3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Un guide simple pour poser votre oui et votre non.
C’est une scène que je vois revenir quasi quotidiennement dans mon cabinet, à Saintes. Un homme ou une femme s’installe dans le fauteuil, prend une longue inspiration et me dit : « Thierry, j’ai encore accepté un truc que je ne voulais pas faire. Je me suis justifié pendant cinq minutes, j’ai inventé une excuse bidon, et au final, la personne a senti mon malaise, ça a créé une tension, et je me suis senti nul. » Puis ils ajoutent, presque systématiquement : « Pourquoi est-ce que c’est si dur de dire non ? »
Si vous lisez ces lignes, il y a de fortes chances que vous aussi, vous ayez déjà vécu cette sensation désagréable. Cette boule au ventre quand on vous demande un service, ce besoin irrépressible de vous lancer dans une longue explication pour justifier votre refus, et cette culpabilité qui s’installe après avoir dit oui alors que vous pensiez non.
Je ne vais pas vous promettre que cet article va transformer votre vie en une semaine. Mais je vais partager avec vous un protocole simple, que j’utilise avec mes patients en hypnose ericksonienne, et qui s’appuie aussi sur les principes de l’IFS (Internal Family Systems) et de l’Intelligence Relationnelle. Ce n’est pas une formule magique, c’est un entraînement. Et comme pour la préparation mentale de mes coureurs ou de mes footballeurs, la clé, c’est la répétition et l’intention.
On va décortiquer pourquoi vous avez tant besoin de vous justifier, puis on va installer un protocole en trois étapes pour poser votre oui et votre non avec une clarté qui déstabilise… et qui libère.
Avant de parler du « comment », il faut comprendre le « pourquoi ». Quand vous dites non et que vous ajoutez une explication, vous n’êtes pas en train de communiquer. Vous êtes en train de vous défendre. Votre système nerveux, celui qui gère vos réactions de survie, interprète le fait de refuser une demande comme un risque social.
Dans l’histoire de l’humanité, être exclu du groupe, c’était la mort. Donc votre cerveau archaïque fait tout pour maintenir la connexion, même au prix de votre confort. Quand vous vous justifiez, vous dites en substance : « S’il te plaît, ne me rejette pas, voici une bonne raison pour que tu comprennes que je ne suis pas un mauvais élément. »
En IFS, on appelle ça une « partie protectrice ». C’est une facette de vous qui a été formée très tôt, peut-être dans l’enfance, pour éviter les conflits, les punitions ou le rejet. Cette partie croit sincèrement que sans justification, vous allez perdre l’amour de l’autre, votre crédibilité, ou pire, vous allez passer pour un égoïste.
Le problème, c’est que cette stratégie fonctionne de moins en moins à l’âge adulte. En vous justifiant, vous donnez du pouvoir à l’autre. Vous ouvrez une brèche. L’interlocuteur peut alors contester votre justification : « Ah bon, tu es fatigué ? Mais tu peux juste passer 10 minutes, ça te fera du bien ! » Et là, vous êtes coincé. Vous devez inventer une meilleure excuse, ce qui vous épuise et vous fait perdre votre intégrité.
L’hypnose ericksonienne, que j’utilise dans mon cabinet, ne va pas « effacer » cette partie protectrice. Elle va plutôt lui apprendre qu’aujourd’hui, vous êtes en sécurité. Que vous pouvez poser un non ferme et doux sans que le monde s’effondre. Et que vous n’avez pas à prouver votre valeur en vous justifiant.
Le but n’est pas de devenir froid ou insensible. C’est de retrouver votre souveraineté relationnelle. C’est-à-dire la capacité à décider, de l’intérieur, ce que vous donnez et ce que vous ne donnez pas. Et ça, ça commence par un non qui n’a pas besoin de mode d’emploi.
La première étape de ce protocole est la plus inconfortable, et c’est normal. On va travailler sur le « non » sec. Attention, je ne parle pas d’un « non » agressif, avec un ton sec ou une posture fermée. Je parle d’un « non » qui est juste complet en lui-même.
Prenons un exemple. Un collègue vous demande : « Est-ce que tu peux reprendre ce dossier pour moi ce soir ? » Votre première réaction, celle de la partie protectrice, c’est de dire : « Euh, désolé, je suis débordé, j’ai une réunion, et en plus mon fils est malade… »
Le protocole, ici, c’est de répondre : « Non, je ne peux pas. »
Rien de plus. Pas de « désolé », pas de « parce que », pas de point-virgule. Vous posez un point final.
Ce qui se passe dans votre corps à ce moment-là est fascinant. Vous allez ressentir un vide. Un blanc. Un silence qui dure une seconde, mais qui vous paraît une éternité. C’est l’inconfort de l’authenticité. L’autre, de son côté, est généralement déstabilisé parce qu’il attendait une justification pour pouvoir négocier. Sans justification, la négociation n’a pas de prise.
