PsychologieAnxiete Et Depression

Comment l’hypnose peut apaiser votre anxiété au quotidien

Une approche douce pour retrouver le calme intérieur.

TSThierry Sudan
26 avril 202613 min de lecture

Vous êtes assis dans votre voiture, moteur éteint, devant chez vous. Vous venez de rentrer du travail, mais vous restez là, les mains sur le volant, le souffle court. Votre cœur tape fort dans votre poitrine, comme un animal pris au piège. Vous ne pouvez pas encore sortir. Pas tout de suite. Il faut que ça passe. Vous repensez à cette remarque que votre collègue a faite pendant la réunion, et votre estomac se noue. Vous avez l’impression que tout le monde vous regarde, que vous avez encore dit ou fait quelque chose de travers. Vous vous dites : « Mais pourquoi je réagis comme ça ? Pourquoi je n’arrive pas à me calmer ? » Et cette question tourne en boucle, comme un disque rayé, alimentant encore plus cette anxiété qui vous serre la gorge.

Si cette scène vous parle, vous n’êtes pas seul. L’anxiété, ce n’est pas juste « être un peu stressé ». C’est cette sensation d’alerte permanente, ce bruit de fond dans votre tête qui vous dit que quelque chose de terrible va arriver, même quand tout va bien. C’est cette fatigue constante, car lutter contre un danger imaginaire vingt-quatre heures sur vingt-quatre, ça épuise. J’accompagne des personnes comme vous depuis plus de dix ans à Saintes. Des adultes qui, comme vous, viennent me voir en me disant : « Thierry, je n’en peux plus. Je veux juste que ça s’arrête. » Et souvent, ils ont tout essayé : la relaxation, les médicaments, les listes de choses à faire. Mais l’anxiété revient toujours, comme une mauvaise herbe.

L’hypnose ericksonienne que je pratique n’est pas un tour de magie. Ce n’est pas un spectacle où je vous fais perdre le contrôle. C’est une approche douce, concrète, qui parle directement à la partie de vous qui a appris à avoir peur. Ensemble, nous allons voir comment ce mécanisme se met en place, et surtout, comment vous pouvez, pas à pas, retrouver un espace de calme à l’intérieur de vous.

Pourquoi votre cerveau ne vous lâche pas avec ses « et si… » ?

L’anxiété a une fonction. Je sais, ça peut paraître étrange à entendre quand on est en plein dedans, mais c’est important de le comprendre. Votre cerveau, et plus précisément votre système limbique (la partie la plus ancienne et la plus automatique de votre cerveau), a pour mission numéro un de vous protéger. Il scanne en permanence votre environnement et vos pensées pour détecter un danger potentiel. Il fonctionne comme un détecteur de fumée ultra-sensible.

Le problème, c’est que chez une personne anxieuse, ce détecteur est déréglé. Il se déclenche pour une simple vapeur de douche. Une pensée négative, un regard un peu froid d’un ami, une deadline qui approche : votre cerveau interprète ça comme un tigre à dents de sabre prêt à bondir. Il active alors la réponse « combat, fuite ou figement ». Votre cœur s’accélère pour pomper le sang vers vos muscles (prêts à fuir), votre respiration devient rapide et superficielle (pour oxygéner), votre digestion se met en pause (inutile face à un prédateur). C’est un réflexe utile face à un vrai danger. Mais quand il est activé en permanence pour des situations du quotidien, ça devient un enfer.

Prenons un exemple concret. Je reçois un jour un homme, appelons-le Marc. Il est commercial. Il m’explique qu’avant chaque appel téléphonique à un client, il a la gorge serrée, il transpire, et parfois il a même des nausées. Son cerveau a associé « décrocher le téléphone » à « danger ». Pourquoi ? Parce qu’il y a des années, il a vécu un appel humiliant où un client l’a agressé verbalement. Son cerveau, pour le protéger, a créé une connexion : téléphone = humiliation = danger. Maintenant, le simple fait de voir son téléphone sonner déclenche toute la chaîne de l’anxiété.

