3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Une solution concrète pour apaiser vos réactions automatiques.
Vous êtes-vous déjà retrouvé à exploser pour une broutille, et à vous dire, une fois la colère retombée : « Mais pourquoi j’ai réagi comme ça ? » Vous n’êtes pas seul. Un conducteur vous coupe la priorité, et vous sentez la moutarde vous monter au nez, le cœur qui s’emballe, la mâchoire qui se serre. Plus tard, vous repensez à la scène : ce n’était pas grave, mais sur le moment, c’était comme un interrupteur qu’on aurait actionné en vous, sans votre accord. Ces réactions automatiques, ces colères qui semblent surgir de nulle part, ne sont pas une fatalité. Elles s’enracinent dans des mécanismes que vous avez appris, et que vous pouvez désapprendre. L’hypnose ericksonienne, que j’utilise quotidiennement dans mon cabinet à Saintes, offre une voie concrète pour désactiver ce déclencheur, pour reprendre le contrôle de votre réponse émotionnelle. Pas en réprimant la colère, mais en en comprenant la source et en la désamorçant à la racine.
Pour comprendre comment l’hypnose peut agir, il faut d’abord saisir ce qui se passe dans votre tête quand vous vous emportez. Votre cerveau est une machine à anticiper et à survivre. Depuis des millénaires, il a appris à détecter les menaces – un prédateur, un rival, un danger physique. Aujourd’hui, les menaces ont changé : ce n’est plus un tigre, mais un collègue qui vous interrompt, un conjoint qui oublie un anniversaire, un enfant qui renverse son verre. Pourtant, le circuit neuronal activé reste le même. L’amygdale, cette petite structure en forme d’amande au cœur du cerveau, joue le rôle de vigile. Elle scanne en permanence votre environnement, à la recherche de signaux qui, dans votre histoire, ont été associés à un danger ou à une injustice.
Si, enfant, vous avez été systématiquement rabaissé quand vous exprimiez un besoin, votre amygdale a appris que « être ignoré » est un signal d’alarme. Aujourd’hui, quand votre partenaire ne vous écoute pas vraiment, ce vieux circuit s’active. L’amygdale envoie un signal d’alerte au cortex préfrontal – la partie rationnelle – mais ce message est si rapide, si puissant, qu’il court-circuite la réflexion. Vous passez en mode survie : combat (la colère), fuite (l’évitement) ou figement (la sidération). C’est ce qu’on appelle un déclencheur. Il est automatique, il est rapide, et il vous échappe. Mais il a été appris, et ce qui a été appris peut être désactivé.
« Une colère automatique n’est pas un défaut de caractère. C’est un réflexe de survie qui a mal vieilli. »
Prenons l’exemple de Marc, un cadre commercial que j’ai reçu en consultation. Il s’emportait systématiquement quand un collègue le contredisait en réunion. Sur le coup, il se sentait humilié, même si la contradiction était constructive. En explorant son histoire, nous avons retrouvé un souvenir d’enfance : à 8 ans, son père le contredisait violemment devant ses frères, en le traitant d’incapable. Aujourd’hui, son cerveau associe encore « être contredit » à « être humilié ». Le déclencheur est verrouillé. L’hypnose va permettre de déverrouiller cette association, non pas en effaçant le souvenir, mais en changeant la façon dont le cerveau le traite.
L’hypnose que je pratique, celle de Milton Erickson, ne consiste pas à vous endormir ou à vous faire perdre le contrôle. Elle est au contraire un état de conscience amplifiée, où votre esprit critique se détend et où votre inconscient devient plus réceptif aux changements. Vous restez conscient, vous pouvez parler, bouger, et surtout, vous gardez le contrôle. Ce que l’hypnose permet, c’est d’accéder à la partie de votre cerveau qui a programmé le déclencheur : votre inconscient.
Votre inconscient, c’est ce disque dur qui a enregistré toutes vos expériences, toutes vos émotions, tous vos apprentissages, sans que vous en ayez conscience. Quand je travaillais avec des coureurs de fond sur la gestion de la douleur, je leur disais souvent : « Vous ne pouvez pas commander à votre corps de ne pas avoir mal, mais vous pouvez apprendre à votre inconscient à ne pas amplifier la douleur. » C’est la même logique pour la colère. Vous ne pouvez pas commander à votre amygdale de ne pas s’activer, mais vous pouvez apprendre à votre inconscient à ne plus interpréter un signal comme une menace.
En séance, je vais vous guider vers un état de relaxation profonde, où votre attention se focalise sur des sensations internes – votre respiration, les battements de votre cœur, la pesanteur de votre corps. Dans cet état, votre esprit conscient, celui qui analyse et juge, se met en retrait. C’est alors que je peux dialoguer avec votre inconscient. Je vais lui demander, par métaphore ou par suggestion indirecte, de revisiter le souvenir qui a créé le déclencheur. Je ne vais pas le supprimer, mais le recontextualiser. Je vais aider votre inconscient à comprendre que la situation d’aujourd’hui n’est pas celle d’hier. Votre collègue qui vous contredit n’est pas votre père. L’oubli de votre conjoint n’est pas une preuve de votre insignifiance.
