3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Un chemin concret vers la paix intérieure et conjugale.
Vous avez sans doute déjà vécu cette scène. Vous rentrez du travail, fatigué. Votre conjoint ou conjointe vous lance une remarque sur le fait que vous avez oublié de sortir les poubelles, ou que vous avez laissé traîner vos chaussures dans l’entrée. Vous sentez une bouffée de chaleur monter, votre mâchoire se serrer, et en quelques secondes, une dispute éclate. Les mots dépassent la simple contrariété : « Tu ne fais jamais attention », « Tu es toujours dans ton monde », « Je n’en peux plus de cette relation ». La soirée est gâchée. Vous vous couchez dos tourné, le cœur lourd, avec l’impression de revivre la même scène pour la énième fois.
Je vois régulièrement des couples dans mon cabinet à Saintes. Des personnes intelligentes, aimantes, qui se demandent pourquoi elles se déchirent sur des détails. L’épuisement, ce n’est pas tant la dispute elle-même que ce sentiment de répétition, de ne pas pouvoir faire autrement, de se sentir piégé dans un scénario qui vous dépasse. Et si je vous disais que la solution ne commence pas par une meilleure communication, mais par un regard honnête sur ce qui se joue en vous ?
Quand votre partenaire vous dit « Tu as encore oublié », ce n’est pas une simple information sur les poubelles. C’est un signal qui vient toucher un endroit sensible en vous. Peut-être une vieille blessure d’enfant où l’on vous répétait que vous n’étiez pas à la hauteur, que vous faisiez tout de travers. Peut-être une peur viscérale de ne pas être assez bien pour mériter l’amour.
Le mécanisme est archaïque. Votre cerveau, pour vous protéger, active une réaction de défense. Cela peut être l’attaque (« Tu es bien mal placé pour me parler de rangement ! »), la fuite (vous claquez la porte, vous vous enfermez dans le silence), ou la paralysie (vous restez figé, sans voix, submergé). Ces réactions ne sont pas des choix conscients. Ce sont des réflexes émotionnels qui remontent à des couches plus anciennes de votre histoire.
Je pense à Julien, un coureur amateur que j’accompagne en préparation mentale. Il m’a raconté que les disputes avec sa femme ressemblaient à ses crises d’angoisse avant une compétition : même accélération du rythme cardiaque, même impression d’être acculé. Il ne voyait pas le lien. Pourtant, dans les deux cas, son système nerveux interprétait une situation comme une menace vitale. Une remarque sur le linge sale ou un départ de course : pour son cerveau, le danger est le même, car il active le même circuit de survie.
La première étape pour sortir de ce piège, c’est de reconnaître que votre réaction n’est pas entièrement dirigée contre votre partenaire. Elle est dirigée contre une menace intérieure que vous avez appris à craindre il y a longtemps.
« Ce qui nous épuise dans une dispute, ce n’est pas l’autre. C’est la partie de nous qui se sent menacée et qui croit devoir se battre pour exister. »
On vous a probablement déjà conseillé d’utiliser des « je » plutôt que des « tu », d’exprimer vos besoins sans agressivité, de pratiquer l’écoute active. Ces techniques peuvent être utiles, mais elles ont une limite fondamentale : elles supposent que vous êtes calme et en contrôle de vos émotions. Or, quand vous êtes en pleine tempête intérieure, votre cortex préfrontal – la partie rationnelle de votre cerveau – est déconnecté. Vous ne pouvez pas vous rappeler de formuler une demande polie quand une partie de vous se sent en danger de mort.
J’ai vu des couples suivre des stages de communication non-violente, revenir avec des fiches, et se retrouver bloqués au bout de trois jours. Pourquoi ? Parce que la technique ne fait rien pour calmer la part de vous qui est submergée. C’est comme demander à quelqu’un qui se noie de perfectionner sa technique de nage. Il a d’abord besoin d’une bouée.
Le vrai travail commence en amont. Avant même que la dispute n’éclate, il s’agit d’apprendre à reconnaître les signes avant-coureurs : cette tension dans les épaules, cette respiration qui devient courte, cette voix intérieure qui commence à vitupérer. C’est un peu comme un préparateur mental qui apprend à un athlète à repérer les premiers signes de stress avant une épreuve. Si vous attendez d’être en plein vortex, il est trop tard pour appliquer une technique.
Alors, que faire ? Non pas apprendre à mieux communiquer pendant la crise, mais apprendre à repérer la crise avant qu’elle ne vous emporte. Et cela passe par une connaissance intime de vos propres parties.
Quand vous êtes en pleine dispute, vous ressentez peut-être de la colère, de la tristesse, de la frustration. Ces émotions ne sont pas « mauvaises ». Elles sont des signaux. En IFS (Internal Family Systems – Système Familial Intérieur), on considère que ce sont des « parties » de vous qui essaient de vous protéger ou d’obtenir quelque chose d’important.
