3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Un récit personnel sur la transformation par l'autohypnose et la persévérance.
Je ne sais pas si vous avez déjà connu ces nuits où le sommeil semble vous fuir. Moi, pendant des années, j’ai vécu ça. Pas une nuit blanche de temps en temps, non. Un rythme infernal : trois heures par nuit, parfois quatre, rarement cinq. Le réveil à 3h du matin, comme une horloge. Puis l’esprit qui s’emballe, les pensées qui tournent en boucle, l’angoisse qui monte en voyant les aiguilles tourner. Et le matin, cette sensation d’avoir été roulé dans la farine par la vie elle-même.
Je suis Thierry, praticien à Saintes. Mais avant d’être celui qui accompagne les autres, j’ai été celui qui cherchait désespérément une porte de sortie. Aujourd’hui, je dors sept heures d’affilée. Et je veux vous raconter comment j’y suis arrivé, sans pilule miracle ni méthode magique, mais avec de l’autohypnose et une bonne dose de persévérance.
Tout a commencé vers 2012. J’étais dans une période de transition professionnelle. Mon activité marchait bien, mais je sentais que quelque chose clochait. Le soir, je me couchais fatigué, mais dès que ma tête touchait l’oreiller, le mental s’emballait. « Et si je n’y arrive pas ? » « Et si ce client me lâche ? » « Et si demain, je foire cette réunion ? »
Je me souviens d’une nuit particulièrement marquante. Il était 2h30. J’étais allongé, les yeux grands ouverts, à écouter le souffle de ma compagne qui dormait paisiblement à côté de moi. Une colère sourde m’a envahi. Pourquoi elle pouvait dormir et pas moi ? Qu’est-ce qu’elle avait que je n’avais pas ? La réponse, je l’ai comprise plus tard : elle n’avait pas construit ce réflexe d’hypervigilance qui transforme le lit en champ de bataille.
À l’époque, je faisais ce que beaucoup de gens font : je compensais. Café le matin pour tenir, sucre l’après-midi pour ne pas m’effondrer, et le soir, un verre de vin pour « me détendre ». Vous voyez le tableau. Résultat : un sommeil de mauvaise qualité, fragmenté, et une fatigue chronique qui s’installait sournoisement.
Ce qui m’a frappé, c’est que les médecins généralistes que j’ai consultés avaient tous la même réponse : « Prenez ce somnifère pendant quelques semaines, ça va passer. » Mais ça ne passait pas. Dès que j’arrêtais le médicament, l’insomnie revenait, parfois pire qu’avant. Je me suis dit qu’il devait y avoir une autre voie.
C’est là que j’ai découvert l’hypnose ericksonienne. Pas comme praticien, d’abord comme patient. Un confrère à Bordeaux m’a proposé une séance. Je suis arrivé sceptique, fatigué, prêt à essayer n’importe quoi pourvu que ça marche. Et ce qui s’est passé cette première séance a changé ma trajectoire.
« Le sommeil n’est pas quelque chose qu’on force. C’est quelque chose qu’on invite. Et pour inviter, il faut d’abord apprendre à se taire. »
Avant d’entrer dans le détail de mon parcours avec l’autohypnose, je veux partager avec vous une découverte qui a tout changé. Mon insomnie n’était pas un problème de sommeil. C’était un problème d’éveil.
Je m’explique. Pendant des années, j’ai cru que je ne savais pas m’endormir. En réalité, je savais très bien m’endormir. Le problème, c’est que mon système nerveux restait en mode « vigilance » même une fois couché. Mon cerveau avait appris, à force de stress et d’anxiété, que la nuit était un moment dangereux. Un moment où les pensées négatives peuvent surgir sans filtre, où les peurs prennent toute la place, où on se retrouve seul face à soi-même.
Cette hypervigilance, c’est un mécanisme de survie. Le problème, c’est qu’il s’active alors qu’il n’y a aucun danger réel. Mon corps était comme un soldat en sentinelle, prêt à réagir au moindre bruit, à la moindre pensée. Et ce soldat, il ne connaissait pas le mot « repos ».
En travaillant avec mon confrère, j’ai compris que mon insomnie était alimentée par trois choses :
Une peur de ne pas dormir : Plus j’avais peur de passer une mauvaise nuit, plus mon cerveau s’activait pour « surveiller » le processus du sommeil. Et cette surveillance empêchait justement le sommeil de venir.
Des pensées automatiques : Le soir, sans même m’en rendre compte, je lançais des programmes mentaux négatifs. « Je vais encore me réveiller à 3h », « Demain je vais être épuisé », « Je n’arriverai jamais à m’endormir ». Ces pensées n’étaient pas des prédictions, elles étaient des instructions pour mon cerveau.
Une relation conflictuelle avec mon lit : Mon lit était devenu un lieu de souffrance et de combat. Je m’y allongeais avec l’intention de dormir, mais aussi avec la mémoire de toutes les nuits difficiles passées là. Mon cerveau associait le lit à l’éveil, pas au repos.
