3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Deux approches, un même objectif : oser parler.
Tu viens de passer une énième réunion où tu avais une idée pertinente, mais tu es resté silencieux. Ou bien tu as accepté une mission supplémentaire alors que ton planning est déjà saturé, simplement parce que tu n’as pas su dire non. Peut-être même es-tu reparti en ruminant : « Pourquoi je n’ai pas parlé ? Pourquoi je n’ai pas imposé mon point de vue ? »
Cette scène, je la vois plusieurs fois par semaine dans mon cabinet. Des adultes compétents, reconnus dans leur travail, mais qui peinent à s’affirmer dans l’instant. Leur objectif est clair : gagner en assertivité, c’est-à-dire exprimer leurs besoins, leurs opinions et leurs limites sans agressivité ni passivité. Mais la question qui revient souvent est : « Dois-je faire de l’hypnose ou du coaching classique ? »
Je vais être honnête avec toi : les deux approches peuvent t’aider. Mais elles ne travaillent pas sur les mêmes leviers, et elles n’ont pas la même temporalité. Dans cet article, je vais te montrer ce qui les distingue concrètement, et comment choisir en fonction de ta situation personnelle. Pas de théorie vague : des exemples, des mécanismes, et une piste pour que tu saches où aller.
Quand on pense à l’assertivité, on imagine souvent une compétence à apprendre : des phrases types, une posture, un ton de voix. Et c’est vrai qu’il existe des techniques de communication efficaces. Le coaching classique en regorge : le DESC (Décrire, Exprimer, Spécifier, Conséquences), la reformulation, la gestion des objections. Mais si c’était uniquement une question de technique, tu aurais déjà résolu le problème en lisant un livre ou en suivant une formation.
Le vrai blocage, c’est que dans l’instant où tu dois parler, ton cerveau ne te laisse pas le choix. Il active un schéma automatique : tu sens une boule dans le ventre, ta gorge se serre, et les mots ne sortent pas. Ou alors tu dis « oui » alors que tu penses « non », parce que la peur du conflit ou du rejet est plus forte que ta volonté consciente. Ce phénomène, c’est ce que j’appelle le pilote automatique.
« L’assertivité n’est pas un savoir, c’est un état. Tu peux connaître toutes les techniques du monde, si ton système nerveux est en alerte rouge au moment de les utiliser, elles resteront dans ta tête. »
L’hypnose ericksonienne et l’IFS (Internal Family Systems) travaillent précisément sur ce pilote automatique. Elles vont chercher la partie de toi qui a appris, souvent dans l’enfance, qu’il était dangereux de s’affirmer. Peut-être que tu as grandi dans un environnement où exprimer ton désaccord était puni, ignoré, ou source de tensions. Ton cerveau a alors créé une stratégie de survie : se taire pour rester en sécurité. Aujourd’hui, cette stratégie est devenue obsolète, mais elle s’active encore par réflexe.
Le coaching classique, lui, part du principe que tu es déjà capable de t’affirmer, mais que tu manques de pratique ou de cadre. Il va t’aider à construire des scénarios, à répéter, à te fixer des objectifs. C’est très utile si ton blocage est lié à un manque d’entraînement ou à une croyance du type « je ne sais pas quoi dire ». Mais si la peur est viscérale, si tu sens ton cœur battre à cent à l’heure rien qu’en imaginant dire non à ton chef, le coaching seul risque de te donner des outils que tu n’arriveras pas à utiliser sur le terrain.
Je vais te donner un exemple anonymisé, mais très représentatif de ce que je vois en consultation. Un homme d’une quarantaine d’années, cadre commercial, vient me voir. Il est performant dans son travail, mais il n’arrive pas à dire non à ses collègues. Il accumule les tâches, déprime, et commence à avoir des symptômes d’épuisement. Il a déjà essayé des formations en communication, lu des livres sur l’affirmation de soi. Ça marche sur le moment, mais dès qu’il est en situation réelle, c’est la panique.
En séance d’hypnose, je ne lui ai pas appris de technique. Je l’ai invité à se reconnecter à son corps, à observer cette sensation d’oppression dans sa poitrine quand on lui demande un service. Sous hypnose, cette sensation s’est transformée en une image : celle d’un enfant assis à une table de dîner, terrifié à l’idée de contrarier son père. En IFS, on appelle ça une « partie protectrice » : une stratégie ancienne qui a été utile à un moment, mais qui aujourd’hui sabote ta vie.
