3 exercices d’hypnose pour sortir de la torpeur
Des techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
Le fonctionnement de cette approche douce et efficace.
Vous avez l’impression de fonctionner en mode « survie » depuis des mois, voire des années.
Vous vous levez le matin, vous faites ce qu’il faut faire — travail, enfants, courses, papiers — mais vous ressentez un vide, une fatigue qui ne passe pas, comme si vous avanciez sans carburant. Vous regardez les autres, qui semblent avoir des projets, de l’enthousiasme, une direction, et vous vous demandez : « Pourquoi moi, je n’y arrive plus ? »
C’est une question que j’entends presque tous les jours dans mon cabinet à Saintes. Des adultes qui ont tout pour être bien — un travail, une famille, une santé convenable — et qui pourtant se sentent en panne d’élan. Ils décrivent un brouillard intérieur, une lourdeur, une difficulté à se projeter. Parfois, ils pleurent sans savoir pourquoi. Parfois, ils s’énervent pour un rien. Parfois, ils ne ressentent plus rien du tout.
Et la première chose que je leur dis, c’est : « Vous n’êtes pas paresseux. Vous n’êtes pas faible. Vous êtes juste déconnecté de quelque chose d’essentiel, et c’est possible de le reconnecter. »
L’hypnose ericksonienne, que j’utilise quotidiennement depuis mon installation en 2014, est un des outils les plus doux et les plus efficaces pour remettre en marche ce moteur intérieur. Pas en forçant, pas en luttant, mais en créant les conditions pour que votre propre esprit retrouve le chemin de l’élan.
Je vais vous expliquer comment cela fonctionne, concrètement, à travers des situations que vous reconnaîtrez peut-être.
Avant de parler de solution, il faut comprendre le mécanisme. Et pour ça, prenons un exemple.
Je reçois Émilie, 42 ans, responsable commerciale. Elle vient me voir parce qu’elle « n’en peut plus ». Elle décrit une fatigue permanente, des insomnies, une perte d’appétit. Mais surtout, elle dit : « Je n’ai plus envie de rien. Même les choses que j’adorais, comme courir ou cuisiner, me paraissent insurmontables. » Elle se sent coupable. Elle se dit qu’elle devrait « se secouer », « se reprendre en main ». Elle a essayé la méditation, le sport, les compléments alimentaires. Rien n’y fait.
Ce qu’Émilie ne voit pas, c’est que son élan ne s’est pas éteint par hasard. Il s’est éteint parce que son système nerveux a été mis en alerte prolongée.
Voici le mécanisme : quand vous vivez une période de stress chronique — un travail exigeant, des conflits familiaux, une séparation, un deuil, ou même une accumulation de petites pressions quotidiennes — votre cerveau passe en mode « survie ». Il active ce qu’on appelle le système sympathique : votre cœur bat plus vite, votre cortisol monte, vous êtes en vigilance. C’est utile pour traverser une crise ponctuelle.
Mais quand cette activation dure des semaines ou des mois, votre cerveau finit par épuiser ses réserves. Pour se protéger, il bascule alors dans un autre mode : l’inhibition. C’est comme si un fusible sautait. Vous n’êtes plus en hyperactivité, vous êtes en hypoactivité. Plus d’énergie, plus de désir, plus de projets. Vous êtes en mode « économie d’énergie ».
Ce n’est pas un choix. Ce n’est pas une faiblesse. C’est une réaction biologique de protection. Votre élan n’a pas disparu : il a été mis en veille par votre système nerveux pour vous éviter de vous effondrer complètement.
Le problème, c’est que ce mode « veille » peut s’installer durablement. Et plus vous essayez de le forcer à s’arrêter par la volonté — « Allez, bouge-toi ! » — plus vous renforcez le sentiment d’échec, et plus le système se verrouille.
C’est là que l’hypnose ericksonienne entre en jeu.
L’élan ne se commande pas. Il se libère quand les conditions intérieures sont réunies. L’hypnose ne vous force pas à avancer : elle débloque le chemin.
L’hypnose ericksonienne, nommée d’après le psychiatre Milton Erickson, ne ressemble pas à l’hypnose de spectacle. Vous ne perdez pas conscience, vous n’êtes pas endormi, vous ne faites pas des choses contre votre gré. Vous êtes dans un état de conscience modifié, un peu comme quand vous êtes absorbé par un film ou une musique, ou quand vous conduisez sur une route familière sans vous souvenir du trajet.
Dans cet état, votre cerveau critique — celui qui analyse, juge, compare, se dit « je devrais » ou « c’est nul » — se met en retrait. Et votre cerveau inconscient, celui qui gère votre respiration, votre digestion, vos émotions, vos habitudes, devient plus accessible.
Pourquoi est-ce utile pour retrouver l’élan ? Parce que votre élan ne dépend pas de votre volonté consciente. Vous ne pouvez pas décider d’avoir envie de faire du sport ou de vous lever le matin avec le sourire. L’élan est une énergie qui émerge de couches plus profondes de votre psychisme : vos valeurs, vos souvenirs positifs, vos ressources, votre sentiment de sécurité.
