3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Un chemin simple et concret pour retrouver l'harmonie.
Tu arrives chez toi après une journée déjà longue. Tu poses tes clés, tu souffles. Et là, sans vraiment savoir pourquoi, une remarque fuse. Ou un silence. Un regard. Et toi, tu sens cette boule se former dans ton ventre. Tout s’emballe : le mental part en vrille, le corps se tend, et la conversation que tu espérais paisible vire au conflit ou au repli.
Je vois ça chaque semaine dans mon cabinet à Saintes. Des adultes intelligents, sensibles, qui veulent sincèrement bien faire, mais qui se retrouvent piégés dans des schémas relationnels répétitifs. Avec leur conjoint, leurs enfants, leurs collègues ou leurs amis. Parce que la relation à l’autre, c’est souvent là que notre blessure se réveille.
La bonne nouvelle ? On peut sortir de ces boucles sans avoir à se refaire une personnalité. Pas besoin de devenir quelqu’un de calme ou de parfait. Il suffit d’un protocole simple, concret, que j’ai construit au fil de ma pratique en hypnose ericksonienne, en IFS (Internal Family Systems) et en Intelligence Relationnelle. Je l’appelle le protocole en 3 étapes pour des relations apaisées.
Attention : ce n’est pas une baguette magique. Ça ne va pas faire disparaître les désaccords ou les émotions fortes. Mais ça va te donner une structure pour ne plus être submergé quand le tsunami relationnel arrive. Pour reprendre le gouvernail.
Alors je te propose qu’on marche ensemble sur ce chemin. Pas à pas.
Avant de plonger dans les étapes, arrêtons-nous une minute sur le pourquoi. Pourquoi, alors qu’on veut une relation harmonieuse, on finit par crier, se taire ou fuir ?
La réponse est simple et inconfortable : notre cerveau n’est pas fait pour la paix relationnelle. Il est fait pour la survie. Depuis la préhistoire, un regard fâché dans la tribu pouvait signifier l’exclusion ou la mort. Alors ton système nerveux a développé des réflexes ultra-rapides pour te protéger. Face à une tension, il active trois options : combattre, fuir ou se figer.
Le problème ? Aujourd’hui, le regard fâché de ton conjoint après une remarque maladroite n’est pas un tigre aux dents acérées. Mais ton corps réagit comme si c’en était un. Le cœur s’accélère, les muscles se tendent, la pensée rationnelle se ferme. Et toi, tu te retrouves à dire des choses que tu regrettes, ou à te murer dans un silence qui blesse.
C’est ce que j’appelle le mode survie relationnel. On n’est plus en lien avec l’autre. On est en lien avec notre peur.
L’hypnose ericksonienne m’a appris une chose essentielle : on peut reprogrammer ces réponses automatiques. Pas en luttant contre, mais en les accueillant et en leur offrant une nouvelle voie. Le protocole que je vais te décrire fait exactement ça. Il te redonne le choix là où tu ne voyais plus que des réactions.
Blockquote : « Ce n’est pas la situation qui crée le conflit. C’est l’état interne dans lequel tu arrives. Un état apaisé ne supprime pas le désaccord, il le transforme en dialogue. »
La première étape est la plus cruciale. Sans elle, les deux suivantes sont inutiles. Il s’agit de développer ta capacité à reconnaître les signaux précoces d’une réaction de survie.
Imagine cette scène : tu es en réunion. Un collègue fait une remarque que tu perçois comme une critique. Avant même que tu aies le temps de penser, tu sens une chaleur monter dans ta poitrine. Ta mâchoire se serre. Ta respiration devient courte. Tu es sur le point de répondre de façon cinglante ou de te replier dans un silence glacial.
À ce moment précis, tu as une fenêtre de tir d’environ 10 à 30 secondes. C’est la seule opportunité d’intervenir avant que le mode survie ne prenne les commandes.
Comment faire ?
Scanne ton corps. Pose-toi la question : Où est-ce que je sens la tension dans mon corps ? Est-ce dans les épaules ? Le ventre ? La gorge ? Les mains ? Les signaux sont physiques. Apprends à les nommer. Par exemple : « Je sens une boule dans l’estomac », « Ma nuque est raide », « Mes poings se serrent ».
Nomme l’émotion. Une fois le signal corporel repéré, donne-lui un nom. Pas besoin d’être précis. « Colère », « Peur », « Tristesse », « Honte ». Parfois c’est juste une vague sensation de « pas bien ». Ça suffit. Le simple fait de nommer désactive une partie de l’alarme. C’est ce que les neurosciences appellent le labeling affectif.
