accélération du rythme cardiaque. Tu ne choisis pas cette réaction. Elle t’envahit.
Ce mécanisme s’appelle l’activation du système nerveux sympathique. C’est une réponse archaïque, héritée de nos ancêtres qui devaient fuir les prédateurs. Le problème, c’est qu’aujourd’hui, ton cerveau ne fait pas la différence entre un tigre à dents de sabre et le ton sec de ton partenaire quand il te dit « On en reparle plus tard ».
L’amygdale, cette petite structure dans ton cerveau qui détecte les menaces, scanne en permanence ton environnement relationnel. Elle est hypersensible. Dès qu’elle capte un signe de rejet, de critique ou d’abandon potentiel, elle déclenche une cascade hormonale : cortisol, adrénaline. Ton corps se prépare au combat ou à la fuite.
Quand tu es dans cet état, tu perds l’accès à ton cortex préfrontal. C’est la partie de ton cerveau qui te permet de réfléchir, de prendre du recul, de faire preuve d’empathie. Tu deviens incapable d’entendre vraiment ce que l’autre dit. Tu ne peux que réagir. Tu répètes les mêmes schémas. Tu t’énerves, tu te tais, tu quittes la pièce, tu pleures. Rien de tout ça n’est un choix. C’est une réponse automatique de survie.
« Le problème dans les conflits de couple, ce n’est pas ce que l’autre dit. C’est l’état dans lequel tu es quand tu l’écoutes. Un système nerveux en alerte n’entend pas les mots, il ne perçoit que des menaces. »
Je travaille avec un homme, appelons-le Paul. Il venait pour une anxiété générale, mais très vite, les difficultés avec sa femme sont apparues. Il me racontait que dès qu’elle commençait une phrase par « Il faudrait qu’on parle… », il sentait son estomac se nouer, ses mains devenir moites. Il n’écoutait plus. Il préparait mentalement sa défense. Il était déjà en guerre avant même que le sujet ne soit posé.
Son système nerveux avait appris, au fil des expériences, qu’une « discussion » était synonyme de douleur. Il ne s’agissait pas pour lui de mauvaise volonté. Il s’agissait d’un conditionnement physiologique.
L’hypnose ericksonienne, celle que je pratique, n’est pas un spectacle. C’est un état modifié de conscience, parfaitement naturel, que tu expérimentes déjà plusieurs fois par jour sans le savoir. Quand tu es absorbé par un film, quand tu conduis sur une route familière sans te souvenir du trajet, quand tu es dans la rêverie sous la douche. Tu es en hypnose légère.
Cet état a une particularité : il abaisse le seuil de vigilance de ton cortex préfrontal et permet un accès direct à ton système nerveux autonome. En séance, on ne va pas discuter de ce qui ne va pas. On va créer les conditions pour que ton corps apprenne à se détendre profondément, à un niveau qu’il n’atteint pas volontairement.
Concrètement, je vais t’accompagner avec des suggestions indirectes, des métaphores, des histoires qui parlent à ton inconscient. Pas besoin de « lutter » pour te détendre. Au contraire, plus tu lâches prise, plus le changement s’installe.
Prenons l’exemple de Claire. Elle venait parce qu’elle se sentait constamment sur la défensive avec son conjoint. Dès qu’il faisait une remarque, même constructive, elle montait dans les tours. En séance, je ne lui ai pas dit « Il faut que tu apprennes à l’écouter ». Je l’ai accompagnée dans un état de relaxation profonde. Je lui ai suggéré de visualiser un lieu où elle se sentait en sécurité, puis d’imaginer que ce sentiment de sécurité pouvait l’accompagner dans une conversation difficile.
Après quelques séances, elle m’a raconté une scène. Son conjoint avait fait une critique sur sa manière de ranger la cuisine. Avant, elle aurait explosé. Cette fois, elle a senti la tension monter, mais elle a eu cette petite fenêtre. Un espace entre le stimulus et sa réponse. Elle a inspiré profondément, et elle a simplement dit : « Je comprends que ça t’embête. On peut trouver une solution. »
Elle n’avait pas « appris » une technique. Son système nerveux avait intégré une nouvelle possibilité. La détente était devenue une option accessible, même en situation de stress.
