3 exercices d’hypnose pour sortir de la torpeur
Des techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
Démystifiez les croyances qui bloquent votre apaisement.
Vous êtes assis dans mon cabinet, les mains serrées l’une contre l’autre, et vous me dites : « Je voudrais juste arrêter d’avoir peur. » Je comprends cette phrase. Je l’entends plusieurs fois par semaine depuis 2014, à Saintes, dans ce petit bureau où j’accueille des adultes qui étouffent sous le poids d’une anxiété qu’ils ne maîtrisent pas. Vous avez probablement déjà tout essayé : des applications de méditation, des livres de développement personnel, des techniques de respiration, peut-être même un traitement médicamenteux. Et pourtant, l’anxiété revient, tenace, comme une mauvaise herbe que l’on coupe sans arracher la racine.
Ce qui m’a frappé au fil des années, c’est que la difficulté ne vient pas toujours de l’anxiété elle-même. Elle vient souvent de ce que vous croyez vrai à son sujet. Des idées reçues, installées profondément, parfois depuis l’enfance, et qui agissent comme des verrous inconscients. Tant que ces verrous restent en place, aucune technique ne pourra vraiment vous libérer. Aujourd’hui, je veux vous parler de cinq de ces croyances. Les reconnaître, c’est déjà faire un pas vers un rapport différent avec votre anxiété. Et peut-être, enfin, vers une guérison durable.
Je reçois un jour un homme d’une quarantaine d’années, cadre dans une entreprise régionale. Il dirige une équipe de vingt personnes, gère des budgets, prend des décisions complexes. Et pourtant, chaque dimanche soir, son estomac se noue. Il transpire, son cœur s’emballe, et il passe la nuit à ressasser des scénarios catastrophe pour la semaine à venir. Lors de notre première séance, il me dit : « Je devrais être plus fort. Je n’ai aucune raison d’avoir peur. »
Cette phrase, je l’ai entendue des centaines de fois. Elle repose sur une confusion fréquente entre l’anxiété et le caractère. Dans notre culture, on associe souvent la force à l’absence de peur. On admire ceux qui « ne craignent rien ». Mais c’est un mythe puissant et dangereux. La vérité, c’est que l’anxiété n’est pas un trait de personnalité. C’est un mécanisme physiologique et neurologique, hérité de notre évolution. Votre cerveau possède une région appelée l’amygdale, qui scanne en permanence votre environnement à la recherche de dangers. Quand elle détecte une menace – réelle ou perçue – elle déclenche une cascade de réactions : libération de cortisol, accélération du rythme cardiaque, tension musculaire. Ce système est le même chez tout le monde. La différence, c’est la sensibilité de votre amygdale.
Certaines personnes ont une amygdale plus réactive, souvent à cause d’expériences précoces, de stress chronique, ou même d’une prédisposition génétique. Ce n’est pas une question de volonté ou de courage. Personne ne choisit d’avoir une amygdale hyperactive, pas plus qu’on ne choisit d’avoir les yeux bleus ou une tension artérielle élevée. Alors, quand vous vous traitez de faible parce que vous ressentez de l’anxiété, vous vous attaquez à la mauvaise cible. Vous ajoutez une couche de honte sur un phénomène qui est déjà suffisamment inconfortable.
L’anxiété n’est pas un défaut de fabrication. C’est un système d’alarme qui s’est déréglé. Vous n’êtes pas faible. Vous êtes juste en état d’alerte permanent.
Si vous voulez sortir de cette impasse, commencez par changer votre langage intérieur. Au lieu de dire « Je suis anxieux, je suis nul », dites « Mon système d’alarme est en train de s’emballer. » Cette simple reformulation déplace la responsabilité de votre identité vers un mécanisme que vous pouvez apprendre à réguler. C’est le premier pas.
Un autre patient, une femme d’une trentaine d’années, professeure des écoles, arrive avec une liste de techniques qu’elle a essayées. Elle a pratiqué la pleine conscience, la cohérence cardiaque, la thérapie cognitive. Elle me dit : « Je passe mon temps à chasser les pensées négatives. Mais plus je les chasse, plus elles reviennent fort. »
C’est un piège classique. On nous répète que l’anxiété vient de « mauvaises pensées » et qu’il suffit de les remplacer par des pensées positives. Malheureusement, le cerveau ne fonctionne pas comme un interrupteur. Quand vous essayez de supprimer une pensée, vous activez en réalité davantage les circuits neuronaux qui la produisent. C’est ce qu’on appelle l’effet rebond : plus vous dites « ne pense pas à un ours blanc », plus l’ours blanc s’impose à votre esprit.
L’anxiété n’est pas causée par les pensées elles-mêmes, mais par la relation que vous entretenez avec elles. Une pensée comme « Et si j’oublie mon discours ? » ne devient problématique que lorsque vous vous y accrochez, que vous la croyez vraie, que vous essayez de la combattre. En hypnose ericksonienne, on travaille différemment. On n’essaie pas de supprimer la pensée, on l’accueille, on la regarde passer, comme un nuage dans le ciel. On lui donne une forme, une couleur, une texture. Et progressivement, elle perd son pouvoir.
