3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Apaiser les parties de vous qui entrent en conflit.
Vous arrive-t-il de vous sentir tiraillé entre deux envies contradictoires ? Une partie de vous voudrait dire « non » à cette proposition, mais une autre vous pousse à accepter pour ne pas décevoir. Un soir, vous êtes épuisé par votre journée, et pourtant, vous passez une heure à répondre à des messages professionnels, tout en ruminant contre vous-même : « Pourquoi je n’arrive pas à lâcher prise ? ». Ce conflit intérieur, je le vois presque chaque jour dans mon cabinet à Saintes. Il prend des formes variées : la colère qui monte soudainement contre un proche, la culpabilité qui s’installe après avoir posé une limite, ou cette sensation d’être coincé entre ce que vous devriez faire et ce que vous voulez vraiment.
Ces tensions ne sont pas un défaut de personnalité. Elles sont le signe que différentes parties de vous cherchent à s’exprimer, parfois en opposition. L’hypnose ericksonienne couplée à l’IFS (Internal Family Systems) offre une voie pour apaiser ces conflits, non pas en éliminant une partie au profit d’une autre, mais en comprenant leur rôle et en leur redonnant une place juste. Dans cet article, je vais vous montrer comment ces approches fonctionnent, à travers des situations concrètes, et vous donner des pistes pour commencer à vous libérer de ces rôles qui vous opposent.
Imaginez un instant votre esprit comme une équipe. Chaque membre a une fonction spécifique : l’un vous protège, l’autre vous pousse à réussir, un troisième cherche à vous faire plaisir, et un quatrième vous rappelle les règles à suivre. Normalement, cette équipe coopère. Mais quand l’un de ses membres prend trop de place, ou quand deux d’entre eux veulent des choses opposées, le conflit éclate.
Prenons l’exemple de Claire, une consultante que j’ai accompagnée. Elle venait me voir parce qu’elle se sentait « bloquée » dans ses relations professionnelles. D’un côté, une partie d’elle voulait être appréciée de tous, dire oui à chaque demande, être celle sur qui on peut compter. De l’autre, une partie se révoltait : « Tu es épuisée, tu ne te respectes pas, arrête de te sacrifier ». Résultat : elle acceptait une mission, puis passait ses nuits à regretter, se traitant intérieurement de « faible » ou de « trop gentille ». Ce dialogue interne était épuisant.
Ces parties se forment souvent dans l’enfance. La partie « qui veut plaire » a peut-être été utile à un moment : elle vous a permis d’obtenir de l’attention ou d’éviter un conflit. La partie « qui se révolte » est peut-être née pour vous défendre quand vous vous sentiez exploité. Mais avec le temps, ces rôles se figent. Ils deviennent des réflexes, même quand ils ne sont plus adaptés.
Ce qui les rend conflictuelles, c’est qu’elles ne se connaissent pas. Elles agissent en silos, chacune convaincue d’avoir raison. L’IFS nomme cela le « système interne » : chaque partie a une intention positive, même celle qui vous pousse à vous isoler ou à vous critiquer. Le problème n’est pas la partie elle-même, mais l’extrême polarisation. Quand une partie prend le contrôle, une autre se sent menacée et réagit en force. C’est ce jeu de bascule qui crée la souffrance.
« Le conflit intérieur n’est pas un combat à gagner, mais une conversation à engager. Chaque partie a une histoire à raconter, et son intention première est de vous protéger. »
L’hypnose ericksonienne, que j’utilise depuis mon installation à Saintes en 2014, est un outil doux pour accéder à ces parties. Elle ne vise pas à les faire taire ou à les contrôler, mais à créer un espace de sécurité où elles peuvent se révéler. Contrairement à ce qu’on imagine parfois, l’hypnose n’est pas un état de sommeil ou de perte de contrôle. C’est un état de conscience modifié, naturel, où votre attention se focalise vers l’intérieur, un peu comme quand vous êtes absorbé par un film ou une promenade.
Dans cet état, les défenses conscientes s’assouplissent. Vous pouvez alors entrer en contact avec une partie de vous qui, habituellement, reste dans l’ombre. Par exemple, je guide souvent une personne à visualiser une partie conflictuelle sous une forme symbolique : une boule d’énergie, une couleur, une forme, ou même une voix intérieure. L’idée n’est pas de l’analyser intellectuellement, mais de la ressentir.
