3 habitudes quotidiennes qui entretiennent votre stress chronique
Des routines anodines qui renforcent l'anxiété sans que vous le réalisiez.
Des techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
Tu as déjà passé une matinée entière à regarder le plafond, incapable de te lever ? Ou peut-être que tu passes tes journées à faire les gestes, mais sans vraiment être là, comme si un voile épais s’était déposé sur tes pensées. Cette sensation d’être dans le coton, de flotter sans but, de perdre le fil de tes propres envies, je la connais bien. Pas seulement parce que je la vois dans mon cabinet à Saintes, mais parce que je l’ai traversée moi-même, il y a quelques années, après une période de surmenage. Cette torpeur n’est pas une flemme, ni un signe de faiblesse. C’est un signal. Un signal que ton système nerveux a besoin d’un reset, d’un retour à une forme de clarté.
Dans cet article, je vais te partager trois exercices d’hypnose que j’utilise régulièrement avec les personnes que j’accompagne. Ce ne sont pas des formules magiques, mais des outils concrets, issus de l’hypnose ericksonienne, que tu peux expérimenter chez toi, dans ton canapé ou même au bureau. L’idée n’est pas de te transformer en super-héros de la concentration en cinq minutes, mais de te donner des prises pour sortir de cette brume, pas à pas.
Avant de commencer, un petit rappel : l’hypnose, ce n’est pas un état de sommeil ou de perte de contrôle. C’est un état de conscience modifié, naturel, que tu traverses plusieurs fois par jour sans t’en rendre compte – quand tu es absorbé par un film, quand tu conduis sur une route familière sans te souvenir du trajet, ou quand tu te perds dans tes pensées sous la douche. Ces exercices vont simplement t’aider à provoquer cet état de manière intentionnelle, pour calmer le bruit mental et retrouver une forme de présence.
Alors, si tu es prêt à poser cinq minutes pour toi, installe-toi confortablement, sans pression. Et souviens-toi : la torpeur n’est pas une fatalité. C’est juste un endroit où tu passes, pas où tu restes.
Avant de parler des solutions, il faut comprendre ce qui se passe sous le capot. Tu n’es pas « juste fatigué ». La torpeur, cette sensation d’être lent, vide, sans élan, est souvent le résultat d’un système nerveux qui a tiré la sonnette d’alarme. Quand tu es exposé à un stress chronique – travail, relations, charge mentale, ou même une dépression qui s’installe – ton cerveau bascule en mode « survie ». Il économise son énergie. Il ralentit les processus non essentiels : la créativité, la motivation, la clarté. Tout ça, c’est du luxe quand ton système pense que tu es en danger.
Le problème, c’est que ce mode survie devient une habitude. Tu passes des semaines à fonctionner en pilotage automatique, et ton cerveau finit par oublier comment revenir en mode « repos et digestion ». L’hypnose, ici, agit comme un interrupteur. Elle permet de contourner le filtre critique de ton mental – cette petite voix qui te dit « je n’y arriverai pas, je suis nul, c’est trop tard » – et de réactiver des ressources que tu as déjà en toi, mais que tu as oubliées.
Les trois exercices que je vais te proposer ciblent trois aspects différents de la torpeur : la lenteur physique (le corps qui semble en plomb), le brouillard mental (les pensées qui tournent en rond) et le manque d’élan émotionnel (cette absence de désir). Tu n’es pas obligé de tous les faire. Choisis celui qui résonne avec ce que tu vis aujourd’hui. Et si tu sens que rien ne bouge, c’est normal. L’hypnose, ça s’apprend. La première fois, c’est souvent comme essayer de faire une sieste dans un train : ça peut être inconfortable, mais ça s’améliore avec la pratique.