Quand vous êtes en mode survie, ces couches sont verrouillées. Votre conscient est focalisé sur les problèmes, les risques, les échecs. L’hypnose permet de contourner ce verrouillage. Elle va créer un espace de sécurité intérieure où votre inconscient peut revisiter des souvenirs, des sensations, des émotions qui étaient enfouis, et les reconnecter à votre présent.
Prenons un autre exemple. Je reçois Laurent, 55 ans, ancien cadre commercial, en dépression depuis deux ans. Il me dit : « Je ne reconnais plus la personne que j’étais. J’étais quelqu’un de dynamique, qui aimait relever des défis. Maintenant, je reste au lit. »
En séance d’hypnose, je ne vais pas lui dire : « Vous devez retrouver votre dynamisme. » Je vais l’inviter à se souvenir d’un moment précis où il s’est senti vivant, compétent, en confiance. Peut-être une réussite professionnelle, un moment de sport, une relation. Je vais lui demander de revivre ce moment avec tous ses sens : les images, les sons, les sensations dans le corps. Puis je vais associer ces sensations à un geste simple — par exemple, toucher son pouce et son index. Ensuite, à chaque fois qu’il fera ce geste, il pourra retrouver cette sensation d’élan.
C’est ce qu’on appelle l’ancrage. Ce n’est pas magique. C’est une reprogrammation sensorielle qui utilise les circuits naturels de votre cerveau. Votre inconscient a déjà en mémoire des états d’élan. L’hypnose l’aide simplement à les réactiver.
Si vous avez essayé de vous « motiver » par la force, vous savez que ça ne marche pas longtemps. Vous avez peut-être tenu une semaine, deux semaines, puis vous avez craqué. Et vous vous êtes senti encore plus mal qu’avant.
C’est normal. La volonté est une ressource limitée. Quand elle est épuisée, vous retombez. Et si vous êtes déjà en manque d’énergie, puiser dans votre volonté revient à pomper dans un réservoir vide.
L’approche ericksonienne ne demande pas d’effort. Elle ne vous dit pas : « Faites plus d’efforts. » Elle vous dit : « Laissez faire. »
En pratique, cela signifie que je ne vais pas vous donner des objectifs à atteindre, des listes de tâches, des routines à suivre. Je vais plutôt travailler sur les blocages inconscients qui empêchent l’élan de revenir.
Par exemple, beaucoup de personnes qui ont perdu l’élan ont développé des croyances limitantes du type : « Je n’y arriverai jamais », « Je ne mérite pas d’être heureux », « À mon âge, c’est trop tard », « Si j’échoue, je serai ridicule ». Ces croyances ne sont pas présentes en surface tout le temps, mais elles agissent en arrière-plan, comme un frein à main invisible.
En hypnose, on peut aller dialoguer avec ces croyances. Pas pour les combattre, mais pour comprendre d’où elles viennent, quel était leur rôle protecteur à un moment donné, et les transformer en croyances plus utiles.
Je travaille aussi beaucoup avec l’IFS (Internal Family Systems), un modèle qui considère que notre psychisme est composé de différentes « parties » qui ont chacune leur logique. Il y a la partie qui veut vous protéger en vous gardant au lit. Il y a la partie qui vous critique de ne pas avancer. Il y a la partie qui a peur de l’échec. Au lieu de les rejeter, on apprend à les écouter, à les remercier, et à libérer la partie centrale, appelée le Soi, qui est naturellement calme, confiante, et créative.
C’est un travail en profondeur, mais il porte ses fruits sur le long terme. L’élan revient non pas parce que vous vous êtes forcé, mais parce que vous avez levé les obstacles intérieurs qui l’empêchaient de circuler.
Quand vous arrêtez de lutter contre vous-même, votre élan naturel peut émerger. L’hypnose ne crée pas l’élan : elle enlève ce qui l’entrave.
Beaucoup de personnes me demandent : « Mais comment je vais me sentir après ? » Et je réponds toujours honnêtement : cela dépend des personnes et des séances. Mais voici ce qui revient le plus souvent.
D’abord, un sentiment de calme profond. Pas une somnolence, mais une détente intérieure, comme si un nœud s’était desserré dans la poitrine ou le ventre. Les personnes décrivent souvent une sensation de légèreté, comme si elles avaient porté un poids sans s’en rendre compte.
Ensuite, une meilleure connexion avec leur corps. Beaucoup de personnes en perte d’élan sont déconnectées de leurs sensations physiques. Elles ne savent plus si elles ont faim, si elles sont fatiguées, si elles ont froid. Après l’hypnose, elles retrouvent une sensibilité corporelle. Elles sentent leur respiration, leurs pieds sur le sol, la chaleur d’une tasse de thé. C’est un retour à l’ancrage.
Enfin, et c’est le plus important, une émergence progressive de petites envies. Pas de grands projets du jour au lendemain. Plutôt des micro-élans : avoir envie de préparer un bon repas, de sortir marcher cinq minutes, d’appeler un ami, de lire un chapitre d’un livre. Ces petites envies sont les premiers signes que le système nerveux se réveille.
