3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Comprendre l'origine inconsciente de vos conflits répétitifs.
Vous êtes dans votre salon. La scène est banale : vous parlez de l’organisation du week-end, de la vaisselle qui traîne ou d’un ton de voix que vous trouvez sec. Et soudain, c’est comme si un bouton s’enclenchait. Vous dites des choses que vous regrettez, votre partenaire se ferme ou riposte, et vous vous retrouvez au cœur du même conflit que la semaine dernière, le mois dernier, l’année dernière. Le décor change, les mots sont à peine différents, mais le cœur de la dispute est identique. Vous vous promettez pourtant de ne pas recommencer. Vous avez même essayé de communiquer « mieux », de poser des mots sur votre ressenti. Mais ça revient. Comme un disque rayé qui repasse sans cesse au même endroit.
Je vois ce schéma tous les jours dans mon cabinet à Saintes. Des couples intelligents, aimants, qui se demandent pourquoi ils s’épuisent dans les mêmes scénarios. La réponse n’est pas dans un manque de bonne volonté ou d’amour. Elle est ailleurs, plus discrète, plus profonde. Elle se niche dans ce que j’appelle des programmes inconscients. Ces réactions automatiques, forgées bien avant votre rencontre, qui dictent vos comportements sans que vous le sachiez. Dans cet article, je vais vous montrer comment l’hypnose ericksonienne, l’IFS (Internal Family Systems) et l’Intelligence Relationnelle permettent de sortir de ce cercle vicieux. Pas en contrôlant l’autre, mais en comprenant ce qui, en vous, rejoue le même film.
« Ce qui nous rend fous chez l’autre, c’est rarement ce qu’il fait. C’est la blessure ancienne que son geste vient toucher. » — Thierry Sudan
Asseyez-vous un instant. Repensez à votre dernière dispute. Pas celle sur le fond (les courses, l’emploi du temps), mais sur la forme : comment vous êtes-vous senti juste avant que ça n’explose ? Peut-être une boule au ventre, une sensation d’étouffement, ou au contraire une montée de colère brûlante. Ce que vous ressentez n’est pas une réaction à la situation présente. C’est une réaction à quelque chose de plus vieux, que la situation réveille.
Je travaille souvent avec des sportifs de haut niveau, des coureurs et des footballeurs. Quand ils ratent un penalty ou craquent sur un marathon, ce n’est jamais un manque de technique. C’est un programme mental qui s’active : la peur de décevoir, l’exigence parentale intériorisée, un souvenir d’échec. Dans le couple, c’est exactement pareil. Votre dispute n’est pas sur le lait renversé. Elle est sur un besoin fondamental non satisfait dans votre histoire, que votre partenaire touche sans le savoir, comme une sonnette d’alarme.
Prenons un exemple. J’ai reçu un homme, appelons-le Thomas, cadre dynamique, qui se disputait sans cesse avec sa femme sur le fait qu’elle « ne l’écoutait pas vraiment ». À chaque fois qu’elle regardait son téléphone pendant qu’il parlait, il montait dans les tours. Il savait que c’était disproportionné. Mais il ne pouvait pas s’arrêter. En explorant son histoire, on a retrouvé un souvenir : à 7 ans, il racontait sa journée à sa mère, qui lisait son journal sans lever les yeux. Il s’était promis, inconsciemment, qu’on ne l’ignorerait plus jamais. Aujourd’hui, sa femme ne lit pas le journal, elle regarde son téléphone. Mais pour son cerveau, c’est la même scène. Le corps réagit avant la pensée. La dispute est déjà lancée.
Ce mécanisme s’appelle la répétition traumatique. Votre psychisme cherche à rejouer une situation ancienne, non pas pour souffrir, mais pour tenter de la maîtriser cette fois-ci. Sauf que vous rejouez le même rôle, avec le même partenaire, et vous obtenez le même résultat. C’est ça, le script invisible : une chorégraphie que vous connaissez par cœur, mais dont vous ne voyez pas l’origine.