L’hypnose va justement permettre de travailler sur ce détecteur de fumée. On ne va pas essayer de le démonter ou de le raisonner. On va plutôt lui apprendre à faire la différence entre une vraie menace et une simple vapeur. On va recalibrer ses capteurs. Et pour ça, on a besoin de parler à la partie la plus profonde de votre cerveau, celle qui est en pilotage automatique. C’est là que l’hypnose est incroyablement efficace.

L’hypnose n’est pas un sommeil, c’est un état de concentration ultra-puissant

J’entends souvent : « L’hypnose, c’est quand on dort et qu’on ne se souvient de rien ? » Ou pire : « Vous allez prendre le contrôle de mon esprit ? » Laissez-moi dissiper ces idées reçues. L’état hypnotique, ou « transe », est un état naturel que vous vivez déjà plusieurs fois par jour sans le savoir. Vous êtes-vous déjà retrouvé à conduire votre voiture et à arriver chez vous sans vous souvenir du trajet ? Ou à lire un livre passionnant au point de ne plus entendre ce qu’on vous dit autour de vous ? Ou à être tellement absorbé par un film que vous sursautez quand quelqu’un entre dans la pièce ? Voilà. Vous êtes en transe.

C’est un état de focalisation intense de votre attention, où votre esprit conscient (celui qui analyse, critique, doute) se met un peu en retrait, et où votre esprit inconscient (celui qui gère votre respiration, vos battements de cœur, vos habitudes, vos émotions automatiques) devient plus accessible. En hypnose ericksonienne, je ne vous dis pas ce que vous devez ressentir ou penser. Je vous guide, je crée un cadre sécurisé, et c’est votre propre inconscient qui va trouver ses propres solutions. Mon rôle est celui d’un jardinier : je prépare le terrain, je plante des graines de suggestions, mais c’est votre terre intérieure qui décide ce qui va pousser et comment.

« L’hypnose, c’est apprendre à votre esprit à se retirer de la bataille pour un instant, à faire une trêve. Dans ce silence, vous n’êtes plus en train de combattre l’anxiété. Vous êtes simplement en train de l’observer, sans vous y accrocher. »

Pour l’anxiété, c’est un outil parfait. Quand vous êtes anxieux, votre esprit conscient est en hyperactivité. Il rumine, il anticipe, il calcule, il s’inquiète. « Et si je rate mon entretien ? Et si mon enfant tombe malade ? Et si je n’y arrive pas ? » C’est un bruit incessant. L’hypnose va offrir à votre esprit un espace de pause. En se concentrant sur une sensation (la chaleur de votre main, le rythme de votre souffle), votre conscient n’a plus la place pour faire tourner la machine à « et si ». Et dans ce calme retrouvé, votre inconscient peut commencer à entendre autre chose : la possibilité d’être en sécurité, ici et maintenant.

Comment l’hypnose vous apprend à « désamorcer » la bombe de l’anxiété

L’anxiété n’est pas une entité extérieure qui s’abat sur vous. C’est une réponse de votre système nerveux. Et comme toute réponse, elle peut être désapprise, ou plutôt, réapprise autrement. L’hypnose va vous aider à construire un nouvel itinéraire dans votre cerveau. Imaginez que votre chemin habituel pour réagir au stress soit une autoroute à quatre voies. C’est la voie rapide : pensée stressante -> activation de l’amygdale -> montée d’adrénaline -> panique. L’hypnose va vous aider à créer et à renforcer un petit chemin de campagne parallèle. Ce chemin sera plus lent, plus calme.

Voici comment ça se passe concrètement en séance pour une personne anxieuse.