Je me souviens de Claire, 35 ans, venue pour une dépression post-partum. Elle était épuisée, se sentait coupable de ne pas être une « bonne mère », n’avait plus aucun désir. Après trois séances d’hypnose, elle m’a dit un jour : « Ce matin, j’ai eu envie de faire des crêpes. Je ne sais pas pourquoi. Mais je l’ai fait. Et j’ai souri. » C’était un petit pas. Mais pour elle, c’était une révolution.
L’élan ne revient pas comme un raz-de-marée. Il revient comme une source qui se remet à couler goutte à goutte, puis en filet, puis en ruisseau. Et à chaque petite victoire, vous reprenez confiance en votre capacité à ressentir, à désirer, à agir.
Il faut que je sois clair : l’hypnose ericksonienne n’est pas une baguette magique. Elle ne va pas effacer les causes profondes de votre perte d’élan du jour au lendemain. Si vous vivez une situation difficile — un deuil, une séparation, un burn-out, une maladie — le chemin peut prendre plusieurs séances, parfois plusieurs mois.
Ce que l’hypnose fait, c’est créer un espace de sécurité et de transformation. Elle vous permet de traverser cette période avec moins de souffrance, plus de clarté, et des outils concrets pour retrouver votre équilibre.
Elle est particulièrement efficace quand elle est combinée avec d’autres approches. Dans mon cabinet, j’utilise l’hypnose avec l’IFS et l’Intelligence Relationnelle. L’IFS permet de comprendre les conflits intérieurs qui bloquent l’élan. L’Intelligence Relationnelle aide à améliorer la communication avec soi-même et avec les autres. L’hypnose, elle, agit au niveau des automatismes, des réactions émotionnelles, des schémas corporels.
Ensemble, ces trois approches forment un cadre complet pour une transformation durable.
Et puis, il y a un aspect que je ne veux pas négliger : le lien avec le thérapeute. L’hypnose ericksonienne repose beaucoup sur la qualité de la relation. Vous devez vous sentir en confiance, écouté, compris. Ce n’est pas une technique froide. C’est un accompagnement humain, personnalisé, respectueux de votre rythme.
Si vous lisez cet article et que vous vous reconnaissez, je vous invite à ne pas attendre d’être « au fond du trou » pour consulter. Plus tôt vous venez, plus le travail est léger. Et parfois, une seule séance suffit pour remettre en marche des mécanismes qui étaient bloqués depuis des années.
Avant de conclure, je veux vous donner quelque chose de concret. Une petite expérience à faire chez vous, en quelques minutes, qui illustre le principe de l’hypnose ericksonienne.
Asseyez-vous confortablement, les pieds à plat sur le sol. Fermez les yeux. Prenez trois respirations lentes et profondes. Puis, sans forcer, laissez votre attention se poser sur votre respiration. Ne cherchez pas à la modifier. Observez-la simplement. L’air qui entre, l’air qui sort. Si des pensées arrivent, laissez-les passer comme des nuages.
Maintenant, portez votre attention sur une sensation agréable dans votre corps, même infime. Peut-être la chaleur de vos mains, le contact de vos vêtements sur votre peau, la sensation de vos pieds ancrés au sol. Restez avec cette sensation quelques instants.
Puis, laissez venir à votre mémoire un souvenir où vous vous êtes senti bien, en confiance, vivant. Pas besoin que ce soit un grand moment. Un petit moment suffit : un rayon de soleil sur votre visage, un rire partagé, une réussite modeste. Revivez-le avec tous vos sens. Que voyez-vous ? Qu’entendez-vous ? Que ressentez-vous dans votre corps ?
Restez avec ce souvenir une minute ou deux. Puis, quand vous êtes prêt, ouvrez doucement les yeux.
Ce que vous venez de faire, c’est une forme de transe légère. Vous avez activé une ressource intérieure positive. Vous avez montré à votre cerveau qu’il est possible de ressentir autre chose que la fatigue et le vide.
Ce n’est pas une solution miracle, mais c’est un premier pas. Un pas qui vous rappelle que votre élan n’est pas mort. Il est juste en attente.
Si vous souhaitez aller plus loin, si vous sentez que vous avez besoin d’un accompagnement pour retrouver durablement votre élan, je suis là. Mon cabinet à Saintes est ouvert, et je reçois aussi en visioconférence pour ceux qui ne peuvent pas se déplacer. Nous pouvons échanger par téléphone ou par mail pour que vous voyiez si ce que je propose résonne avec ce que vous vivez.
Vous n’avez pas à traverser cela seul. Et vous n’avez pas à vous forcer à « aller mieux » par la volonté. Parfois, il suffit de se donner la permission d’être accompagné, avec douceur et respect.
Prenez soin de vous. Et si l’élan vous semble loin, rappelez-vous : il n’a pas disparu. Il attend juste que vous lui ouvriez la porte.
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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