3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Ouvrir votre cœur sans peur, pas à pas.
Il y a quelques semaines, un homme est venu me voir. La cinquantaine, les épaules voûtées, il s’est assis dans le fauteuil et a laissé échapper un soupir qui semblait venir de loin. « Je ne fais plus confiance à personne. Pas à ma compagne, pas à mes collègues, pas même à moi-même. » Il m’a raconté une histoire banale en apparence : une succession de petites trahisons, de promesses non tenues, de silences qui pèsent. Rien de spectaculaire. Mais ces petites fissures avaient fini par lézarder tout son monde intérieur. Il vivait en état d’alerte permanent, guettant le moment où l’autre allait le décevoir. Et plus il se méfiait, plus il attirait exactement ce qu’il redoutait.
Cette situation, je la vois souvent. Peut-être la reconnaissez-vous aussi. La confiance en l’autre n’est pas un luxe, c’est le carburant de toute relation humaine. Quand elle s’effrite, on se retrouve seul au milieu d’une foule, à construire des murs au lieu de ponts. Mais voici ce que j’ai appris en accompagnant des dizaines de personnes : la confiance n’est pas une denrée rare qu’on aurait perdue. C’est une capacité qu’on a simplement mise sous clé, par peur d’être à nouveau blessé. Et l’hypnose, couplée à l’IFS et à l’Intelligence Relationnelle, offre un chemin pour rouvrir cette porte. Pas en forçant la serrure, mais en apprenant à connaître celui qui tient la clé.
Quand on parle d’hypnose pour la confiance, beaucoup imaginent un magicien qui agite une montre à chaîne et efface les blessures d’un claquement de doigts. Je vais être honnête : ça ne marche pas comme ça. L’hypnose ericksonienne que je pratique n’efface rien. Elle ne vous fera pas oublier les mensonges de votre ex, les promesses trahies d’un ami ou l’indifférence d’un parent. Ces événements ont eu lieu, ils font partie de votre histoire. Mais l’hypnose peut changer le rapport que vous entretenez avec ces souvenirs.
Le mécanisme est simple. Votre cerveau, pour vous protéger, a associé l’idée de « faire confiance » à un signal d’alarme. Chaque fois que vous êtes tenté de vous ouvrir à quelqu’un, une partie de vous actionne une sirène intérieure : « Danger ! Tu vas souffrir ! » Cette réaction n’est pas un défaut, c’est un système de survie qui a fonctionné – trop bien. Sous hypnose, on va pouvoir dialoguer avec cette partie protectrice. On ne lui demande pas de se taire, on l’écoute. Et progressivement, on l’aide à comprendre que le danger n’est plus le même qu’hier.
Prenons l’exemple de cette femme que j’ai reçue, que j’appellerai Sophie. Après un divorce douloureux, elle avait développé une hypervigilance. Chaque regard de son nouveau compagnon, chaque retard anodin devenait le signe annonciateur d’une nouvelle trahison. Sous hypnose, nous avons rencontré la partie d’elle qui criait « méfie-toi ». Cette partie était une version d’elle-même, plus jeune, terrorisée par l’effondrement de son couple. En lui offrant de la reconnaissance et une place légitime, Sophie a pu progressivement la rassurer. Ce n’était pas une guérison instantanée, mais un réapprentissage. Aujourd’hui, elle peut entendre un « je suis en retard » sans que son corps ne se crispe. Elle a retrouvé la capacité de faire confiance, pas naïvement, mais lucidement.
L’hypnose ne vous rend pas aveugle aux défauts des autres. Elle vous rend capable de voir leurs qualités sans que la peur ne brouille votre regard.
Ce qui est fascinant, c’est que ce travail ne se limite pas à la relation aux autres. En retissant la confiance envers l’extérieur, on retisse aussi la confiance en soi. Car au fond, la défiance est une forme de doute : « Je ne suis pas capable de traverser une déception. » L’hypnose vous aide à rencontrer votre propre résilience. Vous redécouvrez que vous pouvez survivre à une blessure, que vous avez en vous les ressources pour vous relever. Et c’est ce socle qui permet de rouvrir la porte.
J’aimerais que vous preniez un instant pour observer ce qui se passe dans votre corps quand vous pensez à une personne qui vous a déçu. Peut-être une tension dans la mâchoire, une boule au ventre, une accélération du souffle. Ce n’est pas une simple émotion, c’est un état neurophysiologique complet. Votre système nerveux, celui qui gère la survie, s’active comme si un loup se tenait devant vous. Sauf que le loup s’appelle « l’autre » et qu’il n’a pas de crocs.
Cette réaction est ancestrale. Dans la savane, faire confiance au mauvais individu pouvait être fatal. Votre cerveau reptilien ne fait pas la différence entre un tigre à dents de sabre et un collègue qui vous a volé une promotion. Pour lui, la menace sociale est une menace vitale. Alors il verrouille tout. Et ce verrouillage est d’autant plus fort que la blessure est ancienne ou répétée. Si vous avez été trahi enfant, votre système nerveux a appris que la vulnérabilité est dangereuse. Il maintient donc un état d’alerte permanent, même dans des contextes sécurisants.