Tu ne peux pas être détendu et en alerte en même temps. C’est physiologiquement impossible. Les deux états sont antagonistes. Le système nerveux parasympathique (repos et digestion) et le système sympathique (combat ou fuite) ne peuvent pas dominer simultanément.
Quand tu pratiques l’hypnose régulièrement, tu entraînes ton système nerveux à basculer plus facilement vers le mode parasympathique. C’est un peu comme un muscle. Plus tu l’actives, plus il devient fort et réactif.
Cette capacité à te détendre profondément a un effet direct sur ta relation. Quand tu te sens en sécurité dans ton corps, tu n’as plus besoin de te protéger constamment. Tu peux accueillir ce que l’autre dit sans le vivre immédiatement comme une attaque. Tu peux faire la différence entre une critique sur ton comportement et une remise en cause de ta personne.
Je pense à un couple que j’ai accompagné. Lui, plutôt renfermé, explosait par moments. Elle, plutôt anxieuse, avait besoin de parler immédiatement de tout. Leur danse était dysfonctionnelle : elle poursuivait, il fuyait. En travaillant d’abord individuellement avec lui sur l’hypnose, on a commencé par installer une capacité à se détendre en quelques minutes. Il a appris à reconnaître les signes précoces de sa montée de tension. Et surtout, il a appris à faire une pause.
Cette pause, c’est la clé. Ce n’est pas une fuite. C’est une régulation. Il disait à sa femme : « Je sens que je monte. J’ai besoin de cinq minutes. Je reviens. » Au début, elle vivait ça comme un rejet. Puis elle a compris que ces cinq minutes lui permettaient de revenir réellement présent, et non pas en mode survie.
La relaxation profonde ne supprime pas les désaccords. Elle te donne la capacité d’y faire face sans te détruire ni détruire l’autre.
L’hypnose seule est puissante. Mais combinée à d’autres approches, elle devient une boîte à outils complète. Je pense notamment à l’IFS (Internal Family Systems) et à l’Intelligence Relationnelle.
L’IFS, c’est l’idée que nous sommes tous constitués de différentes « parties » en nous. Il y a la partie qui veut fuir, la partie qui veut contrôler, la partie qui se sent abandonnée, la partie qui juge. Ces parties ne sont pas des problèmes. Ce sont des stratégies de protection que ton système nerveux a mises en place pour te garder en sécurité.
Quand tu es en conflit avec ton partenaire, ce ne sont pas « toi » qui réagis. C’est une partie de toi qui prend le contrôle. Par exemple, une partie « critique » qui attaque pour ne pas se sentir vulnérable. Ou une partie « soumise » qui se tait pour éviter le conflit.
L’hypnose permet d’accéder à ces parties dans un état de sécurité. Tu peux entrer en dialogue avec elles, comprendre ce qu’elles craignent, les rassurer. Et surtout, tu peux te reconnecter à ce que l’IFS appelle le « Self » : cette partie de toi calme, curieuse, connectée, confiante. C’est depuis cet espace que tu peux vraiment rencontrer l’autre.
J’ai travaillé avec une femme qui avait une partie très dure avec elle-même. Cette partie lui disait : « Si tu n’es pas parfaite, il va te quitter. » Dans la relation, elle était hypervigilante, scrutant le moindre changement d’humeur de son conjoint. En hypnose, on a invité cette partie à se montrer. Elle est apparue comme une petite fille serrant les poings, terrifiée à l’idée d’être abandonnée. En la rassurant, en lui montrant qu’elle pouvait lâcher prise, la femme a ressenti un relâchement physique profond. Sa mâchoire s’est décontractée. Ses épaules sont tombées.
L’Intelligence Relationnelle, elle, vient outiller tout ça. C’est la capacité à lire les signaux de l’autre, à exprimer ce qu’on ressent sans accuser, à poser des limites claires. L’hypnose prépare le terrain nerveux. L’Intelligence Relationnelle donne les mots et les postures.
Le changement ne se fait pas toujours de manière spectaculaire. Parfois, il est si subtil que tu pourrais le manquer. Mais ton entourage, lui, le remarque.