Cette prise de conscience a été libératrice. Parce que si le problème n’était pas le sommeil lui-même, mais la relation que j’entretenais avec lui, alors je pouvais agir. Je n’étais pas condamné à subir.
C’est là que l’autohypnose est entrée en jeu. Mais attention, pas l’autohypnose qu’on voit dans les spectacles ou les vidéos YouTube. Je parle de quelque chose de beaucoup plus subtil et pratique.
L’autohypnose, telle que je l’ai apprise et pratiquée, c’est d’abord un état de conscience modifié volontairement. Un état où vous êtes à la fois détendu et alerte, capable de communiquer avec votre inconscient sans passer par le filtre du mental critique. Ça ressemble à l’état juste avant de s’endormir, mais en gardant une lucidité suffisante pour orienter le processus.
Mon confrère m’a appris une technique simple, que j’ai adaptée au fil des mois. Je vais vous la décrire, non pas comme une recette magique, mais comme un point de départ.
Le soir, après m’être brossé les dents, éteint les écrans, je m’installais confortablement dans mon lit. Je fermais les yeux et je commençais par une respiration lente : quatre secondes pour inspirer, six secondes pour expirer. Rien de compliqué. Mais je le faisais en posant ma main sur mon ventre, pour sentir le mouvement.
Ensuite, je portais mon attention sur les points de contact entre mon corps et le matelas. Les talons, les mollets, les fesses, le dos, les épaules, la nuque, l’arrière du crâne. Je prenais le temps de sentir chaque zone, sans chercher à modifier quoi que ce soit. Juste observer.
Puis je visualisais un escalier. Un escalier qui descendait, avec dix marches. À chaque marche, je prononçais mentalement le chiffre, et je laissais mon corps s’enfoncer un peu plus dans le matelas. Pas de pression. Si une pensée venait, je la laissais passer comme un nuage. Je ne la combattais pas, je ne l’analysais pas. Je la regardais et je revenais à l’escalier.
Les premières semaines, je ne m’endormais pas forcément mieux. Mais quelque chose d’important se passait : je ne luttais plus. Avant, quand je ne dormais pas, je m’énervais, je me retournais, je regardais l’heure, je calculais combien d’heures il me restait. Maintenant, je restais dans cet état de détente, même si le sommeil ne venait pas. Et c’est ça qui a tout changé.
« Le sommeil est un invité capricieux. Plus vous le poursuivez, plus il s’enfuit. Mais si vous ouvrez la porte et que vous l’attendez tranquillement, il finit par entrer. »
Je ne vais pas vous mentir : ça n’a pas été un chemin linéaire. J’ai connu des rechutes, des nuits où je retombais dans les vieux schémas, des moments de découragement intense. Mais chaque obstacle m’a appris quelque chose.
Le premier obstacle, c’était la frustration. Au début, je pratiquais mon autohypnose avec un objectif en tête : dormir. Et comme je ne dormais pas immédiatement, je me jugeais. « Tu ne sais même pas te détendre », « Ça ne marche pas pour toi », « Tu es un cas désespéré ». Cette voix intérieure, je l’ai reconnue : c’était la même que celle qui alimentait mon insomnie depuis le début.
J’ai dû apprendre à lâcher l’objectif. À faire l’exercice pour l’exercice, sans attendre de résultat. C’est contre-intuitif, je sais. Mais c’est fondamental. Le sommeil ne se commande pas. Il se reçoit. Et pour recevoir, il faut d’abord arrêter de vouloir prendre.
Le deuxième obstacle, c’était les réveils nocturnes. Je me réveillais encore à 3h du matin, mais maintenant, au lieu de paniquer, j’avais une technique. Je me levais doucement, je buvais un verre d’eau, je m’asseyais dans le salon dans le noir pendant cinq minutes, puis je retournais au lit et je recommençais l’exercice de l’escalier. Parfois ça marchait, parfois non. Mais à force, les réveils sont devenus plus rares, puis ont disparu.
Le troisième obstacle, c’était le doute. Au bout de deux mois, j’avais des nuits de cinq heures, parfois six. Mais je doutais encore. « Est-ce que c’est vraiment l’autohypnose ou juste une coïncidence ? » « Est-ce que ça va tenir dans la durée ? » Ce doute, je l’ai accueilli aussi. Je me suis dit : « Peu importe pourquoi ça marche. L’important, c’est que ça marche. » Et j’ai continué.
Un jour, au bout de quatre mois, je me suis réveillé après sept heures de sommeil ininterrompu. J’ai regardé le réveil, incrédule. Puis j’ai souri. Pas de victoire triomphante, juste un sourire paisible. Comme si mon corps m’avait enfin fait confiance.