Imaginez une partie de vous, que l’on pourrait appeler « le Gardien ». Son rôle est de vous éviter de souffrir. Quand votre partenaire dit quelque chose qui ressemble à un reproche, le Gardien s’active immédiatement. Il peut prendre la forme de la colère : « Attaque avant d’être attaqué. » Il peut prendre la forme du silence : « Si tu ne dis rien, tu ne risques pas de dire une bêtise. » Il peut prendre la forme du blâme : « C’est de sa faute, pas de la tienne. »
Ces parties ne sont pas vos ennemies. Elles font un boulot difficile, souvent depuis des années. Mais elles utilisent des stratégies qui, dans le couple, créent de la distance et de la douleur. Le problème, ce n’est pas la partie elle-même, c’est le fait qu’elle prenne le contrôle total de la scène, sans que vous puissiez dire « stop ».
Prenons l’exemple de Sophie, une patiente qui venait me voir parce qu’elle se sentait « toxique » dans son couple. Elle explosait pour des broutilles, puis culpabilisait énormément. En explorant sa colère, nous avons découvert une petite partie d’elle, très jeune, qui avait appris que pour être entendue, elle devait crier très fort. Dans son enfance, personne n’écoutait ses besoins tant qu’elle ne hurlait pas. Cette partie faisait encore son travail aujourd’hui, mais dans un contexte où il n’était plus adapté. Sophie a pu, avec douceur, remercier cette partie pour sa vigilance, puis lui montrer qu’elle n’avait plus besoin de hurler pour être respectée.
Reconnaître une partie, ce n’est pas l’approuver ou se laisser submerger. C’est simplement dire : « Ah, voilà ma colère qui arrive. Elle veut me protéger. Je la vois. » Ce simple acte de conscience crée un espace. Un espace entre le stimulus (la remarque) et la réponse (la dispute). Et dans cet espace, un nouveau choix devient possible.
Si vos parties – colère, peur, honte – peuvent prendre le contrôle, il existe en vous un espace calme, lucide et bienveillant. En IFS, on appelle cela le « Self ». C’est ce que vous êtes quand aucune partie ne vous agite. Vous l’avez déjà expérimenté : ces moments rares où, après une dispute, vous retrouvez votre calme et vous vous dites : « Mais pourquoi me suis-je emporté pour ça ? » Ce « vous » qui observe, c’est le Self.
Le Self possède des qualités naturelles : la curiosité, la compassion, la confiance, le courage, la clarté, la créativité, le calme et la connexion. Quand vous êtes dans votre Self, vous n’avez pas besoin de vous défendre, de prouver quoi que ce soit, ou de gagner. Vous pouvez simplement être. Et c’est depuis cet espace que la communication authentique devient possible.
L’objectif du travail que je propose – que ce soit en hypnose ericksonienne ou en IFS – n’est pas d’éliminer vos parties. C’est de vous aider à développer votre capacité à revenir à ce Self, même en plein conflit. C’est un peu comme un sportif qui s’entraîne à retrouver son souffle après un effort intense. Au début, il faut un temps de récupération. Avec la pratique, le retour au calme devient plus rapide.
Voici un exercice simple pour goûter à cet espace. La prochaine fois que vous sentez une dispute monter, essayez de prendre trois respirations profondes. Pas pour vous calmer artificiellement, mais pour créer une pause. Pendant cette pause, posez-vous une question intérieure : « Quelle partie de moi est activée en ce moment ? » Ne cherchez pas une réponse intellectuelle. Ressentez-la dans votre corps : une tension dans la poitrine, une boule dans la gorge. Dites-lui simplement : « Je te vois. » Ce n’est pas une solution miracle, mais c’est un premier pas pour ne plus être entièrement identifié à cette partie.
« La paix dans le couple ne vient pas de l’absence de conflit, mais de la capacité à accueillir le conflit sans se perdre soi-même. »
Vous avez peut-être l’impression d’essayer de changer, mais de retomber dans les mêmes schémas. C’est normal. Les automatismes émotionnels sont inscrits dans votre système nerveux et dans votre inconscient. Les simples résolutions conscientes (« À partir de demain, je ne crierai plus ») tiennent rarement parce qu’elles ne touchent pas la racine du problème.
L’hypnose ericksonienne, telle que je la pratique, est un outil pour dialoguer avec votre inconscient, cette partie de vous qui gère vos habitudes, vos réactions automatiques, vos croyances profondes. L’idée n’est pas de vous endormir ou de vous faire perdre le contrôle. C’est de vous mettre dans un état de relaxation profonde où votre conscient peut lâcher prise, et où votre inconscient est plus réceptif à de nouvelles suggestions.
