3 exercices d’hypnose pour sortir de la torpeur
Des techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
Des actions simples à mettre en place dès aujourd'hui.
Vous avez le sentiment de fonctionner sur des piles presque vides. Chaque matin, le simple fait de sortir du lit vous coûte un effort démesuré. Vous croisez des collègues, des amis, votre famille, et vous souriez, mais à l’intérieur, c’est le désert. Vous vous sentez vidé, irritable, parfois même indifférent à ce qui vous passionnait avant. Si vous vous reconnaissez dans ces quelques lignes, vous n’êtes pas seul. Et surtout, ce n’est pas une fatalité.
Je reçois régulièrement dans mon cabinet à Saintes des hommes et des femmes qui viennent me dire, souvent à voix basse, comme s’ils avouaient une faiblesse : « Je n’en peux plus. Je suis à bout. » Ils parlent de fatigue, mais pas de celle qui se soigne avec une bonne nuit de sommeil. Ils parlent de quelque chose de plus profond, de plus sournois : l’épuisement émotionnel. Celui qui vous prend aux tripes et vous laisse avec l’impression de ne plus avoir de ressources, ni pour les autres, ni pour vous-même.
L’épuisement émotionnel n’est pas une maladie honteuse. C’est un signal d’alarme que votre corps et votre psychisme vous envoient. Le problème, c’est que nous avons souvent appris à l’ignorer, à le couvrir de caféine, de listes de tâches et d’écrans. Et plus on l’ignore, plus il s’installe. Dans cet article, je vais vous proposer trois solutions concrètes, directement issues de ce que j’utilise en cabinet avec mes patients. Ce sont des actions simples, que vous pouvez commencer à mettre en place dès aujourd’hui. Pas de promesses miracles, juste des outils qui marchent, à condition de les essayer.
Avant de parler de solutions, il faut comprendre ce qui se joue. L’épuisement émotionnel n’est pas le résultat d’un seul gros événement. C’est souvent l’accumulation de petites choses, répétées jour après jour, qui finit par saturer votre système nerveux. Imaginez un verre d’eau. Chaque micro-stress, chaque contrariété, chaque demande non exprimée, chaque moment où vous vous forcez à sourire alors que vous avez envie de pleurer, c’est une goutte de plus. Au début, le verre se remplit lentement. Vous gérez. Vous êtes fort. Vous tenez. Puis, un jour, une toute petite goutte de rien du tout fait déborder le verre. Et vous vous effondrez.
Prenons un exemple. Je reçois un jour un patient que j’appellerai Marc, 42 ans, cadre commercial. Il vient me voir parce qu’il a « tout pour être heureux » mais qu’il ne ressent plus rien. Il me dit : « Je rentre le soir, ma femme me parle, mes enfants me parlent, mais j’ai l’impression d’être derrière une vitre. Je les entends, mais je ne les sens pas. » Marc n’a pas vécu de traumatisme violent. Non. Il a simplement, pendant des années, mis ses besoins émotionnels de côté. Au travail, il encaissait les pressions sans rien dire. Avec ses proches, il jouait le rôle de l’homme solide. Il n’a jamais appris à dire « je suis fatigué », « j’ai besoin d’aide », ou simplement « arrêtez, je n’en peux plus ». Résultat : son système nerveux a fini par se mettre en mode économie d’énergie. Plus de sensations fortes, plus d’émotions, juste une fatigue profonde et une sensation de vide.
Ce mécanisme est bien connu en neurosciences. Quand vous êtes soumis à un stress chronique, votre corps sécrète du cortisol, l’hormone du stress. C’est utile pour faire face à un danger immédiat. Mais quand le stress devient permanent, le cortisol reste haut, et votre système nerveux s’épuise. Vous passez en mode survie. Et en mode survie, il n’y a plus de place pour la joie, la créativité ou l’empathie. Vous fonctionnez en pilotage automatique, juste pour tenir.
« L’épuisement émotionnel, c’est quand votre âme a besoin de vacances, mais que votre mental continue de vous envoyer au travail. »
Si vous en êtes là, sachez que vous n’avez pas à vous juger. Vous avez simplement fait ce que vous pensiez devoir faire pour tenir. Mais maintenant, il est temps de changer de stratégie. Voici trois solutions concrètes.
La première chose que je propose à mes patients, c’est d’arrêter de courir. Littéralement. Pas de tout arrêter du jour au lendemain, mais d’instaurer une micro-pause quotidienne dédiée exclusivement à leurs émotions. Je sais ce que vous allez me dire : « Je n’ai pas le temps. » C’est ce que me disent tous mes patients. Et c’est justement pour ça que c’est indispensable. Vous n’avez pas le temps de ne pas le faire.
