3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Les liens insécurisants se dénouent avec l'hypnose ericksonienne.
Vous avez probablement déjà vécu cette sensation étrange : alors que tout semble bien se passer dans votre relation, une voix intérieure vous souffle que ça va mal finir. Ou peut-être êtes-vous de ceux qui, dès qu’un partenaire s’éloigne un peu, ressentez une angoisse presque physique, comme si le sol se dérobait sous vos pieds. Parfois, au contraire, vous êtes celui ou celle qui garde ses distances, qui trouve toujours une bonne raison pour ne pas s’engager trop profondément.
Ces réactions, ces émotions qui semblent démesurées par rapport à la situation, ne sont pas un hasard. Elles sont la manifestation de ce que les spécialistes appellent notre « style d’attachement ». Un concept fascinant qui éclaire pourquoi nous aimons comme nous aimons, et surtout pourquoi nous souffrons parfois autant dans nos relations.
L’hypnose ericksonienne offre une voie concrète pour comprendre ces patterns et, progressivement, les assouplir. Pas pour devenir quelqu’un d’autre, mais pour retrouver une liberté relationnelle que vous avez peut-être oubliée.
Je reçois souvent des personnes qui me disent : « Je finis toujours par attirer le même genre de partenaires. » Ou encore : « Dans chaque relation, je finis par me sentir étouffé, ou au contraire abandonné. » Et la question qui revient immanquablement : « Pourquoi est-ce que je répète les mêmes erreurs ? »
La réponse est à la fois simple et complexe. Simple, parce qu’elle tient en une phrase : nous reproduisons ce que nous avons connu. Complexe, parce que les mécanismes qui sous-tendent cette répétition sont souvent inconscients.
Prenons l’exemple de Claire, une femme de 38 ans que j’ai accompagnée. Elle venait me voir parce qu’elle enchaînait les relations avec des hommes distants, voire carrément indisponibles émotionnellement. Elle se donnait à fond, s’adaptait à leurs besoins, faisait des efforts constants pour maintenir le lien. Et à chaque fois, elle se retrouvait seule, épuisée, avec le sentiment de ne pas être assez bien.
En travaillant avec elle, nous avons découvert que sa mère, bien que présente physiquement, était souvent absorbée par ses propres préoccupations. Petite, Claire avait appris qu’elle devait être « parfaite » et « sans besoins » pour capter l’attention de sa mère. Elle avait développé un pattern d’attachement anxieux : une hypervigilance constante aux signaux de rejet, une tendance à s’oublier pour maintenir le lien, et une peur panique de l’abandon.
Ce pattern, construit dans l’enfance pour s’adapter à un environnement insécurisant, s’était automatiquement transféré dans ses relations adultes. Son cerveau, cherchant la familiarité plutôt que le bien-être, la dirigeait vers des partenaires qui ressemblaient émotionnellement à sa mère : distants, imprévisibles.
Ce qui est important de comprendre, c’est que ce mécanisme n’est pas une fatalité. Il s’est construit dans un contexte spécifique, pour répondre à un besoin de survie émotionnelle. Mais une fois adulte, ce même mécanisme devient une prison. L’hypnose permet justement d’identifier ces patterns, de comprendre leur origine, et surtout de commencer à les dénouer.
Avant d’aller plus loin, il est utile de poser les bases. La théorie de l’attachement, développée par John Bowlby puis Mary Ainsworth, distingue trois styles principaux d’attachement insécurisant, auxquels s’ajoute un style sécurisé.
L’attachement anxieux se caractérise par une peur intense de l’abandon et un besoin constant de réassurance. Les personnes avec ce style ont tendance à être hypervigilantes aux moindres signes de distance de leur partenaire. Elles peuvent devenir « collantes », avoir du mal à faire confiance, et ressentir une angoisse importante dès qu’elles perçoivent un éloignement. Elles ont souvent l’impression d’aimer « trop » ou « trop fort », et se sentent en déséquilibre dans leurs relations.
L’attachement évitant, à l’opposé, pousse à garder ses distances. Les personnes évitantes valorisent énormément leur indépendance et leur autonomie. Elles peuvent se sentir étouffées dès qu’une relation devient trop intime. Elles ont tendance à minimiser l’importance des relations, à se replier sur elles-mêmes en cas de conflit, et à éviter l’engagement. Leur peur est celle de l’intrusion, de perdre leur liberté.
L’attachement désorganisé est un mélange des deux, souvent lié à des expériences traumatiques. Les personnes oscillent entre besoin de proximité et peur de l’intimité. Elles peuvent avoir des réactions imprévisibles, tantôt cherchant désespérément le contact, tantôt fuyant brutalement. C’est le style le plus complexe, car il génère beaucoup de confusion et de souffrance.
L’attachement sécurisé, lui, est le socle vers lequel nous tendons. Les personnes sécurisées sont capables de s’engager sans se perdre, de s’éloigner sans angoisse, et de gérer les conflits sans menace de rupture. Elles ont confiance en elles et en l’autre. Et bonne nouvelle : ce n’est pas un état définitif. On peut développer un attachement plus sécurisé au fil du temps.
