3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Comparez les bénéfices et risques de chaque solution concrète.
Vous êtes allongé dans votre lit, les yeux grands ouverts dans le noir. Le réveil affiche 2h47. Dans trois heures, le premier rendez-vous. Dans quatre heures et demie, la réunion qui vous stresse. Et vous êtes là, à compter les moutons, à ressasser la journée, à négocier avec votre cerveau qui refuse obstinément de s’éteindre. Vous finissez par vous lever, ouvrir la pharmacie, et fixer la boîte de somnifères que le médecin vous a prescrits il y a trois mois. Vous ne les avez pas pris ce soir. Pas encore. Mais l’envie est là, tenace, comme une bouée de sauvetage.
Je vois ce scénario plusieurs fois par semaine dans mon cabinet à Saintes. Des hommes et des femmes, souvent entre 35 et 55 ans, qui viennent me voir parce qu’ils sont à bout. Le sommeil, ce truc qui devrait être naturel, est devenu un champ de bataille. Certains prennent des somnifères depuis des années, d’autres les évitent comme la peste mais souffrent en silence. Et la question qui revient toujours est la même : « Hypnose ou somnifères, qu’est-ce qui marche vraiment ? »
Je vais être honnête avec vous : je ne suis pas là pour diaboliser les médicaments ni pour vendre l’hypnose comme une baguette magique. Chaque solution a sa place, ses forces, ses limites. Mon boulot, c’est de vous donner des clés concrètes pour que vous puissiez faire un choix éclairé. Alors on va comparer les deux, sans tabou, sans jugement.
Avant de choisir une solution, il faut comprendre ce qui se passe dans votre tête quand vous ne dormez pas. Parce que ce n’est pas un caprice. Ce n’est pas que vous êtes faible ou que vous n’essayez pas assez.
Votre sommeil est régulé par deux systèmes principaux : l’horloge biologique (le rythme circadien) et la pression de sommeil (plus vous êtes éveillé longtemps, plus vous avez envie de dormir). En théorie, ces deux-là devraient s’accorder comme un duo de jazz. Mais dans la vraie vie, il y a un troisième larron qui vient tout foutre en l’air : le système d’alerte, aussi appelé système sympathique ou, plus simplement, le mode « danger ».
Ce système s’active quand votre cerveau détecte une menace. Pas forcément un tigre à dents de sabre, hein. Plutôt une menace moderne : le mail de votre chef, l’engueulade avec votre conjoint, l’angoisse de ne pas réussir, le doute sur vous-même. Le problème, c’est que votre cerveau ne fait pas la différence entre un danger physique immédiat et une menace psychologique à long terme. Pour lui, le stress, c’est du stress, point barre.
Quand ce système d’alerte est allumé, votre corps produit du cortisol et de l’adrénaline. Vous êtes en état d’éveil renforcé, prêt à réagir. C’est très pratique pour traverser une rue sans se faire écraser. C’est catastrophique pour s’endormir. Parce que s’endormir, c’est lâcher prise. C’est dire à votre cerveau : « Tout va bien, tu peux baisser la garde. » Et si votre cerveau est convaincu que vous êtes en danger, il ne baissera la garde pour rien au monde.
Ajoutez à ça un phénomène pernicieux : l’anxiété de performance du sommeil. Plus vous essayez de dormir, moins vous y arrivez. Vous regardez l’heure, vous calculez combien d’heures il vous reste, vous vous dites « si je m’endors maintenant, je peux encore avoir quatre heures », et à chaque minute qui passe, la pression monte. Votre cerveau apprend que le lit est un lieu de stress, pas un lieu de repos. Et ça devient un cercle vicieux.
Les somnifères et l’hypnose agissent sur ce mécanisme, mais pas du tout de la même manière. L’un force la serrure, l’autre apprend à la déverrouiller.
Je vais être clair : les somnifères, ça marche. Si vous en prenez un soir où vous êtes en pleine insomnie aiguë, il y a de grandes chances que vous vous endormiez. C’est leur force, et c’est pour ça qu’ils sont prescrits. Ils sont efficaces à court terme.
La plupart des somnifères (benzodiazépines, Z-drugs comme le zolpidem) agissent en renforçant l’action d’un neurotransmetteur appelé GABA. Le GABA, c’est le frein de votre système nerveux. Il calme l’activité cérébrale. En gros, les somnifères disent à votre cerveau : « Chut, on se tait maintenant. » Et votre cerveau obéit. Vous vous endormez.
