3 exercices d’hypnose pour sortir de la torpeur
Des techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
Ce qu'il faut éviter pour ne pas tomber dans la dépression.
Vous tenez le coup. Depuis des mois, vous faites face. Vous encaissez les tensions au travail, les urgences familiales, les nuits hachées, cette sensation d’être toujours en retard sur tout. Et pourtant, vous continuez. Parce qu’il faut bien, parce que vous êtes solide, parce que vous avez l’habitude.
Mais il y a un détail qui vous chiffonne. Ce matin, vous avez mis trois minutes à retrouver le mot « frigo ». Vous avez oublié un rendez-vous important. Vous avez pleuré sans raison devant une pub pour du fromage. Ou pire : vous ne ressentez plus rien. Juste un vide, une fatigue qui ne passe pas, même après une nuit de sommeil.
Ce n’est pas de la flemme. Ce n’est pas un manque de volonté. C’est votre système nerveux qui dit stop. Vous êtes en épuisement émotionnel.
Je reçois chaque semaine des hommes et des femmes dans cette situation. Cadres, soignants, parents, artisans. Des gens qui ont l’habitude de tenir debout, et qui s’effondrent un jour, sans comprendre pourquoi. Le problème, ce n’est pas la fatigue en elle-même. Le problème, ce sont les erreurs que l’on commet en essayant de la combattre. Trois erreurs, en particulier, transforment un simple épuisement en descente vers la dépression.
Si vous vous reconnaissez dans ce début d’article, arrêtez-vous une seconde. Pas pour culpabiliser. Pour comprendre ce qui se joue et, surtout, pour savoir quoi éviter.
Quand on est épuisé, la première réaction est de chercher à déconnecter. Vous rentrez du travail, les épaules nouées, la tête en compote. Que faites-vous ? Vous vous affalez sur le canapé, vous scrollez Instagram, vous mettez une série en fond, vous enchaînez trois verres de vin, vous jouez à un jeu sur votre téléphone. Vous appelez ça « se reposer ».
Je l’entends à chaque séance : « Le soir, je regarde des vidéos débiles pendant deux heures, ça me vide la tête. » Oui, ça vide la tête. Mais ça ne recharge pas les batteries. C’est même l’inverse.
Laissez-moi vous expliquer un mécanisme simple. Votre cerveau a deux grands systèmes : le système de l’action, de l’effort, de la concentration (on l’appelle le système sympathique) et le système du repos, de la digestion, de la récupération (le système parasympathique). L’épuisement émotionnel, c’est quand le premier a tourné en continu pendant des semaines, des mois, sans jamais laisser la place au second.
Quand vous scrollez, quand vous regardez une série haletante, quand vous jouez à un jeu vidéo, votre cerveau n’est pas au repos. Il est en état d’alerte modérée : il traite des images, des sons, des informations, il anticipe, il réagit. C’est une forme d’éveil. Ce n’est pas une récupération profonde.
J’ai reçu il y a quelques mois un chef d’entreprise, la quarantaine, brillant, qui tenait son entreprise seul depuis trois ans. Il me disait : « Le week-end, je reste au lit jusqu’à midi, je regarde ma série, je mange des chips. Je ne fais rien. Et pourtant, le lundi, je suis encore plus fatigué. » Il avait raison. Il confondait distraction et repos.
La distraction, c’est une fuite. C’est occuper son mental pour ne pas ressentir la fatigue, l’anxiété, la tristesse. Mais la fuite consomme de l’énergie. C’est comme courir pour échapper à un ours : vous évitez l’ours, mais vous vous épuisez. Alors que le repos, le vrai, c’est s’arrêter. C’est ne rien faire d’autre qu’être là. Sans écran, sans stimulation, sans but.
Le vrai repos n’est pas une pause entre deux efforts. C’est un état où votre système nerveux sait qu’il n’a rien à gérer, rien à anticiper, rien à fuir.
Si vous passez vos soirées et vos week-ends à « déconnecter » avec des écrans, vous ne récupérez pas. Vous videz un peu plus vos réserves. C’est la première erreur qui aggrave l’épuisement : croire que s’occuper l’esprit, c’est le reposer.
Ce que vous pouvez faire maintenant : Ce soir, accordez-vous 20 minutes sans aucun écran. Asseyez-vous dans un fauteuil, regardez par la fenêtre, écoutez les bruits de la rue ou le silence. Ne faites rien. Pas de musique, pas de podcast, pas de téléphone. Juste vous, votre corps, votre souffle. Au début, vous allez vous sentir agité. C’est normal. Restez. C’est ça, le vrai repos.
Celle-ci est sournoise. Parce qu’elle est encouragée par tout le monde. Votre entourage, les articles de développement personnel, les réseaux sociaux. Le message est partout : « Pense positif », « Sois reconnaissant », « Regarde le bon côté des choses », « Tout arrive pour une raison ».
Et vous, qui êtes déjà à bout, vous essayez. Vous vous forcez à sourire. Vous vous dites que d’autres vivent pire. Vous cherchez des leçons dans votre souffrance. Mais au fond, vous ne croyez pas à ce que vous vous racontez. Et ça vous épuise encore plus.