Prenons le cas de Marc, un footballeur que j’accompagne en préparation mentale. Sur le terrain, il se sentait paralysé par la peur de l’échec. Une partie de lui voulait performer à tout prix, se répétant : « Ne rate pas cette passe, tu vas décevoir ». Une autre partie, plus ancienne, lui chuchotait : « Tu n’es pas à la hauteur, cache-toi ». Ces deux voix le rendaient tendu, hésitant. En hypnose, je l’ai invité à observer cette peur comme une présence. Il l’a décrite comme une brume grise qui pesait sur ses épaules. Puis, en restant en contact avec elle, il a ressenti une tristesse sous cette peur : la partie « peur » était en réalité une protectrice qui tentait de l’empêcher de souffrir, comme elle l’avait fait quand il était jeune et qu’on se moquait de lui après une défaite.
L’hypnose ericksonienne permet ce genre de découverte sans forcer. Elle utilise le langage indirect, les métaphores, et les suggestions ouvertes. Par exemple, je peux dire : « Et peut-être qu’en écoutant cette partie, vous allez découvrir quelque chose que vous n’aviez pas remarqué… et votre corps va trouver la position la plus confortable pour accueillir cette information. » Cela laisse place à l’inconscient pour guider le processus. Ce n’est pas moi qui « répare » ; c’est vous qui, en sécurité, permettez à ces parties de se dévoiler.
L’IFS, développé par Richard Schwartz, propose une cartographie simple mais puissante. Dans notre système interne, on trouve trois types d’entités :
Quand un conflit survient, c’est souvent que deux protecteurs s’affrontent. Par exemple, un protecteur « performeur » veut que vous travailliez tard, tandis qu’un protecteur « soignant » veut que vous vous reposiez. Chacun pense agir pour votre bien. Mais ils ne se font pas confiance. L’hypnose permet de les amener à la table des négociations, non pas en les jugeant, mais en les remerciant pour leur intention.
Un exemple concret : Sophie, une coureuse amatrice, venait me voir pour un blocage en compétition. Elle avait une partie « guerrière » qui la poussait à courir même blessée, et une partie « prudente » qui la freinait au dernier moment. En séance, j’ai utilisé l’hypnose pour l’aider à dialoguer avec ces deux parties. La partie « guerrière » s’est révélée être une protectrice née après une déception amoureuse : elle l’avait aidée à se sentir forte. La partie « prudente » protégeait une exilée qui avait peur de l’échec (une humiliation en course à l’adolescence). En reconnaissant leur rôle, Sophie a pu les apaiser. Elle a dit : « Je comprends maintenant. Je n’ai pas à choisir entre l’une ou l’autre. Je peux être forte et prudente ensemble. »
Une des découvertes les plus libératrices dans ce travail est de réaliser que vous n’êtes pas vos parties. Vous n’êtes pas « la personne qui se sacrifie », « celle qui se fâche », ou « celle qui doute ». Vous êtes celui ou celle qui observe ces parties. C’est une nuance subtile mais fondamentale.
Quand Claire, la consultante dont j’ai parlé plus tôt, a commencé à explorer ses parties en hypnose, elle a eu une révélation. Elle s’était toujours identifiée à sa partie « qui veut plaire ». Elle pensait : « Je suis quelqu’un de gentil, donc je dois dire oui. » Mais en séance, elle a pu voir cette partie comme une entité séparée, assise en face d’elle. Elle lui a demandé : « Quel âge as-tu ? » La partie a répondu : « Huit ans. » C’était une enfant qui avait appris à être sage pour ne pas déranger ses parents. Claire a ressenti une immense compassion pour cette petite fille. Elle a compris qu’elle n’était pas obligée de la laisser diriger sa vie d’adulte. Elle pouvait l’écouter, la remercier, mais prendre ses décisions depuis un lieu plus calme : son Self.
Ce processus s’appelle la « désidentification ». En hypnose, je guide souvent une personne à observer une partie conflictuelle comme si elle la regardait sur un écran, ou comme une énergie dans une partie de son corps. Cela crée une distance, non pas pour rejeter la partie, mais pour ne plus être fusionné avec elle. Une fois cette distance installée, la personne peut ressentir une qualité du Self : la curiosité, la compassion, ou la confiance.
« Vous n’êtes pas la tempête. Vous êtes le ciel qui la contient. Les parties sont des nuages qui passent ; le Self est l’espace immobile et lumineux. »
Un autre exemple : un patient, appelons-le Julien, se sentait constamment en compétition avec ses collègues. Il avait une partie « rival » qui le poussait à se comparer, à vouloir être le meilleur. Cette partie était épuisante. En hypnose, il a identifié qu’elle protégeait une exilée qui se sentait invisible dans son enfance. En dialoguant avec elle, il a pu dire : « Je te vois, tu fais de ton mieux. Mais je n’ai plus besoin de prouver ma valeur. » Il a senti un relâchement physique. Le conflit intérieur n’a pas disparu du jour au lendemain, mais il a cessé de le contrôler.