Mais voilà le problème : ce n’est pas un sommeil naturel. C’est un sommeil chimique, un peu comme si on endormait quelqu’un avec un marteau. Vous perdez en qualité : moins de sommeil profond, moins de sommeil paradoxal (celui des rêves, essentiel pour la régulation émotionnelle). Vous vous réveillez parfois plus fatigué qu’avant, avec cette sensation d’être dans le coton.
Et puis il y a l’accoutumance. Votre corps s’habitue. Au bout de quelques semaines, la même dose ne fait plus effet. Vous augmentez la dose, ou vous changez de molécule. Et vous entrez dans une spirale. Le sevrage est souvent difficile : anxiété de rebond, insomnie de rebond, parfois pire qu’avant. C’est pour ça que les somnifères sont normalement prescrits pour des durées courtes, deux à quatre semaines maximum. Mais dans la réalité, beaucoup de gens les prennent pendant des mois, voire des années.
J’ai reçu une patiente, appelons-la Sophie, qui prenait du Stilnox depuis six ans. Elle venait me voir parce qu’elle avait peur de ne jamais pouvoir arrêter. Elle me disait : « Sans ce cachet, je ne dors pas. C’est mon seul ami la nuit. » Et je comprenais sa peur. Le somnifère était devenu une béquille psychologique : elle ne croyait plus en sa capacité à s’endormir seule. Son cerveau avait délégué la responsabilité à la pilule.
Ce que les somnifères ne font pas, c’est traiter la cause. Si vous ne dormez pas parce que vous êtes anxieux, stressé, en conflit avec vous-même ou avec les autres, le somnifère va juste masquer le symptôme. Il ne va pas résoudre le conflit, apaiser l’anxiété, ou vous apprendre à gérer le stress. Dès que vous arrêtez, le problème revient. Parfois amplifié.
Un somnifère, c’est comme une télécommande qui éteint la télé. Mais si le problème, c’est que vous n’aimez pas ce qu’il y a à l’écran, éteindre ne change rien au fond.
Alors est-ce que les somnifères sont à jeter à la poubelle ? Non. Ils ont leur place. Pour une insomnie ponctuelle (décalage horaire, deuil, hospitalisation), ils peuvent être un bon outil. Pour quelqu’un qui est en crise aiguë et qui a besoin de récupérer, ils peuvent être une bouée. Mais ils ne sont pas une solution durable. Et je ne parle même pas des effets secondaires : somnolence diurne, troubles de la mémoire, risque de chute chez les personnes âgées, dépendance.
Si vous prenez des somnifères depuis plus d’un mois, je ne vous juge pas. Mais je vous invite à vous demander : est-ce que ça règle vraiment le problème, ou est-ce que ça le repousse ?
L’hypnose, c’est tout le contraire. Ce n’est pas une baguette magique, ce n’est pas un « claquement de doigts et vous dormez ». C’est un apprentissage. Et ça demande un peu d’investissement.
Quand je reçois quelqu’un pour une insomnie, je commence toujours par une séance d’exploration. On parle de son sommeil, de son histoire, de ce qui se passe dans sa vie. Parce que l’insomnie n’est jamais un symptôme isolé. Elle est toujours reliée à quelque chose : un stress chronique, une émotion non digérée, un conflit intérieur, une perte de sens.
En hypnose ericksonienne, on ne cherche pas à « forcer » le sommeil. On cherche à créer les conditions pour que le sommeil vienne naturellement. On apprend au cerveau à se mettre en mode « repos » plutôt qu’en mode « alerte ». On travaille sur les croyances limitantes (« je suis quelqu’un qui ne dort pas », « je n’y arriverai jamais »). On désamorce l’anxiété de performance du sommeil.
Concrètement, comment ça se passe ? Je vais vous guider dans un état modifié de conscience. Ce n’est pas un état de sommeil, c’est un état de relaxation profonde où votre esprit critique se met en veille et où votre inconscient devient plus réceptif. Dans cet état, on peut « replanter » de nouvelles façons de faire. Par exemple, on peut associer le lit à une sensation de sécurité et de détente, plutôt qu’à une source de stress. On peut apprendre à votre cerveau à répondre à des signaux de sommeil (une respiration particulière, une visualisation, une phrase-clé).
J’utilise aussi beaucoup l’IFS (Internal Family Systems) dans mon approche. C’est une méthode qui part du principe que notre esprit est composé de différentes « parties ». Par exemple, il y a une partie de vous qui veut désespérément dormir, et une autre partie qui est en alerte, qui veut vous protéger. Ces deux parties sont en conflit. L’IFS permet de dialoguer avec ces parties, de comprendre ce que chacune essaie de faire pour vous, et de les réconcilier. C’est un travail en profondeur, mais il est très puissant.
