3 exercices d’hypnose pour sortir de la torpeur
Des techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
Les schémas anciens qui activent votre stress. Les reconnaître pour changer.
Vous avez tout pour être heureux, et pourtant vous sentez cette anxiété qui revient. Peut-être que vous vous réveillez le cœur qui s’emballe avant même d’avoir posé un pied par terre. Ou que vous passez vos soirées à ressasser des conversations vieilles de plusieurs jours, en vous demandant ce que vous auriez dû dire ou faire différemment. Vous avez lu des articles sur la respiration, essayé la méditation, peut-être même consulté votre médecin pour un traitement. Cela aide, un temps. Mais l’anxiété revient, comme une vieille habitude tenace.
Si vous en êtes là, je veux que vous sachiez une chose : ce n’est pas votre faute. Et ce n’est pas parce que vous ne faites pas assez d’efforts. L’anxiété que vous ressentez aujourd’hui est souvent la voix d’un passé que vous avez appris à taire. Elle n’est pas un défaut de votre personnalité, mais un signal. Un message de survie que votre système nerveux a enregistré il y a longtemps, et qu’il continue de diffuser par habitude.
Dans mon cabinet à Saintes, je vois chaque semaine des adultes intelligents, sensibles, compétents, qui vivent avec cette épée de Damoclès au-dessus de la tête. Des cadres qui réussissent mais ne dorment plus. Des mères de famille qui gèrent tout mais craquent dans leur voiture après avoir déposé les enfants. Des sportifs qui excellent sur le terrain mais sont tétanisés avant chaque compétition. Leur point commun ? Une histoire personnelle qui continue de dicter leur présent, sans qu’ils en aient pleinement conscience.
Je suis Thierry Sudan, praticien à Saintes depuis 2014. J’accompagne des adultes avec l’hypnose ericksonienne, l’IFS (Internal Family Systems) et l’Intelligence Relationnelle. Dans cet article, je vais vous montrer comment vos schémas anciens activent votre stress aujourd’hui, et surtout comment les reconnaître pour enfin changer la donne.
Commençons par un mécanisme simple mais fondamental. Votre cerveau ne fait pas la différence entre un danger réel et un danger imaginé. Quand vous vous inquiétez pour une réunion demain, votre amygdale — cette petite structure dans votre cerveau qui gère l’alerte — s’active exactement comme si un lion entrait dans la pièce. C’est biologique, pas un choix.
Mais il y a un autre niveau, plus profond. Votre cerveau ne fait pas non plus la différence entre un danger présent et un danger passé. Si vous avez vécu une situation difficile dans votre enfance — un parent imprévisible, un rejet scolaire, une période d’insécurité — votre système nerveux a enregistré cette expérience comme une menace. Et il a créé des stratégies pour vous protéger.
Le problème, c’est que ces stratégies ne se désactivent pas automatiquement quand la menace disparaît. Elles restent en veille, prêtes à se déclencher au moindre signal qui ressemble, même de loin, à ce que vous avez vécu.
Prenons un exemple concret. Je reçois Martin, 38 ans, commercial performant. Il vient me voir parce qu’il fait des crises d’angoisse avant chaque appel important. Il se réveille la nuit en sueur, le cœur qui explose. En discutant, on découvre que son père était un homme exigeant, qui le critiquait systématiquement quand il rentrait avec un carnet de notes, même bon. « C’était jamais assez », me dit Martin. « J’avais 16/20, il me demandait pourquoi pas 18. »
Aujourd’hui, Martin n’a plus 10 ans. Son père est vieux et doux. Mais devant son téléphone, avant d’appeler un client, son cerveau scanne inconsciemment : « Situation d’évaluation ? Check. Risque de ne pas être à la hauteur ? Check. » Et boum, l’alarme s’active. Le corps de Martin réagit comme s’il allait se faire gronder par son père. Il a 38 ans, mais une partie de lui a toujours 10 ans.
