3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Découvrez comment l'hypnose calme votre cerveau et stoppe les cauchemars.
« J’ai encore fait ce rêve, Thierry. Le même. Encore. »
Elle venait de s’asseoir, les traits tirés, les yeux cernés. La quarantaine, cadre dynamique dans la vie, mais une enfant terrifiée la nuit. Depuis des mois, presque toutes les nuits, le même scénario : elle court dans un couloir sans fin, quelqu’un la poursuit, elle essaie de crier mais aucun son ne sort. Et elle se réveille en sursaut, le cœur battant, trempée de sueur, avec une angoisse qui met des heures à retomber.
« Mon mari me dit que je dors mal, que je parle en dormant, que je me débats. Je commence à avoir peur d’aller me coucher. »
Elle n’est pas seule. Les cauchemars récurrents touchent environ 5 % des adultes régulièrement, et jusqu’à 50 % des adultes en période de stress. Ce ne sont pas de simples « mauvais rêves ». Ce sont des séquences de terreur qui s’impriment dans votre cerveau, qui volent votre sommeil réparateur, et qui finissent par empiéter sur votre journée. Vous les connaissez peut-être : ce rêve où vous perdez vos dents, où vous tombez dans le vide, où vous êtes en retard à un examen, ou pire, où un proche disparaît.
La bonne nouvelle, c’est que ces cauchemars ne sont pas une fatalité. Votre cerveau n’est pas « cassé ». Il a simplement appris un chemin neuronal que vous pouvez réécrire. Et l’hypnose ericksonienne est l’un des outils les plus puissants et les plus rapides pour y parvenir.
Je m’appelle Thierry Sudan, je suis praticien à Saintes, et depuis 2014 j’accompagne des adultes qui souffrent de ces nuits qui ne finissent pas. Dans cet article, je vais vous expliquer pourquoi les cauchemars s’installent, comment l’hypnose peut les désactiver, et vous donner des clés concrètes pour reprendre le contrôle de vos nuits dès ce soir.
Pour comprendre comment arrêter un cauchemar récurrent, il faut d’abord comprendre pourquoi il se répète. Et pour ça, on va faire un petit détour par le fonctionnement de votre cerveau la nuit.
Pendant votre sommeil, votre cerveau ne s’éteint pas. Au contraire, il est hyperactif, surtout pendant la phase de sommeil paradoxal (celle où vous rêvez le plus). C’est à ce moment-là que votre cerveau trie les informations de la journée, qu’il consolide les souvenirs importants, et qu’il « jette » ce qui ne sert pas. Mais il fait aussi autre chose : il répète des scénarios émotionnels pour vous préparer à des situations futures.
C’est ce qu’on appelle la « théorie de la simulation des menaces ». Votre cerveau, surtout si vous êtes anxieux ou si vous avez vécu un traumatisme, va rejouer des scénarios de danger pour que vous soyez prêt à y faire face dans la réalité. C’est un mécanisme de survie ancestral. Le problème, c’est que quand ce mécanisme s’emballe, il rejoue toujours le même film.
Imaginez un disque rayé. Le même passage qui saute, encore et encore. C’est exactement ce qui se passe dans votre cerveau. Un réseau de neurones spécifique s’est créé autour de ce cauchemar. Chaque fois que vous le faites, vous renforcez ce chemin neuronal. C’est comme un sentier dans une forêt : plus vous passez au même endroit, plus le chemin devient large et facile à emprunter. Votre cerveau devient « expert » dans la production de ce cauchemar.
Les causes les plus fréquentes de ces cauchemars répétitifs sont :
« Votre cerveau ne cherche pas à vous faire du mal. Il cherche à vous protéger. Mais parfois, il utilise une vieille carte qui ne correspond plus au territoire actuel. »
Et c’est là que l’hypnose entre en jeu. Parce que l’hypnose ne va pas combattre votre cerveau. Elle va lui donner une nouvelle carte.