Respire une seule fois. Pas une grande respiration profonde et forcée. Juste une inspiration lente, puis une expiration un peu plus longue. Ça envoie un signal à ton système nerveux : « On n’est pas en danger de mort immédiat. »
Prenons un exemple réel, anonymisé. Un patient que j’accompagne – appelons-le Julien – avait une relation tendue avec son père. Chaque fois que son père faisait une remarque sur son travail, Julien sentait une boule dans la gorge et une envie de claquer la porte. Il n’arrivait jamais à dire ce qu’il voulait. En apprenant à reconnaître cette boule comme le signal de la colère, il a gagné un temps précieux. Il pouvait dire : « Je sens que je monte. J’ai besoin d’une minute. » Il quittait la pièce, soufflait, puis revenait. Résultat ? Moins d’escalade, plus de dialogues possibles.
L’étape 1, c’est l’art de remarquer la météo intérieure. Comme un marin qui sent le vent changer avant la tempête. Tu ne peux pas contrôler le vent, mais tu peux ajuster les voiles.
Maintenant que tu as repéré la tempête, la tentation naturelle est de vouloir la chasser. De te dire : « Je ne devrais pas ressentir ça. Je suis nul. Pourquoi je réagis comme ça ? »
Stoppe-toi. Cette autocritique est le meilleur moyen d’alimenter le feu. Ce que tu combats persiste. C’est un des principes de l’IFS que j’utilise en cabinet : chaque réaction émotionnelle est une partie de toi qui essaie de t’aider, même si elle le fait maladroitement.
La colère qui monte ? C’est peut-être une partie qui veut te protéger d’une humiliation. La peur qui te glace ? Celle qui veut t’éviter un conflit trop douloureux. Le repli silencieux ? Celui qui a appris que parler ne servait à rien.
Dans cette deuxième étape, tu ne vas pas lutter. Tu vas accueillir.
Comment faire concrètement ?
Pose une intention douce. Dans ta tête, ou à voix basse si tu es seul, dis quelque chose comme : « Je vois que tu es là, partie colère. Je te remercie d’essayer de me protéger. Je suis là. » Ou : « Je sens cette peur. Elle a une bonne raison d’être là. Je l’accueille. »
Donne-lui un espace. Imagine que cette partie prend une forme. Peut-être un enfant qui serre les poings, une boule d’énergie rouge, un personnage qui crie. Ne cherche pas à la changer. Regarde-la, simplement. Dans l’hypnose ericksonienne, on appelle ça la dissociation bienveillante : tu observes ce qui se passe en toi sans t’y confondre.
Demande-lui ce dont elle a besoin. Pas pour agir immédiatement, mais pour comprendre. « Qu’est-ce que tu as peur qu’il se passe si je ne réagis pas ? » Souvent, la réponse est : « Peur d’être rejeté », « Peur de perdre le contrôle », « Peur de ne pas être aimé ». En entendant ça, tu passes de la réaction à la compassion pour toi-même.
Un exemple marquant : une patiente, Sophie, vivait une relation très conflictuelle avec sa mère. Chaque appel téléphonique la laissait vidée. En explorant avec l’IFS, on a découvert une partie d’elle, une petite fille de 8 ans, qui avait peur de décevoir sa mère. Cette partie réagissait avec une colère explosive pour se protéger. En accueillant cette petite fille, en lui disant : « Je te vois, tu as peur, c’est normal », Sophie a pu calmer l’alarme. Elle ne s’identifiait plus à la colère. Elle pouvait choisir une réponse plus posée.
Cette étape est un changement de paradigme. On passe de « Je suis en colère » à « Une partie de moi est en colère ». La différence est immense. Tu n’es plus la tempête. Tu es le ciel qui contient la tempête.
Blockquote : « Accueillir une émotion ne signifie pas la laisser te diriger. C’est au contraire le seul moyen de ne plus être dirigé par elle. »
Les deux premières étapes t’ont offert une pause. Tu as reconnu le signal. Tu as accueilli la partie. Maintenant, tu peux enfin choisir ce que tu fais.
C’est là que l’Intelligence Relationnelle entre en jeu. Il ne s’agit pas d’être « gentil » ou de tout accepter. Il s’agit de répondre en fonction de ce qui est juste pour toi et pour la relation, et non en fonction de la peur du moment.
Les options possibles :
Exprimer ton ressenti sans accuser. Utilise le « je » plutôt que le « tu ». Exemple : « Quand tu dis ça, je me sens blessé. J’ai besoin d’un moment pour comprendre ce qui se passe. » Au lieu de : « Tu es toujours en train de me critiquer ! » La première formulation ouvre une porte. La seconde la ferme.
Poser une limite claire. Parfois, la relation a besoin d’un cadre. « Je ne peux pas continuer cette conversation si on crie. Je propose qu’on reprenne dans 10 minutes. » Ou : « Ce sujet est sensible pour moi. Je préfère qu’on en parle calmement plus tard. » Une limite posée calmement est plus respectée qu’une limite posée en criant.
