3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Les schémas inconscients qui répètent vos drames.
Vous venez de rompre. Encore une fois. Et pendant que vous videz machinalement le contenu du lave-vaisselle, une phrase vous tourne en boucle dans la tête : « Pourquoi est-ce que ça m’arrive toujours à moi ? » Votre meilleure amie vous a dit la même chose la dernière fois, et celle d’avant aussi. « Tu tombes toujours sur des personnes qui te font douter de toi », « Tu choisis des gens qui ne sont pas disponibles », « Tu finis toujours par te sentir étouffé(e) ». Vous avez changé de ville, changé de métier, changé de coiffure. Mais pas de scénario. Le casting change, le décor change, mais la pièce reste identique. Et vous commencez à vous demander si le problème ne viendrait pas de vous. Pas d’un défaut, non. D’un mécanisme. Quelque chose qui se joue en dessous de vos pensées conscientes, dans cette partie de vous qui agit sans que vous ayez à y penser. C’est inconfortable, je le sais. Mais c’est aussi une excellente nouvelle : si le problème est dans le mécanisme, alors il peut être réglé. Pas en se forçant à « faire mieux », mais en comprenant ce qui se rejoue. Alors, prenez une grande respiration. On va regarder ça ensemble, sans jugement, avec des exemples concrets et des pistes pour sortir de ce manège.
Imaginez Claire. Elle a 34 ans, elle est cadre dans une collectivité territoriale, et elle vient de quitter son compagnon après une énième dispute sur son manque d’attention. « Il ne me voyait pas, il ne m’écoutait pas vraiment », me dit-elle en séance. Quand elle me raconte son enfance, elle évoque un père affectueux mais absorbé par son travail, et une mère anxieuse qui cherchait constamment à attirer son regard. Claire a appris très tôt que pour être aimée, il fallait être remarquée. Que l’amour se mérite par une forme de performance émotionnelle. Aujourd’hui, elle choisit inconsciemment des partenaires distraits, absorbés, un peu lointains. Pourquoi ? Parce que ce schéma est familier. Il est inconfortable, oui, mais il est connu. Votre cerveau, en bon économiste, préfère un inconfort prévisible à un confort inconnu. La familiarité, même douloureuse, est une forme de sécurité.
Ce qui se joue, c’est ce que l’on appelle un schéma relationnel. C’est un peu comme une partition musicale que vous auriez apprise dans l’enfance. Quand un partenaire joue une note qui ressemble à celle de votre parent, votre système d’alarme intérieur ne s’active pas : il reconnaît la mélodie. Et il vous pousse à rejouer votre rôle. Si vous avez grandi avec un parent imprévisible, vous allez être attiré(e) par des personnes imprévisibles, et vous allez développer des stratégies pour tenter de les stabiliser. Vous allez vous épuiser à « réparer » l’autre, exactement comme vous tentiez, enfant, de réparer l’humeur de votre parent. Le conflit qui revient systématiquement dans votre couple n’est pas un hasard. C’est une tentative de résoudre, dans le présent, une blessure du passé.
« Ce qui n’est pas exprimé ne disparaît pas. Il se répète, comme un disque rayé, jusqu’à ce qu’on lui prête une oreille nouvelle. »
Prenons un autre exemple. Julien, 42 ans, commercial. Il se plaint de « attirer des femmes jalouses et possessives ». Quand on creuse un peu, sa mère était très fusionnelle et anxieuse. Il a appris à s’adapter en devenant « le petit homme fort » qui rassure, mais qui surtout ne montre pas ses besoins à lui. Aujourd’hui, il choisit des femmes qui expriment beaucoup d’insécurité. Pourquoi ? Parce que ce rôle de sauveur, il le connaît par cœur. Et quand sa compagne lui reproche de ne pas être assez présent, le conflit éclate sur le mode : « Tu ne me fais pas confiance, tu m’étouffes ». Le vrai besoin — celui de Julien — n’est jamais dit : « J’ai peur d’être submergé par tes émotions parce que je n’ai jamais appris à gérer les miennes. » Le conflit est une danse apprise. Et pour changer de danse, il faut d’abord reconnaître la musique.
C’est probablement l’une des prises de conscience les plus difficiles. Vous confondez peut-être l’intensité émotionnelle — ces montagnes russes de passion et de drame — avec la compatibilité réelle. Dans mon cabinet, j’entends souvent : « Mais au début, c’était tellement fort. On ne pouvait pas se quitter. » Cette intensité, cette connexion magnétique, n’est pas toujours le signe d’un amour profond. C’est souvent le signe que l’autre a activé une blessure ancienne. Votre système nerveux reconnaît en lui une figure familière, et il réagit comme s’il était en danger ou en fusion. L’excitation que vous ressentez n’est pas de l’amour, c’est de la reconnaissance neurochimique.