« Ce n’est pas parce que vous avez appris à aimer d’une certaine façon que vous êtes condamné à répéter ce schéma toute votre vie. Les patterns d’attachement ne sont pas des sentences, ce sont des habitudes. Et les habitudes peuvent évoluer. »
Je précise souvent aux personnes que je reçois : ces catégories sont des guides, pas des cases rigides. La plupart d’entre nous avons un style dominant, mais nous pouvons avoir des tendances différentes selon les contextes ou les personnes. L’important n’est pas de se coller une étiquette, mais de comprendre comment ces mécanismes jouent dans notre vie.
L’hypnose ericksonienne, du nom de Milton Erickson, est une approche particulièrement adaptée pour travailler sur les patterns d’attachement. Pourquoi ? Parce qu’elle s’adresse directement à la partie inconsciente de notre psychisme, là où ces schémas sont encodés.
Contrairement à ce qu’on imagine parfois, l’hypnose n’est pas un état de sommeil ou de perte de contrôle. C’est un état de conscience modifié, naturel, que nous expérimentons tous plusieurs fois par jour : quand nous sommes absorbés par un film, quand nous conduisons sans vraiment y penser, quand nous rêvassons. Dans cet état, notre esprit critique est moins actif, et nous avons accès à des ressources intérieures habituellement hors de portée.
Concrètement, comment cela se passe-t-il pour travailler sur l’attachement ? Je vais prendre un exemple récent.
Marc, 42 ans, venait me consulter pour une anxiété sociale qui le paralysait dans son travail. Assez vite, en parlant, nous avons réalisé que cette anxiété était particulièrement forte dans les situations où il devait s’affirmer ou demander quelque chose. Il avait peur d’être rejeté, mal jugé. En explorant son histoire, nous avons découvert que son père, très exigeant, ne tolérait pas la contradiction. Marc avait appris très tôt à se faire petit, à ne pas déranger, à s’effacer pour éviter les conflits et les punitions.
En séance d’hypnose, nous avons d’abord installé un état de sécurité. Je lui ai proposé de visualiser un lieu où il se sentait pleinement en confiance. Puis, progressivement, nous avons invité la partie de lui qui avait appris à se faire petite à se manifester. Pas pour la forcer à changer, mais pour l’écouter, comprendre ce qu’elle protégeait.
Ce qui est fascinant avec l’hypnose ericksonienne, c’est qu’elle ne cherche pas à « arracher » ou « effacer » les patterns. Elle les respecte. Elle reconnaît qu’ils ont eu une fonction protectrice à un moment donné. Puis elle ouvre la possibilité de nouvelles options.
Pour Marc, nous avons travaillé avec une métaphore : celle d’un jardinier qui prend soin d’une plante qui a poussé dans l’ombre. La plante n’est pas mauvaise, elle s’est simplement adaptée à son environnement. Mais maintenant, le jardinier peut l’exposer progressivement à la lumière, lui offrir un nouveau sol, un nouveau contexte.
Après quelques séances, Marc a commencé à sentir une différence. Pas un changement radical du jour au lendemain, mais une petite voix intérieure qui disait : « C’est OK de prendre de la place. » Il a pu, pour la première fois, exprimer un désaccord à son supérieur sans se sentir en danger. Ce n’était pas confortable, mais c’était possible.
L’hypnose ne fait pas disparaître les peurs. Elle permet de les accueillir, de les comprendre, et d’apprendre à agir malgré elles. C’est un réapprentissage progressif, à votre rythme.
Un des premiers objectifs du travail avec l’hypnose est d’apprendre à reconnaître vos déclencheurs relationnels. Ce sont ces moments où une situation, pourtant anodine en apparence, provoque une réaction émotionnelle disproportionnée.
Prenons un exemple fréquent : votre partenaire met un peu plus de temps que d’habitude à répondre à un message. Rien de grave en soi. Pourtant, vous sentez monter une angoisse. Votre esprit commence à imaginer le pire : « Il/elle ne m’aime plus », « Je l’ai énervé(e) », « Il/elle est avec quelqu’un d’autre ». Cette réaction, c’est votre pattern d’attachement qui s’active.
L’hypnose aide à créer un espace entre le stimulus (le message sans réponse) et la réaction (l’angoisse). Dans cet espace, il devient possible de reconnaître : « Ah, voilà mon vieux pattern qui se réveille. Ce n’est pas la réalité, c’est une alarme qui date d’une autre époque. »
Un exercice simple que je propose souvent est celui de « l’observateur intérieur ». En état d’hypnose légère, vous apprenez à observer vos émotions comme si vous regardiez un film. Vous voyez la scène, vous ressentez l’émotion, mais vous savez que vous n’êtes pas le film. Vous êtes le spectateur. Cette distance, même infime, change tout.