Votre anxiété n’est donc pas un caprice. C’est un fantôme du passé qui frappe à la porte.
« Votre anxiété n’est pas un caprice. C'est un fantôme du passé qui frappe à la porte. Et tant que vous ne l’accueillez pas, il continue de cogner. »
Dans mon travail avec l’IFS et l’Intelligence Relationnelle, j’ai observé que la plupart des anxiétés adultes s’enracinent dans trois grands types de schémas. Les reconnaître, c’est déjà commencer à les désamorcer.
Le schéma du sauveur ou du responsable : Vous avez grandi en devant vous occuper des autres. Peut-être d’un parent fragile, de frères et sœurs plus jeunes, ou d’un climat familial tendu. Vous avez appris très tôt que votre valeur dépendait de votre capacité à gérer, à anticiper, à réparer. Aujourd’hui, vous êtes probablement quelqu’un de fiable, que tout le monde sollicite. Mais à l’intérieur, vous êtes épuisé. Vous vivez avec la peur constante que quelque chose vous échappe, que vous ne soyez pas à la hauteur, que les autres s’effondrent si vous lâchez prise. Votre anxiété est celle de celui qui porte tout le monde sur ses épaules.
Le schéma de l’invisible ou du trop sensible : Vous avez appris très tôt que vos émotions dérangeaient. On vous a dit « arrête de pleurer », « tu es trop sensible », « ne fais pas d’histoire ». Pour être accepté, aimé, vous avez appris à vous effacer, à rentrer votre ressenti. Aujourd’hui, vous êtes peut-être quelqu’un de calme, de discret, qui ne veut pas déranger. Mais votre corps, lui, n’a pas oublié. L’anxiété monte dans des situations où vous devriez vous affirmer, poser une limite, dire non. Vous avez peur du conflit, du rejet, d’être vu comme « trop ». Votre anxiété est celle de l’enfant qui a appris à se faire tout petit pour survivre.
Le schéma du parfait ou du contrôle : Vous avez grandi dans un environnement où l’erreur n’était pas permise. Où la perfection était exigée, ou le moindre écart était sanctionné par une remarque, un silence, une déception. Aujourd’hui, vous êtes probablement exigeant avec vous-même, peut-être même un peu avec les autres. Vous planifiez, vous anticipez, vous vérifiez trois fois. Mais vous vivez dans la peur constante de faire une erreur, d’être jugé, de perdre le contrôle. Votre anxiété est celle de l’enfant qui n’a jamais eu le droit de se tromper.
Je précise que ces schémas ne sont pas des cases définitives. Vous pouvez en reconnaître plusieurs, ou un seul. L’important n’est pas de vous étiqueter, mais de voir le lien entre votre histoire et ce que vous ressentez aujourd’hui.
Voici la partie la plus délicate, et peut-être la plus importante. Ces schémas ne sont pas apparus par hasard. Ce sont des stratégies de survie que vous avez développées, enfant, pour traverser une situation difficile. Elles ont été intelligentes, adaptées, nécessaires à l’époque. Le problème, c’est qu’elles sont devenues automatiques, et qu’elles ne sont plus adaptées à votre vie d’adulte.
Prenons le cas de Claire, 42 ans, mère de deux enfants, responsable RH. Elle vient me voir pour des crises d’angoisse récurrentes. Elle se sent submergée, ne supporte plus qu’on lui demande quoi que ce soit. En creusant, on découvre que Claire a grandi avec une mère dépressive. Dès l’âge de 8 ans, elle gérait la maison, les repas, le moral de sa mère. Elle était la petite adulte de la famille.
Aujourd’hui, Claire a 42 ans. Elle n’a plus besoin de sauver sa mère. Mais son système nerveux n’a pas reçu le message. Alors quand son chef lui donne une nouvelle mission, ou que son conjoint lui demande de s’occuper d’un truc, son cerveau interprète : « Alerte, on va me demander de tout porter, je vais m’effondrer. » Et l’anxiété monte.