L’hypnose ericksonienne, celle que je pratique, n’a rien à voir avec l’hypnose de spectacle. Ce n’est pas un état de sommeil, ni de perte de contrôle. C’est un état de conscience modifié, un peu comme quand vous êtes tellement absorbé par un livre ou un film que vous ne voyez plus le temps passer. Votre attention est focalisée, votre corps est détendu, et votre esprit conscient s’efface un peu pour laisser place à votre esprit inconscient.
Et c’est là que la magie opère. Parce que vos cauchemars, ils ne sont pas fabriqués par votre esprit conscient (celui qui lit ces lignes). Ils sont fabriqués par votre esprit inconscient, celui qui gère votre respiration, votre digestion, vos automatismes, et vos peurs les plus profondes.
L’hypnose permet de communiquer directement avec cette partie de vous-même. Et voici comment elle agit concrètement sur les cauchemars récurrents :
1. Elle désactive le mode « alerte rouge »
Quand vous faites un cauchemar, votre système nerveux sympathique (celui qui gère la réponse combat-fuite) s’active à fond. Votre rythme cardiaque s’accélère, vous transpirez, vous êtes en état de stress maximum. L’hypnose, en induisant un état de relaxation profonde, va activer votre système nerveux parasympathique (celui de la détente et de la récupération). En séance, je vais vous apprendre à descendre dans cet état de calme intérieur, et à y associer des sensations de sécurité. Petit à petit, votre cerveau associera le moment du rêve à une possibilité de calme, et non plus uniquement à de la terreur.
2. Elle « déconditionne » le scénario
Votre cauchemar est un conditionnement. Un stimulus (vous vous endormez, vous entrez en sommeil paradoxal) déclenche une réponse automatique (le même scauchemar). L’hypnose va casser ce lien. En état hypnotique, je vais vous guider pour revisiter la trame de votre cauchemar, mais en toute sécurité. Vous allez pouvoir observer le scénario de loin, comme si vous regardiez un film sur un écran, sans être dedans. Et à partir de cette position d’observateur, vous allez pouvoir le modifier.
3. Elle « réécrit » la fin
C’est l’étape la plus puissante. Une fois que vous êtes en état d’hypnose, détendu et en sécurité, votre inconscient est ouvert à de nouvelles suggestions. Je vais vous inviter à imaginer une nouvelle fin pour votre cauchemar. Une fin où vous avez le contrôle. Où vous pouvez parler. Où vous pouvez vous retourner et faire face à ce qui vous poursuit. Où vous pouvez transformer le monstre en quelque chose de ridicule ou de banal. Votre cerveau va enregistrer cette nouvelle version comme une option possible. La prochaine fois que le cauchemar tentera de se déclencher, votre inconscient pourra choisir la nouvelle branche, celle de la fin alternative.
« En hypnose, on ne supprime pas un cauchemar. On lui offre une autre voie. Et le cerveau, par paresse naturelle, prend souvent la nouvelle route si elle est plus agréable. »
Je me souviens d’un patient, un commercial de 35 ans, qui faisait chaque nuit le même rêve : il était dans une voiture qui fonçait dans un mur, et il se réveillait juste avant l’impact. En hypnose, on a changé la fin : la voiture a poussé des ailes et s’est envolée au-dessus du mur. Ça peut sembler simple, voire enfantin. Mais son cerveau a adoré cette solution. En trois séances, les cauchemars ont cessé. Il a continué à rêver de voitures, mais cette fois, elles volaient.
L’hypnose ericksonienne est un outil formidable, mais je l’associe souvent à une autre approche que j’utilise quotidiennement : l’IFS, ou Internal Family Systems (Systèmes Familiaux Intérieurs). C’est un modèle qui part du principe que notre psyché est composée de plusieurs « parties » ou sous-personnalités. Chaque partie a une intention positive, même si son comportement semble destructeur.
Appliqué aux cauchemars, cela donne une perspective fascinante. Et si la partie de vous qui produit le cauchemar ne cherchait pas à vous terroriser, mais à vous protéger ?
