3 exercices d’hypnose pour sortir de la torpeur
Des techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
Des micro-actions pour briser la léthargie dès le réveil.
Tu posais ton téléphone, encore une fois, après avoir fait défiler les mêmes vidéos pendant vingt minutes. La lumière bleue de l’écran te brûlait les yeux, mais tu n’arrivais pas à bouger. Le simple fait de poser un pied par terre te semblait insurmontable. Tu regardais le plafond, et une voix intérieure te répétait : « À quoi bon ? ». Le réveil, pour toi, n’est pas un moment de renaissance. C’est une irruption violente dans un état de torpeur. Tu n’as pas envie de te lever, pas envie d’affronter la journée, pas envie de faire semblant d’aller bien.
Cette sensation, je la connais bien. Pas seulement parce que je l’ai entendue des centaines de fois dans mon cabinet à Saintes, mais parce que je l’ai ressentie moi-même. Quand l’anxiété ou la dépression s’invitent dans ton lit, chaque matin devient un champ de bataille. Le corps est lourd, l’esprit est embrumé, et la moindre action semble exiger une énergie que tu n’as pas. Pourtant, il y a des choses que tu peux faire. Pas des grandes révolutions, pas des promesses de bonheur absolu, mais des micro-actions. Des gestes minuscules, presque ridicules, qui peuvent briser la léthargie et te permettre de passer du lit au monde, même si c’est juste pour t’asseoir sur une chaise.
Ces trois routines que je vais te partager ne sont pas magiques. Elles ne vont pas guérir ta dépression ou effacer ton anxiété en un matin. Mais elles peuvent créer une minuscule brèche dans le mur qui te sépare de ta journée. Elles sont conçues pour être faites sans volonté, sans motivation. Juste avec ce qu’il te reste de souffle.
Avant de plonger dans les routines elles-mêmes, il faut qu’on parle honnêtement de ce qui ne marche pas. Tu as probablement déjà entendu des conseils comme : « Lève-toi à 5h », « Fais du sport tout de suite », « Bois un grand verre d’eau citronnée », « Médite 20 minutes ». Et tu as dû te sentir encore plus nul(le) quand tu n’arrivais même pas à sortir de ton lit pour aller aux toilettes. Ces conseils sont faits pour des gens qui ont déjà de l’énergie. Ils sont faits pour des cerveaux qui produisent naturellement de la dopamine et de la sérotonine.
Quand tu es en souffrance, ton cerveau fonctionne en mode « survie ». Il économise chaque calorie, chaque neurotransmetteur. Demander à quelqu’un qui est en dépression de faire un running matinal, c’est comme demander à quelqu’un qui a une jambe cassée de courir un marathon. Non seulement c’est impossible, mais ça ajoute de la honte et de la culpabilité.
Blockquote : « La pire chose qu’on puisse faire à une personne qui lutte contre la léthargie, c’est de lui donner des conseils qui nécessitent de l’énergie pour commencer. La clé, c’est de trouver des actions qui consomment moins d’énergie qu’elles n’en génèrent. »
Les routines que je vais te présenter sont l’exact opposé. Elles ne demandent aucune volonté initiale. Elles s’appuient sur des réflexes presque automatiques. Elles sont conçues pour être faites même si tu te sens vide, même si tu as mal, même si tu as envie de pleurer. Elles ne vont pas te transformer en super-héros, mais elles peuvent transformer un matin « impossible » en un matin « juste difficile ». Et parfois, c’est déjà une immense victoire.
Celle-ci, c’est la plus efficace pour les matins où tu te sens complètement déconnecté(e) de ton corps. Tu sais, ces moments où tu as l’impression d’être dans une bulle de coton, où le monde extérieur te paraît lointain et irréel. L’anxiété et la dépression créent souvent ce qu’on appelle une « dissociation légère » : ton esprit est parti ailleurs, coincé dans des boucles de pensées négatives, et ton corps n’est plus qu’un poids mort.
La règle des 5-4-3-2-1 est un exercice d’ancrage classique en thérapie, mais je l’ai adaptée pour qu’elle devienne une routine matinale, sans avoir à sortir du lit ou à faire un effort mental important.
Voici comment tu la pratiques, encore allongé(e), les yeux peut-être encore fermés :
Pourquoi ça marche ? Pas parce que c’est relaxant (parfois ça ne l’est pas), mais parce que ça force ton cerveau à se reconnecter au présent. L’anxiété te projette dans un futur catastrophique. La dépression te colle dans un passé douloureux. Les 5-4-3-2-1 te ramènent ici et maintenant, dans ta chambre, dans ton corps. C’est une forme de réinitialisation sensorielle. Tu ne vas pas te sentir mieux après, mais tu vas te sentir présent(e). Et à partir de là, tu peux décider de faire autre chose, même si c’est juste tourner la tête.
La deuxième routine est une question de rythme. Quand tu es en crise d’angoisse ou dans une profonde léthargie dépressive, ta respiration change. Elle devient courte, thoracique, rapide. Tu prends de petites inspirations saccadées, ou alors tu retiens ton souffle sans t’en rendre compte. Ce schéma respiratoire envoie un signal de danger à ton cerveau : « On est en stress, la vie est menaçante ». Et ton cerveau, obéissant, libère du cortisol et de l’adrénaline.