Je travaille avec un infirmier de 35 ans, père de deux enfants, qui vit en garde alternée compliquée. Il est venu me voir pour des crises d’angoisse. Il m’a dit : « Je me lève le matin, je me regarde dans la glace et je me répète que je suis chanceux, que j’ai un boulot, une santé, des enfants. Mais ça ne marche pas. Je me sens encore plus mal après. »
Bien sûr que ça ne marche pas. Parce que vous forcez votre cerveau à nier la réalité. Vous lui dites : « Tout va bien » alors que votre corps crie : « Ça va mal ». Vous créez une dissonance. Votre système nerveux reçoit un message contradictoire : d’un côté, votre discours conscient dit « je vais bien », de l’autre, votre ressenti profond dit « je suis en danger ». Pour résoudre cette contradiction, votre cerveau active encore plus de ressources. Et vous vous épuisez un peu plus.
C’est ce que j’appelle la tyrannie de la positivité. On vous a vendu l’idée que penser positif guérissait tout. Mais la recherche en neurosciences montre le contraire : quand vous êtes en détresse, vous forcer à être positif, c’est comme mettre un pansement sur une plaie ouverte sans la nettoyer. L’infection continue, en dessous.
Ce qui est efficace, ce n’est pas de remplacer une pensée négative par une pensée positive. C’est d’accueillir ce qui est là sans le juger. De dire : « Oui, je suis fatigué. Oui, je suis en colère. Oui, j’ai envie de tout lâcher. » Et de laisser cette émotion exister, sans essayer de la chasser ni de la transformer.
Je sais que ça fait peur. On craint qu’en laissant la tristesse ou la colère s’installer, on ne s’en sorte jamais. Mais c’est l’inverse. Les émotions sont comme des vagues : elles montent, elles culminent, elles redescendent. Si vous luttez contre elles, vous vous noyez. Si vous les laissez passer, elles se retirent d’elles-mêmes.
Ce que vous pouvez faire maintenant : La prochaine fois que vous sentez une émotion désagréable monter (tristesse, colère, frustration), au lieu de la combattre ou de la nier, posez-vous trois questions : Où est-ce que je ressens ça dans mon corps ? (Estomac noué ? Poitrine serrée ?) Quelle forme ça a ? (Une boule ? Une brûlure ? Un poids ?) Si je ne fais rien pour la chasser, combien de temps ça dure ? (Souvent, quelques minutes.) C’est tout. Vous ne cherchez pas à la faire disparaître. Vous l’observez. C’est ça, le vrai travail émotionnel.
C’est l’erreur la plus fréquente, et la plus dangereuse. Vous êtes épuisé, vous avez mal, et vous vous dites : « Je ne vais pas embêter les autres avec ça. » Ou : « Personne ne peut comprendre. » Ou : « Je dois être fort, je dois assumer. »
Alors vous vous fermez. Vous annulez les sorties. Vous répondez « ça va » quand on vous demande comment vous allez. Vous vous enfermez dans votre bulle, dans votre maison, dans votre tête. Et vous croyez que vous protégez les autres. En réalité, vous vous isolez de la seule chose qui pourrait vous aider : le lien humain.
Notre système nerveux est conçu pour se réguler en relation. C’est ce qu’on appelle la co-régulation. Quand un bébé pleure, il a besoin d’un adulte pour l’apaiser. Quand vous êtes en détresse, votre cerveau a besoin d’un autre cerveau pour retrouver son équilibre. Pas pour des solutions, pas pour des conseils. Juste pour une présence. Un regard. Une voix qui dit : « Je te vois, tu n’es pas seul. »
J’ai accompagné une femme de 50 ans, professeure, qui s’est épuisée à s’occuper de sa mère malade tout en travaillant. Elle était seule, parce qu’elle refusait de demander de l’aide à ses frères et sœurs. « Je ne veux pas les déranger, ils ont leur vie », disait-elle. Au bout de deux ans, elle n’arrivait plus à sortir de son lit. Elle avait sombré dans une dépression sévère.
Le jour où elle a accepté d’appeler sa sœur et de lui dire : « Je n’y arrive plus », sa sœur a pleuré. Pas de tristesse. De soulagement. « Je voyais bien que tu allais mal, mais je n’osais pas intervenir », lui a-t-elle répondu. À partir de là, les choses ont changé. Pas parce que sa sœur avait une solution magique. Parce que le poids n’était plus porté par une seule paire d’épaules.
L’isolement est un accélérateur de dépression. Plus vous vous coupez du monde, plus votre cerveau interprète cette solitude comme un danger. Et plus il active des réponses de stress. C’est un cercle vicieux : vous êtes fatigué, donc vous vous isolez ; vous vous isolez, donc vous êtes plus fatigué.
La dépression n’est pas un défaut de caractère. C’est souvent un système nerveux qui a perdu le signal de sécurité que seul un autre humain peut lui renvoyer.
