3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Un protocole d'autohypnose respiratoire à essayer ce soir.
Vous lisez ces mots parce que, comme beaucoup de personnes que je reçois à Saintes, vous en avez assez de compter des moutons qui finissent par faire grève. Assez de ces nuits où vous fixez le plafond en attendant que le sommeil veuille bien vous prendre. Assez de cette fatigue qui s’accumule, jour après jour, comme une dette que vous ne remboursez jamais.
Je comprends. Je suis Thierry Sudan, praticien installé à Saintes depuis 2014, et je travaille chaque jour avec des adultes qui souffrent d’insomnies, d’anxiété nocturne, ou de ce sentiment d’être « bloqué en veille » malgré l’épuisement. Il y a quelques semaines, un coureur amateur est venu me voir : il dormait en moyenne quatre heures par nuit depuis trois mois. Il avait tout essayé : les applications de méditation, les tisanes, les bouchons d’oreilles, la chambre plongée dans le noir absolu. Rien n’y faisait. Il était au bord du burn-out, pas à cause de l’entraînement, mais à cause du sommeil.
Je lui ai proposé un protocole d’autohypnose basé sur le souffle. Un protocole simple, concret, que vous pouvez essayer ce soir. Pas besoin d’être un yogi, pas besoin d’avoir une pratique spirituelle. Juste vous, votre respiration, et une intention claire.
Dans cet article, je vais vous expliquer pourquoi le souffle est votre meilleur allié pour le sommeil, comment fonctionne le mécanisme physiologique derrière, et surtout, je vais vous donner un protocole étape par étape. Vous n’aurez rien à acheter, rien à télécharger. Juste à lire, puis à essayer.
Beaucoup de personnes arrivent dans mon cabinet avec une idée fixe : « Mon cerveau ne s’arrête pas. » Et c’est vrai. Le cerveau, quand il est en mode « survie », produit des pensées comme une machine à pop-corn. Vous voulez dormir, mais votre esprit vous raconte l’histoire de votre journée, anticipe celle de demain, ressasse des vieux souvenirs. Vous n’êtes pas seul·e dans ce cas.
Ce que la plupart des gens ignorent, c’est que le souffle est le seul outil volontaire qui peut influencer directement votre système nerveux autonome. Celui-ci est composé de deux branches : le sympathique (l’accélérateur, celui du stress) et le parasympathique (le frein, celui du calme et de la récupération). Vous ne pouvez pas ordonner à votre nerf vague – le chef d’orchestre du parasympathique – de se mettre en marche. Mais vous pouvez l’inviter en modifiant votre respiration.
Quand vous inspirez, vous activez légèrement le sympathique. Quand vous expirez, vous activez le parasympathique. Plus l’expiration est longue par rapport à l’inspiration, plus vous envoyez un signal clair à votre corps : « On peut ralentir, on peut lâcher prise, on peut dormir. »
C’est là que l’hypnose entre en jeu. L’autohypnose, c’est l’art de créer un état de conscience modifié où votre esprit critique – celui qui vous dit « mais ça ne marchera pas » – se met en retrait. En combinant une technique de respiration spécifique avec une intention hypnotique, vous créez un double levier : physiologique et psychologique. Le souffle prépare le terrain, l’hypnose plante la graine du sommeil.
Le souffle n’est pas juste de l’air qui entre et sort. C’est un langage que votre corps comprend mieux que tous vos discours intérieurs.
Avant d’entrer dans le protocole, je veux être honnête avec vous. Il y a des nuits où rien ne marche. Des nuits où l’anxiété est trop forte, où un événement de vie vous perturbe profondément, où le sommeil semble un luxe inaccessible. L’autohypnose respiratoire n’est pas une baguette magique. Elle ne va pas effacer une insomnie chronique en une seule séance. Elle ne va pas remplacer un traitement médical si vous en avez un.
Ce qu’elle fait, c’est vous donner un outil. Un outil que vous pouvez utiliser seul·e, sans dépendre de personne. Un outil qui, avec la pratique, devient de plus en plus efficace. C’est comme un muscle : plus vous l’entraînez, plus il répond vite.
L’autre piège, c’est de vouloir « réussir » l’exercice. La plupart des gens viennent me dire : « Je n’y arrive pas, je n’arrive pas à me concentrer sur ma respiration, mon esprit part ailleurs. » Et moi je leur réponds : « C’est parfait. » L’hypnose ne demande pas une concentration parfaite. Elle demande une intention douce, et la permission de se laisser aller. Si votre esprit vagabonde, ce n’est pas un échec. C’est même un signe que vous êtes en train de basculer dans un état modifié de conscience.