Je reçois souvent des personnes qui disent : « Je sais rationnellement que cette personne est fiable, mais je n’y arrive pas. » Et c’est normal. La confiance n’est pas une décision intellectuelle. Elle est ancrée dans le corps, dans le ressenti. Vous pouvez vous répéter cent fois « je dois faire confiance », votre diaphragme restera verrouillé. C’est là que l’hypnose devient précieuse : elle permet d’accéder à ce niveau non verbal, à ces mémoires corporelles qui échappent à la raison.
L’IFS (Internal Family Systems) que j’intègre dans ma pratique va encore plus loin. Il considère que ces peurs sont portées par des « parties » de nous, des sous-personnalités qui ont des intentions protectrices. Imaginez une partie de vous qui a décidé un jour : « Plus jamais je ne ferai confiance. » Cette partie n’est pas votre ennemie. Elle est comme un gardien un peu zélé qui a mal évalué la situation. Au lieu de lutter contre elle, on l’écoute, on la remercie, et on lui montre qu’aujourd’hui, vous êtes adulte, capable de faire face. Progressivement, elle accepte de lâcher prise.
La puissance de cette peur vient aussi du fait qu’elle est souvent silencieuse. Elle ne se manifeste pas par des cris, mais par des comportements : éviter les engagements, saboter une relation naissante, interpréter les paroles de l’autre de manière négative. C’est un filtre qui colore tout. Et plus on s’enferme dans ce filtre, plus on se prive de l’expérience réparatrice d’une relation saine. C’est le piège classique : on attend que l’autre soit parfait pour oser, mais on ne peut pas expérimenter une relation rassurante si on n’ose pas.
Un jour, un patient sportif de haut niveau m’a dit : « Pour courir un marathon, je sais exactement quoi faire : planifier mes entraînements, gérer ma nutrition, écouter mon corps. Mais pour gérer ma relation avec ma femme, je suis perdu. » Cette phrase m’a marqué. Nous avons tous appris à performer dans nos métiers, nos loisirs, mais personne ne nous a appris à être en relation. On croit que l’amour, l’amitié, la confiance sont des évidences. En réalité, ce sont des compétences qui s’acquièrent.
L’Intelligence Relationnelle, c’est cette capacité à naviguer dans l’espace entre vous et l’autre. Elle repose sur trois piliers : la conscience de soi, la régulation émotionnelle et la communication authentique. Et la confiance en est le fruit naturel. Quand vous savez identifier ce que vous ressentez, quand vous pouvez apaiser votre système nerveux sans attendre que l’autre le fasse, et quand vous exprimez vos besoins sans accuser, alors la confiance peut émerger. Elle n’a pas besoin d’être construite artificiellement, elle surgit comme une conséquence.
Prenons un exemple concret. Vous êtes en couple et votre partenaire arrive en retard sans prévenir. La vieille partie protectrice s’active : « Il/elle s’en fiche de toi, tu n’es pas une priorité. » L’Intelligence Relationnelle vous invite à faire une pause. Que ressentez-vous dans votre corps ? Peut-être une oppression thoracique. À quoi cette sensation est-elle liée ? À une vieille histoire où on vous a fait attendre, enfant. Puis, au lieu de dire « Tu es toujours en retard, tu te fiches de moi », vous pouvez dire « Quand tu es en retard sans prévenir, je sens de l’inquiétude monter. J’ai besoin de savoir que je compte pour toi. » La différence est immense. La première phrase attaque et ferme. La seconde ouvre un dialogue.
J’ai accompagné un jeune homme, Thomas, qui ne supportait pas que sa compagne sorte avec ses amies sans lui. Il interprétait chaque soirée comme un rejet. En travaillant sur son Intelligence Relationnelle, il a découvert que son besoin profond n’était pas de contrôler, mais de se sentir inclus et valorisé. Il a appris à exprimer ce besoin sans l’habiller d’accusations. Sa compagne, qui se sentait étouffée, a pu enfin entendre sa vulnérabilité. Leur relation s’est transformée. La confiance n’était plus un dû, mais une danse ajustée.
La confiance ne se donne pas comme un chèque en blanc. Elle se construit pas à pas, comme on apprend à nager : d’abord avec des brassards, puis sans, mais toujours en sachant qu’on peut toucher le fond.
Ce qui est puissant, c’est que l’Intelligence Relationnelle s’apprend. Ce n’est pas un don. Les footballeurs que je prépare mentalement ne naissent pas avec la capacité à rester calmes sous pression, ils l’entraînent. Pour la relation, c’est pareil. Chaque interaction devient un micro-entraînement. Et l’hypnose est un formidable accélérateur, car elle permet d’ancrer ces nouvelles compétences dans le corps, de les rendre automatiques. Vous n’avez plus à « penser » à faire confiance, vous le ressentez.