J’ai travaillé avec un patient, Paul, un chef d’entreprise de 52 ans. Il ne dormait plus depuis des mois. Il avait tout essayé : les tisanes, la méditation, les somnifères. En séance, on a découvert qu’il y avait une partie de lui qui refusait de dormir parce qu’elle avait peur de perdre le contrôle. Pour cette partie, dormir, c’était s’exposer, être vulnérable. On a travaillé à rassurer cette partie, à lui montrer qu’il pouvait dormir sans danger. Paul a mis cinq séances pour retrouver un sommeil normal. Cinq séances, ce n’est pas une nuit. Mais aujourd’hui, il dort sans cachet, sans anxiété, et il sait que si une insomnie revient, il a les outils pour y faire face.
L’hypnose ne vous donne pas une pilule, elle vous donne une clé. Et la clé, vous pouvez la réutiliser chaque fois que vous en avez besoin.
Ce que l’hypnose fait, c’est reprogrammer votre relation au sommeil. Elle ne traite pas juste le symptôme, elle traite la cause. Elle vous redonne confiance en votre capacité à dormir. Et ça, c’est un cadeau qui dure.
Je veux être honnête avec vous, parce que je déteste les promesses en l’air. L’hypnose n’est pas une solution miracle pour tout le monde, et elle a ses limites.
D’abord, ça demande de la motivation. Si vous venez en séance en vous disant « bon, je vais essayer, mais je n’y crois pas », ça va être compliqué. Pas impossible, mais compliqué. L’hypnose, c’est une collaboration. Vous n’êtes pas passif, vous êtes acteur de votre changement.
Ensuite, certaines insomnies ont des causes médicales (apnée du sommeil, syndrome des jambes sans repos, problèmes hormonaux). L’hypnose ne soigne pas ça. Si vous ronflez comme un tracteur ou si vous avez des mouvements involontaires des jambes la nuit, il faut d’abord consulter un médecin du sommeil. L’hypnose peut être un complément, mais pas un traitement de première ligne.
Il y a aussi des personnes pour qui l’hypnose ne fonctionne pas. C’est rare, mais ça arrive. Parfois, le blocage est trop profond, ou la personne n’arrive pas à entrer en état d’hypnose (même si en vrai, tout le monde est hypnotisable, c’est une question de degré). Dans ces cas-là, je ne force pas. Je propose d’autres approches, comme l’Intelligence Relationnelle ou la préparation mentale.
Et puis, l’hypnose prend du temps. Une séance ne suffit pas toujours. Certaines personnes voient des résultats dès la première nuit, d’autres ont besoin de trois, quatre, cinq séances. Ça dépend de l’ancienneté du problème, de votre histoire, de votre état d’esprit. Si vous cherchez une solution « en une nuit », l’hypnose n’est pas pour vous. Si vous cherchez une solution durable, elle l’est.
Enfin, l’hypnose ne vous enlève pas la responsabilité. Je ne vais pas « vous endormir » comme on endort un patient au bloc opératoire. Je vais vous apprendre à vous endormir vous-même. C’est un peu comme un coach sportif : il ne court pas à votre place, il vous montre comment courir mieux. Certaines personnes préfèrent déléguer cette responsabilité à un cachet. Je le comprends. Mais je crois que se réapproprier son sommeil, c’est se réapproprier une partie de sa vie.
Alors, comment savoir si vous avez besoin de somnifères ou d’hypnose ? Je vous propose un petit test en trois questions. Prenez le temps d’y répondre honnêtement.
Question 1 : Depuis combien de temps ça dure ?
Question 2 : Est-ce que vous savez pourquoi vous ne dormez pas ?
Question 3 : Quelle est votre relation aux médicaments ?
Si vous avez répondu « plus d’un mois », « je ne sais pas pourquoi », et « je veux arrêter les médicaments », je pense que vous avez votre réponse. Mais ce n’est pas un choix binaire. On peut aussi combiner les deux : utiliser un somnifère en phase aiguë pour récupérer, et commencer des séances d’hypnose en parallèle pour travailler sur le fond. C’est ce que je propose parfois à mes patients.
Je ne vais pas vous laisser repartir sans rien. Voici trois choses que vous pouvez essayer ce soir, tout de suite, sans médicament, sans hypnose. C’est simple, mais ça peut déjà changer la donne.
1. La règle des 20 minutes Si vous êtes au lit depuis 20 minutes et que vous ne dormez pas, levez-vous. Ne restez pas à tourner en rond. Allez dans une autre pièce, lisez un livre ennuyeux (pas d’écran), écoutez une musique douce, fait
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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