Je travaille beaucoup avec des sportifs sur cette notion. Un coureur qui se blesse et qui doit refuser une invitation à une course. S’il se justifie longuement, il s’épuise mentalement et il rumine. S’il dit simplement « Non, je ne suis pas prêt », il garde son énergie pour sa récupération.
Blockquote :
« Le plus grand cadeau que vous puissiez faire à votre entourage, c’est un “non” clair et sans détour. Parce qu’un “oui” forcé est une dette émotionnelle qui sera remboursée un jour, avec intérêts. »
Bien sûr, dans la vie réelle, vous n’allez pas dire « Non » à votre patron comme ça, du jour au lendemain. On commence par des situations à faible enjeu. Le commercial au téléphone qui vous propose un abonnement. La personne dans la rue qui vous demande une signature. Le collègue qui vous propose un café que vous ne voulez pas. Entraînez-vous sur les petites choses.
L’objectif de cette étape est de reconnecter votre bouche à votre ressenti intérieur. Quand votre ventre dit non, votre bouche dit non. Point. Vous allez découvrir que le monde ne s’arrête pas de tourner. L’autre va peut-être être surpris, mais il va aussi ressentir une forme de respect. Parce que vous savez ce que vous voulez.
Si le « non » sans justification est difficile, le « oui » total est tout aussi déstabilisant. On a souvent l’impression que dire oui, c’est facile. Mais en réalité, beaucoup de nos « oui » sont des « non » déguisés. On dit « oui » pour faire plaisir, par peur de manquer une opportunité, ou par pression sociale.
Le protocole en hypnose, ici, c’est de vérifier la congruence entre ce que vous dites et ce que vous ressentez. Avant de dire « oui », faites une pause de trois secondes. Sentez votre respiration. Posez-vous la question : « Est-ce que ce oui est un oui entier ? »
Si c’est un oui entier, alors dites-le simplement. « Oui, je veux bien. » Pas de « Oui, mais je préviens, je suis débordé », ou « Oui, d’accord, je vais me libérer ». Non. Un oui qui engage, c’est un oui qui n’a pas besoin de clause de réserve.
Imaginez que vous êtes invité à un dîner un samedi. Vous hésitez. Votre première réaction : « Oui, je pense, mais je dois vérifier mon agenda. » Ce n’est pas un oui. C’est une option. L’autre ne sait pas où il en est. Et vous non plus.
Le protocole, c’est de dire : « Oui, j’ai envie de venir. » Ou « Non, je ne peux pas venir. » Les deux sont clairs. Les deux libèrent l’autre de l’incertitude. Et les deux vous libèrent de la charge mentale de devoir justifier plus tard pourquoi vous avez changé d’avis.
En Intelligence Relationnelle, on appelle ça la « clarté radicale ». C’est l’idée que la communication la plus respectueuse est celle qui ne laisse aucune zone grise. Quand vous êtes clair, vous donnez à l’autre la possibilité de l’être aussi.
Je vois souvent des couples en consultation où l’un dit « oui » à une sortie pour faire plaisir, puis passe la soirée à bouder. Ce n’est ni respectueux pour l’autre, ni pour soi. Le « oui » forcé est un poison lent pour la relation.
Alors, comment s’entraîner ? Prenez une situation cette semaine où vous allez dire « oui » à quelque chose que vous ne voulez pas vraiment. Et au moment de le dire, arrêtez-vous. Remplacez-le par un « non » ou par un « oui » sincère, même si cela implique de décevoir. Observez ce qui se passe. Vous allez peut-être perdre une opportunité. Mais vous allez gagner en estime de soi.
La troisième étape est la plus avancée. C’est celle qui permet de dire non tout en restant dans la relation. C’est le « non » positif, ou le « non » qui redirige.
Reprenons l’exemple du collègue avec le dossier. Vous avez appris à dire « Non, je ne peux pas. » Mais parfois, vous voulez préserver la qualité de la relation. Vous ne voulez pas être perçu comme un blocage, mais comme quelqu’un qui a des limites claires.
Le protocole, ici, c’est : « Non, je ne peux pas faire ça. Par contre, je peux t’aider sur autre chose. »
Vous ne vous justifiez pas. Vous ne dites pas pourquoi vous ne pouvez pas. Vous posez votre non, et immédiatement, vous proposez une alternative qui est en accord avec vos ressources.
Exemple concret :
Vous voyez la différence ? Vous n’êtes pas dans le rejet. Vous êtes dans la redirection. Vous restez utile, mais à votre condition. Vous gardez le contrôle de votre temps et de votre énergie.
