3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Accueillir vos protecteurs intérieurs pour guérir.
Vous vous êtes déjà surpris à dire « je ne sais pas ce qui m’a pris » après avoir crié sur quelqu’un que vous aimez ? Ou à ressentir une boule au ventre avant une réunion, sans raison apparente ? Ce n’est pas de la faiblesse, ni un défaut de caractère. C’est simplement une partie de vous qui essaie de vous protéger, souvent sans que vous le sachiez.
Depuis mon cabinet à Saintes, je rencontre chaque semaine des adultes qui portent ce genre de contradictions. Des hommes et des femmes intelligents, compétents, mais qui butent contre des réactions automatiques qu’ils ne comprennent pas. Un commercial brillant qui devient muet devant son supérieur. Une mère aimante qui explose pour une chaussette oubliée. Un sportif talentueux qui se sabote en compétition.
L’hypnose ericksonienne et l’IFS (Internal Family Systems) forment un duo puissant pour explorer ces zones d’ombre. L’idée est simple : au lieu de lutter contre ces parties de vous, vous apprenez à les écouter, à comprendre leur mission, et à les aider à lâcher prise. Dans cet article, je vais vous montrer comment ce dialogue intérieur peut transformer votre rapport à vous-même et aux autres.
L’IFS repose sur une observation qui change tout : votre esprit n’est pas un bloc monolithique, mais une famille intérieure composée de plusieurs « parties ». Chacune a sa propre perspective, ses émotions, ses croyances et même sa voix. Vous en avez déjà fait l’expérience sans le savoir. Ce petit commentaire intérieur qui dit « arrête, tu vas te ridiculiser » avant de prendre la parole en public. Cette voix qui murmure « c’est pas le moment » quand vous voulez dire non à quelqu’un. Ou encore cette impulsion soudaine de vérifier votre téléphone pour échapper à une conversation tendue.
Ces parties ne sont pas vos ennemies. Elles sont nées pour vous protéger, souvent dans l’enfance ou lors d’expériences marquantes. Imaginez un enfant qui se fait gronder sévèrement pour avoir exprimé sa colère. Pour survivre émotionnellement, une partie de lui va créer une stratégie : « si je montre ma colère, je suis en danger, donc je vais la cacher et faire le gentil ». Cette partie devient un protecteur, un gardien qui veille à ce que vous ne reviviez jamais cette souffrance.
Avec le temps, ces protecteurs peuvent devenir envahissants. Le même enfant devenu adulte aura une partie qui le pousse à éviter les conflits à tout prix, même quand il faudrait poser une limite saine. Ou une autre partie qui le fait culpabiliser dès qu’il ressent de la colère. Ces mécanismes étaient adaptés autrefois, mais ils deviennent des prisons dans le présent.
L’hypnose ericksonienne est un outil idéal pour entrer en contact avec ces parties. Pourquoi ? Parce qu’elle contourne le mental critique, ce juge intérieur qui analyse, compare, et souvent rejette ce qui ne correspond pas à notre image idéale. En état d’hypnose, vous êtes dans un espace de conscience élargi, à la fois détendu et hyper-connecté à votre monde intérieur. C’est là que les parties peuvent se montrer, non pas comme des concepts abstraits, mais comme des présences vivantes : une sensation dans la poitrine, une image, une voix, un âge.
« Chaque partie a une intention positive. Même celle qui vous pousse à vous isoler ou à vous critiquer cherche à vous protéger d’une douleur plus grande. »
Cette phrase est le cœur de l’approche. Quand vous comprenez cela, vous cessez de vous juger pour vos réactions. Vous devenez un explorateur curieux de votre propre monde intérieur. Et c’est là que la guérison commence.
Dans mon cabinet, je vois régulièrement des personnes épuisées par leurs propres mécanismes de défense. Prenons l’exemple d’un coureur que j’accompagne en préparation mentale. Appelons-le Antoine. Antoine est un marathonien talentueux, mais depuis deux ans, il craque systématiquement autour du 30e kilomètre. Pas une question de forme physique : il s’entraîne sérieusement. Mais à ce point précis, une voix intérieure s’active : « tu vas pas y arriver, ça sert à rien, arrête-toi ». Cette voix est un protecteur.
En explorant avec lui sous hypnose, nous avons découvert que cette partie était apparue à l’adolescence. À 14 ans, Antoine avait été humilié devant toute sa classe après avoir échoué à un examen oral. Pour se protéger de la honte, une partie avait décidé : « ne prends plus jamais de risque d’échec devant les autres ». Cette partie, restée bloquée dans son rôle de gardienne, s’activait chaque fois qu’Antoine était en situation de performance publique, comme un marathon. Elle faisait son job : le protéger de la honte. Mais elle le faisait avec les moyens d’un adolescent : en créant une crise d’angoisse pour le forcer à abandonner.
Les parties protectrices sont souvent figées dans le temps. Elles ont l’âge de la blessure qu’elles tentent d’éviter. Une partie qui s’est formée à 6 ans pour gérer une séparation parentale va continuer à agir comme si vous aviez encore 6 ans, même à 40 ans. Elle va vous pousser à vous accrocher à des relations toxiques, ou à paniquer dès que quelqu’un s’éloigne un peu.