Je vais te raconter une histoire. Il y a quelques mois, un homme est venu me voir. Appelons-le Marc. Marc était cadre commercial, toujours sous pression. Il me disait : « Thierry, je me lève le matin, et j’ai l’impression de porter un sac de ciment sur les épaules. Je m’assois dans mon canapé, et je n’arrive plus à me lever. » Son corps était en mode « veille », mais pas reposé. C’était une tension figée.
Le premier exercice que je lui ai proposé, c’est ce que j’appelle la respiration du feutre. Pourquoi ce nom ? Parce que l’idée, c’est de passer d’une respiration dure, rigide, à une respiration douce, comme si tu dessinais avec un feutre qui glisse sans appuyer.
Comment faire :
Ce qui se passe ici, c’est que tu donnes à ton cerveau une image simple, non verbale. Le mental n’a pas besoin de réfléchir. Il suit le mouvement. La lourdeur corporelle, c’est souvent une accumulation de tensions que tu ne remarques plus. La respiration du feutre permet de les « déposer » à chaque expiration.
« Ce n’est pas en luttant contre la torpeur qu’on en sort. C’est en l’accueillant, en la laissant glisser, comme un feutre sur une feuille. »
Marc a fait cet exercice tous les matins pendant une semaine. Au début, il m’a dit : « Je ne sens rien. » Je lui ai répondu : « C’est normal. Continue. » Au bout de quatre jours, il a remarqué qu’il se levait plus facilement. Pas en courant, mais sans le poids habituel. Un petit pas. C’est ça, l’hypnose : ce n’est pas une révolution, c’est une série de micro-ajustements.
Quand l’utiliser : Le matin au réveil, ou en milieu d’après-midi quand tu sens le brouillard s’installer. Trois minutes suffisent.
Le deuxième exercice s’adresse directement à ce que j’appelle le « chewing-gum mental ». Tu sais, ce moment où tu es assis à ton bureau, et tu relis la même phrase trois fois sans la comprendre ? Où tu veux réfléchir à un problème, mais tes pensées s’éparpillent comme des feuilles mortes dans le vent. C’est le brouillard.
Une jeune femme que j’ai accompagnée, Sophie, graphiste, vivait ça au quotidien. Elle avait l’impression d’avoir un écran de veille devant les yeux. Elle était créative, mais ne pouvait plus rien produire. Le piège, c’est de vouloir forcer. De se dire : « Allez, concentre-toi ! » Ça ne marche pas. Plus tu forces, plus le brouillard s’épaissit.
L’exercice que je lui ai proposé, c’est la boîte à souvenirs sensoriels. L’idée, c’est de détourner ton cerveau de sa rumination en l’ancrant dans une mémoire positive, mais pas n’importe comment.
Comment faire :
Ce qui est génial, c’est que ton cerveau ne fait pas la différence entre une expérience réelle et une expérience imaginée de manière sensorielle. En activant ces circuits, tu sors du mode « alerte » et tu actives le système parasympathique – celui du calme et de la régénération. Le brouillard mental, c’est souvent un cerveau qui tourne en boucle sur des pensées anxieuses. Lui offrir une pause sensorielle, c’est comme redémarrer un ordinateur qui rame.
Sophie faisait cet exercice avant chaque séance de travail. Elle me disait : « Au début, je n’arrivais pas à voir les couleurs. Je voyais juste du gris. » Je lui ai dit : « C’est OK. Les couleurs viendront. » Et elles sont venues. Au bout de deux semaines, elle avait récupéré une forme de clarté. Pas parfaite, mais suffisante pour retrouver le plaisir de créer.
Quand l’utiliser : Avant une tâche qui demande de la concentration, ou quand tu te sens submergé par les pensées. Cinq minutes maximum. Pas plus, sinon tu risques de t’endormir.
Le troisième exercice est celui qui touche au plus profond de la torpeur : le manque d’élan. C’est cette sensation que rien n’a d’importance, que tout est fade, que tu ne sais même plus ce que tu veux. C’est le symptôme le plus dur de la dépression et de l’anxiété chronique. Les gens disent souvent : « Je n’ai envie de rien. » Et c’est vrai. L’envie, le désir, c’est un muscle qui s’atrophie quand on ne l’utilise pas.