Concrètement, cette pause, c’est 5 à 10 minutes par jour. Pas plus. C’est un moment où vous vous isolez, sans téléphone, sans écran, sans distraction. Vous vous asseyez confortablement, vous fermez les yeux, et vous posez votre main sur votre cœur ou sur votre ventre. Ensuite, vous posez une question simple à votre corps : « Qu’est-ce qui est présent pour moi, là, maintenant ? » Vous ne cherchez pas à analyser, à juger ou à résoudre. Vous laissez simplement émerger ce qui vient : une tension dans les épaules, une boule dans la gorge, une sensation de vide dans le ventre, une pensée qui tourne en boucle. Vous accueillez, sans rien faire.
Ce qui se passe ici, c’est que vous donnez enfin une voix à votre système nerveux. Vous arrêtez de l’ignorer. Vous lui dites : « Je te vois, je t’entends. » Et ça, c’est incroyablement réparateur. Un patient, appelons-le Sophie, infirmière de 35 ans, m’a dit après trois semaines de cette pratique : « Je ne savais pas que j’avais autant de colère en moi. Je croyais que j’étais juste fatiguée. » En accueillant sa colère, elle a pu comprendre qu’elle accumulait depuis des mois des frustrations au travail sans jamais les exprimer. La pause émotionnelle n’a pas résolu son problème du jour au lendemain, mais elle lui a donné une information cruciale : « Tu es en colère. Et c’est normal. »
Comment faire concrètement dès aujourd’hui ? Choisissez un moment fixe. Le plus simple, c’est le matin au réveil, avant de toucher votre téléphone, ou le soir, juste avant de vous coucher. Mettez un minuteur sur 5 minutes. Asseyez-vous. Main sur le ventre. Respirez normalement. Et posez la question. Si des larmes viennent, laissez-les couler. Si c’est le vide, restez avec le vide. L’important, c’est de ne pas fuir. Vous allez voir, au début, ça peut être inconfortable. On n’a pas l’habitude de s’arrêter. Mais c’est précisément cet arrêt qui va recharger vos batteries.
L’épuisement émotionnel est souvent le symptôme d’un excès de « oui ». On dit oui à son patron qui ajoute une tâche de dernière minute. On dit oui à son ami qui a besoin d’un service. On dit oui à son conjoint qui aimerait qu’on sorte ce soir, alors qu’on a envie de rester sous la couette. On dit oui à ses enfants, à ses parents, à ses collègues. Et à force de dire oui aux autres, on finit par dire non à soi-même. Et ce non silencieux, il s’accumule, il pèse, il épuise.
Je travaille beaucoup avec l’Intelligence Relationnelle, une approche qui permet de comprendre comment nos interactions avec les autres impactent notre état intérieur. L’un des principes fondamentaux, c’est que dire non à l’autre, c’est parfois dire oui à soi. Et ce n’est pas égoïste. C’est vital. Quand vous êtes épuisé, votre capacité à donner aux autres est déjà nulle. Vous donnez avec des réserves vides. Un non posé avec clarté et douceur est un acte de préservation.
Prenons un cas concret. Je reçois Camille, 29 ans, enseignante. Elle est dévouée, passionnée, mais elle ne sait pas poser de limites. Elle reste des heures après la classe pour aider des élèves en difficulté, elle répond aux mails des parents le soir, elle accepte de remplacer des collègues le week-end. Elle me dit : « Je me sens coupable si je refuse. J’ai l’impression de ne pas être à la hauteur. » Cette culpabilité, c’est le piège classique. On croit qu’en disant non, on va décevoir, perdre l’estime des autres, être rejeté. Mais en réalité, quand on est épuisé, on finit par être irritable, inefficace, et on déçoit tout le monde, y compris soi-même.
Alors, comment réapprendre à dire non ? Voici une technique simple que j’enseigne en cabinet : le « non en trois temps ». C’est une formule que vous pouvez adapter à toutes les situations. Premièrement, vous accueillez la demande : « Je comprends que tu as besoin de moi. » Deuxièmement, vous exprimez votre limite : « Malheureusement, je ne peux pas le faire maintenant. » Troisièmement, vous proposez une alternative si vous le souhaitez : « Je peux t’aider demain si ça t’arrange, ou peut-être que quelqu’un d’autre peut le faire ? » Vous voyez, vous ne rejetez pas la personne. Vous rejetez juste la demande, à ce moment-là. C’est très différent.
« Chaque fois que vous dites oui à quelque chose que vous ne voulez pas vraiment, vous dites non à une partie de vous-même. Et cette partie finit par se venger sous forme d’épuisement. »
Je vous propose un exercice immédiat. Prenez une feuille ou une note sur votre téléphone. Listez toutes les fois où vous avez dit oui cette semaine par obligation ou par culpabilité. Juste les identifier, sans vous juger. Ensuite, pour chacune, demandez-vous : « Qu’est-ce que j’aurais préféré faire à la place ? » C’est un premier pas. Le deuxième pas, c’est de choisir une situation dans les jours à venir où vous allez tester ce « non en trois temps ». Commencez petit. Un collègue qui vous demande de l’aide sur un projet alors que vous êtes submergé ? Essayez. Un ami qui vous propose une sortie alors que vous êtes vidé ? Dites : « Merci de penser à moi, mais j’ai besoin de repos ce soir. » Vous verrez, le monde ne s’effondre pas. Et vous, vous reprenez un peu de votre énergie.