Concrètement, cela peut passer par des visualisations. Je vous invite à revoir mentalement une situation qui vous a mis en colère, mais cette fois, vous êtes dans une bulle de sécurité, un peu comme un spectateur qui regarde un film. Vous pouvez observer la scène sans y être pris émotionnellement. Votre inconscient, en répétant cette expérience en hypnose, commence à dissocier le stimulus (la contradiction, l’oubli) de la réponse automatique (la colère). Le lien se distend, le déclencheur se désactive progressivement.
L’hypnose seule est puissante, mais je l’associe souvent à deux autres approches qui éclairent le mécanisme de la colère de manière complémentaire : l’IFS (Internal Family Systems) et l’Intelligence Relationnelle. L’IFS, ou Système Familial Intérieur, considère que votre esprit est composé de plusieurs « parties », chacune avec sa propre personnalité, ses émotions et ses croyances. Vous avez une partie qui s’emporte, une partie qui juge cette colère, une partie qui veut fuir, une partie qui cherche à plaire. Ces parties ne sont pas des pathologies, ce sont des sous-personnalités qui ont été créées pour vous protéger.
La partie colérique, par exemple, est souvent une « protectrice ». Elle est apparue à un moment de votre vie où il était nécessaire de se défendre, de poser une limite, de ne pas se laisser écraser. Elle a eu un rôle utile. Mais aujourd’hui, elle s’active en surrégime, même quand il n’y a plus de danger. L’IFS permet d’entrer en dialogue avec cette partie. En hypnose, je peux vous guider pour que vous la « rencontriez » : à quoi ressemble-t-elle ? Quelle est son intention ? Que craint-elle qu’il se passe si elle ne s’active pas ? Très souvent, elle répond : « Si je ne me fâche pas, on va profiter de toi. » Ou : « Si je ne montre pas ma colère, personne ne m’écoutera. »
L’Intelligence Relationnelle complète ce travail en vous apprenant à repérer les signaux précoces de l’activation. Avant que la colère n’explose, il y a toujours des signes : une tension dans la mâchoire, un rythme cardiaque qui s’accélère, une sensation de chaleur dans la poitrine, une voix qui devient plus aiguë. Si vous apprenez à les reconnaître, vous pouvez intervenir avant que la réaction automatique ne s’enclenche. C’est comme apprendre à voir la fumée avant l’incendie.
Prenons l’exemple de Sophie, une enseignante. Elle se mettait en colère dès qu’un élève la défiait en classe. En IFS, elle a découvert une partie d’elle-même, une adolescente révoltée, qui avait été humiliée par un professeur autoritaire. Cette partie pensait que pour être respectée, il fallait montrer les dents. En hypnose, nous avons dialogué avec cette adolescente, nous l’avons remerciée pour sa protection, et nous lui avons montré que Sophie, adulte, avait d’autres ressources. Aujourd’hui, Sophie sent la boule dans son ventre, elle prend une respiration, et elle dit : « Je vois que tu es en colère. On va en parler dans une minute. » Elle ne réprime pas, elle diffère. Le déclencheur est toujours là, mais il n’est plus un interrupteur binaire. Il est devenu un signal qu’elle peut choisir de suivre ou non.
Vous vous demandez peut-être : « Comment saurai-je que ça marche ? » Le changement ne sera pas spectaculaire du jour au lendemain. Il est progressif, comme l’eau qui creuse la pierre. Mais vous allez observer des micro-changements. Voici les signes que votre déclencheur commence à se désactiver.
D’abord, vous allez gagner un temps de latence. Là où autrefois vous explosiez en une fraction de seconde, vous allez sentir un petit espace entre le stimulus et votre réponse. Une demi-seconde, puis une seconde, puis deux. Dans cet espace, vous pouvez respirer, choisir, dire autre chose. C’est le premier indicateur : vous n’êtes plus automatique.
Ensuite, vous allez ressentir la colère sans être submergé. Elle sera là, comme une vague, mais vous saurez que vous pouvez la surfer sans vous noyer. Vous pourrez vous dire intérieurement : « Ok, je suis en colère. C’est désagréable, mais je peux rester calme en surface. » Cette capacité à observer votre émotion sans y réagir immédiatement est le signe que votre cortex préfrontal a repris la main sur l’amygdale.
Troisièmement, vous allez peut-être pleurer après une colère, ou ressentir une grande fatigue. C’est normal. Quand vous désactivez un déclencheur, vous libérez l’émotion qui était coincée derrière. La colère était souvent une couverture pour une tristesse, une peur, une humiliation plus ancienne. En laissant partir la colère, ces émotions plus vulnérables peuvent remonter. C’est un signe de guérison, pas de régression.
Enfin, vous allez remarquer que les situations qui déclenchaient votre colère deviennent moins fréquentes. Non pas que le monde change, mais votre perception change. Ce collègue qui vous contredit, vous commencez à l’entendre comme un débat, pas comme une attaque. Votre conjoint qui oublie, vous le voyez comme fatigué, pas comme malveillant. Votre filtre s’est modifié. Le déclencheur n’est plus connecté à la même prise électrique.