Comment cela se traduit-il dans des situations que vous vivez peut-être ? Prenons trois exemples typiques.
Au travail : Vous avez une réunion importante, et une partie de vous veut prendre la parole, mais une autre vous retient, vous disant « ne te fais pas remarquer, tu vas dire une bêtise ». Le conflit vous paralyse. En approche IFS, vous pouvez reconnaître la partie qui vous retient comme un protecteur qui cherche à vous éviter la honte. Vous pouvez lui dire intérieurement : « Merci de veiller sur moi. Je comprends que tu as peur. Mais aujourd’hui, j’ai besoin de parler. Je te promets de rester en lien avec toi. » Cela ne supprime pas la peur, mais cela l’apaise. L’hypnose peut vous aider à pratiquer ce dialogue en état de sécurité, pour que le geste devienne plus naturel.
En couple : Vous êtes en désaccord avec votre partenaire. Une partie de vous veut avoir raison, argumenter, prouver que vous avez été blessé. Une autre partie veut fuir, se taire, pour éviter la dispute. Vous vous sentez déchiré. Ces deux parties sont souvent liées à des expériences passées : l’une a appris à se défendre, l’autre à se protéger. En séance, je vois souvent des personnes qui, après avoir apaisé ces parties, peuvent dire à leur partenaire : « Je ressens de la colère, mais je sais qu’elle vient d’une partie de moi qui a peur d’être ignoré. Peux-tu m’aider à me sentir entendu ? » Le conflit devient une occasion de se connaître, plutôt qu’un champ de bataille.
En famille : Avec vos enfants ou vos parents, les rôles peuvent être très figés. Vous vous surprenez à réagir comme votre père ou votre mère, alors que vous aviez juré de ne pas le faire. C’est une partie « parent intérieur » qui a pris le contrôle, souvent pour protéger une exilée qui a souffert de la même situation. L’hypnose peut vous aider à contacter cette partie, à comprendre son histoire, et à choisir une réponse plus ajustée, depuis votre Self.
Si vous venez me voir à Saintes, voici comment une séance peut se dérouler. Après avoir écouté votre situation, je vous propose un temps d’hypnose. Vous êtes confortablement installé, assis ou allongé. Je vous guide avec une voix calme, en utilisant des suggestions qui favorisent la détente et l’ouverture. Par exemple : « Vous pouvez laisser votre attention se poser sur votre respiration… et peut-être que vous allez remarquer une sensation, une image, ou une émotion qui émerge… sans chercher à la changer, simplement en l’accueillant. »
Je vous invite ensuite à dialoguer avec une partie qui semble en conflit. Je pose des questions simples : « Où la sens-tu dans ton corps ? Si elle avait une couleur, quelle serait-elle ? Que veut-elle pour toi ? » Vous répondez parfois par des mots, parfois par des gestes, des hochements de tête. L’important est que vous restiez en contact avec votre ressenti, pas avec votre analyse.
Un moment clé est la « décharge » : quand une partie se sent entendue, elle se relâche. Vous pouvez ressentir un soupir, un frisson, une larme. C’est le signe que le système se réorganise. Ensuite, je vous aide à vérifier que le Self est présent (calme, curieux, confiant). Si ce n’est pas le cas, une autre partie est peut-être intervenue, et on l’accueille aussi.
La séance ne « résout » pas tout. Mais elle installe une nouvelle relation avec vos parties. Vous repartez avec une expérience vécue, pas seulement un concept. Et souvent, les conflits du quotidien s’apaisent d’eux-mêmes, parce que vous ne les alimentez plus avec la même énergie.
Je veux être honnête avec vous, comme je le suis avec mes patients. L’hypnose et l’IFS ne sont pas des baguettes magiques. Elles ne vont pas effacer vos souvenirs douloureux ou transformer votre personnalité en un claquement de doigts. Elles ne vous rendront pas « parfait » dans vos relations. Et parfois, le processus peut être inconfortable : rencontrer une partie blessée peut faire remonter des émotions fortes.
Mais ce qu’elles offrent, c’est une manière de ne plus être en guerre contre vous-même. Vous apprenez à accueillir vos contradictions sans vous juger. Vous découvrez que vous avez plus de ressources que vous ne le croyez. Et progressivement, les choix que vous faites deviennent plus alignés avec ce qui compte vraiment pour vous, plutôt qu’avec ce que vos parties vous dictent.
« Ce n’est pas l’absence de conflit intérieur qui fait la paix, mais la capacité à le traverser avec curiosité et bienveillance. »
Vous n’avez pas besoin d’attendre une séance pour expérimenter. Voici un petit exercice que vous pouvez faire chez vous, en quelques minutes.
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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