Comment sortir de ce script quand la raison ne suffit pas ? Vous avez déjà essayé de parler calmement, de faire des listes, de prendre du recul. Mais sur le moment, dans l’urgence émotionnelle, tout s’efface. Parce que le conflit ne se joue pas dans votre cerveau pensant, mais dans votre système nerveux. L’hypnose ericksonienne permet d’accéder à cette partie de vous qui réagit sans votre consentement.
Contrairement à l’hypnose de spectacle, l’hypnose ericksonienne est douce, conversationnelle. Elle ne vous endort pas. Elle vous aide à entrer dans un état de conscience modifié où vos défenses rationnelles s’assouplissent. C’est à ce moment-là que vous pouvez revisiter la scène originelle de votre répétition. Pas pour la revivre douloureusement, mais pour la voir avec des yeux d’adulte, avec la ressource que vous n’aviez pas à l’époque.
Imaginez : vous êtes dans cet état de pleine conscience élargie, et vous revoyez la scène de votre enfance où vous avez décidé qu’il ne fallait pas montrer vos émotions, ou qu’il fallait tout contrôler. Vous étiez petit, vous aviez raison sur le moment. Mais aujourd’hui, cette stratégie vous enferme. L’hypnose permet de déposer ce fardeau. Ce n’est pas magique. C’est un travail de reconsolidation de la mémoire : chaque fois que vous revisitez un souvenir avec une nouvelle compréhension, le cerveau le réécrit.
Un patient, Marc, venait pour des disputes récurrentes sur l’argent. Il reprochait à sa femme de dépenser trop, même pour des choses utiles. Sous hypnose, il a retrouvé une scène : son père criant après sa mère pour un achat de chaussures. Il avait 6 ans, il s’était juré de ne jamais être « celui qui fait souffrir par l’argent ». Mais en voulant protéger, il contrôlait. Sa femme se sentait étouffée. En séance, il a pu dire à l’enfant qu’il était : « Ce n’est pas ta faute, tu n’as pas à porter ça. » La dispute sur l’argent a changé de nature. Pas disparu, mais elle n’était plus une guerre. Elle est devenue une discussion.
« L’hypnose ne cache pas le problème. Elle le révèle sous un angle où vous pouvez enfin le regarder sans être brûlé. »
L’hypnose ouvre la porte. L’IFS (Internal Family Systems) vous donne une carte pour ne pas vous perdre dedans. Développé par Richard Schwartz, ce modèle considère que notre psyché est composée de multiples « parties », comme une famille intérieure. Chaque partie a une intention positive, même celles qui semblent destructrices. Dans vos disputes, ce ne sont pas « vous » qui parlez. C’est une partie de vous qui prend le micro.
Reprenons Thomas. Sa colère quand sa femme regarde son téléphone, c’est une partie que j’appelle le Manager ou le Protecteur. Son rôle : éviter à tout prix que Thomas revive l’humiliation d’être ignoré. Cette partie est hypervigilante, elle scanne l’environnement pour détecter le danger. Dès qu’elle voit le téléphone, elle crie, elle accuse, elle fait tout pour que la situation change. Elle est bruyante, mais elle protège une partie plus vulnérable, que l’IFS appelle l’Exilé : le petit garçon de 7 ans, seul et invisible.
Dans vos disputes, vous avez probablement deux ou trois parties qui s’activent. Une partie critique qui juge l’autre (« Tu es toujours en retard »), une partie victime qui se plaint (« Tu ne m’écoutes jamais »), une partie contrôlante qui veut tout organiser. Et en face, votre partenaire a les siennes. Le conflit n’est pas entre vous deux, mais entre vos parties respectives. Une partie contrôle chez vous se heurte à une partie rebelle chez l’autre. Et le cercle s’emballe.