Cette technique est très utilisée en préparation mentale sportive. Un footballeur qui reçoit une sollicitation médiatique juste avant un match. Il ne peut pas dire « oui », car cela nuirait à sa concentration. Il ne veut pas dire « non » sèchement, car il a besoin de bons rapports avec la presse. Il dit : « Je ne peux pas parler maintenant. Je serai disponible après le match, à 18h. » C’est un non, mais c’est un non qui ouvre une porte.
Blockquote :
« Le “non” n’est pas une fin de relation. C’est une redéfinition de la relation. Vous ne dites pas “je ne veux plus de toi”, vous dites “je ne peux pas être là pour toi sur ce point précis, mais je suis là sur ce point-là”. »
Pour intégrer cette étape, il faut accepter que l’autre puisse être déçu. Vous ne pouvez pas contrôler sa réaction. Vous ne pouvez pas être responsable de son confort à 100%. Si vous proposez une alternative sincère et que l’autre la rejette parce qu’il voulait exactement ce que vous ne pouviez pas donner, alors ce n’est plus votre problème. Vous avez été clair, respectueux et généreux dans la mesure de vos moyens.
Ce protocole en trois étapes est un cadre. Mais pour beaucoup de mes patients, le cadre ne suffit pas. La partie protectrice, celle qui a été programmée depuis l’enfance pour éviter les conflits, est très forte. Elle continue de générer de l’anxiété au moment de dire non, même quand on connaît la théorie.
C’est là que l’hypnose ericksonienne intervient. Je ne vais pas vous « hypnotiser » pour vous forcer à dire non. Je vais plutôt vous aider à modifier la connexion entre votre ressenti intérieur et votre comportement.
En séance, je peux guider une personne vers un état de relaxation profonde, où elle peut revisiter une situation passée où elle a eu du mal à dire non. On ne cherche pas à revivre la douleur. On cherche à observer la scène avec un regard neuf, celui de l’adulte d’aujourd’hui. On installe une nouvelle ressource : la sensation de la colonne vertébrale droite, de la respiration calme, de la voix posée.
On crée un « ancrage ». Un geste, un mot, une image qui déclenche instantanément l’état de calme et de clarté. Ensuite, quand la personne est en situation réelle, elle peut utiliser cet ancrage pour court-circuiter la panique et dire son non avec simplicité.
L’IFS complète ça en vous aidant à dialoguer avec la partie qui a peur. Vous pouvez lui dire : « Je te remercie de m’avoir protégé toutes ces années. Maintenant, je peux gérer ça. Tu peux te reposer. » C’est un processus de libération intérieure.
Je ne dis pas que l’hypnose ou l’IFS sont indispensables. Beaucoup de personnes réussissent avec le seul cadre comportemental. Mais si vous sentez que, malgré vos efforts, vous êtes bloqué, que votre corps refuse d’obéir à votre décision, alors une approche plus profonde peut être utile. C’est comme pour la préparation mentale : certains coureurs ont besoin de technique, d’autres ont besoin de travailler leur dialogue intérieur.
On arrive à la fin de cet article. Je ne veux pas que vous partiez avec une liste de bonnes intentions qui resteront dans un tiroir. Je veux que vous fassiez une chose concrète, tout de suite.
Prenez votre téléphone ou un carnet. Identifiez une situation qui va se présenter dans les prochaines 48 heures où vous allez probablement dire oui alors que vous pensez non. Une invitation, une demande d’aide, un service. Notez-la.
Maintenant, écrivez la réponse que vous allez donner en utilisant l’une des trois étapes :
Ensuite, visualisez la scène. Fermez les yeux une minute. Voyez-vous en train de dire cette phrase. Sentez votre colonne vertébrale droite. Sentez votre voix calme. Imaginez l’autre personne surprise, puis acceptant votre réponse. Respirez.
Faites-le maintenant. Pas demain. Pas après avoir lu les trois autres articles. Maintenant.
Ce petit exercice est un acte de souveraineté. Vous reprenez le contrôle de votre bouche, de votre temps et de votre énergie. Vous ne blessez personne en étant clair. Vous blessez en étant flou, en laissant l’autre espérer ou en vous forçant à faire quelque chose que vous ne voulez pas.
Si vous sentez que ce sujet résonne profondément en vous, que vous avez besoin d’un accompagnement plus personnel pour défaire ces nœuds anciens, je suis là. Mon cabinet à Saintes est un espace où l’on peut explorer ces mécanismes sans jugement, avec des outils concrets. On peut travailler sur la communication, sur les blessures relationnelles, ou simplement sur le fait de retrouver un peu de paix intérieure.
Vous n’avez pas à traverser ça seul. Un simple appel ou un mail suffit pour commencer. Il n’y a pas de petit problème, il n’y a que des solutions qui attendent d’être trouvées. Et parfois, le
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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