3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Des techniques de champion pour négocier votre place.
Tu passes tes journées à dire « oui » alors que tout en toi crie « non ». Tu prends un dossier de plus sur ton bureau déjà saturé, tu acceptes la réunion à 18h30, tu laisses passer la remarque désobligeante de ton collègue sans répondre. Le soir, en rentrant, tu es vidé. Pas seulement fatigué : vidé. Et cette petite voix intérieure te répète : « Pourquoi tu n’as rien dit ? »
Je vois ça tous les jours dans mon cabinet à Saintes. Des cadres, des managers, des commerciaux, des chefs d’entreprise. Des gens brillants, compétents, mais qui, dans certaines situations professionnelles, se retrouvent comme paralysés. Ils savent ce qu’ils devraient dire, mais les mots ne sortent pas. Ou alors ils sortent, mais trop tard, ou trop mollement.
Ce que ces personnes ne réalisent pas, c’est que ce qu’elles vivent au bureau ressemble trait pour trait à ce que vit un sportif de haut niveau au moment crucial. Le cœur qui s’emballe, la boule au ventre, le sentiment que le temps ralentit ou s’accélère. Et pourtant, les plus grands athlètes apprennent à transformer ce stress en carburant. Pourquoi pas toi ?
Depuis 2014, j’accompagne des adultes avec l’hypnose ericksonienne, l’IFS et l’Intelligence Relationnelle. Mais je suis aussi préparateur mental sportif pour des coureurs et des footballeurs. Et c’est là que j’ai fait une découverte qui a changé ma pratique : les techniques qui font gagner un match sont exactement celles qui permettent de tenir tête à ton chef ou de poser tes limites à un client.
Aujourd’hui, je vais te montrer comment transférer ces compétences du terrain au bureau. Comment négocier ta place sans agressivité, mais avec une assertivité qui force le respect. Et tout ça, sans devenir quelqu’un d’autre.
Commençons par une scène que tu connais peut-être. Tu es en réunion. Un collègue (ou ton N+1) t’interrompt pour la troisième fois, reprend ton idée en la reformulant à peine, et s’en attribue le mérite. Toi, tu sens la chaleur monter, tes mâchoires se serrer, ta respiration devient courte. Tu voudrais dire : « Excuse-moi, j’avais pas fini, et cette idée vient de moi. » Mais tu restes silencieux. Tu hoches la tête. Tu souris même, pour faire bonne figure.
Pourquoi ? Ce n’est pas de la faiblesse. C’est un mécanisme de survie archaïque. Ton cerveau reptilien, celui qui gère ta sécurité, interprète la confrontation sociale comme un danger. Dans la savane, être exclu du groupe signifiait la mort. Alors ton système nerveux active une réponse de gel ou de soumission : tu te fais petit, tu disparais, tu évites le conflit. C’est automatique, involontaire. Et parfaitement normal.
Ce que je vois dans mon travail avec les sportifs, c’est exactement la même chose. Un joueur de foot qui rate un penalty décisif, un coureur qui craque dans le dernier kilomètre : leur système nerveux les trahit. Leur mental n’est pas entraîné à rester performant sous pression.
L’assertivité, ce n’est pas un trait de caractère. C’est une compétence. Et comme toute compétence, ça s’apprend, ça se répète, ça se muscle. Un sportif ne devient pas champion en lisant un livre sur le tennis. Il va sur le terrain, il répète des gestes, il tombe, il se relève. Pour l’assertivité au bureau, c’est pareil.
L’assertivité n’est pas un don. C’est l’entraînement d’un muscle que tu n’utilises jamais.
Avant de plonger dans les techniques concrètes, posons une base. En préparation mentale sportive, on travaille sur quatre piliers fondamentaux : la confiance, la concentration, la gestion des émotions et l’activation. Transposons-les au contexte professionnel.
1. La confiance : Ce n’est pas croire que tu vas toujours réussir. C’est savoir que, quoi qu’il arrive, tu as les ressources pour faire face. Au bureau, la confiance, c’est cette certitude intérieure que ta parole a de la valeur. Que ce que tu dis mérite d’être entendu.