Demander ce dont tu as besoin. « J’ai besoin de me sentir entendu. Est-ce que tu peux me dire ce que tu as compris de ce que je viens de dire ? » Ou : « J’ai besoin d’un peu de temps pour réfléchir avant de répondre. »
Accepter de ne pas être d’accord. La paix relationnelle ne signifie pas l’unanimité. On peut coexister avec des opinions différentes. « Je comprends ton point de vue, même si je ne le partage pas. On peut rester en lien malgré ça. »
L’erreur classique à éviter : croire que choisir une réponse, c’est tout de suite dire la chose parfaite. Non. Parfois, la meilleure réponse, c’est le silence. Ou un simple : « Je ne sais pas quoi dire maintenant. » L’important, c’est d’avoir fait une pause et d’avoir choisi, au lieu de subir.
Je pense à Marc, un sportif que j’accompagne en préparation mentale. Sur le terrain, face à un arbitre qui prenait des décisions qu’il jugeait injustes, il explosait. En appliquant ce protocole, il a appris à reconnaître la montée de frustration (étape 1), à accueillir la partie qui voulait « justifier » (étape 2), puis à choisir : il prenait une grande inspiration, se tournait, et se concentrait sur le jeu. Résultat ? Moins de cartons, plus de performance, et une meilleure relation avec ses coéquipiers.
Dans une relation de couple, ça peut être aussi simple que : « J’ai besoin d’un câlin, pas d’une solution tout de suite. » Ou : « Je sens que je monte. Je vais faire un tour et on en reparle dans 20 minutes. »
L’étape 3, c’est l’art de la réponse ajustée. Ni agressive, ni soumise. Juste alignée.
Un protocole, c’est bien. Le mettre en pratique, c’est mieux. Mais je sais que la théorie et la réalité sont souvent éloignées. Alors voici des pistes concrètes pour ancrer ces trois étapes.
1. Commence par les petites tensions. N’attends pas le conflit majeur. Entraîne-toi sur les micro-frictions : un commentaire agaçant d’un collègue, une impatience avec un enfant, une contrariété dans les embouteillages. C’est là que tu vas muscler ton réflexe.
2. Crée un rituel d’auto-observation. Chaque soir, prends 2 minutes pour noter : Quand ai-je senti une réaction de survie aujourd’hui ? Comment mon corps a-t-il réagi ? Qu’est-ce que j’ai choisi de faire ? Sans jugement. Juste pour apprendre.
3. Utilise un mot déclencheur. Choisis un mot simple, comme « pause », « souffle » ou « calme ». Quand tu sens le signal corporel, prononce-le dans ta tête ou à voix basse. Ça te reconnecte à l’intention de faire la première étape.
4. Pratique l’hypnose courte en situation. Si tu es seul, ferme les yeux 30 secondes. Visualise une scène où tu as réagi calmement. Ressens les sensations dans ton corps. L’hypnose ericksonienne utilise ces ancrages pour que le cerveau associe la situation à une réponse apaisée.
5. Sois indulgent avec toi-même. Tu vas rater. Tu vas oublier. Tu vas retomber dans des vieux schémas. C’est normal. Ce n’est pas un échec, c’est une donnée. Chaque fois que tu remarques que tu es en réaction, tu as déjà fait l’étape 1. Bravo.
Blockquote : « Le progrès n’est pas linéaire. Chaque retour à la conscience est une victoire, même si tu as déjà dit la parole de trop. »
Je veux être honnête avec toi. Ce protocole n’est pas une solution miracle.
Il ne va pas :
Ce qu’il va faire :
Parfois, malgré tout, une relation reste toxique ou impossible. Dans ce cas, le protocole t’aidera à reconnaître que tu as le droit de t’éloigner. La paix intérieure peut aussi passer par la distance.
Tu vois, ce protocole en 3 étapes – reconnaître, accueillir, choisir – n’est pas une invention sortie d’un laboratoire. C’est le fruit de ce que j’observe chaque jour dans mon cabinet : des personnes comme toi qui, en apprenant à danser avec leurs émotions, transforment leurs relations.
Pas besoin d’être un expert en hypnose ou en psychologie. Tu as juste besoin d’une intention et d’un peu de pratique. Commence aujourd’hui. La prochaine fois que tu sens cette tension monter, arrête-toi. Un souffle. Un regard à l’intérieur. Et choisis.
Si tu sens que tu as besoin d’un accompagnement plus personnalisé, je suis là. On peut explorer ensemble ce qui se joue dans tes relations, avec l’hypnose ericksonienne, l’IFS ou l’Intelligence Relationnelle. Pas pour te changer, mais pour te libérer de ce qui t’empêche d’être en paix avec toi-même et avec les autres
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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