HypnoseSommeil

Le témoignage de Julie : « L'hypnose a guéri mon insomnie circadienne »

Une histoire vraie de retour au sommeil naturel.

TSThierry Sudan
24 avril 202612 min de lecture

Je m’appelle Julie, j’ai 42 ans, et pendant six ans, je n’ai pas vraiment dormi. Si, techniquement, je me couchais, je fermais les yeux, et je passais parfois six à sept heures au lit. Mais ce n’était pas du sommeil. C’était une forme de survie nocturne, un état de semi-conscience entre deux réveils, ponctué de réveils brutaux à 3h du matin, le regard fixe, le cerveau déjà en train de planifier la journée alors que la nuit était encore noire. Mon médecin traitant a fini par poser un nom là-dessus : insomnie circadienne. Mon horloge interne s’était déréglée, comme si elle s’était mise à vivre sur un fuseau horaire décalé, en permanence. J’ai tout essayé : les tisanes, la mélatonine, les applis de méditation, les consultations chez un neurologue, les somnifères légers. Rien n’a tenu. Et puis, il y a un an, je suis entrée dans le cabinet d’un praticien en hypnose ericksonienne à Saintes. Je ne croyais pas vraiment que ça allait marcher. Je venais un peu par dépit, parce qu’on m’avait dit : « L’hypnose, ça peut aider le sommeil ». Mais ce que j’ai vécu, c’est bien plus qu’une aide : c’est une réconciliation avec la nuit.

Je te raconte cette histoire parce qu’elle n’est pas unique. Elle ressemble à celle de beaucoup de personnes que je reçois ici, à Saintes, depuis que j’ai ouvert mon cabinet en 2014. L’insomnie circadienne, c’est ce trouble où ton corps ne suit plus le rythme jour-nuit. Tu es fatigué le matin, plus alerte le soir, et tu te réveilles au milieu de la nuit comme si c’était l’aube. Ce n’est pas une question de stress ou d’anxiété, même si ça peut s’ajouter. C’est un décalage physiologique. Et l’hypnose ericksonienne, combinée à l’IFS (Internal Family Systems) et à l’Intelligence Relationnelle, peut offrir une voie de sortie. Julie n’est pas un cas isolé. Elle est devenue le symbole d’un retour possible au sommeil naturel.

Qu’est-ce que l’insomnie circadienne, et pourquoi elle ne se soigne pas avec des somnifères ?

Avant d’entrer dans le vif de l’accompagnement de Julie, il faut comprendre ce qui se joue dans une insomnie circadienne. Ce n’est pas une insomnie classique, celle où tu t’endors difficilement à cause de ruminations. Ici, le problème est structurel. Ton noyau suprachiasmatique – la petite zone de ton cerveau qui gère ton horloge biologique – s’est désynchronisé. Il envoie des signaux de veille à des moments où tu devrais être en sommeil profond, et des signaux de sommeil en pleine journée. Les somnifères, eux, agissent comme un marteau sur le système nerveux : ils forcent l’endormissement, mais ils ne réparent pas l’horloge. Résultat : tu t’endors, mais ton sommeil est de mauvaise qualité, fragmenté, et tu te réveilles aussi fatigué qu’avant.

Julie prenait du zolpidem, un hypnotique léger. Ça marchait les deux premières nuits. Ensuite, son cerveau s’adaptait, et elle devait augmenter la dose ou changer de molécule. Au bout de trois ans, elle se sentait dépendante, avec des nuits où elle dormait cinq heures, mais sans récupération. Le pire, c’était le sentiment d’impuissance : son corps ne lui appartenait plus. L’hypnose, elle, ne force rien. Elle travaille avec le système nerveux autonome, celui qui gère la respiration, le rythme cardiaque, et oui, le cycle circadien. En hypnose ericksonienne, on utilise des métaphores et des suggestions indirectes pour remettre en mouvement ce qui est bloqué. Pas de commandes directes du genre « tu vas dormir », mais des invitations à laisser le corps retrouver son propre rythme.

Le sommeil ne se commande pas. Il s’accueille.
C’est la première chose que j’ai dite à Julie lors de notre première séance.

Comment l’hypnose ericksonienne a permis à Julie de retrouver son rythme circadien

Julie est arrivée un mardi soir, fatiguée, les yeux cernés, mais lucide. Elle avait déjà lu des articles sur l’hypnose, mais elle était sceptique. « Je ne vais pas me faire endormir, hein ? » m’a-t-elle demandé. Je lui ai expliqué que l’hypnose ericksonienne, ce n’est pas un spectacle. C’est un état de conscience modifié, un peu comme la rêverie ou l’instant juste avant de t’endormir, où ton esprit est plus réceptif aux suggestions. On ne perd pas le contrôle, on le déplace.

J’ai commencé par une séance d’exploration. Je lui ai demandé de me décrire sa nuit typique. Elle m’a parlé de ce moment précis, vers 3h du matin, où elle se réveillait avec une sensation de froid intérieur, comme si son corps disait « c’est l’heure de se lever ». C’était le symptôme clé : son horloge interne pensait qu’il était 7h du matin à 3h. En hypnose, on ne combat pas ce signal. On l’accueille, on le réoriente.