Quand vous rencontrez quelqu’un de « trop » calme, de « trop » stable, de « trop » prévisible, vous risquez de vous ennuyer. Vous allez trouver cette relation « plate ». Pourquoi ? Parce que votre système ne sait pas quoi en faire. Il n’y a pas de défi, pas de blessure à panser, pas de terrain miné à déminer. Vous n’avez pas besoin de vous battre pour exister dans ce regard. Et ça, c’est déstabilisant. Si vous avez grandi dans un environnement chaotique, la paix vous paraîtra suspecte. Vous allez inconsciemment chercher à recréer du chaos, ne serait-ce que pour vous sentir vivant(e). Et vous allez tomber sur des partenaires qui, comme vous, sont programmés pour jouer ce jeu.
« Le vrai piège, ce n’est pas de tomber sur des gens toxiques. C’est de trouver toxique ce qui est sain parce que vous n’avez jamais appris à reconnaître la sécurité. »
Un exemple concret. Sophie, 29 ans, infirmière. Elle enchaîne les relations avec des hommes « mystérieux », parfois distants, parfois brûlants. Elle dit aimer le « challenge ». En réalité, elle répète la relation avec son père, un homme brillant mais imprévisible, dont elle cherchait désespérément l’approbation. Un homme doux, présent, un peu banal à ses yeux, la laisse froide. Ce n’est pas qu’il ne lui plaît pas. C’est qu’il ne déclenche pas cette alarme familière. La question à se poser n’est pas : « Est-ce que cette personne me fait vibrer ? » mais plutôt : « Est-ce que cette vibration ressemble à un appel au secours déguisé ? » Si l’intensité ressemble à de l’anxiété, si la passion ressemble à de l’insécurité, il est peut-être temps de redéfinir ce que vous cherchez.
Il y a des disputes qui reviennent comme des marées. Sur l’argent, sur le temps passé ensemble, sur la jalousie, sur le manque d’initiative. Chaque couple a sa « chanson préférée », celle qui passe en boucle. Et si vous regardez bien, ce conflit n’est jamais vraiment sur le sujet de surface. Il est toujours sur un besoin non satisfait, une peur ancienne. Si vous vous disputez systématiquement sur le fait que l’autre ne fait pas assez de tâches ménagères, ce n’est peut-être pas sur la vaisselle. C’est sur la sensation de ne pas être considéré(e), de porter le poids des responsabilités seul(e), comme vous l’avez fait enfant avec un parent défaillant.
Le conflit est un langage. Un langage codé que vous utilisez pour dire des choses que vous n’avez pas appris à dire autrement. « Tu n’es jamais là » peut vouloir dire : « J’ai peur d’être abandonné(e) comme mon père a abandonné ma mère. » « Tu dépenses trop » peut vouloir dire : « J’ai besoin de sécurité parce que j’ai grandi dans un foyer où l’argent était une source d’angoisse permanente. » « Tu ne me comprends pas » peut vouloir dire : « Je n’ai jamais eu le droit d’exister avec mes émotions, et je ne sais pas comment te les montrer sans exploser. »
Identifier le conflit récurrent, c’est mettre le doigt sur la blessure. Et c’est une étape puissante. Vous pouvez commencer par noter, sur une semaine, les trois disputes qui reviennent. Pas pour accuser l’autre, mais pour écouter ce que vous dites vraiment. Si vous arrivez à traduire votre plainte en besoin (« j’ai besoin de me sentir en sécurité », « j’ai besoin de me sentir vu(e) »), vous avez déjà fait la moitié du chemin. Le conflit n’est plus un ennemi, c’est un indicateur. C’est le voyant rouge qui s’allume sur le tableau de bord. Il ne dit pas que la voiture est cassée. Il dit qu’il faut regarder sous le capot.
C’est là que l’hypnose ericksonienne entre en jeu. Pas pour vous endormir ou vous faire oublier. Pour vous aider à accéder à cette partie de vous qui agit en pilote automatique. Vous savez, ce petit programme qui s’active quand vous êtes en conflit, qui vous fait dire des mots que vous regrettez, ou au contraire vous ferme comme une huître. Ce programme a été écrit il y a longtemps, par un enfant qui essayait de survivre émotionnellement. Aujourd’hui, vous n’êtes plus cet enfant. Mais le programme tourne encore.
L’hypnose, c’est un état d’attention focalisée. C’est le même état que vous expérimentez quand vous êtes absorbé(e) par un film ou quand vous conduisez sur une route connue sans vous souvenir du trajet. Dans cet état, votre esprit critique est un peu moins actif, et vous pouvez accéder à des ressources intérieures que votre cerveau conscient a du mal à mobiliser. Concrètement, en séance, on va travailler à désactiver le lien entre un déclencheur (par exemple, un ton de voix particulier) et votre réaction automatique (par exemple, vous sentir attaqué(e) et contre-attaquer). On va créer une nouvelle réponse, plus adaptée à la situation présente.