Aujourd’hui, je dors bien. Pas parfaitement – il m’arrive encore d’avoir une nuit difficile, surtout en période de stress intense. Mais j’ai des outils qui fonctionnent. Je veux vous les partager, non pas comme des prescriptions, mais comme des pistes à explorer.
L’ancrage matinal : Chaque matin, avant de sortir du lit, je prends trois minutes pour poser ma main sur mon cœur et respirer. Je me souviens d’un rêve, ou d’une sensation agréable de la nuit. Je remercie mon corps pour ce repos. Ça peut sembler naïf, mais ça installe une relation positive avec le sommeil.
Le rituel du coucher : Je ne me couche jamais sans un rituel. Pas quelque chose de rigide, mais un enchaînement de petits gestes qui signalent à mon cerveau qu’on passe en mode nuit. Éteindre les écrans une heure avant, boire une tisane, lire quelques pages d’un livre papier, écouter une musique calme. Ce rituel est devenu un déclencheur puissant.
L’autohypnose courte : Je ne fais plus l’exercice de l’escalier tous les soirs. Mais j’ai gardé une version courte : trois respirations profondes, un scan corporel rapide, et une phrase que je me répète mentalement : « Je suis en sécurité. Je peux me reposer. » Cette phrase, je l’ai choisie après des semaines d’expérimentation. Elle résonne pour moi.
La gestion des pensées : Quand une pensée anxieuse surgit le soir, je ne la combat pas. Je la note mentalement, ou sur un carnet si elle est importante. Je lui dis : « Je te prends en compte, mais pas maintenant. Demain, je pourrai y réfléchir. » Et je laisse tomber. C’est une forme de délai mental qui désamorce l’urgence.
L’acceptation des nuits difficiles : Si je me réveille et que je ne me rendors pas au bout de vingt minutes, je me lève. Je vais dans le salon, je lis ou j’écris, et je retourne au lit quand je sens une somnolence revenir. Plus de lutte. Plus de combat. Juste une écoute de mon corps.
Ces outils ne sont pas magiques. Ils demandent de la pratique et de la patience. Mais ils ont un point commun : ils vous redonnent du pouvoir sur votre nuit. Vous n’êtes plus victime du sommeil, vous devenez son allié.
« Le sommeil n’est pas une performance. C’est une relation. Et comme toute relation, elle se construit avec du temps, de la confiance et de la régularité. »
Vous vous demandez peut-être ce qui a changé concrètement dans ma vie. La réponse est simple : tout.
D’abord, mon énergie. Je ne me traîne plus dans la journée. Je n’ai plus besoin de café pour tenir jusqu’à midi. Mon cerveau fonctionne mieux, ma mémoire s’est améliorée, ma concentration aussi. Les décisions professionnelles que je prends sont plus claires, moins influencées par la fatigue.
Ensuite, mon humeur. Avant, j’étais irritable, impatient, parfois même colérique. La fatigue chronique rendait tout plus difficile. Aujourd’hui, je suis plus calme, plus patient. Les petits tracas du quotidien glissent sur moi. Ma relation avec mes proches s’est apaisée. Ma compagne me dit souvent que je suis devenu plus présent.
Et puis, il y a quelque chose de plus subtil. Une confiance en moi que je n’avais pas avant. Savoir que je peux traverser une période difficile sans perdre le sommeil, c’est une force intérieure énorme. Je ne crains plus les nuits, je ne les redoute plus. Je les accueille.
Bien sûr, je ne suis pas devenu un super-héros du sommeil. Il m’arrive encore d’avoir des nuits courtes. Mais je ne les vis plus comme des catastrophes. Je les vis comme des moments où mon corps a besoin de quelque chose que je ne comprends pas encore. Et ça, c’est une grande libération.
Quand j’ai commencé à pratiquer l’hypnose à Saintes en 2014, je n’imaginais pas que le sommeil deviendrait un de mes axes principaux. Mais très vite, les personnes qui venaient me voir pour de l’anxiété, du stress, des phobies, me parlaient aussi de leurs nuits difficiles. Et je reconnaissais dans leurs récits ce que j’avais vécu.
Aujourd’hui, j’accompagne des adultes qui souffrent d’insomnie, de réveils nocturnes, de difficultés d’endormissement. Je ne leur promets pas de « guérison miracle » en une séance. Ce serait mentir. Mais je leur propose un chemin, celui que j’ai moi-même parcouru.
Ce chemin commence toujours par une écoute. Comprendre l’histoire de leur insomnie, les croyances qui la nourrissent, les peurs qui la maintiennent. Puis on construit ensemble des outils sur mesure, en utilisant l’hypnose ericksonienne, l’IFS (Internal Family Systems) et l’Intelligence Relationnelle.
Ce qui me touche le plus, c’est de voir la libération dans leurs yeux quand ils comprennent que leur insomnie n’est pas une fatalité. Quand ils retrouvent le goût de se coucher sans appréhension. Quand ils me disent, parfois en pleurant : « Je ne pensais pas que c’était possible. »
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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