Un patient, Paul, artisan, est venu me voir après un burn-out. Il ne supportait plus son travail, mais ne savait pas quoi faire d’autre. Il était comme paralysé. Il me disait : « Je regarde les murs. Je n’ai même plus la force de rêver. » La torpeur, ici, n’était pas un simple ralentissement. C’était une absence de direction.
L’exercice que j’utilise pour ça, je l’appelle la marche du possible. Il combine mouvement physique et visualisation. Pourquoi la marche ? Parce que le corps et l’esprit sont liés. Bouger ton corps, même doucement, envoie un signal à ton cerveau : « On avance, même si c’est petit. »
Comment faire :
Paul a commencé à faire ça tous les jours, cinq minutes, dans son jardin. Au début, il ne voyait rien. Puis, un jour, il m’a dit : « J’ai eu envie de planter une tomate. » Juste une tomate. Mais c’était la première envie depuis des mois. L’élan émotionnel ne revient pas en un claquement de doigts. Il revient par petites touches, comme une plante qui sort de terre. La marche du possible, c’est l’arrosage.
« Quand l’envie est absente, il ne faut pas la chercher. Il faut créer un espace où elle peut surgir, sans pression, sans attente. »
Quand l’utiliser : Quand tu te sens vide, sans direction, ou en pleine léthargie. Pas besoin d’une heure. Cinq minutes, c’est assez. Le mouvement est plus important que la durée.
Si je devais résumer ce qui fait la différence entre ceux qui sortent de la torpeur et ceux qui y restent coincés, ce serait ça : l’acceptation. Pas la résignation. L’acceptation, c’est reconnaître où tu es, sans te juger. « OK, je suis dans le brouillard aujourd’hui. Ce n’est pas grave. Je vais faire un exercice, et si ça ne marche pas, je recommencerai demain. »
La torpeur, c’est comme une marée. Elle monte, elle descend. Tu ne peux pas l’arrêter. Mais tu peux apprendre à surfer dessus. Les trois exercices que je t’ai donnés sont des planches de surf. La respiration du feutre pour le corps, la boîte à souvenirs pour le mental, la marche du possible pour l’élan. Ils ne remplacent pas un suivi médical ou psychothérapeutique si tu es en dépression sévère, mais ils sont des outils de premier secours.
Un dernier conseil : ne les fais pas une fois et passe à autre chose. L’hypnose, comme tout apprentissage, demande de la répétition. Ton cerveau a besoin de créer de nouvelles routes neuronales. Au début, c’est comme marcher dans la boue. Puis, à force, le chemin se dessine.
Quand tu sens la torpeur t’envahir, prends une minute. Pose-toi la question : « Qu’est-ce dont j’ai besoin maintenant ? De ralentir mon corps ? De calmer mes pensées ? De retrouver une direction ? » Choisis l’exercice qui correspond. Et fais-le. Sans perfectionnisme. Sans jugement.
Je vois souvent des personnes qui arrivent dans mon cabinet à Saintes avec cette phrase : « Je n’en peux plus de me sentir comme ça. » Et je leur dis : « Vous n’êtes pas seuls. Et vous avez déjà fait le premier pas. » Parce que lire un article, chercher des solutions, c’est déjà un acte de résistance contre la torpeur. C’est un signe que quelque chose en toi veut bouger, même si c’est minuscule.
Ces trois exercices, tu peux les essayer dès maintenant. Pas besoin de matériel, pas besoin de préparation. Juste toi, ton souffle, ton corps, et un peu de bienveillance envers toi-même. Si tu veux aller plus loin, je serais heureux de t’accompagner en consultation, en visio ou en présentiel. Parfois, un regard extérieur, un cadre sécurisé, ça aide à ne pas lâ
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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