Sous hypnose, nous ne cherchons pas à faire taire ces parties. Nous les remercions d’abord. Nous leur disons : « je vois que tu fais de ton mieux pour me protéger, merci ». Ce simple geste de reconnaissance désamorce souvent la résistance. Ensuite, nous leur demandons ce qu’elles craignent vraiment. La réponse est presque toujours la même : elles ont peur que si elles lâchent leur rôle, une douleur insupportable remonte. Une partie qui vous pousse à être parfait au travail craint que si vous faites une erreur, vous soyez rejeté, abandonné, comme cela a été vécu dans l’enfance.
L’hypnose permet d’aller voir cette peur originelle, non pas en la revivant traumatiquement, mais en l’observant avec une distance bienveillante. Et là, quelque chose de magique se produit : la partie peut se détendre. Elle réalise que vous n’êtes plus cet enfant vulnérable. Vous avez des ressources d’adulte. Vous pouvez gérer les situations autrement. Le protecteur peut alors accepter de prendre un nouveau rôle, moins extrême.
Vous vous demandez peut-être comment se déroule concrètement une séance. Je vais vous décrire le processus tel qu’il se vit, sans jargon. Pas de pendule, pas de « vous allez dormir ». L’hypnose ericksonienne est une conversation guidée qui utilise le langage et l’attention pour induire un état modifié de conscience. C’est doux, respectueux, et vous gardez le contrôle à tout moment.
Imaginons que vous veniez me voir pour une difficulté relationnelle récurrente. Vous avez remarqué que vous devenez agressif quand votre conjoint vous fait une remarque, même anodine. Vous savez que votre réaction est disproportionnée, mais vous ne pouvez pas l’empêcher. En IFS, nous dirions qu’une partie protectrice prend le contrôle, comme un garde du corps qui sort son arme au moindre bruit suspect.
En séance, je vais d’abord vous aider à installer un état de sécurité. Par des suggestions hypnotiques simples – focus sur la respiration, sensations de détente dans le corps, images apaisantes – vous entrez dans un état de conscience modifié. Vous n’êtes pas endormi, mais votre mental analytique se calme. Vous êtes plus réceptif à votre monde intérieur.
Ensuite, je vous invite à porter votre attention sur la sensation que vous ressentez quand la colère monte. Peut-être une chaleur dans la poitrine, une tension dans la mâchoire, ou une image comme un mur rouge. Je vous demande de rester simplement avec cette sensation, sans la juger, sans vouloir la changer. Puis je vous propose de dialoguer avec elle. « Si cette tension avait une voix, que dirait-elle ? » « Quel âge a-t-elle ? » « Que cherche-t-elle à protéger ? »
Les réponses surprennent souvent. Une patiente a découvert que sa colère était en fait une partie qui avait 5 ans, et qui criait pour être entendue par des parents absents. Une autre a vu une image d’elle-même adolescente, qui s’était juré de ne plus jamais être vulnérable après une trahison amicale. Ces parties ne sont pas des métaphores. Ce sont des expériences réelles, vécues dans le corps et l’esprit.
Une fois la partie identifiée, je l’aide à se sentir entendue et reconnue. Je peux lui demander : « qu’est-ce que tu as besoin que [prénom] sache ? » Souvent, la partie exprime une peur ancienne : « j’ai peur qu’il soit rejeté si il montre sa faiblesse ». Je valide cette peur. Je remercie la partie pour sa vigilance. Puis je propose de montrer à cette partie que la personne a grandi, qu’elle a aujourd’hui des ressources pour gérer le rejet ou la critique.
« Le dialogue avec une partie ne consiste pas à la faire taire, mais à l’aider à se sentir suffisamment en sécurité pour lâcher son ancien rôle. »
Ce processus peut prendre une ou plusieurs séances. Certaines parties sont très attachées à leur mission et ont besoin de temps pour faire confiance. Mais à chaque dialogue, la charge émotionnelle diminue. La partie se détend. Et dans la vie quotidienne, vous remarquez que la réaction automatique perd de sa force. Vous avez une fenêtre de choix : réagir par l’ancien réflexe, ou répondre avec plus de conscience.
En IFS, on distingue plusieurs catégories de parties. Les comprendre vous aide à ne pas vous perdre dans le labyrinthe intérieur. Voici les trois grandes familles que je rencontre le plus souvent dans mon cabinet, et comment l’hypnose permet de les approcher.
Les managers. Ce sont les parties qui organisent votre vie pour éviter toute souffrance. Elles vous poussent à être parfait, à contrôler, à anticiper, à plaire. Le manager, c’est cette voix qui vous dit « si tu travailles assez dur, personne ne pourra te critiquer » ou « si tu es toujours gentil, on ne t’abandonnera pas ». Sous hypnose, le manager apparaît souvent comme une figure stricte, épuisée, qui tient les rênes d’une main ferme. Il ne lâchera rien tant qu’il ne sera pas convaincu que vous pouvez survivre sans lui. L’approche consiste à reconnaître son travail, à le remercier, puis à lui montrer que vous avez d’autres ressources pour gérer les situations difficiles.