En IFS (Internal Family Systems), on va plus loin. On considère que cette pensée anxieuse n’est pas un ennemi à éliminer, mais une « partie » de vous qui essaie de vous protéger. Peut-être que cette partie qui vous dit « Tu vas échouer » est en réalité une sentinelle qui veille sur vous depuis longtemps, depuis une époque où vous aviez vraiment besoin d’être hypervigilant. Au lieu de la combattre, vous pouvez la remercier, lui demander ce dont elle a peur, et négocier un nouveau rôle pour elle.
La prochaine fois qu’une pensée anxieuse surgit, au lieu de la chasser, essayez ceci : posez votre main sur votre poitrine, respirez lentement, et dites intérieurement : « Je vois cette pensée. Je reconnais qu’elle est là. Je n’ai pas besoin de la croire ni de la combattre. » Vous verrez, l’intensité diminue.
Je rencontre régulièrement des hommes et des femmes brillants, souvent dans des métiers intellectuels – ingénieurs, juristes, enseignants-chercheurs. Ils arrivent avec des tableaux, des listes, des analyses. Ils ont disséqué leur anxiété comme un problème mathématique. « Si je comprends pourquoi j’ai peur, je pourrai arrêter. » Et pourtant, la compréhension intellectuelle ne suffit pas.
Notre cerveau n’est pas une machine logique. Il est composé de plusieurs systèmes qui fonctionnent en parallèle. Le cortex préfrontal, celui qui analyse, raisonne, planifie, est la partie la plus récente de notre cerveau. Mais en dessous, il y a des structures plus anciennes, comme le système limbique, qui gèrent les émotions et les souvenirs corporels. Quand vous êtes en proie à l’anxiété, ces structures anciennes prennent le contrôle. Votre cortex est court-circuité. Vous pouvez vous répéter cent fois « Il n’y a aucun danger réel », votre corps continue de trembler.
L’hypnose ericksonienne est particulièrement efficace ici parce qu’elle parle directement à ces parties anciennes du cerveau. Elle utilise le langage métaphorique, les images, les sensations. Elle ne cherche pas à convaincre votre esprit logique, mais à apaiser votre système nerveux. En séance, je peux vous guider vers un état de relaxation profonde, où votre corps apprend, par l’expérience directe, qu’il peut se sentir en sécurité. Ce n’est pas une démonstration intellectuelle. C’est une reprogrammation sensorielle.
Prenons un exemple concret. Un patient qui a peur de parler en public peut comprendre parfaitement que son public est bienveillant. Il peut avoir toutes les données objectives. Mais son corps ne les intègre pas. En hypnose, on va travailler avec une métaphore : peut-être que son anxiété est comme un vieux gardien de musée qui crie à chaque visiteur, alors que le musée est fermé depuis des années. On va remercier ce gardien, lui montrer que les visiteurs ne sont plus une menace, et lui proposer un nouveau poste, plus calme. Le cerveau émotionnel comprend ce langage imagé bien mieux que des arguments rationnels.
Si vous êtes du genre à tout analyser, je vous invite à suspendre votre logique pendant quelques minutes par jour. Asseyez-vous, fermez les yeux, et portez votre attention sur votre respiration sans chercher à la modifier. Quand une pensée analytique arrive – « Pourquoi je fais ça ? » –, dites-lui simplement : « Merci, je te retrouve plus tard. » Et revenez à votre souffle. Vous entraînez ainsi votre cerveau à sortir du mode contrôle.
C’est sans doute la croyance la plus tenace et la plus frustrante. On cherche la pilule magique, la méthode miracle, le thérapeute qui va « enlever » l’anxiété. Je comprends cette quête. Quand on souffre, on veut que ça s’arrête, immédiatement. Mais cette attente est un piège.
L’anxiété n’est pas une tumeur qu’on retire chirurgicalement. C’est un signal. Elle fait partie du système d’alarme de votre corps. Voulez-vous vraiment ne plus jamais ressentir aucune peur ? Ce serait dangereux. La peur vous empêche de traverser sans regarder, de sauter d’un toit, de faire confiance à n’importe qui. Le problème n’est pas l’anxiété en elle-même, c’est son intensité, sa fréquence, et surtout la façon dont vous y réagissez.