Prenons le cas de Marc, 38 ans, ingénieur. Il vivait chaque désaccord comme une menace. Son corps se tendait, sa voix montait, et il se retrouvait à hurler sur sa compagne pour des broutilles. En hypnose, nous avons exploré la sensation de menace. Elle ressemblait à celle qu’il ressentait enfant, quand son père rentrait ivre et que le silence annonçait l’orage. Nous avons appris à son système nerveux à reconnaître que le désaccord de sa compagne n’était pas un danger vital. Nous avons installé une « ancre » — un geste, une respiration — qui lui permettait de faire une pause avant de réagir. En quelques semaines, les disputes ont changé de nature. Elles sont devenues des conversations. Pas par magie. Parce que son cerveau avait appris un nouveau chemin.
« L’hypnose ne change pas votre histoire. Elle change la façon dont votre corps et votre esprit réagissent aux souvenirs de cette histoire dans le présent. »
Si vous êtes curieux(se) de cette approche, sachez qu’elle ne nécessite pas de « croire » à quoi que ce soit. Elle nécessite juste une certaine ouverture à l’expérience. Et elle est particulièrement efficace pour les schémas répétitifs, ceux qui résistent à la simple volonté de « changer ». Parce que le problème n’est pas que vous ne voulez pas changer. Le problème, c’est qu’une partie de vous, plus ancienne, plus profonde, pense que ce schéma est la seule façon d’être aimé(e) ou en sécurité.
L’IFS (Internal Family Systems) est un modèle que j’utilise souvent en complément de l’hypnose. Il part d’une idée simple mais radicale : vous n’êtes pas un bloc uniforme. Vous êtes composé(e) de plusieurs « parties », comme une famille intérieure. Il y a la partie qui veut tout contrôler, la partie qui a peur de l’abandon, la partie qui se sacrifie, la partie qui se met en colère, et une partie centrale, plus calme, que l’on appelle le Soi. Le problème, c’est que certaines de ces parties prennent le contrôle de la relation de manière excessive.
Prenons un exemple. Quand vous êtes en couple et que votre partenaire tarde à répondre à un message, qu’est-ce qui se passe ? Une partie de vous, que j’appelle la partie protectrice, s’active. Elle peut prendre la forme de la colère (« Il/elle se fout de moi ») ou de l’anxiété (« Il/elle ne m’aime plus »). Cette partie a été formée pour vous protéger d’une souffrance ancienne — par exemple, l’abandon. Elle fait son travail, mais elle le fait avec les outils d’un enfant. Elle vous pousse à envoyer trois messages, à faire une scène, ou à vous fermer en attendant que l’autre vienne vous supplier. Le problème, c’est que cette partie ne voit pas que vous n’êtes plus un enfant. Elle ne voit pas que votre partenaire n’est pas votre parent. Elle réagit à un danger passé comme s’il était présent.
L’IFS, c’est apprendre à dialoguer avec ces parties. Pas les combattre, pas les juger. Les comprendre. Quand vous accueillez la partie anxieuse en vous, que vous lui dites : « Merci d’essayer de me protéger, mais aujourd’hui, je suis adulte, je peux gérer ça autrement », quelque chose se détend. Vous n’êtes plus identifié(e) à cette partie. Vous pouvez faire un choix conscient. Vous pouvez décider de ne pas envoyer ce message, de respirer, de parler calmement. C’est un travail puissant, parce qu’il ne s’attaque pas au symptôme (la dispute) mais à la cause (la partie blessée qui a besoin d’être rassurée).
Enfin, il y a un dernier levier que j’aime beaucoup : l’Intelligence Relationnelle. C’est un ensemble d’outils concrets pour communiquer autrement. Parce que même si vous avez compris vos schémas, même si vous avez apaisé vos parties intérieures, il faut bien que les mots sortent de votre bouche. Et souvent, on a juste appris à se battre ou à se taire. L’Intelligence Relationnelle, c’est apprendre une troisième voie : celle de la vulnérabilité authentique.
Le principe de base est simple : passer de l’accusation à l’expression de votre ressenti, puis à la formulation d’un besoin. Au lieu de dire « Tu es toujours en retard, tu te fiches de moi », vous apprenez à dire : « Quand tu arrives en retard, je ressens de l’inquiétude, parce que j’ai besoin de sentir que notre temps ensemble compte pour toi. » Ce n’est pas une formule magique. C’est un entraînement. Au début, ça sonne faux. Mais plus vous le faites, plus votre cerveau crée de nouveaux chemins neuronaux. Et un jour, vous vous surprenez à dire une phrase que vous n’auriez jamais dite avant.
« La plupart des conflits ne sont pas des désaccords sur les faits. Ce sont des collisions de besoins non exprimés. »
L’Intelligence Relationnelle, c’est aussi apprendre à écouter sans se défendre. Quand l’autre vous dit quelque chose de blessant, votre première réaction est de vous justifier ou de contre-attaquer. L’invitation, c’est de faire une pause et de chercher le besoin derrière l’attaque. « Qu’est-ce qu’il/elle essaie de me dire, au fond ? Quelle est sa peur ? » Ce n’est pas facile. Mais c’est un muscle qui se développe. Et chaque fois que vous le faites, vous désamorcez la bombe.
Vous venez de lire beaucoup de choses. Peut-être que certaines résonnent, peut-être que d’autres vous bousculent. L’important, ce n’est
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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