Ce que vous pouvez faire maintenant : Aujourd’hui, envoyez un message à une personne de confiance. Pas pour vous plaindre. Pour dire : « Je traverse une période difficile, et j’aurais juste besoin qu’on se voie 20 minutes, sans parler de tout ça si tu veux. Juste être ensemble. » Vous n’avez pas besoin de tout raconter. La présence suffit. Si vous n’avez personne, appelez un professionnel. Un psychologue, un hypnotherapeute, un médecin. Mais ne restez pas seul avec votre épuisement.
Vous vous demandez peut-être : « D’accord, mais quel est le lien entre ces erreurs et la dépression ? »
Voici comment ça se passe, concrètement.
L’épuisement émotionnel, c’est quand vos ressources sont épuisées. Votre système nerveux est en alerte permanente. Vous avez puisé dans vos réserves d’énergie, de patience, de joie. Vous fonctionnez sur les braises. À ce stade, si vous continuez à faire les trois erreurs, vous entrez dans un processus de décompensation.
L’erreur n°1 (confondre repos et distraction) vous empêche de recharger vos batteries. Vous restez en mode « basse tension » permanent, sans jamais couper le moteur. À force, le moteur casse.
L’erreur n°2 (vous forcer à être positif) vous coupe de votre ressenti réel. Vous n’écoutez plus les signaux de votre corps. Vous ne savez plus ce dont vous avez vraiment besoin. Vous perdez le contact avec vous-même. C’est la porte ouverte à l’anhédonie – cette incapacité à ressentir du plaisir, qui est un signe central de la dépression.
L’erreur n°3 (vous isoler) vous prive de la régulation sociale. Votre cerveau, privé de signaux de sécurité relationnels, interprète votre isolement comme une menace vitale. Il active alors des mécanismes de survie qui, à long terme, deviennent pathologiques : ralentissement, apathie, désespoir.
Ces trois erreurs combinées transforment un épuisement réversible en un état de détresse chronique. C’est ainsi qu’on glisse d’un « burn-out » (épuisement des ressources) à une dépression (effondrement du système).
Mais la bonne nouvelle, c’est que vous pouvez inverser la tendance. Pas en un jour. Pas en claquant des doigts. Mais en arrêtant de faire ces trois erreurs, dès maintenant.
Je ne vais pas vous donner une liste de 50 choses à faire. Vous n’avez pas l’énergie pour ça. Je vais vous donner trois micro-actions, une par erreur. Choisissez-en une. Juste une. Et faites-la ce soir.
Pour l’erreur n°1 (repos vs distraction) : Ce soir, 30 minutes avant de vous coucher, éteignez tous vos écrans. Posez votre téléphone dans une autre pièce. Asseyez-vous dans le silence. Ou allongez-vous. Fermez les yeux. Respirez. Si des pensées arrivent, laissez-les passer comme des nuages. Restez là, sans rien faire d’autre, pendant 10 minutes. Puis allez vous coucher. Faites ça trois soirs cette semaine.
Pour l’erreur n°2 (positivité forcée) : Demain matin, avant de vous lever, posez-vous une question : « Qu’est-ce que je ressens vraiment, là, maintenant ? » Et répondez honnêtement. « Je ressens de la fatigue. » « Je ressens de l’anxiété. » « Je ressens du vide. » Ne cherchez pas à changer ce ressenti. Juste à le nommer. C’est tout. Faites ça chaque matin pendant une semaine.
Pour l’erreur n°3 (isolement) : Avant la fin de la journée, envoyez un message à quelqu’un. Pas pour parler de votre état. Juste pour dire : « Je pense à toi. » Ou : « Est-ce qu’on peut se voir 10 minutes cette semaine ? » Ou même : « Je suis fatigué, et j’ai besoin d’un signe de ta part. » Le simple fait de tendre la main brise l’isolement.
Je sais que lire cet article vous a demandé de l’énergie. Peut-être que vous avez reconnu vos propres erreurs. Peut-être que ça a réveillé une gêne, une honte, une tristesse. C’est normal. Ce n’est pas un signe de faiblesse. C’est un signe que vous êtes vivant, que votre système nerveux fonctionne encore, et qu’il vous envoie des signaux.
Ne les ignorez pas.
Si vous sentez que vous êtes trop loin, que vous n’arrivez plus à faire ces petites actions seules, ce n’est pas un échec. C’est le moment de demander un accompagnement. Je reçois des personnes comme vous dans mon cabinet à Saintes depuis 2014. Parfois, le simple fait de poser son épuisement dans un espace sécurisé, avec quelqu’un qui sait écouter sans juger, suffit à amorcer le changement. L’hypnose ericksonienne, l’IFS ou l’Intelligence Relationnelle sont des outils qui peuvent vous aider à sortir de ce cercle vicieux. Mais le premier pas, c’est de décider que vous méritez d’aller mieux.
Vous n’êtes pas seul. Vous n’êtes pas faible. Vous êtes simplement épuisé. Et c’est une condition qui se soigne.
Prenez so
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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