3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Arrêtez de dire oui à tout pour être accepté.
Vous arrive-t-il de dire « oui » alors que tout votre corps crie « non » ? De prendre un dossier supplémentaire alors que votre planning déborde déjà, juste parce que votre collègue vous a regardé avec cet air fatigué ? D’accepter de rester tard, encore une fois, pour finaliser ce projet qui n’est pas le vôtre, en vous disant que c’est pour la bonne ambiance, pour l’équipe, pour ne pas décevoir ?
Si vous vous reconnaissez, vous n’êtes pas seul. Chaque semaine, dans mon cabinet à Saintes, je reçois des hommes et des femmes intelligents, compétents, souvent même brillants dans leur métier, qui viennent me dire la même chose : « Je n’arrive pas à dire non. » Pas par incapacité technique, mais parce que dire non déclenche en eux une vague de culpabilité, d’angoisse, et la peur panique d’être rejeté, jugé comme égoïste ou comme un mauvais collègue.
Le piège est redoutable. On vous a appris, souvent depuis l’enfance, que pour être aimé, il faut être utile, fiable, arrangeant. Alors vous êtes devenu ce collègue parfait : celui sur qui on peut compter, celui qui ne se plaint jamais, celui qui ramasse les miettes. Sauf qu’à force de tout donner, il ne reste plus rien pour vous. L’épuisement s’installe, l’amertume grandit, et un jour, vous réalisez que vous en voulez aux autres de profiter de vous. Mais le plus dur, c’est que vous vous en voulez surtout à vous-même de ne pas avoir su poser vos limites.
L’hypnose ericksonienne, combinée à l’IFS (Internal Family Systems) et à l’Intelligence Relationnelle, offre une sortie de ce piège. Non pas en vous transformant en robot froid et insensible, mais en vous libérant de la culpabilité qui vous paralyse. Vous pouvez apprendre à dire non avec douceur, à rester un bon collègue sans vous sacrifier. Et ça commence par comprendre ce qui se joue vraiment en vous.
Commençons par un constat qui va peut-être vous bousculer : votre incapacité à dire non n’est pas un défaut de caractère. C’est une stratégie de survie. Une stratégie que vous avez développée, probablement très jeune, pour vous sentir en sécurité dans vos relations.
Prenons l’exemple de Claire, une responsable marketing que j’ai accompagnée l’an dernier. Brillante dans son travail, appréciée de tous, elle était pourtant au bord du burn-out. Chaque fois qu’un collègue lui demandait de l’aide, elle disait oui, même si cela signifiait travailler le soir et le week-end. Quand je lui ai demandé ce qui se passait en elle au moment de la demande, elle m’a répondu : « C’est plus fort que moi. Une espèce d’urgence intérieure. Si je dis non, je vais passer pour une égoïste, et plus personne ne voudra travailler avec moi. »
Ce qu’elle décrivait, c’est ce que l’on appelle, en IFS, une « partie protectrice ». Cette partie a pris les commandes de sa vie professionnelle. Son rôle ? La protéger du rejet et de l’abandon. Pour elle, dire « oui » était devenu une condition sine qua non pour être acceptée. Cette partie était convaincue que sa valeur dépendait de son utilité.
Le problème, c’est que cette partie ne fait pas la différence entre une situation professionnelle normale et un abus. Elle réagit de la même manière, avec la même urgence, face à une demande légitime et face à une sollicitation abusive. Et à force de la laisser piloter, la personne s’épuise, tout en nourrissant une colère sourde contre ceux qu’elle aide.
L’hypnose ericksonienne permet d’entrer en contact avec cette partie, non pas pour la combattre, mais pour comprendre sa bonne intention. Car oui, même ce comportement qui vous épuise a une intention positive : vous protéger de la souffrance du rejet. Le travail ne consiste pas à arracher ce réflexe, mais à le rassurer, à lui montrer qu’il existe d’autres façons de créer du lien et d’être apprécié.
« La culpabilité n’est pas un signal d’alarme qui vous dit que vous avez mal agi. C’est souvent le cri d’une partie de vous qui a peur de perdre l’amour des autres si vous cessez de vous oublier. »
La culpabilité est une émotion sociale puissante. Elle est conçue pour nous maintenir en harmonie avec le groupe. Dans la préhistoire, être exclu de la tribu signifiait la mort. Votre cerveau n’a pas évolué assez vite pour faire la différence entre un rejet tribal et le fait de refuser un café à un collègue. Pour lui, le risque est le même : l’exclusion.