La respiration en boîte (ou respiration carrée) est une technique utilisée par les militaires, les sportifs de haut niveau, mais aussi par des gens comme toi qui veulent juste calmer leur système nerveux. La version que je te propose est adaptée pour rester allongé(e), sans aucune pression de performance.
Tu restes dans ton lit, dans la position la plus confortable possible. Tu peux garder les yeux fermés.
Le principe est simple : chaque phase dure 4 secondes. Tu n’as pas besoin de chronomètre. Tu peux compter dans ta tête, ou utiliser une application de breathing si tu préfères. Mais l’idée, c’est de créer un rythme régulier, comme une berceuse pour ton système nerveux.
Tu fais ça 5 fois. Juste 5 cycles. Ça prend une minute. Une minute pendant laquelle tu ne fais rien d’autre que respirer.
Pourquoi ça marche ? Parce que tu reprends le contrôle sur la seule fonction automatique sur laquelle tu peux agir volontairement : ta respiration. En régulant ton souffle, tu envoies un signal puissant à ton cerveau : « Tout va bien, on peut se détendre ». Ce n’est pas une solution miracle, mais c’est un levier que tu as toujours avec toi. Tu peux le faire dans ton lit, dans les toilettes, dans ta voiture. C’est comme un bouton « pause » pour ton système nerveux.
Blockquote : « La respiration en boîte ne va pas supprimer ta dépression. Mais elle va peut-être abaisser ton niveau d’alerte interne de 10%. Et 10% de moins, c’est souvent la différence entre rester au lit et réussir à s’asseoir. »
C’est la routine la plus difficile, parce qu’elle implique de bouger. Mais attention : je ne te parle pas de sport. Je te parle de mouvement micro-dosé. L’idée vient de la thérapie d’activation comportementale, une des approches les plus efficaces contre la dépression. Le principe est simple : quand tu es déprimé(e), tu as tendance à éviter tout ce qui demande de l’effort. Et plus tu évites, plus tu te sens incapable de faire quoi que ce soit. C’est un cercle vicieux.
Le mouvement micro-dosé, c’est l’inverse : tu fais un tout petit geste qui brise l’inertie. Un geste tellement petit que tu ne peux pas trouver une excuse pour ne pas le faire. La règle, c’est 30 secondes maximum. Pas plus. Tu ne t’engages à rien d’autre.
Voici comment tu l’appliques :
Une fois que tu as fait ta routine sensorielle et ta respiration, tu es encore allongé(e). Tu te dis : « Je vais faire un mouvement pendant 30 secondes. Pas une minute, pas deux. 30 secondes. »
Quel mouvement ? N’importe lequel, tant qu’il est sécurisé et confortable. Voici quelques exemples que je donne à mes patients à Saintes :
Pourquoi ça marche ? Parce que le mouvement, même infime, envoie un signal à ton cerveau : « Je ne suis pas complètement paralysé(e). Je peux agir. » Ce n’est pas l’exercice en lui-même qui compte, c’est le fait d’avoir commencé. En psychologie, on appelle ça le « principe d’activation ». L’action précède la motivation. Tu n’as pas besoin d’avoir envie de bouger pour bouger. Tu bouges, et ensuite, peut-être que l’envie viendra. Et si elle ne vient pas, ce n’est pas grave. Tu as quand même fait 30 secondes de mouvement.
L’objectif, ici, n’est pas de brûler des calories ou de te muscler. L’objectif est de briser le cycle de l’inertie. Une fois que tu as bougé pendant 30 secondes, tu as le droit de te rendormir si tu veux. Mais souvent, ce petit geste suffit à créer une brèche. Tu passes de « Je ne peux pas bouger » à « J’ai bougé 30 secondes ». Et ça, c’est une preuve que tu es capable de quelque chose.
Maintenant que tu connais les trois routines, tu te demandes peut-être : « Comment je vais faire tout ça ? C’est déjà trop. » Et tu as raison. Si tu te mets une pression pour faire les trois parfaitement chaque matin, tu vas échouer et te sentir encore plus nul(le). L’idée, ce n’est pas d’ajouter une nouvelle source de stress. C’est de créer un micro-rituel qui s’adapte à ton état du jour.
Voici comment je te conseille de procéder :
L’ordre idéal dans ton lit :
Et si tu ne fais rien ? Et si tu restes bloqué(e) et que tu n’arrives même pas à faire la première routine ? Alors, c’est OK. Vraiment. Tu n’es pas en échec. Tu es en souffrance. Parfois, le seul acte possible, c’est de rester allongé(e) et de respirer. Et c’est déjà énorme. Ne transforme pas ces routines en obligation. Transforme-les en offre. Une offre que tu te fais à toi-même. « Je vais essayer de faire ça. Si je n’y arrive pas, je ne me jugerai pas. Je réessayerai demain. »
Blockquote : « La guérison ne se fait pas en un jour. Elle se fait en une série de petites victoires invisibles. Une routine matinale ratée n’est pas une défaite. C’est une information. Elle te dit simplement que ce matin-là, tu avais besoin de repos. »
Je veux être totalement honnête avec toi. Ces trois routines sont des outils. Elles sont utiles, mais elles ne sont pas une thérapie. Elles ne remplacent pas un
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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