2. La concentration : Un sportif ne pense pas à la course qu’il a ratée la veille ni au public dans les tribunes quand il est sur la ligne de départ. Il est dans l’instant présent. Toi, quand tu dois dire non à ton chef, tu es ailleurs : tu anticipes sa réaction, tu repenses à la dernière fois où tu as osé et ça s’est mal passé. Tu es dispersé. L’assertivité demande une présence totale.
3. La gestion des émotions : L’émotion (peur, colère, frustration) n’est pas l’ennemie. C’est un signal. Un sportif apprend à lire ce signal sans se laisser submerger. Il respire, il recadre, il utilise l’adrénaline comme un boost. Au bureau, la boule au ventre avant de dire quelque chose de difficile, c’est la même énergie. Il s’agit de la canaliser.
4. L’activation : C’est le niveau d’énergie optimal pour performer. Trop bas : tu es mou, tu te laisses marcher dessus. Trop haut : tu es agité, tu deviens agressif, tu brûles tes cartouches. L’assertivité, c’est trouver le juste milieu : ferme, calme, présent.
Voilà le cadre. Maintenant, voyons comment passer de la théorie à la pratique.
J’ai accompagné un coureur amateur qui visait un marathon. Il avait l’endurance, la technique, mais le jour J, il se laissait submerger par l’anxiété. Son cœur s’emballait, ses jambes devenaient lourdes. On a travaillé sur un rituel de mise en condition : avant chaque course, il faisait trois choses précises : une respiration spécifique, une phrase d’ancrage qu’il se répétait, un geste symbolique (toucher son dossard deux fois). En répétant ce rituel à l’entraînement, son cerveau a appris à associer ces signaux à un état de calme et de puissance. Le jour du marathon, il a tenu son rythme, il a géré ses émotions, il a fini.
Applique ça au bureau. Avant une réunion importante, avant d’entrer dans le bureau de ton chef pour demander une augmentation, avant d’appeler un client difficile : crée ton propre rituel.
Ça peut être :
Répète ce rituel chez toi, dans des situations neutres. Puis en situation de stress modéré. Puis quand le jeu se corse. Ton cerveau va créer un chemin neuronal. Au bout de quelques semaines, ce rituel deviendra un interrupteur : tu le déclenches, et ton système nerveux passe en mode « performance assertive ».
Je te vois venir : « Thierry, ça marche vraiment ? » Oui. Parce que le cerveau ne fait pas bien la différence entre une situation réelle et une situation imaginée ou ritualisée. C’est le principe de la neuroplasticité : la répétition crée des connexions. Les sportifs le savent. Les musiciens aussi. Pourquoi pas toi ?
Tu as déjà remarqué ? Dans une situation où tu te sens inférieur ou menacé, ton corps change. Tu rentres les épaules, tu baisses la tête, ta voix devient plus aiguë, tu parles plus vite. Ce langage corporel envoie un signal à ton interlocuteur : « Je suis en position basse. Tu peux me dominer. »
Inversement, un sportif qui arrive sur le terrain avec le dos voûté et le regard fuyant a déjà perdu la moitié du match. Les préparateurs mentaux travaillent sur ce qu’on appelle les postures de puissance. C’est simple, immédiat, et terriblement efficace.
Avant une interaction où tu dois être assertif, change ta posture. Pas besoin de te transformer en gorille. Fais trois choses :
J’ai un patient, commercial dans une grande boîte, qui se faisait systématiquement couper la parole par son chef en réunion. On a travaillé sur sa posture. Il a commencé à s’entraîner cinq minutes par jour, debout chez lui, dans cette posture. Puis il l’a utilisée avant d’appeler des clients. Puis avant les réunions. Résultat : il a arrêté de se faire interrompre. Pas parce qu’il est devenu agressif. Parce que son corps disait : « Je suis là, j’ai de la place, tu ne peux pas me traverser. »
Ton corps parle avant toi. Si tu veux être entendu, commence par occuper l’espace.
Si tu écoutais la conversation que tu as avec toi-même dans les moments de tension, tu serais peut-être effrayé. « Je vais me planter. De toute façon, il va me rembarrer. Je ne suis pas légitime. Pourquoi j’ai accepté ce poste ? » Ce monologue intérieur, les sportifs l’appellent le dialogue interne négatif. C’est le tueur de performance numéro un.