Alors voici ce que vous devez savoir avant de commencer : vous ne pouvez pas échouer. Même si vous ne vous endormez pas, même si vous passez vingt minutes à faire l’exercice sans résultat, vous avez déjà fait quelque chose d’important : vous avez donné à votre système nerveux un signal de sécurité. Et ça, ça compte.
Je vais maintenant vous décrire le protocole que j’ai donné à ce coureur dont je vous parlais tout à l’heure. Il l’a pratiqué tous les soirs pendant deux semaines. Au bout de trois jours, il dormait six heures. Au bout d’une semaine, il atteignait sept heures, sans réveil nocturne. Ce n’est pas un cas isolé : je l’ai vu fonctionner pour des managers stressés, des parents épuisés, des sportifs de haut niveau.
L’idée est simple : vous allez utiliser votre respiration pour induire un état hypnotique léger, puis vous allez glisser vers le sommeil.
Étape 1 : Installez-vous et créez votre bulle
Avant toute chose, préparez votre environnement. Éteignez les écrans au moins trente minutes avant. Pas de téléphone à côté du lit, pas de tablette. La lumière bleue est l’ennemie de la mélatonine. Si vous devez lire, choisissez un livre papier avec une lumière tamisée.
Allongez-vous dans votre lit, sur le dos, les bras le long du corps, les jambes légèrement écartées. Placez une main sur votre ventre, l’autre sur votre poitrine. Cette position n’est pas obligatoire, mais elle vous aide à sentir votre respiration.
Prenez trois respirations profondes, comme un soupir. Inspirez par le nez, expirez par la bouche en faisant un son « haaaaa ». C’est un signal pour votre corps : « On lâche, on se pose. »
Étape 2 : Le rythme 4-7-8 (ou comment ralentir le système nerveux)
Cette technique est connue sous le nom de « relaxation respiratoire » et a été popularisée par le Dr Andrew Weil. Elle est simple, mais puissante.
Répétez ce cycle 4 à 6 fois. Ne forcez pas. Si le compte de 7 est trop long pour la rétention, réduisez à 5. L’important, c’est que l’expiration soit plus longue que l’inspiration.
Pendant que vous respirez, laissez votre attention se poser sur le mouvement de votre ventre. À l’inspiration, il se soulève. À l’expiration, il redescend. C’est le seul point d’ancrage dont vous avez besoin.
Étape 3 : L’induction hypnotique par le souffle
Maintenant, vous allez passer à une phase plus hypnotique. Vous allez transformer votre respiration en un outil d’exploration intérieure.
Fermez les yeux. Imaginez que votre souffle est une vague. À chaque inspiration, la vague monte doucement. À chaque expiration, elle redescend, emportant avec elle les tensions, les pensées, les bruits du jour.
Répétez mentalement, en synchronisant avec votre souffle :
Ne cherchez pas à être parfait. Laissez les mots venir comme une mélodie douce. Si votre esprit s’égare, ramenez-le simplement à la vague. Sans colère, sans jugement.
Après quelques cycles, vous pouvez ajouter une image. Par exemple, imaginez que votre souffle est un ascenseur qui descend doucement. À chaque expiration, l’ascenseur descend d’un étage. Vous descendez, étage après étage, vers un endroit calme et confortable. Vous n’avez rien à faire, juste à vous laisser descendre.
Étape 4 : Le glissement vers le sommeil
C’est l’étape la plus importante, et la plus subtile. Une fois que vous sentez votre corps s’alourdir, que votre respiration est devenue naturelle et lente, vous allez lâcher prise sur la technique.
Arrêtez de compter. Arrêtez de diriger votre souffle. Laissez-le faire ce qu’il veut. Vous pouvez simplement observer l’air qui entre et qui sort, comme si vous regardiez les vagues depuis une plage.
Répétez-vous doucement : « Je n’ai rien à faire, nulle part où aller, personne à être. Juste ici, maintenant, dans ce lit. »
Si des pensées reviennent – et elles reviendront – ne les combattez pas. Imaginez que vous les posez sur un nuage qui passe. Vous les voyez, vous les reconnaissez, puis vous les laissez partir. Vous n’avez pas à les analyser. Vous n’avez pas à les résoudre. Vous avez juste à les laisser passer.
À ce stade, soit vous vous endormez naturellement, soit vous restez dans un état de semi-conscience agréable. Les deux sont bénéfiques. Même si vous ne dormez pas profondément, cet état de relaxation profonde a des effets réparateurs sur votre système nerveux.