« La différence entre être submergé par une émotion et l’observer, c’est la différence entre être dans la tempête et regarder la tempête depuis une fenêtre. Dans les deux cas, la tempête est là. Mais dans un cas, vous êtes emporté. Dans l’autre, vous choisissez comment réagir. »
Au fil des séances, cette capacité d’observation s’affine. Vous commencez à repérer les situations qui activent vos patterns : les silences, les conflits, les moments de séparation, les demandes d’engagement. Et progressivement, vous apprenez à ne plus réagir automatiquement, mais à répondre consciemment.
L’une des forces de l’hypnose ericksonienne est sa capacité à travailler avec la mémoire. Non pas pour effacer le passé, mais pour le reconsolider, c’est-à-dire lui donner un nouveau sens.
Nos patterns d’attachement sont ancrés dans des expériences précoces. Quand un bébé pleure et que personne ne vient, son cerveau enregistre : « Le monde n’est pas fiable. » Quand un enfant exprime un besoin et se fait rabrouer, il apprend : « Mes besoins dérangent. » Ces apprentissages émotionnels, faits très tôt, sont comme des programmes qui tournent en arrière-plan.
L’hypnose permet de revisiter ces expériences, non pas pour les revivre dans la souffrance, mais pour y apporter une présence bienveillante. C’est ce qu’on appelle la « reparentalisation » en hypnose.
Je me souviens d’une patiente, Sophie, qui avait vécu une enfance marquée par l’instabilité. Ses parents, séparés très tôt, l’avaient ballottée entre leurs deux maisons sans vraiment s’occuper d’elle émotionnellement. Elle avait développé un attachement anxieux très fort, et vivait chaque relation comme une menace potentielle.
En séance d’hypnose, nous avons créé un espace sécurisé où elle pouvait rencontrer la petite fille qu’elle avait été. Pas pour la sauver ou la changer, mais simplement pour être avec elle. Pour lui dire : « Je te vois. Je vois que tu as eu peur. Je vois que tu as fait de ton mieux. Et maintenant, je suis là. »
Cette présence, même symbolique, a eu un effet profond. Sophie a commencé à ressentir une forme de compassion pour elle-même qu’elle n’avait jamais connue. Elle a compris que son angoisse n’était pas une faiblesse, mais une réaction normale à une situation anormale.
Au fil des séances, son pattern anxieux s’est assoupli. Elle a pu, pour la première fois, rester seule un week-end sans angoisse. Elle a osé exprimer des besoins à son compagnon sans craindre qu’il la quitte. La relation s’est apaisée, non pas parce que son partenaire avait changé, mais parce qu’elle-même n’était plus en mode survi permanant.
Je veux être clair : l’hypnose n’est pas une baguette magique. Elle ne transforme pas une relation toxique en relation saine. Elle ne fait pas disparaître les comportements blessants d’un partenaire. Elle ne vous rend pas « parfait » ou « guéri » en quelques séances.
Si vous êtes dans une relation abusive, l’hypnose ne remplacera jamais la nécessité de vous protéger, de poser des limites, et parfois de partir. Si votre partenaire est violent, manipulateur ou profondément indisponible, aucun travail sur vous-même ne changera son comportement.
L’hypnose agit sur votre relation à vous-même. Elle vous aide à :
Mais elle ne fait pas le travail à votre place. Elle ne vous promet pas une vie sans peur ou sans difficulté. Ce qu’elle offre, c’est la possibilité de vivre vos relations avec plus de liberté, plus de conscience, et moins de souffrance inutile.
Certaines personnes viennent me voir en espérant que l’hypnose « enlève » leur besoin d’attachement, comme si on pouvait retirer une pièce défectueuse d’un moteur. Mais le besoin d’attachement n’est pas un défaut. C’est un besoin humain fondamental. Le problème n’est pas d’avoir besoin des autres, c’est d’y être asservi ou d’en avoir peur.
Le travail que je propose vise à remettre ce besoin à sa juste place : ni tout-puissant, ni nié. Juste une partie de vous, parmi d’autres, que vous pouvez écouter sans vous y soumettre.
Si vous vous reconnaissez dans ce que j’ai décrit, sachez que vous pouvez commencer à agir dès aujourd’hui, bien avant de prendre rendez-vous.
Voici trois pratiques simples, inspirées de l’hypnose ericksonienne, que vous pouvez expérimenter par vous-même :
1. L’arrêt sur image
La prochaine fois que vous sentez monter une réaction émotionnelle forte dans une relation (angoisse, colère, envie de fuir), faites une pause. Juste trois secondes. Respirez. Et demandez-vous : « Est-ce que cette réaction est proportionnée à ce qui se passe vraiment ? » Souvent, la simple question crée un espace de choix.
2. La lettre non envoyée
Prenez un carnet et écrivez une lettre à la partie de vous qui a eu peur. Pas à votre partenaire, pas à vos parents. À la petite fille ou au petit garçon que vous étiez, qui a appris à faire avec ce qu’il/elle avait. Dites-lui ce que vous auriez aimé entendre. Vous n’avez pas besoin d’y croire, juste d’écrire. C
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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