Concrètement, nous pouvons travailler sur plusieurs niveaux. D’abord, apaiser les parties de vous qui sont en alerte permanente. Une séance d’hypnose peut aider à détendre le système nerveux, à réduire cette hypervigilance qui vous fait réagir au quart de tour. Ensuite, nous pouvons revisiter les souvenirs ou les croyances qui alimentent vos réactions. Par exemple, si une partie de vous croit que « si mon partenaire critique, c’est que je ne suis pas aimable », l’hypnose peut aider à dénouer cette association, à lui montrer une autre perspective.
Je me souviens d’un patient, footballeur amateur, qui venait pour améliorer sa concentration sur le terrain. En discutant, nous avons découvert que sa tendance à s’énerver contre ses coéquipiers ressemblait trait pour trait à ses disputes avec sa conjointe. Dans les deux cas, une partie de lui exigeait la perfection et se sentait trahie par toute erreur. L’hypnose nous a permis d’aller rencontrer cette partie exigeante, de comprendre son histoire (liée à un père très sévère), et de lui proposer un rôle plus apaisé. Les résultats ne se sont pas limités au terrain. Sa relation de couple s’est nettement détendue.
L’hypnose ne fait pas de magie. Elle ne va pas effacer vos difficultés. Mais elle peut vous donner accès à des ressources intérieures que vous ignoriez. Elle peut vous aider à créer de nouvelles voies neuronales, de nouveaux chemins de réaction, plus doux et plus adaptés.
Si vous vous reconnaissez dans ces descriptions, sachez qu’il n’y a pas de solution rapide. La transformation demande du temps, de la douceur et de la persévérance. Mais voici un chemin concret que vous pouvez commencer à explorer, seul ou accompagné.
1. Observez sans juger. Pendant une semaine, tenez un petit journal de vos disputes. Notez non pas ce qui a été dit, mais ce que vous avez ressenti dans votre corps avant, pendant et après. Quelles émotions ? Quelles pensées automatiques ? Sans vous blâmer. Juste observer.
2. Identifiez vos parties. Quand vous sentez une émotion forte liée à une dispute, donnez-lui un nom ou une image. La colère est-elle un dragon ? La tristesse une petite fille ? La peur un gardien de prison ? Posez-vous la question : « Que veut cette partie pour moi ? Qu’essaie-t-elle de protéger ? » Souvent, la réponse vous surprendra par sa logique intérieure.
3. Créez un espace de sécurité. Avant d’aborder un sujet sensible avec votre partenaire, prenez un moment pour vous recentrer. Respirez, sentez vos pieds sur le sol, rappelez-vous que vous êtes en sécurité ici et maintenant. Si vous sentez que la tempête monte, proposez une pause : « J’ai besoin de quelques minutes pour retrouver mon calme. On en reparle dans 20 minutes ? » Ce n’est pas une fuite, c’est une stratégie de régulation.
4. Considérez l’accompagnement. Si vous avez l’impression de tourner en rond, de reproduire sans cesse les mêmes schémas, un accompagnement professionnel peut faire la différence. Que ce soit avec un praticien en hypnose, un thérapeute IFS ou un préparateur mental, l’essentiel est de trouver quelqu’un avec qui vous vous sentez en confiance pour explorer ces zones sensibles.
5. Soyez patient avec vous-même. Vous n’allez pas changer du jour au lendemain. Il y aura des rechutes, des jours où vous retomberez dans vos vieux réflexes. Ce n’est pas un échec. C’est le processus d’apprentissage. Chaque dispute peut devenir une occasion de mieux vous connaître, plutôt qu’une raison de vous juger.
Je sais que ces mots peuvent sembler lointains quand on est en pleine souffrance. Peut-être que vous lisez cet article avec l’impression que rien ne pourra changer. Je comprends cette fatigue. Je l’entends chaque jour dans mon cabinet. Et pourtant, je vois aussi des personnes reprendre espoir, retrouver une légèreté qu’elles pensaient perdue.
Le chemin vers la paix intérieure et conjugale n’est pas un chemin de perfection. C’est un chemin d’humanité, où l’on apprend à accueillir ses propres fragilités avec douceur. Et c’est en apprenant à s’accueillir soi-même que l’on devient capable d’accueillir l’autre, avec ses imperfections, sans avoir à le fuir ou à le combattre.
Si vous sentez que le moment est venu d’être accompagné, je vous invite à me contacter. Nous pouvons échanger par téléphone ou par mail, sans engagement, pour voir si ma façon de travailler peut vous correspondre. Parfois, une simple conversation suffit à poser les bases d’un changement. Vous n’avez pas à traverser cela seul.
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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