L’IFS vous apprend à ne pas vous identifier à ces parties. Vous n’êtes pas votre colère. Vous êtes celui qui peut l’observer. En séance, je vous guide pour dialoguer avec cette partie : « Qu’est-ce que tu crains, qu’est-ce qui arriverait si tu ne faisais pas ton travail ? » Souvent, la réponse est une peur ancienne : « Si je ne crie pas, il va m’ignorer et je vais disparaître. » En reconnaissant cette peur, vous pouvez rassurer la partie. Lui dire : « Je suis adulte maintenant, je peux gérer cette situation. Tu peux te reposer. » Cela ne se fait pas en un jour. Mais progressivement, la partie se calme. Elle n’a plus besoin de prendre le contrôle.
L’IFS transforme la dispute en une exploration intérieure. Au lieu de vous demander « Pourquoi fait-il/elle ça ? », vous vous demandez « Quelle partie de moi est activée en ce moment ? » Ce simple changement de regard désamorce la moitié de la tension.
Mais comprendre vos parties ne suffit pas si vous restez seul dans votre tête. Il faut aussi un pont vers l’autre. C’est là que l’Intelligence Relationnelle entre en jeu. Développée par des pionniers comme Thomas d’Ansembourg ou Marshall Rosenberg (Communication NonViolente), elle vous donne des outils concrets pour parler depuis votre vécu, sans accuser.
L’erreur classique dans une dispute, c’est de parler de l’autre : « Tu es égoïste », « Tu ne penses qu’à toi ». Même si vous le dites calmement, l’autre se sent attaqué, et ses propres parties protectrices se lèvent. Vous entrez dans un jeu de rôle : l’accusateur et l’accusé. Personne ne sort gagnant.
L’Intelligence Relationnelle propose un cadre simple : Observation, Sentiment, Besoin, Demande. Par exemple, au lieu de dire « Tu passes ton temps sur ton téléphone », vous dites : « Quand je te vois regarder ton téléphone pendant que je parle (observation), je me sens seul et triste (sentiment), parce que j’ai besoin de me sentir écouté et important pour toi (besoin). Est-ce que tu pourrais poser ton téléphone cinq minutes et me regarder quand je te raconte ma journée ? (demande) »
Cela semble simple, mais c’est radical. Parce que vous ne parlez plus de ce que l’autre fait de mal. Vous parlez de ce qui se passe en vous. Vous devenez vulnérable, authentique. Et l’autre n’a plus à se défendre. Il peut entendre votre besoin sans se sentir coupable.
Dans mon travail avec les sportifs, cette même approche s’applique. Un footballeur qui rate une passe peut se dire « Je suis nul ». Son entraîneur peut lui dire « Tu dois te concentrer ». Mais si l’entraîneur dit : « Quand tu fais cette erreur, je sens de la frustration, parce que j’ai besoin que l’équipe reste solidaire », le joueur ne se braque pas. Il corrige.
Dans un couple, cette communication crée un espace de sécurité. Vos disputes ne disparaissent pas du jour au lendemain. Mais elles changent de nature. Elles deviennent des occasions de vous connaître mieux, plutôt que des champs de bataille.
Avant de voir comment avancer, regardons les pièges les plus fréquents qui vous empêchent de sortir du cercle. Je les vois souvent en consultation.
Premier piège : croire que l’autre doit changer. Vous attendez que votre partenaire modifie son comportement pour que vous vous sentiez mieux. Mais même s’il change, votre partie blessée trouvera autre chose. Le téléphone devient le ton de voix, le ton de voix devient le silence. Tant que vous n’avez pas apaisé la partie en vous, le décor changera, mais la pièce restera la même.
Deuxième piège : la recherche du coupable. « C’est de sa faute, il/elle a commencé. » Cette quête est une impasse. Dans un système de couple, les réactions sont circulaires. Vous avez tous les deux des parties qui s’activent mutuellement. Si vous cherchez qui a raison, vous restez dans le jeu. Si vous cherchez comment vous êtes affecté, vous ouvrez une porte.