Le sommeil n’est pas un objectif à atteindre. C’est une conséquence. Quand vous créez les conditions du lâcher-prise, il vient de lui-même.
Vous vous demandez peut-être : « Pourquoi ça marcherait plus qu’une simple respiration profonde ? » La différence, c’est l’intention hypnotique. Quand vous ajoutez une image mentale, une suggestion intérieure, vous engagez l’inconscient. Celui-ci ne fait pas la différence entre une réalité vécue et une réalité imaginée. Si vous lui dites, avec votre respiration, que vous descendez doucement vers un état de sommeil, il va créer cette expérience.
C’est ce que j’appelle le « double ancrage ». D’un côté, le souffle ralentit votre rythme cardiaque et abaisse votre pression artérielle. De l’autre, l’hypnose désactive le cortex préfrontal – cette partie du cerveau qui rumine, planifie, analyse. Vous n’êtes plus dans le faire, vous êtes dans l’être.
Avec la pratique, vous pouvez améliorer ce protocole. Voici quelques ajustements que je propose à mes patients :
Un patient m’a dit un jour : « Au début, je ne sentais rien. Puis, au bout d’une semaine, j’ai commencé à ressentir une chaleur dans les mains et les pieds, comme si mon corps se préparait au sommeil. » C’est normal. La première fois, votre cerveau est en mode « test ». Il observe, analyse, doute. Avec la répétition, il apprend à reconnaître les signaux et à y répondre plus vite.
Pendant mes consultations, j’entends souvent les mêmes difficultés. Les voici, avec des solutions simples.
Erreur 1 : Vous forcez la respiration. Vous avez lu le protocole et vous voulez « bien faire ». Vous retenez votre souffle comme si vous alliez battre un record. Résultat : votre corps se tend, votre rythme cardiaque s’accélère, et vous vous énervez.
Solution : La respiration doit être confortable, jamais forcée. Si le compte 4-7-8 vous semble une contrainte, respirez simplement plus lentement que d’habitude. L’expiration plus longue que l’inspiration est le seul impératif.
Erreur 2 : Vous cherchez le sommeil activement. Vous vous dites : « OK, maintenant je vais dormir. » C’est l’inverse de ce qu’il faut faire. Plus vous cherchez le sommeil, plus il vous fuit. C’est comme vouloir attraper un chat : il se sauve.
Solution : Acceptez l’idée que vous allez juste vous reposer. Dormir ou pas, ce n’est pas le sujet. Vous êtes là pour offrir un moment de calme à votre corps. Le reste viendra tout seul.
Erreur 3 : Vous abandonnez après deux ou trois tentatives. Vous avez essayé une fois, ça n’a pas marché, vous en concluez que « l’hypnose ne marche pas sur moi ». Je l’entends souvent. Mais c’est comme dire que le sport ne marche pas après une seule séance.
Solution : Engagez-vous à pratiquer ce protocole tous les soirs pendant au moins une semaine. Notez vos ressentis dans un carnet. Vous verrez, les changements sont souvent progressifs, puis soudains. Une nuit, vous vous réveillerez le matin sans savoir exactement à quel moment vous vous êtes endormi.
Erreur 4 : Vous pratiquez dans un environnement bruyant ou stressant. Votre chambre est une passoire sonore, votre conjoint·e ronfle, ou vous avez une pile de dossiers sur la table de nuit.
Solution : Investissez dans une paire de bouchons d’oreilles de qualité. Ou utilisez un bruit blanc (ventilateur, application de bruit de pluie). Si l’environnement est vraiment hostile, prévoyez une routine de préparation : rangez la chambre, tamisez la lumière, faites quelques étirements doux avant de commencer.
Je vous propose un petit rituel pour ce soir. Avant d’éteindre votre téléphone, prenez trente secondes pour fermer les yeux et respirer trois fois profondément. Inspirez en comptant jusqu’à 4, expirez en comptant jusqu’à 6. Juste ça. C’est un signal pour votre cerveau : « On commence à ralentir. »
Puis, quand vous serez au lit, suivez les quatre étapes que j’ai décrites. Ne vous mettez pas la pression. Considérez cela comme une exploration, une découverte. Vous n’êtes pas en train de « faire de l’hypnose », vous êtes en train de dialoguer avec votre corps dans une langue qu’il comprend : celle du souffle.
Si vous avez des questions, si vous sentez que vous avez besoin d’un accompagnement plus personnalisé, je suis là. Je reçois à Saintes, mais je propose aussi des séances en visioconférence pour ceux qui ne peuvent pas se déplacer. Parfois, un regard extérieur, une écoute professionnelle, suffit à débloquer des années de nuits difficiles.
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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