La troisième solution est peut-être la plus agréable. Elle consiste à réintroduire délibérément du plaisir dans votre quotidien. Quand on est épuisé émotionnellement, on a tendance à tout couper. On se dit : « Je n’ai pas d’énergie pour ça », « Ce n’est pas le moment », « Je dois d’abord régler mes problèmes ». Et on entre dans un cercle vicieux : moins on fait de choses agréables, moins on a d’énergie, et moins on a d’énergie, moins on fait de choses agréables. Il faut casser ce cercle.
Je ne vous parle pas de partir en vacances aux Maldives ou de vous inscrire à un cours de macramé tous les soirs. Je parle de micro-moments. Des petites choses qui vous font du bien, qui durent 30 secondes, 2 minutes, 5 minutes. L’idée, c’est de nourrir votre réservoir émotionnel, goutte par goutte. Un sourire échangé avec un inconnu dans la rue. Le goût d’un café pris sans se presser, en pleine conscience. L’odeur de l’herbe coupée en sortant du travail. Une chanson que vous aimez, écoutée en entier, sans rien faire d’autre. Un étirement de tout le corps en se levant. C’est minuscule, et c’est puissant.
Pourquoi ça marche ? Parce que votre système nerveux a besoin de signaux de sécurité. Quand vous êtes en stress chronique, il est en alerte permanente. Il cherche des menaces. Les micro-moments de plaisir lui envoient le message inverse : « Tout va bien, tu peux te détendre. » Peu à peu, ces petites pauses permettent de rééquilibrer votre système nerveux autonome, de faire baisser le cortisol et de remonter le taux de dopamine, votre neurotransmetteur du plaisir et de la motivation.
Un patient, que j’appellerai Julien, 38 ans, commercial, était dans un état d’épuisement avancé. Il ne faisait plus rien pour lui. Il travaillait, dormait, et recommençait. Je lui ai demandé de noter, chaque jour, trois micro-moments de plaisir qu’il s’accordait. Au début, il a ri : « Je n’ai pas le temps de chercher du plaisir. » Je lui ai dit : « Ce n’est pas à chercher, c’est à cueillir. » La première semaine, il a noté : « Le bruit de la pluie sur le toit de ma voiture », « Le regard de mon chien quand je rentre », « La première gorgée de mon café le matin ». Rien d’extraordinaire. Mais au bout de deux semaines, il m’a dit : « Je me sens moins lourd. C’est bizarre, je n’ai pas changé ma vie, mais je me sens moins lourd. » C’est exactement ça. Vous ne changez pas votre vie, vous changez votre rapport à elle.
Comment faire dès aujourd’hui ? Prenez un carnet ou une note sur votre téléphone. Aujourd’hui, avant de vous coucher, notez trois micro-moments de plaisir que vous avez vécus. Même tout petits. Surtout tout petits. Et demain, en vous levant, dites-vous : « Aujourd’hui, je vais chercher à cueillir au moins un moment de plaisir. » Ce n’est pas une obligation, c’est une invitation. Vous verrez, votre regard va commencer à changer. Vous allez remarquer des choses que vous aviez cessé de voir. Et ces petites gouttes de plaisir, jour après jour, vont finir par remplir votre réservoir.
Je voudrais être honnête avec vous. Ces trois solutions sont simples, mais elles ne sont pas faciles. Le plus grand obstacle, ce n’est pas leur mise en œuvre. C’est la tentation de remettre à plus tard. « Je commencerai la pause émotionnelle lundi. » « Je dirai non quand je serai moins fatigué. » « Je chercherai du plaisir quand j’aurai fini ce dossier. » C’est le piège de l’attente. On attend d’être moins épuisé pour recharger ses batteries. Mais c’est l’inverse qu’il faut faire. C’est en rechargant ses batteries qu’on devient moins épuisé.
Je vois souvent des patients qui arrivent en consultation après des mois, parfois des années, à avoir tenté de « tenir le coup ». Ils ont espéré que ça passerait tout seul. Que les vacances d’été allaient tout arranger. Que le changement de saison allait faire le travail. Et à chaque fois, ils se retrouvent au même point, ou pire. Parce que l’épuisement émotionnel, si on ne s’en occupe pas, il s’installe. Il devient chronique. Il peut même mener à la dépression, à l’anxiété généralisée, ou à des symptômes physiques comme des troubles digestifs, des migraines, des douleurs chroniques.
Alors, oui, ces trois solutions demandent un petit effort au début. C’est comme réapprendre à marcher après une longue maladie. Ça paraît difficile, voire impossible. Mais chaque pas compte. Et vous n’êtes pas obligé de tout faire en même temps. Choisissez une seule des trois solutions pour la semaine à venir. La pause émotionnelle de 5 minutes, par exemple. Ou le fait de dire non à une seule chose qui vous pèse. Ou la cueillette de trois micro-moments de plaisir par jour. Une seule. Et tenez-vous-y. Pas pour être parfait, mais pour
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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