Ce qui est tragique, c’est que Claire a développé une stratégie de survie formidable : l’hyper-responsabilité. C’est ce qui lui a permis de tenir, enfant. Mais aujourd’hui, cette même stratégie l’épuise. Elle ne sait pas dire non, ne sait pas déléguer, ne sait pas s’arrêter. Parce qu’une partie d’elle croit encore que si elle s’arrête, tout va s’effondrer.
C’est là que l’IFS (Internal Family Systems) est précieux. Cette approche nous apprend que ces parties de nous — celle qui s’inquiète, celle qui contrôle, celle qui s’oublie — ne sont pas des ennemis. Ce sont des protecteurs qui ont essayé de nous aider, avec les moyens du bord. Le travail n’est pas de les combattre, mais de les comprendre, de les remercier, et de leur montrer que nous sommes adultes maintenant, que nous avons d’autres ressources.
« Ces parties de vous qui s’inquiètent, qui contrôlent, qui s’oublient, ne sont pas des ennemis. Ce sont des protecteurs qui ont essayé de vous aider, avec les moyens du bord. »
L’Intelligence Relationnelle est l’autre pilier de mon accompagnement. Elle nous apprend que nos schémas ne vivent pas seulement dans notre tête : ils se jouent dans nos relations. Et c’est précisément là qu’on peut les dénouer.
Voici comment ça fonctionne. Vous avez un schéma ancien, disons celui de l’invisible. Dans votre vie d’adulte, vous allez inconsciemment attirer ou choisir des relations qui confirment ce schéma. Vous allez vous lier à des personnes qui vous ignorent, qui ne vous écoutent pas, qui vous prennent pour acquis. Non pas parce que vous le voulez, mais parce que votre cerveau connaît cette musique. C’est familier, même si c’est douloureux. Et votre anxiété monte dans ces relations, parce qu’une partie de vous espère être enfin vue, tout en sachant que ça n’arrivera pas.
L’Intelligence Relationnelle vous aide à repérer ces boucles. Vous apprenez à identifier les signes avant-coureurs : cette sensation d’oppression dans la poitrine quand vous êtes avec une certaine personne, cette envie de vous excuser sans raison, ce besoin de plaire à tout prix.
Et progressivement, vous apprenez à faire autrement. Pas en claquant la porte de toutes vos relations, mais en commençant à poser des micro-limites. En disant non à une petite chose. En osant exprimer un besoin simple. En acceptant que l’autre puisse être déçu sans que vous vous effondriez.
C’est un travail qui prend du temps, je ne vais pas vous mentir. Les schémas anciens sont des chemins creusés depuis des années. Mais chaque fois que vous faites un choix différent, vous créez un nouveau chemin. Et ce chemin, avec le temps, devient plus large, plus naturel.
Comment savoir si c’est votre passé qui parle, et pas une anxiété « normale » ? Voici quelques indices que je vois souvent chez les personnes que j’accompagne.
La réaction disproportionnée : Un petit événement déclenche une émotion massive. Un collègue fait une remarque anodine, et vous vous sentez humilié pendant trois jours. Votre conjoint oublie de sortir les poubelles, et vous avez l’impression qu’il ne vous respecte pas du tout. Quand l’émotion est sans commune mesure avec le stimulus, c’est souvent que l’histoire personnelle s’en mêle.
Le sentiment de honte ou de culpabilité envahissant : Vous faites une erreur mineure, et vous vous sentez nul, indigne, mauvais. Ce n’est pas une simple déception, c’est une condamnation de tout votre être. Ce sentiment vient souvent de l’enfance, où l’erreur était vécue comme une faute impardonnable.