Mais il y a une nuance cruciale que j’observe chez les personnes qui souffrent de ce piège. Ce n’est pas la culpabilité « saine » qui est en jeu. Celle-ci vous alerte quand vous avez réellement causé un tort. Non, il s’agit d’une culpabilité toxique, anticipatoire. Celle qui surgit avant même d’avoir dit non. C’est une culpabilité qui vous dit : « Si tu poses cette limite, tu es une mauvaise personne. »
Cette culpabilité est souvent alimentée par des croyances profondes, installées depuis l’enfance. En voici quelques-unes que j’entends régulièrement en séance :
Ces croyances ne sont pas des vérités absolues. Ce sont des programmes mentaux que vous avez installés, souvent pour survivre émotionnellement dans un environnement familial ou scolaire où l’amour et la reconnaissance étaient conditionnés à votre performance ou à votre docilité.
L’hypnose permet d’accéder à l’origine de ces croyances. Pas pour revivre la scène douloureusement, mais pour la revisiter avec les ressources de l’adulte que vous êtes aujourd’hui. Vous pouvez alors, en état de conscience modifiée, faire le tri entre ce qui était vrai pour l’enfant que vous étiez et ce qui est vrai pour l’adulte que vous êtes devenu. La culpabilité toxique perd alors son emprise, car vous comprenez qu’elle n’est plus nécessaire à votre survie.
L’IFS, ou thérapie des systèmes familiaux internes, repose sur une idée simple et puissante : votre esprit n’est pas monolithique. Il est composé de différentes « parties », chacune avec sa propre personnalité, ses émotions, et sa stratégie pour vous protéger.
Dans le contexte du « bon collègue », on trouve généralement trois parties principales :
Le Protecteur « Oui » : C’est la partie qui dit oui automatiquement. Elle est rapide, efficace, et son seul objectif est d’éviter le conflit et le rejet. Elle pense qu’en étant agréable et serviable, elle vous garde en sécurité. Elle est souvent épuisée, mais elle ne connaît pas d’autre méthode.
L’Exilé « Pas assez bien » : C’est la partie que le Protecteur essaie de cacher à tout prix. C’est une partie plus jeune, qui porte une blessure ancienne : celle de ne pas se sentir aimable pour ce que l’on est, mais seulement pour ce que l’on fait. Elle est remplie de honte et de peur de l’abandon. Le Protecteur « Oui » travaille sans relâche pour que personne ne voit cet Exilé.
Le Manager « Parfait » : Cette partie fixe des standards très élevés. Elle vous dit que vous devez être irréprochable, compétent, et toujours disponible. Elle vous pousse à en faire toujours plus pour éviter la critique et le jugement. Elle est en conflit permanent avec votre fatigue et vos vrais besoins.
L’hypnose ericksonienne est un outil idéal pour dialoguer avec ces parties. L’état hypnotique n’est pas un état de sommeil ou de perte de contrôle. C’est un état de conscience focalisée et détendue, où votre critique intérieur s’apaise, et où vous pouvez entrer en contact avec votre monde interne avec plus de clarté et de compassion.
En séance, je guide les personnes vers cet état. Puis, nous invitons le Protecteur « Oui » à se présenter. Nous le remercions pour son travail. Nous reconnaissons qu’il a fait de son mieux pour protéger la personne. Souvent, à ce moment-là, des larmes de soulagement coulent. Le Protecteur n’a jamais été remercié ; il a seulement été critiqué pour son excès de zèle.
Ensuite, nous pouvons, avec l’autorisation du Protecteur, entrer en contact avec l’Exilé. Nous allons vers cette partie qui souffre, non pas pour la forcer à guérir, mais pour l’écouter, la comprendre, et lui apporter la présence et la sécurité dont elle a manqué. L’hypnose permet de « reparentaliser » cette partie, de lui dire ce qu’elle avait besoin d’entendre : « Tu n’as pas besoin de mériter l’amour. Tu es aimable juste parce que tu es là. »
Lorsque l’Exilé est soulagé, le Protecteur peut lâcher prise. Il n’a plus besoin de dire oui à tout pour protéger cette blessure. Une nouvelle partie, plus sage et plus équilibrée, peut alors émerger : votre Self, votre centre calme et confiant. C’est depuis ce Self que vous pourrez dire non, sans culpabilité, et oui, sans vous oublier.