Un joueur de foot qui rate une occasion ne se dit pas : « Je suis nul, je ne mérite pas d’être là. » Il apprend à se dire : « Prochaine fois, je prends mon temps, je place mon appui. » C’est un recadrage.
Toi, avant d’entrer dans une négociation, tu peux remplacer « Je vais me faire écraser » par « Je vais exprimer ce dont j’ai besoin. » Ça semble anodin, mais c’est un changement de paradigme. Le premier te place en victime. Le second en acteur.
En pratique, voici comment faire :
J’ai travaillé avec une cheffe de projet qui, avant chaque réunion avec sa direction, avait des pensées de fuite. On a remplacé « Je vais me faire descendre » par « Je vais présenter mes chiffres, un par un. » Le changement a été radical. Elle n’a pas gagné tous ses combats, mais elle a cessé d’en perdre avant même d’avoir parlé.
C’est l’outil le plus sous-estimé, et pourtant le plus puissant. Les sportifs de haut niveau visualisent leur performance avant de la réaliser. Un skieur descend la piste en imagination avant le départ. Un basketteur voit le ballon entrer dans le panier. Le cerveau ne fait pas la différence entre une action réellement vécue et une action intensément imaginée. Les circuits neuronaux s’activent de la même manière.
Au bureau, tu peux faire pareil. Prends cinq minutes, le matin ou la veille, pour visualiser une situation où tu dois être assertif. Ferme les yeux.
Maintenant, imagine-toi en train de dire ce que tu as à dire. Calmement. Fermement. Tu entends ta voix posée. Tu vois l’autre personne t’écouter. Peut-être qu’elle n’est pas d’accord, mais elle t’écoute. Tu ne fuis pas. Tu ne t’excuses pas. Tu tiens ta position.
Répète cette visualisation cinq fois. Plus tu mets de détails sensoriels, plus c’est efficace. Au bout de quelques jours, ton cerveau aura créé un « chemin de réussite ». Le jour J, tu n’auras pas à inventer une réaction : ton corps et ton mental sauront déjà quoi faire.
Un footballeur que j’accompagne visualise chaque penalty qu’il va tirer. Il voit le gardien, le bruit du stade, la sensation du pied sur le ballon. Il a un taux de réussite de 90% aux tirs au but. Pas par hasard.
Tu l’as compris, l’assertivité n’est pas une guerre. C’est une danse. Et dans une danse, il faut savoir lire l’autre, comprendre son rythme, adapter son pas.
En préparation mentale sportive, on parle de lecture du jeu. Un bon joueur de foot ne fonce pas tête baissée. Il anticipe les déplacements de ses coéquipiers et de ses adversaires. Il choisit le bon moment pour faire la passe ou pour dribbler.
Au bureau, l’assertivité, c’est pareil. Il ne s’agit pas de dire « non » à tout. Il s’agit de dire « non » au bon moment, avec les bons mots, à la bonne personne.
Voici une grille simple que j’utilise avec mes patients. Avant une interaction assertive, pose-toi ces questions :
Quand tu as ces réponses, tu peux formuler ta demande en partant du point commun, puis en posant ta limite. Par exemple : « Je comprends que la deadline est importante pour le client. Pour garantir la qualité qu’on vise tous les deux, j’ai besoin de deux jours supplémentaires. Je propose qu’on recalibre le planning ensemble. »
Tu vois ? Tu n’attaques pas. Tu ne te soumets pas. Tu proposes un accord gagnant-gagnant. C’est ça, l’assertivité sportive au bureau.
Je vais être honnête avec toi. L’assertivité n’est pas une baguette magique. Elle ne fera pas disparaître les personnalités toxiques. Elle ne transformera pas ton chef en manager bienveillant du jour au lendemain. Elle ne réglera pas tous les conflits.
Ce qu’elle fera, en revanche, c’est :
J’ai accompagné une patiente, cadre dans le médico-social, qui subissait les humeurs de sa directrice. Elle a appris à poser des limites claires, à dire « non » quand on lui demandait l’impossible. Sa directrice a d’abord mal réagi. Puis, progressivement, elle a commencé à respecter mon patiente. La relation n’est pas devenue chaleureuse, mais
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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