J’ai utilisé une métaphore : celle d’un vieux réveil mécanique, dont les aiguilles étaient décalées. Je lui ai suggéré que, dans un état de relaxation profonde, son cerveau allait pouvoir « remettre les aiguilles à l’heure » sans effort conscient. Pendant la transe, j’ai intégré des suggestions liées à la lumière intérieure : visualiser une lumière dorée qui descend du sommet du crâne jusqu’au bas-ventre, en passant par le plexus solaire. Cette lumière, je lui ai dit, était comme un signal pour son noyau suprachiasmatique. Elle indiquait à son corps le bon moment pour libérer de la mélatonine, pas à 23h, mais à 21h30.

La première nuit après la séance, Julie a dormi six heures d’affilée, sans réveil. Elle m’a appelé le lendemain, stupéfaite. « C’était comme si mon corps avait obéi à un ordre silencieux. » Mais attention : l’hypnose n’est pas une baguette magique. Le travail s’est poursuivi sur six séances, espacées sur deux mois. Chaque séance renforçait le nouveau rythme. On a travaillé sur les résistances inconscientes – parce que oui, parfois, notre cerveau s’accroche à ses vieilles habitudes, même douloureuses, par peur du changement.

Le rôle de l’IFS (Internal Family Systems) dans la libération des « parties » qui bloquent le sommeil

L’hypnose seule aurait peut-être suffi pour Julie, mais j’ai choisi d’intégrer l’IFS, parce que son insomnie n’était pas qu’un problème d’horloge. C’était aussi un problème de « parties » d’elle-même qui s’étaient installées dans la nuit. L’IFS, c’est une approche qui considère que notre psyché est composée de différentes sous-personnalités, des « parties » qui ont chacune leur rôle, leurs croyances, et parfois leurs blessures. Quand une partie prend le contrôle, elle peut saboter nos tentatives de guérison.

Chez Julie, une partie s’était identifiée comme « la sentinelle ». C’était une partie vigilante, née il y a six ans, après une période de stress professionnel intense. Elle avait pris l’habitude de rester éveillée la nuit pour « surveiller » les problèmes. Au début, c’était utile : elle anticipait les crises. Mais avec le temps, cette sentinelle était devenue un tyran. Elle refusait de lâcher prise, même quand le danger était passé. En IFS, on ne cherche pas à éliminer cette partie. On l’écoute, on la remercie, et on lui demande de prendre un peu de recul.

Lors de notre troisième séance, j’ai guidé Julie en hypnose pour entrer en contact avec cette sentinelle. Elle a décrit une sensation de tension dans les épaules, comme un poids. Je lui ai demandé de lui parler, mentalement. La sentinelle a répondu : « Si je m’arrête, tout va s’effondrer. » C’était une peur profonde, ancrée dans une enfance où Julie avait dû être responsable très tôt. On a négocié un nouveau contrat : la sentinelle acceptait de se reposer pendant la nuit, à condition qu’elle puisse reprendre son poste le matin, à 7h. Julie a senti un relâchement immédiat dans ses épaules. Cette nuit-là, elle a dormi sept heures.

L’IFS, couplé à l’hypnose, permet de dénouer des nœuds que la seule hypnose mettrait plus de temps à atteindre. Les « parties » ne sont pas des ennemis. Ce sont des protecteurs fatigués. Quand on les reconnaît, elles peuvent lâcher prise.

L’Intelligence Relationnelle : pourquoi le lien avec soi-même est la clé d’un sommeil durable

La troisième brique de cet accompagnement, c’est l’Intelligence Relationnelle. Sur mon site thierrysudan.com, j’explique souvent que la relation que tu entretiens avec toi-même est le miroir de toutes tes autres relations. Avec l’insomnie, c’est flagrant. Julie avait une relation conflictuelle avec son sommeil : elle le forçait, le combattait, le jugeait. « Je suis nulle, je n’arrive même pas à dormir comme tout le monde. » Cette auto-critique activait son système nerveux sympathique (le mode combat-fuite), exactement l’inverse de ce qu’il faut pour s’endormir.

L’Intelligence Relationnelle, c’est la capacité à créer une connexion sécurisante avec soi-même et avec les autres. Dans le contexte du sommeil, ça signifie apprendre à se parler avec douceur, à accueillir l’éveil nocturne sans panique, à faire confiance à son corps. Julie a appris des micro-rituels : avant de se coucher, elle posait une main sur son ventre et disait intérieurement : « Je suis là. Tu peux te reposer. » Cela semble simple, mais c’est un ancrage puissant.

On a aussi travaillé sur sa relation à la nuit. Pour elle, la nuit était devenue un ennemi, une période d’angoisse. En hypnose, on a transformé cette image : la nuit est devenue un océan calme, un espace de régénération. Elle a commencé à voir le réveil nocturne non plus comme une défaite, mais comme une opportunité de retourner à une respiration consciente. Ce changement de regard a été déterminant. Son taux de cortisol a baissé, et son système parasympathique (le mode repos-digestion) a pu prendre le relais.