Un des premiers signes, c’est que tu mets plus de temps à réagir. Là où avant tu répondais du tac au tac, tu sens que tu peux prendre une inspiration avant de parler. Cette micro-pause est un indicateur puissant que ton système nerveux ne pilote plus seul la conversation.
Ensuite, tu remarques que ton corps se détend pendant l’échange. Tes épaules descendent. Ta respiration devient plus profonde. Tu n’as plus cette sensation de boule au ventre ou de gorge serrée. Tu peux être en désaccord, mais sans être en guerre.
Un autre signe, c’est la capacité à rester présent quand l’autre exprime une émotion forte. Avant, tu aurais cherché à fuir, à minimiser, à réparer. Maintenant, tu peux simplement rester là. Entendre. Sans devoir faire quelque chose. C’est un changement fondamental.
« Un couple ne se sépare pas parce qu’il y a des problèmes. Il se sépare parce que les systèmes nerveux des deux partenaires sont trop dysrégulés pour les résoudre ensemble. L’apaisement nerveux n’est pas un luxe, c’est le prérequis de toute communication authentique. »
J’ai vu un patient qui était suivi pour des crises d’angoisse. Il m’a dit un jour : « Hier, ma femme m’a annoncé qu’elle voulait qu’on parle de nos finances. Avant, j’aurais fait un malaise. Là, j’ai senti mon cœur s’accélérer, mais je suis resté. Je l’ai écoutée. Et on a trouvé une solution. » Ce n’est pas miraculeux. C’est le résultat d’un entraînement du système nerveux.
L’hypnose en séance est un accélérateur. Mais tu peux commencer à poser des bases toi-même, dès maintenant. Ces pratiques ne remplacent pas un accompagnement, mais elles créent un terreau fertile.
La première chose, c’est la respiration. Pas n’importe laquelle. Je te propose un exercice simple. Quand tu sens la tension monter, expire lentement en faisant un son de bougie qui souffle doucement, comme si tu voulais maintenir la flamme inclinée sans l’éteindre. Fais ça trois fois. L’expiration longue active le nerf vague, ce grand nerf qui calme le système nerveux.
Ensuite, crée un rituel de transition. Avant une conversation difficile, prends trente secondes. Pose ta main sur ton cœur. Sens le battement. Dis-toi intérieurement : « Je suis en sécurité maintenant. Je peux écouter. » Ça semble simple. Mais ça ancre une intention dans le corps.
Troisième chose : apprends à reconnaître tes signaux d’alerte. Est-ce que c’est une chaleur dans la poitrine ? Une tension dans la mâchoire ? Des mains qui deviennent moites ? Quand tu identifies le signal précoce, tu as une fenêtre d’action. Tu peux dire : « J’ai besoin d’une minute. » Et tu utilises cette minute pour respirer, pas pour ruminer.
Enfin, pratique la détente volontaire chaque jour. Pas besoin d’une heure. Cinq minutes suffisent. Installe-toi confortablement. Porte ton attention sur ta respiration. Laisse ton corps s’enfoncer dans le support. Si des pensées arrivent, laisse-les passer comme des nuages. Ce n’est pas une performance. C’est un entraînement à revenir à l’état de repos.
Je sais que ces gestes peuvent sembler insignifiants face à l’ampleur des difficultés relationnelles. Mais c’est dans ces micro-moments que le changement s’installe. Pas dans les grandes résolutions. Dans la régulation silencieuse de ton système nerveux, répétée jour après jour.
Ce que je te propose, si tu te reconnais dans ce que tu viens de lire, c’est de prendre un rendez-vous pour une première séance. On ne va pas plonger immédiatement dans les problèmes. On va d’abord créer un espace où ton corps peut apprendre à se détendre. Où ton système nerveux peut expérimenter la sécurité, même en parlant de ce qui est difficile. C’est un travail doux, progressif, mais profond.
Tu n’as pas à rester dans ce mode survie permanent. Tu n’as pas à répéter les mêmes schémas. Il existe une autre manière de vivre tes relations, où la connexion remplace la protection, où l’écoute remplace la défense. Et ça commence par un premier pas : prendre soin de ce qui se passe à l’intérieur de toi.
Je suis là pour t’accompagner sur ce chemin, à Saintes ou en visio. Prends contact quand tu te sentiras prêt. On avancera à ton rythme.
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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