L’objectif d’un accompagnement thérapeutique, que ce soit avec l’hypnose, l’IFS ou l’Intelligence Relationnelle, n’est pas de faire disparaître l’anxiété. C’est de réduire son intensité à un niveau tolérable, de lui donner une place, et d’apprendre à danser avec elle plutôt que de la subir. Je dis souvent à mes patients : « On ne va pas tuer le chien de garde. On va lui apprendre à ne pas aboyer pour un bruit de feuille. »
En préparation mentale sportive, je retrouve exactement le même principe. Un coureur de fond ne cherche pas à ne jamais ressentir de stress avant une compétition. Le stress est utile : il augmente la vigilance, libère de l’énergie. Le travail consiste à transformer ce stress en activation positive, à ce qu’il devienne un allié plutôt qu’un ennemi. Les meilleurs athlètes ne sont pas ceux qui n’ont pas peur. Ce sont ceux qui ont peur et qui agissent quand même.
Alors, si vous attendez le jour où vous vous réveillerez sans aucune anxiété, je dois être honnête avec vous : ce jour n’arrivera probablement jamais. Mais ce qui peut arriver, c’est le jour où vous vous réveillerez avec un peu d’anxiété, où vous la reconnaîtrez, où vous lui direz « Ah, te voilà, je t’attendais », et où vous vivrez votre journée malgré elle. Ce jour-là, vous serez guéri. Pas de l’anxiété, mais de la peur de l’anxiété. Et c’est ça, la vraie libération.
La guérison n’est pas l’absence d’anxiété. C’est la fin de la lutte contre elle.
Un patient, entrepreneur, me confie : « Je viens de lancer mon entreprise, tout va bien, j’ai des clients, une équipe, des perspectives. Alors pourquoi je suis anxieux ? Il faut que je trouve ce qui cloche. » Il passe des heures à s’interroger, à chercher le problème caché, la faille dans son existence. Il est convaincu que l’anxiété est un indicateur fiable qu’il y a un problème à résoudre.
C’est une croyance très répandue, et elle peut devenir épuisante. On se met à analyser chaque aspect de sa vie : mon couple va-t-il bien ? Mon travail est-il satisfaisant ? Suis-je en phase avec mes valeurs ? Et si l’anxiété persiste, on conclut qu’on n’a pas encore trouvé le vrai problème. C’est une spirale sans fin.
En réalité, l’anxiété est parfois un phénomène autonome. Elle peut surgir sans raison apparente, simplement parce que votre système nerveux est fatigué, parce que vous avez accumulé du stress sur plusieurs semaines, parce que vous avez mal dormi, parce que vous avez pris trop de café. Elle peut aussi être liée à des schémas anciens, installés dans l’enfance, qui se réactivent dans des situations qui n’ont rien de menaçant aujourd’hui.
En IFS, on appelle ça des « exils » : des parties de vous qui portent des charges émotionnelles du passé, et qui se réveillent quand un contexte actuel (un regard, un ton de voix, une date anniversaire) les active. Votre anxiété actuelle n’est pas forcément une réponse à votre vie présente. Elle peut être l’écho d’une vieille blessure. Et chercher un problème dans votre vie actuelle pour expliquer cette anxiété, c’est comme chercher la source d’un bruit dans votre salon alors qu’il vient de la cave.
Cela ne signifie pas qu’il ne faut jamais s’interroger sur son anxiété. Parfois, elle est effectivement un signal utile. Mais pas toujours. Apprenez à faire la différence. Quand l’anxiété survient, posez-vous trois questions : 1) Y a-t-il un danger réel et immédiat ? 2) Ai-je bien dormi, bien mangé, pris du temps pour moi ? 3) Cette sensation me rappelle-t-elle quelque chose de plus ancien ? Si les réponses sont non, oui et oui, il y a de fortes chances que votre anxiété soit une réaction automatique, pas un message sur votre vie actuelle. Vous pouvez alors la laisser passer sans la sur-analyser.
Je vous propose un petit rituel, simple, à faire chez vous, dès aujourd’hui. Prenez un carnet. Notez les cinq croyances que nous avons vues ensemble. Pour chacune, écrivez une phrase qui la contredit, une phrase qui vous appartient, qui résonne avec votre vérité. Par exemple :
Chaque matin, pendant une semaine, lisez ces phrases à voix haute. Pas pour vous convaincre, mais pour planter une graine. Votre cerveau inconscient commencera à les intégrer. Et progressivement, votre relation à l’anxiété changera.
Vous n’êtes pas seul à traverser cela. Depuis 2014, j’accompagne des adultes comme vous à Saintes, dans mon cabinet. Parfois, quelques séances d’hypnose suffisent pour desserrer l’étau. Parfois, un travail plus profond avec l’IFS est nécessaire pour libérer les vieilles charges émotionnelles. Et pour certains, l’Intelligence Relationnelle apporte des clés pour transformer la façon dont ils se relient à eux-mêmes et aux autres.
Si vous sentez que ces croyances vous bloquent encore, si vous voulez un espace où poser votre anxiété sans jugement, où explorer ces mécanismes avec douceur, je vous invite à prendre contact. On peut se rencontrer, échanger, voir ensemble ce qui serait le plus juste pour vous. Pas d’obligation, pas de pression. Juste une main tendue, comme je le fais depuis toutes ces années.
Prenez soin de vous. Votre anxiété n
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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