Quand tu arrêtes de te battre contre la nuit, la nuit cesse de te combattre.

Les outils concrets que Julie a utilisés (et que tu peux essayer ce soir)

Je ne veux pas te laisser avec une histoire seulement inspirante. Voici des outils précis que Julie a mis en place, et que tu peux tester dès ce soir, même sans hypnose. Ils ne remplacent pas un accompagnement personnalisé, mais ils préparent le terrain.

1. Le signal lumineux inversé
Julie a arrêté de regarder son téléphone après 21h, mais surtout, elle a exposé ses yeux à une lumière vive le matin, dès le réveil, pendant 20 minutes. C’est le levier le plus puissant pour recalibrer l’horloge circadienne. La lumière du jour (même grise) envoie un signal fort à ton cerveau : « c’est le matin, arrête la mélatonine ». Elle a mis sa lampe de luminothérapie sur la table du petit-déjeuner.

2. La respiration 4-7-8
Quand elle se réveillait la nuit, au lieu de regarder l’heure (ce qui activait l’anxiété), elle pratiquait cette respiration : inspire par le nez pendant 4 secondes, bloque pendant 7 secondes, expire par la bouche pendant 8 secondes. Trois cycles suffisaient souvent à la rendormir. C’est un outil de l’hypnose ericksonienne, dérivé du yoga, qui active le nerf vague et calme le système nerveux.

3. Le journal des « parties »
Chaque soir, Julie écrivait une phrase à une partie d’elle-même qui pourrait être inquiète. Par exemple : « Merci, sentinelle, d’avoir veillé sur moi aujourd’hui. Tu peux te reposer maintenant. » Cela créait un dialogue intérieur apaisant, au lieu de ruminations.

4. La suggestion hypnotique du coucher
Avant de s’endormir, elle écoutait un enregistrement de ma voix (que j’avais personnalisé pour elle) avec des métaphores de descente douce. Tu peux en trouver des génériques sur des applis, mais l’idéal est d’avoir une voix qui te parle de ton propre rythme. Si tu n’as pas accès à un praticien, tu peux te créer une phrase simple : « À chaque expiration, je m’enfonce un peu plus dans un repos profond. » Répète-la mentalement, sans forcer.

Ce que l’hypnose n’a pas fait (et pourquoi c’est important d’être honnête)

Je pourrais te dire que Julie dort maintenant comme un bébé, huit heures par nuit, sans aucun réveil. Ce serait faux. Elle a encore des nuits agitées, surtout en période de stress. La différence, c’est qu’elle ne les vit plus comme une catastrophe. Elle les traverse. L’hypnose ericksonienne, l’IFS et l’Intelligence Relationnelle ne suppriment pas les aléas de la vie. Ils te donnent une flexibilité intérieure. Julie a appris à danser avec son sommeil plutôt qu’à le maîtriser.

Ce que l’hypnose a fait, concrètement :

  • Recalibrer son rythme circadien sur la durée (son horloge interne est maintenant synchrone avec l’heure réelle à 90 %).
  • Désactiver la sentinelle intérieure qui la maintenait en éveil.
  • Lui redonner confiance en sa capacité à s’endormir naturellement, sans somnifères.
  • Réduire son anxiété nocturne à presque zéro.

Ce qu’elle n’a pas fait :

  • La rendre invulnérable au stress.
  • Lui garantir des nuits parfaites chaque soir.
  • Effacer les six années de privation de sommeil (la récupération totale a pris plusieurs mois).

C’est cette honnêteté qui fait que l’accompagnement fonctionne. Je ne promets pas la lune. Je promets un chemin.

Comment savoir si l’hypnose peut t’aider, toi, avec ton sommeil

Tu es peut-être en train de lire ce texte à 2h du matin, sur ton téléphone, les yeux fatigués, en te demandant si ça vaut le coup d’essayer. Voici quelques signes qui indiquent que l’hypnose ericksonienne pourrait être pertinente pour toi :

  • Tu as un sommeil décalé (tu t’endors tard, tu te réveilles tôt, ou tu as des réveils nocturnes fixes).
  • Tu as déjà essayé des solutions classiques (hygiène du sommeil, mélatonine, somnifères) sans résultat durable.
  • Tu sens que ton corps est « bloqué » dans un rythme, comme si quelque chose résistait au changement.
  • Tu es prêt à explorer ton monde intérieur, même si ça te semble abstrait au début.

Si tu te reconnais dans au moins deux de ces points, une séance d’exploration pourrait t’éclairer. L’hypnose n’est pas une solution miracle, mais elle est souvent une solution là où d’autres ont échoué, parce qu’elle parle directement au système nerveux autonome, sans passer par la volonté.

Conclusion : une invitation à reprendre le chemin de la nuit

Julie est venue me voir il y a un an, épuisée, désespérée. Aujourd’hui, elle dort six à sept heures par nuit, avec des réveils occasionnels mais sans souffrance. Elle a repris le sport, elle est plus patiente avec ses enfants, et elle ne craint plus le coucher. Quand on s’est dit au revoir après notre dernière séance, elle m’a dit : « Je ne sav

À propos de l'auteur

TS

Thierry Sudan

Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.

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