Troisième piège : l’escalade symétrique. Vous criez un peu, l’autre crie plus fort, vous criez encore plus. Ou vous vous taisez, l’autre insiste, vous vous taisez plus. C’est une danse que vous connaissez. En sortir demande un geste radical : arrêter de danser. Prendre une pause, dire « Je reviens dans 20 minutes, je suis trop activé pour parler sainement ». Ce n’est pas de la fuite, c’est de la régulation.
Quatrième piège : la confusion entre ressenti et réalité. Vous dites « Tu ne m’aimes pas » quand vous ressentez de la peur. Mais votre ressenti n’est pas un fait. C’est une information sur votre état intérieur. Apprendre à dire « Je ressens de la peur que tu ne m’aimes pas » change tout. Vous assumez votre émotion sans accuser.
J’ai accompagné une femme, Sophie, qui se disputait systématiquement avec son mari le dimanche soir. Elle lui reprochait de ne pas l’aider à préparer la semaine. En explorant, on a trouvé une partie d’elle qui avait grandi avec une mère débordée, et qui s’était promis de tout gérer pour ne pas être « une charge ». Le dimanche soir, cette partie s’activait, et elle attaquait son mari pour qu’il l’aide. Mais son mari, lui, avait une partie qui se sentait contrôlé et se rebellait. Le piège : elle croyait que le problème c’était son mari. En réalité, le problème c’était la promesse qu’elle s’était faite à 10 ans.
« Tant que vous cherchez à changer l’autre, vous restez dans la répétition. Quand vous cherchez à comprendre votre propre mécanisme, la répétition s’effrite. »
Vous n’allez pas résoudre vingt ans de répétition en une soirée. Mais vous pouvez poser une première pierre. Voici comment, en trois étapes simples, sans matériel, sans partenaire.
Étape 1 : Identifiez votre scénario répétitif. Prenez un carnet. Notez les trois dernières disputes. Quel est le déclencheur ? (Un mot, un geste, un silence). Quelle est votre réaction typique ? (Crier, vous taire, pleurer, partir). Et comment vous sentez-vous après ? (Vide, coupable, soulagé). Cherchez le pattern. Il est souvent le même : vous vous disputez sur le même thème (argent, temps, attention, reconnaissance). Ce n’est pas un hasard.
Étape 2 : Dialoguez avec votre partie. Quand vous êtes calme, fermez les yeux. Imaginez la partie de vous qui prend le contrôle dans la dispute. Donnez-lui une forme, une couleur, un âge. Demandez-lui : « Qu’est-ce que tu veux pour moi ? » Ne jugez pas la réponse. Elle veut peut-être vous protéger, vous éviter une souffrance. Remerciez-la. Puis dites-lui : « Je suis là maintenant. Je peux gérer. Tu n’es plus seul. » C’est un acte de réconciliation intérieure.
Étape 3 : Une communication en trois temps. La prochaine fois que vous sentez la tension monter, avant de dire ce que vous regretterez, faites une pause. Inspirez. Dites à votre partenaire : « J’ai besoin d’un moment. Je reviens vers toi dans 10 minutes. » Puis, quand vous êtes prêt, utilisez le cadre OSNB (Observation, Sentiment, Besoin). Ne parlez pas de ce qu’il ou elle a fait. Parlez de vous. C’est désarmant.
Ces gestes sont petits, mais ils brisent le script. Vous n’êtes plus l’acteur qui répète son texte. Vous devenez l’auteur de votre histoire relationnelle.
Je ne vais pas vous promettre que vos disputes disparaîtront. Ce serait mentir. La vie à deux est faite de frottements, de différences, de moments où l’on se heurte. Mais ce qui peut changer, c’est le sens que vous donnez à
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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