Les pompiers. Ce sont les parties qui agissent en urgence quand le système est débordé. La crise d’angoisse, l’accès de boulimie, l’addiction soudaine à un jeu vidéo, la fuite dans une relation nouvelle. Les pompiers sont extrêmes : ils veulent éteindre le feu à tout prix, quitte à tout casser. Sous hypnose, un pompier peut se manifester comme une force impulsive, un adolescent rebelle qui en a « marre de se retenir ». L’accueil ici est crucial : ne pas juger, ne pas moraliser. Demander : « qu’est-ce qui s’est passé juste avant que tu n’interviennes ? » Souvent, le pompier révèle une douleur que le manager n’a pas réussi à contenir.
Les exilés. Ce sont les parties blessées, souvent très jeunes, qui portent la souffrance originelle. Honte, humiliation, abandon, peur. Les managers et les pompiers s’activent pour que vous ne soyez jamais en contact avec ces exilés. Sous hypnose, quand un protecteur accepte de se détendre, l’exilé peut émerger. C’est un moment délicat. L’exilé a besoin d’être vu, entendu, consolé. L’hypnose permet de le faire sans revivre le traumatisme, mais en apportant une présence adulte et bienveillante à cet enfant intérieur. « Je te vois, je suis là, tu n’es plus seul. » C’est souvent à ce niveau que la guérison profonde s’opère.
Chaque séance est unique. Parfois on ne rencontre qu’un manager. Parfois un pompier surgit. Parfois un exilé se montre après plusieurs séances de préparation. L’important est de ne pas forcer. Le rythme est celui de votre système intérieur.
Vous vous demandez peut-être concrètement ce que ça donne dans la vie réelle. Je vais vous donner trois exemples anonymisés de personnes que j’ai accompagnées, pour illustrer les transformations possibles.
Sophie, 38 ans, cadre dans une collectivité. Sophie venait pour une anxiété sociale qui la bloquait dans son évolution professionnelle. En réunion, elle n’osait pas prendre la parole, puis elle ruminait pendant des jours. Sous hypnose, nous avons rencontré une partie « petite fille sage » qui s’était formée à 7 ans, quand son père exigeait le silence à table. Cette partie croyait que parler = danger. Après plusieurs dialogues, elle a accepté de laisser Sophie adulte gérer les réunions. Aujourd’hui, Sophie intervient régulièrement en public. Elle dit : « je sens encore une petite tension, mais je ne suis plus paralysée. Je choisis de parler, même si j’ai peur. »
Marc, 45 ans, commercial. Marc avait un pattern : il séduisait facilement ses clients, mais dès qu’il fallait signer le contrat, il devenait maladroit, oubliait des arguments, perdait confiance. Une partie « adolescent fanfaron » le poussait à briller, mais une autre partie « enfant humilié » prenait le relais au moment crucial, terrifiée à l’idée d’être jugé. En reconnaissant ces deux parties et en les réconciliant, Marc a pu stabiliser sa performance. Il a gagné 30% de son chiffre d’affaires en six mois, mais surtout, il a arrêté de rentrer chez lui épuisé et honteux.
Léa, 29 ans, footballeuse amateur. Léa était une joueuse technique, mais elle s’effondrait en match. Elle se décrivait comme « deux personnes différentes » : à l’entraînement, fluide et créative ; en compétition, tendue et maladroite. Sous hypnose, nous avons rencontré une partie « petite fille parfaite » qui avait peur de décevoir son père, ancien joueur. Cette partie transformait chaque match en examen. En dialoguant avec elle, Léa a pu lui montrer qu’elle jouait pour elle-même, pas pour la validation paternelle. Sa partie a accepté de se mettre en retrait pendant les matchs. Léa a depuis enchaîné les bonnes performances, et elle dit ressentir une liberté qu’elle n’avait jamais connue.
Ces transformations ne sont pas magiques. Elles demandent du travail et de la régularité. Mais elles montrent que dialoguer avec ses parties n’est pas une fuite dans l’introspection. C’est un outil concret pour agir différemment dans le monde.
Avant même de pousser la porte d’un praticien, vous pouvez expérimenter ce dialogue intérieur. Voici trois exercices simples, que je donne souvent en première piste à mes patients.
1. Identifiez un protecteur. La prochaine fois que vous ressentez une émotion forte et répétitive – colère, anxiété, culpabilité – arrêtez-vous une minute. Posez-vous la question : « quelle partie de moi réagit en ce moment ? » Ne cherchez pas une réponse intellectuelle. Laissez venir une sensation, une image, un âge. Vous pouvez même lui donner un nom : « la partie qui veut tout contrôler », « la partie qui panique », « le juge ». Le simple fait de nommer crée une distance. Vous n’êtes plus identifié à cette partie, vous l’observez.
2. Remerciez-la. Dites intérieurement à cette partie : « merci d’essayer de me protéger. Je vois ce que tu fais. » C’est tout. Pas besoin d’aller plus loin. Vous verrez souvent la charge émotionnelle diminuer immédiatement
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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