L’hypnose et l’IFS préparent le terrain intérieur. Mais il faut aussi des outils concrets pour le terrain extérieur. C’est là qu’intervient l’Intelligence Relationnelle. Beaucoup de mes clients me disent : « D’accord, je comprends pourquoi je dis oui, mais je ne sais pas comment dire non sans être maladroit ou blessant. »
La bonne nouvelle, c’est que dire non est une compétence qui s’apprend. Et contrairement à ce que vous pensez, un « non » clair et posé peut même renforcer la relation, car il installe de la clarté et du respect mutuel.
Voici quelques principes simples que j’enseigne à mes clients, en complément du travail hypnotique :
Prenez un temps avant de répondre. La pression est votre pire ennemie. Quand on vous demande quelque chose, dites : « Laisse-moi vérifier mon planning et je te reviens dans 10 minutes. » Ce simple délai coupe le réflexe automatique du Protecteur « Oui ». Vous reprenez le contrôle.
Utilisez le « non » sandwich. Commencez par une phrase de connexion, dites votre non clairement, puis terminez par une phrase de bienveillance.
Expliquez votre raison sans vous justifier. Il y a une nuance subtile mais cruciale entre expliquer et se justifier. Expliquer, c’est donner de l’information pour faciliter la compréhension. Se justifier, c’est supplier l’autre de comprendre pour ne pas être puni.
Proposez une alternative (si vous le voulez vraiment). Cela montre que vous êtes toujours un joueur d’équipe, mais à vos conditions. « Je ne peux pas faire ce rapport, mais je peux te relire le tien si tu veux. » « Je ne peux pas rester tard ce soir, mais je peux arriver 30 minutes plus tôt demain. »
L’Intelligence Relationnelle, c’est l’art de danser avec l’autre sans perdre votre équilibre. Et pour cela, il faut connaître votre poids, vos limites, votre centre de gravité. L’hypnose vous aide à retrouver ce centre.
Avant de conclure, je voudrais vous donner quelques indicateurs concrets pour savoir si vous êtes, vous aussi, dans ce piège du « bon collègue ». Ce ne sont pas des diagnostics, mais des signaux d’alarme.
Si vous cochez plusieurs de ces cases, vous êtes probablement en train de confondre être un bon collègue avec être un pompier de service. Vous avez pris un rôle qui n’est pas le vôtre.
L’hypnose, l’IFS et l’Intelligence Relationnelle ne vont pas faire de vous quelqu’un d’égoïste. Au contraire. Elles vont vous permettre d’être un meilleur collègue, mais de manière durable. Parce qu’une personne qui sait dire non quand c’est nécessaire est une personne qui a de l’énergie à donner quand c’est vraiment important. C’est une personne respectée, car elle se respecte elle-même.
Le chemin commence par une prise de conscience : votre culpabilité n’est pas une vertu, c’est un boulet. Et vous avez le droit de poser ce boulet. Vous avez le droit d’exister dans votre travail sans avoir à vous justifier d’exister.
Je ne vais pas vous promettre qu’un seul article changera des années de conditionnement. Mais je veux vous laisser avec quelque chose de concret, une expérience que vous pouvez tenter dès aujourd’hui.
La prochaine fois que quelqu’un vous fait une demande et que vous sentez cette boule au ventre, cette urgence à dire oui, faites une pause. Juste une respiration. Une seule.
Puis, posez-vous cette question intérieure, comme si vous parliez à un ami : « Qu’est-ce que je ressens vraiment, là, maintenant ? Est-ce que j’ai l’énergie ? L’envie ? Le temps ? »
Et si la réponse est non, dites simplement : « Je vais y réfléchir et je te reviens. » C’est tout. Vous n’avez pas à donner une réponse tout de suite. Vous reprenez le contrôle de votre temps.
Ce simple geste est un premier pas pour dire à votre Protecteur « Oui » : « Je te vois, je te remercie, mais maintenant, je peux gérer. »
Le piège du « bon collègue » est silencieux. Il se nourrit de vos bonnes intentions et vous enferme dans un rôle qui finit par vous étouffer. Vous méritez d’être apprécié pour qui vous êtes, pas seulement pour ce que vous donnez.
Si vous sentez que ce mécanisme est trop ancré, trop puissant pour être changé seul, sachez que vous n’avez pas à le faire. Un accompagnement avec un praticien peut vous offrir un espace sécurisé pour explorer ces parties de vous, les libérer de leur fardeau, et apprendre à dire non avec la même douceur que vous savez dire oui.
Je vous reçois à Saintes, en consultation individuelle, pour un travail sur mesure qui mêle l’hypnose, l’IFS et les outils concrets de l’Intelligence Relationnelle. C’est un chemin exigeant, mais profondément libérateur.
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À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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