1. Créer un lieu de ressourcement intérieur. Je vais vous guider pour que vous puissiez, dans votre imaginaire, construire un lieu qui vous apaise. Ce n’est pas forcément un lieu réel. Ça peut être une plage imaginaire, une clairière, une bibliothèque douillette, ou même un nuage moelleux. L’important, c’est que vous vous y sentiez totalement en sécurité. Vous allez y associer des sensations : la chaleur du soleil sur votre peau, l’odeur de l’herbe coupée, le bruit des vagues. Chaque fois que vous aurez besoin de calme, vous pourrez vous y rendre mentalement. C’est votre bouton « pause » personnel.

2. Changer le rapport à la sensation physique. L’anxiété, c’est aussi des sensations corporelles très fortes : la boule au ventre, la poitrine serrée, les mains moites. En hypnose, on ne cherche pas à faire disparaître ces sensations par la force. On apprend plutôt à les observer avec une certaine distance. Je peux vous proposer d’imaginer que cette boule dans votre ventre est une pierre lourde et froide. Puis, ensemble, nous allons imaginer la placer dans un ruisseau. L’eau froide du ruisseau coule, et peu à peu, la pierre se réchauffe, ses contours s’adoucissent, elle devient plus légère. Vous ne luttez pas contre la sensation. Vous la transformez, vous lui donnez une autre forme, une autre texture. Et votre corps, qui est en état de relaxation profonde, suit cette nouvelle suggestion.

3. Revisiter la situation anxiogène en toute sécurité. Une fois que vous avez solidement établi votre lieu de ressourcement et votre capacité à moduler vos sensations, on peut aborder la situation qui déclenche votre anxiété. Mais on ne le fait pas en réel. On le fait en imagination, sous hypnose. C’est ce qu’on appelle la « désensibilisation ». Vous allez être capable de vous voir, comme dans un film, en train de vivre cette situation (un entretien, une foule, un examen) tout en restant profondément calme et ancré dans votre lieu de sécurité. Votre cerveau va ainsi apprendre une nouvelle association : cette situation + calme = possible. Il va créer une nouvelle mémoire, une mémoire de compétence et de sérénité.

Prenez l’exemple de Sophie, une enseignante que j’ai suivie. Elle paniquait à l’idée de parler devant ses collègues en réunion. Son cœur s’emballait, sa voix tremblait, elle avait peur d’oublier ce qu’elle avait à dire. En hypnose, nous avons construit une « bulle de confiance » autour d’elle. Nous avons ensuite imaginé la salle de réunion, mais en la voyant depuis un point de vue différent, comme si elle était assise au dernier rang, observant une version d’elle-même calme et posée qui parle. Elle a pu ressentir la sécurité dans son corps, même en imaginant la scène. Après quelques séances, elle m’a dit : « C’est fou. La dernière fois, j’ai senti le trac arriver, mais je me suis souvenue de ma bulle. Et le trac est passé. Je n’ai pas eu à le combattre. Il est juste passé. »

L’IFS et l’Intelligence Relationnelle : les alliées de l’hypnose pour comprendre vos « parties » anxieuses

Dans mon cabinet, je ne me limite pas à l’hypnose. Je l’intègre souvent avec deux autres approches qui, je trouve, se complètent magnifiquement : l’IFS (Internal Family Systems) et l’Intelligence Relationnelle.

L’IFS, c’est une manière de comprendre votre esprit. L’idée de base est simple : vous n’êtes pas une seule personne. Vous êtes composé de plusieurs « parties », comme une famille intérieure. Vous avez une partie qui veut faire du sport, une partie qui préfère rester sur le canapé. Une partie qui veut être courageuse, une partie qui a peur. Et l’anxiété, c’est souvent le travail d’une ou plusieurs de ces parties.

Imaginez une partie de vous que j’appelle « le Manager Anxieux ». Son boulot, c’est de vous protéger en anticipant tous les problèmes possibles. Il vous dit : « Si tu ne vérifies pas ton mail trois fois, tu vas rater quelque chose d’important. Si tu ne prépares pas ton discours mot pour mot, tu vas te ridiculiser. » Il est hyperactif, il vous épuise, mais il croit sincèrement bien faire. Il a peur que si vous vous relâchez, tout s’effondre.