« Le but n’est pas de ne plus jamais ressentir de colère. Le but est que la colère vous serve, et non qu’elle vous serve. »
Je veux être clair avec vous, comme je le suis avec chaque personne qui franchit la porte de mon cabinet à Saintes. L’hypnose n’est pas une baguette magique. Elle ne va pas effacer votre histoire, vous transformer en bouddha impassible, ou faire disparaître toutes les frustrations du quotidien. Vous continuerez à ressentir de la colère, et c’est sain. La colère est une émotion utile : elle vous signale une injustice, une limite franchie, un besoin non respecté. Le problème n’est pas la colère elle-même, c’est son intensité incontrôlée et son déclenchement automatique.
Ce que l’hypnose va faire, c’est vous redonner le choix. Elle va desserrer l’étau autour de votre réaction. Vous allez passer d’un mode « réaction » à un mode « réponse ». La réaction est rapide, impulsive, souvent regrettée. La réponse est réfléchie, choisie, alignée avec qui vous voulez être. L’hypnose ne va pas non plus vous rendre passif ou soumis. Au contraire, en désactivant le déclencheur, elle vous permet d’exprimer votre colère de manière plus efficace, plus claire, sans perdre votre calme. Vous pouvez dire : « Je suis en colère parce que tu n’as pas respecté notre accord. J’ai besoin que nous en parlions. » C’est plus puissant qu’un cri, car l’autre vous entend vraiment.
Elle ne remplace pas non plus un travail thérapeutique plus profond si votre colère est liée à des traumatismes lourds, des violences subies, ou des troubles de l’humeur. Dans ces cas, l’hypnose est un outil précieux, mais il doit s’intégrer dans un accompagnement plus large, éventuellement avec un psychiatre ou un psychologue clinicien. Je suis formé pour reconnaître ces limites et vous orienter si nécessaire.
Ce qu’elle fait vraiment, c’est reprogrammer les connexions neuronales. La neuroplasticité, c’est la capacité de votre cerveau à se modifier tout au long de la vie. Chaque fois que vous vivez une expérience en hypnose où vous restez calme face à un déclencheur, vous créez une nouvelle voie neuronale. Plus vous l’empruntez, plus elle devient forte, et plus l’ancienne voie – celle de la colère automatique – s’affaiblit. C’est un entraînement, comme pour un muscle. Et comme pour le sport, les résultats viennent avec la régularité.
Avant même de prendre rendez-vous, vous pouvez expérimenter quelque chose chez vous. Ce n’est pas une séance d’hypnose complète, mais un exercice de préparation qui vous aidera à repérer vos déclencheurs et à amorcer leur désactivation. Asseyez-vous confortablement, dans un endroit calme, et fermez les yeux. Prenez trois respirations profondes, en inspirant par le nez et en expirant lentement par la bouche.
Rappelez-vous une situation récente où vous vous êtes mis en colère. Pas la plus grosse, juste une petite contrariété. Visualisez la scène comme si vous la regardiez sur un écran, mais vous êtes dans la salle de cinéma, pas dans le film. Observez-vous en train de réagir. Sans jugement. Puis, imaginez que vous avez une télécommande. Vous pouvez ralentir l’image, la mettre en pause, ou même changer la couleur de l’écran. Jouez avec. Cela peut sembler étrange, mais cet exercice simple commence à créer une distance entre vous et votre réaction.
Ensuite, demandez-vous : « Quelle était l’émotion juste avant la colère ? » Était-ce de la peur ? De la tristesse ? De la honte ? Notez-la mentalement. Cette question est cruciale. La colère est souvent une émotion secondaire, une couverture pour une émotion plus vulnérable. En identifiant cette émotion primaire, vous donnez à votre inconscient une piste pour désactiver le déclencheur. Si vous avez peur d’être rejeté, c’est cette peur qu’il faut apaiser, pas la colère.
Répétez cet exercice une fois par jour, pendant une semaine. Vous allez progressivement développer une capacité à observer vos émotions sans y être pris. C’est le premier pas vers la désactivation du déclencheur. Et si vous sentez que vous avez besoin d’un accompagnement plus profond, pour aller déverrouiller ces schémas qui résistent, je suis là.
Vous n’êtes pas votre colère. Vous êtes la personne qui ressent de la colère, et qui peut apprendre à la traverser sans être emportée. Désactiver un déclencheur, ce n’est pas devenir quelqu’un d’autre. C’est retrouver une partie de vous que les réactions automatiques avaient confisquée : votre liberté de choisir, votre capacité à rester présent, votre douceur. C’est un chemin qui demande un peu de courage, celui de regarder en face les vieilles blessures qui alimentent vos colères. Mais c’est un chemin que vous n
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
Prendre contactDes affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Reconnaître les indices d'un passé qui refait surface.
Des outils concrets pour des échanges plus sereins.
Parlons-en — premier échange, sans engagement.