Voici une question qui dérange souvent : pourquoi avez-vous tant besoin que l’autre soit fiable ? Parfois, la quête de confiance en l’autre cache une difficulté à se faire confiance à soi-même. Si vous doutez de votre capacité à gérer une déception, vous allez exiger de l’autre qu’il soit parfait. Vous mettez tout le poids de votre sécurité émotionnelle sur ses épaules. C’est un fardeau trop lourd pour quiconque.
J’ai vu des personnes quitter des partenaires aimants simplement parce qu’ils avaient peur d’être quittés en premier. La défiance était devenue une prophétie autoréalisatrice. En réalité, ce n’était pas l’autre qui était dangereux, c’était leur propre vulnérabilité qu’ils ne supportaient pas. Le travail de fond, c’est de rencontrer cette vulnérabilité et de l’apprivoiser. L’hypnose permet de créer un espace intérieur sécurisé, une base de repli où vous pouvez vous ressourcer. Quand vous savez que vous pouvez compter sur vous-même pour traverser les tempêtes, vous n’avez plus besoin que l’autre soit un roc inébranlable.
Un exercice que je propose souvent à mes patients : fermez les yeux et imaginez une version de vous-même qui est totalement capable de faire face à une déception. Une version qui, si on la trahit, ressent de la tristesse mais ne s’effondre pas. Qui sait dire « ça fait mal, mais je vais m’en remettre ». Visualisez cette version, ressentez sa posture, sa respiration. Puis demandez-lui : « Qu’est-ce que tu sais que moi j’ai oublié ? » Les réponses sont souvent surprenantes. Beaucoup découvrent qu’ils ont déjà survécu à des blessures, qu’ils ont des ressources insoupçonnées. Cette confiance en soi est le terreau de la confiance en l’autre.
Je ne dis pas qu’il faut devenir insensible ou accepter l’inacceptable. La confiance lucide, c’est celle qui sait voir les signaux d’alarme sans les confondre avec les bruits de fond. C’est celle qui choisit de s’ouvrir tout en gardant un œil ouvert, non par méfiance, mais par conscience. Et cette lucidité passe par une connaissance intime de vos propres limites, de vos besoins, de vos peurs. L’hypnose vous aide à cartographier ce territoire intérieur. Une fois que vous le connaissez, vous pouvez y accueillir l’autre sans vous perdre.
La confiance ne se reconstruit pas en un jour. C’est un chemin qui se fait à petits pas. Mais le premier pas est souvent le plus difficile. C’est celui où vous décidez de ne pas interpréter un silence comme un rejet. Où vous choisissez de poser une question au lieu d’accuser. Où vous acceptez de montrer une fragilité sans être sûr de la réponse.
Je me souviens d’une patiente, Anne, qui n’osait plus demander d’aide à ses collègues. Elle avait été trahie par une amie de longue date et avait généralisé sa méfiance à tout son entourage professionnel. Nous avons travaillé sur un petit geste : demander un stylo à une collègue. Rien de plus. Puis lui confier une tâche mineure. Chaque petite expérience positive venait contredire la croyance « on va me décevoir ». Progressivement, son cerveau a commencé à enregistrer de nouvelles données. La confiance n’est pas un tout ou rien, c’est une série de micro-décisions.
L’hypnose peut vous aider à faire ce premier pas. En état de conscience modifiée, vous pouvez projeter mentalement une situation où vous osez vous ouvrir, et ressentir les sensations de sécurité qui l’accompagnent. Votre cerveau ne fait pas la différence entre une expérience vécue et une expérience imaginée intensément. En répétant mentalement ces scénarios, vous créez de nouveaux chemins neuronaux. Quand le moment réel se présente, votre corps se souvient : « J’ai déjà fait ça, c’était possible. »
Le courage n’est pas l’absence de peur, c’est la décision d’avancer malgré elle. Chaque pas que vous faites vers l’autre est un pas vers vous-même.
Alors, si vous lisez ces lignes et que vous sentez cette lassitude d’être sur vos gardes, je voudrais vous dire une chose : vous n’êtes pas condamné à la méfiance. Ce n’est pas une fatalité. C’est une habitude que vous avez prise pour vous protéger, et les habitudes se changent. Cela demande du temps, de la douceur envers vous-même, et parfois un accompagnement. Mais c’est possible.
Je ne vais pas vous laisser sans outil. Voici une pratique simple que vous pouvez essayer chez vous, ce soir ou demain matin. Asseyez-vous confortablement, fermez les yeux, et portez votre attention sur votre respiration. Laissez l’air entrer et sortir sans forcer. Puis, portez votre main sur votre cœur. Juste poser la main, sans rien attendre.
Rappelez-vous une fois, une seule, où vous avez fait confiance et où cela a bien fonctionné. Peut-être un ami qui était là, un collègue qui a tenu parole, un inconnu qui vous a souri. Ne cherchez pas un grand événement. Un petit moment suffit. Revivez-le en détail : où étiez-vous, quels sons, quelles odeurs, quelle sensation dans le corps ? Restez avec cette sensation quelques instants.
Puis, doucement, dites-vous : « Je peux choisir. Je peux choisir d’ouvrir mon cœur
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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