Nous avons dialogué avec cette partie. Pas pour la combattre, mais pour la remercier d’avoir protégé cet enfant, et lui montrer que l’adulte d’aujourd’hui n’est plus en danger. Ce travail prend du temps – généralement plusieurs séances – mais il transforme la relation à la peur. La prochaine fois que ce cadre a dû refuser une mission, il a senti la boule dans son ventre, mais elle n’avait plus la même intensité. Il a pu respirer, et dire : « Je ne peux pas, je suis déjà sur plusieurs dossiers. » Sans agressivité, sans justification excessive. Juste un fait.
Ce que fait l’hypnose ici, ce n’est pas de te donner une technique. C’est de modifier la réponse émotionnelle automatique. Ton cerveau apprend que s’affirmer n’est plus dangereux. Et ça, aucun livre ne peut le faire à ta place.
Pourtant, l’hypnose n’est pas magique. Elle ne va pas te transformer en une personne extravertie du jour au lendemain. Elle va libérer la voie, mais c’est à toi de marcher dessus. C’est là que l’approche peut être combinée avec du coaching, ou simplement avec ta propre pratique quotidienne. Mais je reparlerai de combinaison plus tard.
Le coaching classique, lui, est très efficace pour structurer le changement. Un bon coach va t’aider à :
Ces outils sont puissants. Ils te donnent un cadre, une feuille de route. Beaucoup de personnes que j’ai suivies en coaching ont gagné en assertivité simplement parce qu’elles avaient un plan et un compte rendu hebdomadaire. Le fait de savoir qu’elles devaient me rendre des comptes les poussait à oser.
Mais le coaching a une limite : il suppose que tu es prêt à agir. Si la peur est trop forte, tu vas trouver des excuses. Tu vas reporter le jeu de rôle, ou tu vas le faire en mode « automatique » sans vraiment t’engager. Le coach peut te motiver, te recadrer, mais il ne peut pas désactiver le pilote automatique à ta place. C’est un peu comme donner une carte routière à quelqu’un qui a peur de prendre le volant. La carte est utile, mais si la phobie est là, elle ne suffit pas.
« Le coaching te donne la boussole, l’hypnose te libère les mains. Les deux sont précieux, mais ils n’agissent pas sur le même étage du problème. »
Un autre cas concret : une femme, responsable d’équipe, vient pour un coaching sur l’assertivité. Elle sait qu’elle doit recadrer un employé qui ne respecte pas les délais. En séance, elle répète son discours, elle est prête. Mais le jour J, elle n’y arrive pas. Elle se dit : « Je vais attendre la semaine prochaine, ce n’est pas le bon moment. » Le coaching a échoué non pas par manque de préparation, mais parce qu’une partie d’elle, inconsciente, associe le recadrage à un conflit violent. Cette association, l’hypnose peut l’adoucir.
Comment savoir si ton problème d’assertivité relève plutôt d’un blocage émotionnel (hypnose) ou d’un manque de technique (coaching) ? Voici quelques questions à te poser honnêtement :
Quand tu penses à t’affirmer, ressens-tu une réaction physique forte ? (cœur qui s’emballe, mains moites, ventre noué, voix qui tremble). Si oui, c’est un signal que ton système nerveux est activé. L’hypnose peut apaiser cette réponse.
As-tu déjà essayé des techniques de communication sans succès durable ? Si tu as lu des livres, fait des formations, mais que ça ne tient pas dans la durée, c’est que le problème n’est pas dans ta tête, mais dans ton corps et tes automatismes.
Y a-t-il des situations spécifiques où tu bloques plus que d’autres ? Par exemple, tu peux t’affirmer avec tes amis, mais pas avec ton chef, ou avec ta famille, mais pas avec des inconnus. Ces différences révèlent souvent des histoires personnelles liées à des figures d’autorité ou à des rôles familiaux.