Prenons un exemple. Une femme que j’ai accompagnée faisait des cauchemars où elle perdait ses dents. En hypnose, on a dialogué avec cette partie. Et voici ce qu’elle a découvert : la partie qui créait ce cauchemar était une « sentinelle » qui avait peur qu’elle perde le contrôle de sa vie. Dans sa réalité, elle était en pleine procédure de divorce, et elle avait l’impression de tout perdre. Le cauchemar des dents qui tombent était une métaphore de cette peur.
L’IFS nous a permis de remercier cette partie pour son travail de protection, et de lui montrer qu’elle n’avait plus besoin d’être en alerte 24h/24. On a négocié un nouveau rôle pour elle : celui de gardienne de la confiance. Les cauchemars ont cessé.
Quand je combine hypnose et IFS, le travail est souvent plus profond et plus durable. L’hypnose ouvre la porte de l’inconscient, et l’IFS permet d’y mener une conversation respectueuse avec les parties qui souffrent.
Je veux être parfaitement honnête avec vous, comme je le suis avec tous mes patients. L’hypnose est un outil puissant, mais ce n’est pas une baguette magique. Voici ce qu’elle peut faire, et ce qu’elle ne peut pas faire.
Ce que l’hypnose peut faire :
Ce que l’hypnose ne fait pas :
Je ne promets jamais des résultats en une séance. Mais je promets que si vous êtes prêt à vous engager, vous verrez une différence.
Avant même de prendre rendez-vous, vous pouvez commencer à agir. Voici un exercice que je donne souvent à mes patients entre les séances. Il s’inspire d’une technique appelée « répétition par imagerie mentale » (ou IRT), validée par des études cliniques. Elle est simple, et elle prépare votre cerveau à l’hypnose.
L’exercice en 3 étapes :
Le matin, juste après le réveil : prenez 5 minutes. Vous êtes encore dans l’état de semi-conscience entre le rêve et la veille. C’est le meilleur moment. Repensez à votre cauchemar de la nuit (si vous en avez fait un). Mais cette fois, ne le revivez pas en entier. Arrêtez-vous au moment où la peur commence à monter.
Changez la fin : maintenant, imaginez une nouvelle fin. Laissez libre cours à votre imagination. Vous pouvez :
Le soir, juste avant de vous endormir : dans votre lit, les lumières éteintes, répétez la même séquence. Visualisez le début du cauchemar, puis la nouvelle fin. Faites-le 3 à 5 fois. Puis dites-vous intérieurement : « Mon cerveau va continuer ce travail pendant que je dors. Je suis en sécurité. »
Cet exercice est un excellent point de départ. Il envoie un signal clair à votre inconscient : « Ce scénario n’est plus le seul possible. Il y a une alternative. »
« La nuit, votre cerveau est comme un jardinier. Si vous lui donnez une nouvelle graine, il la plantera. Mais il faut la lui donner régulièrement, pas une fois par mois. »
Faites cet exercice pendant 7 jours. Notez vos rêves le matin. Vous verrez, même si le cauchemar persiste, il commencera à perdre de sa force. Vous aurez peut-être des rêves hybrides, où l’ancien et le nouveau se mélangent. C’est bon signe. C’est le signe que le changement est en marche.
L’exercice ci-dessus est un premier pas. Mais il a ses limites. Si vos cauchemars sont liés à un traumatisme profond, si vous avez des réveils en panique plusieurs fois par semaine, si vous avez peur de vous endormir, ou si vos cauchemars s’accompagnent de symptômes diurnes (anxiété, irritabilité, flashbacks, évitement), il est temps de consulter un professionnel.
L’hypnose, combinée à l’IFS, est particulièrement efficace dans ces cas-là. Elle permet d’aller à la racine du problème, là où l’exercice seul ne peut pas toujours atteindre.
Je reçois souvent des personnes qui me disent : « J’ai tout essayé : les plantes, la méditation, les apps de rêve lucide, la thérapie classique. Rien n’a fonctionné. » Et c’est souvent vrai. Parce que ces approches travaillent sur le conscient, ou sur les symptômes. L’hypnose travaille directement avec l’inconscient, là où le cauchemar est fabriqué.
Je sais ce que c’est que de se réveiller en sursaut, le
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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