En hypnose, je peux vous guider pour entrer en contact avec cette partie. Pas pour la combattre, mais pour la remercier. Vous pouvez lui dire : « Je vois que tu as très peur. Merci de vouloir me protéger. Mais tu peux te reposer maintenant. Je suis là. » C’est un dialogue intérieur. Et souvent, quand cette partie se sent écoutée et reconnue, elle se calme. L’anxiété diminue d’elle-même, parce que la partie qui la générait n’a plus besoin de crier pour se faire entendre.

L’Intelligence Relationnelle, elle, vient renforcer le lien avec vous-même et avec les autres. L’anxiété est souvent liée à une difficulté à gérer les relations. Peur du jugement, peur de l’abandon, peur du conflit. En travaillant sur vos modes de communication, sur votre capacité à poser des limites, à exprimer vos besoins sans agressivité ni soumission, vous créez un environnement extérieur plus sécurisant. Et un environnement plus sécurisant, c’est moins de carburant pour l’anxiété.

Par exemple, un patient que j’ai reçu, Julien, était terrifié à l’idée de dire non à son patron. Il accumulait les heures supplémentaires, stressait en silence, et finissait par avoir des crises d’angoisse le dimanche soir. En combinant l’hypnose (pour l’aider à se sentir fort et légitime) et l’Intelligence Relationnelle (pour lui apprendre à formuler un refus clair et respectueux), il a pu changer la dynamique. Il a dit non une fois. Rien de grave ne s’est produit. Sa confiance a commencé à grandir. L’anxiété du dimanche soir a disparu.

Ce que l’hypnose ne fera pas (pour être honnête avec vous)

Je veux être clair. L’hypnose n’est pas une baguette magique. Elle ne va pas effacer votre anxiété en une séance comme on efface un tableau noir. Si quelqu’un vous promet ça, méfiez-vous. L’hypnose est un outil d’apprentissage. Vous allez apprendre à votre cerveau à fonctionner différemment. Et comme tout apprentissage, ça demande de la pratique et de la répétition.

L’hypnose ne va pas non plus résoudre les causes profondes de votre anxiété si celles-ci sont liées à un traumatisme important non traité. Dans ce cas, elle peut être un formidable complément à un suivi psychothérapeutique plus long, mais elle ne le remplace pas. Mon rôle est aussi de vous orienter vers le professionnel le plus adapté si je sens que votre situation dépasse le cadre de mon accompagnement.

Enfin, l’hypnose ne vous rendra pas passif. C’est tout le contraire. Elle vous rend actif. Vous n’êtes pas un simple passager qui regarde le paysage défiler. Vous êtes le conducteur. L’hypnose vous donne les clés, mais c’est vous qui tournez le contact et qui apprenez à conduire sur ce nouveau chemin plus paisible. Vous reprenez le volant de votre vie émotionnelle.

Comment faire un premier pas dès maintenant, seul, chez vous ?

Vous n’avez pas besoin d’être en séance pour commencer à ressentir les bienfaits de ces principes. Voici un petit exercice très simple, que vous pouvez faire en 2 minutes, debout ou assis, les yeux ouverts ou fermés. C’est une mini-transe que vous pouvez vous offrir.

  1. Prenez une inspiration douce par le nez, et en expirant, laissez vos épaules tomber. Juste les laisser tomber. Ne forcez rien.
  2. Porter votre attention sur vos pieds. Sentez le contact de vos pieds avec le sol. La pression de vos talons, de la plante des pieds. Sentez le sol qui vous porte. Vraiment. Prenez 10 secondes pour ça.
  3. Imaginez maintenant qu’à chaque inspiration, vous laissez entrer une lumière douce et chaude par le sommet de votre tête. Cette lumière descend lentement, comme un liquide tiède. Elle traverse votre visage, votre cou, vos épaules. Partout où elle passe, elle apporte une sensation de détente et de lâcher-prise.
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À propos de l'auteur

TS

Thierry Sudan

Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.

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