As-tu tendance à te justifier ou à t’excuser après avoir dit non ? Si tu passes des heures à culpabiliser ou à expliquer pourquoi tu as refusé, c’est qu’il y a une croyance profonde du type « je n’ai pas le droit de dire non » ou « les autres vont m’en vouloir ».
Est-ce que tu ressens une colère ou une frustration accumulée ? Parfois, l’incapacité à s’affirmer crée un sentiment d’injustice qui monte jusqu’à l’explosion. L’hypnose peut aider à exprimer cette colère de manière saine, sans passer par l’agressivité.
Si tu réponds oui à plusieurs de ces questions, il y a de fortes chances que ton assertivité soit bloquée par des mécanismes inconscients. L’hypnose ericksonienne et l’IFS sont alors des alliés de choix. Je ne dis pas que le coaching est inutile, mais qu’il sera plus efficace après avoir travaillé sur le terrain émotionnel.
À l’inverse, le coaching peut être suffisant si :
Le coaching, c’est aussi très utile pour la préparation mentale sportive. Quand j’accompagne des coureurs ou des footballeurs, je leur donne des routines, des techniques de respiration, des scénarios de match. Mais si un athlète a une peur panique de l’échec, je vais d’abord travailler ça en hypnose avant de lui donner des outils de performance.
La bonne nouvelle, c’est que tu n’as pas à choisir exclusivement. Beaucoup de mes clients combinent les deux. On commence par quelques séances d’hypnose pour désactiver les blocages les plus profonds, puis on bascule sur du coaching pour construire des compétences et les ancrer dans le quotidien. D’autres préfèrent faire un premier travail en coaching, et quand ils se heurtent à un mur émotionnel, ils viennent pour de l’hypnose. Il n’y a pas de parcours unique.
Que tu choisisses l’hypnose, le coaching, ou les deux, voici trois choses que tu peux faire dès maintenant pour commencer à changer ton rapport à l’affirmation de toi.
1. Observe sans juger. Pendant une semaine, note les situations où tu n’oses pas t’affirmer. Ne cherche pas à changer, juste à observer. Quel est le contexte ? Qui est en face ? Qu’est-ce que tu ressens dans ton corps ? Cette observation va te donner des indices précieux sur le schéma répétitif.
2. Exerce-toi dans des situations à faible enjeu. Ne commence pas par refuser une mission à ton patron. Commence par dire non à un vendeur insistant au téléphone, ou par exprimer ton choix dans un restaurant sans te justifier. Ces petites victoires reprogramment ton cerveau.
3. Utilise la technique du « surlignage ». Avant une réunion ou un entretien, prends 30 secondes pour visualiser mentalement la situation. Imagine-toi en train de parler calmement, sans peur. Cette visualisation, que j’utilise aussi en préparation mentale sportive, active les mêmes circuits neuronaux que l’action réelle. C’est une forme d’auto-hypnose simple.
Si tu es arrivé jusqu’ici, c’est que cette question de l’assertivité te touche personnellement. Peut-être que tu en as assez de te sentir invisible, ou au contraire de t’épuiser à dire oui à tout. Peut-être que tu as déjà essayé des choses, et que tu es un peu découragé.
Je vais te dire ce que je dis à mes clients : tu n’es pas faible, tu n’es pas nul(le) en communication. Tu as simplement appris, à un moment de ta vie, qu’il était plus sûr de te taire. Cette stratégie t’a peut-être protégé, mais aujourd’hui elle te limite. La bonne nouvelle, c’est que tu peux la rééduquer. Que ce soit par l’hypnose, le coaching, ou une combinaison des deux, le changement est possible.
Si tu sens que le pilote automatique est trop fort, que tu as besoin d’un accompagnement pour le désactiver, je suis là pour ça. Je ne te promets pas de résultats magiques, mais je te promets un cadre sécurisé, des outils concrets, et un regard honnête sur ce qui se joue pour toi. Tu peux prendre rendez-vous pour une consultation, ou simplement m’écrire si tu as des questions. Parfois, le premier pas, c’est juste d’oser parler de ce qui ne va pas. Tu as déjà fait le plus difficile : reconnaître que tu veux changer.
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
Prendre contactDes affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Reconnaître les indices d'un passé qui refait surface.
Des outils concrets pour des échanges plus sereins.
Parlons-en — premier échange, sans engagement.