L’incapacité à lâcher prise : Vous ruminez, vous ressassez, vous ne pouvez pas vous arrêter. Comme si votre cerveau était coincé sur une boucle. C’est le signe qu’une partie de vous cherche désespérément une solution à une menace qui n’existe plus.
Les symptômes physiques récurrents : Maux de ventre, tensions dans la nuque, migraines, troubles du sommeil. Votre corps parle quand votre esprit n’arrive pas à traiter ce qui se passe.
Si vous reconnaissez plusieurs de ces signes, ne vous inquiétez pas. Ce n’est pas un diagnostic, c’est une information. Votre système vous dit simplement qu’il fonctionne sur des programmes anciens. Et ces programmes peuvent être mis à jour.
Parlons maintenant de l’outil que j’utilise le plus souvent : l’hypnose ericksonienne. Je veux être très clair sur ce qu’elle fait et ne fait pas, parce qu’il y a beaucoup d’idées reçues.
L’hypnose ericksonienne ne vous fera pas perdre le contrôle. Vous ne serez pas endormi, pas manipulé, pas transformé contre votre volonté. C’est un état de conscience modifié, comme quand vous êtes tellement absorbé par un film que vous en oubliez le temps. Vous restez conscient, vous pouvez parler, vous pouvez arrêter à tout moment.
Ce que l’hypnose permet, c’est de contourner les défenses de votre esprit conscient. Votre mental rationnel est souvent un barrage qui répète « je sais, je devrais faire autrement, mais je n’y arrive pas ». L’hypnose parle directement à la partie inconsciente, celle qui gère vos automatismes, vos habitudes, vos schémas.
Concrètement, dans une séance, on va d’abord identifier ensemble le schéma qui vous pose problème. Puis, en état d’hypnose, on va créer un espace de sécurité intérieure. On va rencontrer la partie de vous qui s’inquiète, qui contrôle, qui s’épuise. On va l’écouter, comprendre son histoire, la remercier pour son travail. Et on va lui proposer de nouvelles options, plus adaptées à votre vie d’adulte.
Je ne vais pas vous promettre que tout disparaît en une séance. Ce serait malhonnête. Mais beaucoup de personnes ressentent un changement significatif après 3 à 5 séances. Les crises deviennent moins fréquentes, moins intenses. Vous reprenez du recul. Vous avez des outils pour désamorcer la montée d’anxiété.
Ce que l’hypnose ne fait pas : elle ne remplace pas un traitement médical si vous en avez besoin. Elle n’efface pas votre histoire, elle vous aide à en faire la paix. Elle ne vous transforme pas en quelqu’un d’autre, elle vous aide à retrouver qui vous êtes vraiment, au-delà des protections que vous avez construites.
J’utilise aussi l’IFS en complément, pour le travail de fond avec les différentes parties de vous. Et l’Intelligence Relationnelle pour vous aider à incarner ces changements dans vos relations quotidiennes. Ces trois approches se complètent et se renforcent mutuellement.
Si vous vous reconnaissez dans cet article, voici trois choses que vous pouvez faire aujourd’hui, sans attendre une séance.
1. Identifiez un schéma qui revient. Prenez un carnet, ou même une note dans votre téléphone. Pensez à une situation récente qui a déclenché de l’anxiété. Demandez-vous : qu’est-ce que cette situation réveille en moi ? Est-ce que ça ressemble à quelque chose que j’ai déjà vécu, enfant ou adolescent ? Soyez curieux, sans jugement. Vous n’êtes pas en train de vous plaindre, vous êtes en train d’observer.
2. Accueillez la partie de vous qui s’inquiète. La prochaine fois que l’anxiété monte, au lieu de la combattre ou de vous en vouloir, dites-vous intérieurement : « Je vois que tu es inquiet. Je t’entends. Merci d’essayer de me protéger. » Ça paraît simple, voire un peu naïf, mais c’est extrêmement puissant. Vous arrêtez de vous battre contre vous-même. Vous devenez un allié de votre propre système.
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À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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