3 exercices d’hypnose pour sortir de la torpeur
Des techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
Comment ces deux approches libèrent vos parts intérieures.
Vous êtes là, dans votre salon, un soir de semaine. Le téléphone vibre, c’est un message d’un proche, rien d’urgent. Pourtant, votre cœur s’accélère. Une boule se forme dans votre ventre. Vous inspirez, vous expirez, mais la sensation reste, tenace, comme une vieille compagne que vous n’avez jamais invitée. Vous vous dites : « Ça va passer, ce n’est rien. » Mais ça ne passe pas. Pas vraiment. Pas longtemps.
Si vous lisez ces lignes, il y a des chances que vous connaissiez cette scène par cœur. Peut-être même que vous avez tout essayé : la respiration, la méditation, les « arrête de stresser » bien intentionnés de votre entourage, voire des médicaments. Et pourtant, l’angoisse revient, sournoise, changeant de visage, de situation, de prétexte. Elle vous suit au travail, dans votre couple, dans votre sommeil.
Je reçois des personnes comme vous depuis des années à Saintes. Des adultes intelligents, lucides, qui en ont « ras-le-bol » de se sentir prisonniers de cette mécanique invisible. Et souvent, ce qui fonctionne là où d’autres approches butent, c’est une alliance discrète et puissante : l’hypnose ericksonienne couplée à l’IFS (Internal Family Systems). Pourquoi ? Parce que ces deux méthodes parlent le même langage que votre angoisse : celui des parts de vous.
Votre angoisse n’est pas un bug, ni une faiblesse. C’est une partie de vous qui essaie de faire son job, mais avec des méthodes d’un autre temps. Et pour l’apaiser durablement, il ne s’agit pas de la combattre, mais de l’écouter, de la comprendre, et de lui redonner sa juste place. C’est ce que propose cette alliance thérapeutique.
Avant de parler des solutions, posons-nous une minute. L’angoisse tenace, ce n’est pas l’anxiété passagère avant un examen ou un entretien. C’est une présence. Elle peut prendre la forme d’une vigilance constante, d’un sentiment d’oppression, de crises de panique imprévisibles, ou d’une rumination mentale qui vous épuise.
Ce qui la rend si coriace, c’est qu’elle est souvent protectrice. Imaginez : dans votre histoire, il y a eu un moment – un événement marquant, une période de stress prolongée, une parole blessante – où votre système nerveux a décidé qu’il fallait absolument vous protéger. Pour ça, il a créé une « part » dédiée à la vigilance. Son job ? Scanner l’environnement en permanence pour détecter le danger, vous préparer au pire, vous empêcher de prendre des risques. Cette part fait son boulot. Le problème, c’est qu’elle utilise des données datées. Elle agit comme si le danger d’hier était encore présent aujourd’hui.
Quand vous essayez de la raisonner (« Mais non, tout va bien, arrête ! »), elle se braque. Quand vous luttez contre les sensations physiques qu’elle provoque (cœur qui bat, mains moites), elle s’active encore plus. Vous êtes dans un conflit intérieur. Une partie de vous veut vivre, se détendre, avancer. L’autre partie veut la sécurité absolue, quitte à vous paralyser.
C’est là que les approches classiques butent. La relaxation peut être vécue comme une menace par cette part protectrice : « Si on se détend, on baisse la garde, et le danger va arriver ! » Les médicaments atténuent les symptômes, mais ils ne parlent pas à la part. Les thérapies purement cognitives peuvent vous donner des outils, mais si la part ne se sent pas entendue, elle trouvera un autre moyen de vous alerter.
La clé : arrêter de vouloir tuer l’angoisse, et commencer à dialoguer avec la part qui la porte.
« Votre angoisse n’est pas votre ennemie. C’est un gardien fatigué qui veille encore sur une porte que vous avez fermée il y a longtemps. »
L’hypnose que je pratique n’a rien à voir avec les spectacles de foire ou le sommeil. C’est un état de conscience modifiée, parfaitement naturel, que vous expérimentez plusieurs fois par jour sans le savoir : quand vous êtes absorbé par un film, quand vous conduisez sur une route familière et que votre esprit vagabonde, ou juste avant de vous endormir.
Dans cet état, votre esprit critique (le « oui mais », le « ça ne marchera pas », le « je dois tout contrôler ») se met en retrait. Votre conscient laisse la place à votre inconscient, cette immense bibliothèque de ressources, de souvenirs et de mécanismes qui régit 95% de votre fonctionnement. L’hypnose ericksonienne, du nom de Milton Erickson, est particulièrement douce et permissive. Elle ne cherche pas à imposer un ordre, mais à suggérer des possibles en utilisant vos propres images, vos propres métaphores.
Concrètement, pour une personne angoissée, l’hypnose offre une porte d’entrée sans effraction. Au lieu de forcer la part protectrice à se taire (ce qui la rendrait plus agressive), on l’invite à se détendre un peu. On utilise des métaphores : « Vous pouvez peut-être remarquer comment une rivière peut contourner un rocher sans le détruire… » Votre inconscient, lui, saisit le message. Il sait qu’il s’agit de l’angoisse. Il capte l’idée de fluidité, de contournement, de souplesse.
L’hypnose seule peut déjà faire des merveilles : calmer le système nerveux, installer un refuge intérieur, renforcer une partie « observatrice » en vous, celle qui peut regarder l’angoisse sans être submergée. Mais pour les angoisses vraiment tenaces, celles qui ont des racines profondes, il manque parfois quelque chose. Un dialogue plus structuré, plus identitaire. C’est là que l’IFS entre en scène.
L’IFS (Internal Family Systems), développé par Richard Schwartz, part d’une idée simple et révolutionnaire : votre esprit n’est pas monolithique. Il est composé de multiples « parts » ou sous-personnalités, comme une famille intérieure. Chaque part a ses propres émotions, ses croyances, son âge, et surtout, une intention positive. Même la part qui vous pousse à vous isoler ou à vous ronger les ongles essaie de vous aider, de vous protéger, de vous éviter une souffrance plus grande.
Dans le cadre de l’angoisse, on rencontre typiquement trois types de parts :
Les pompiers : Ce sont les parts réactives. Dès que l’angoisse monte, elles prennent le contrôle pour éteindre le feu immédiatement. Ça peut être la part qui vous fait boire un verre de trop, qui vous pousse à fuir une situation sociale, à vous gratter, à vérifier trois fois si la porte est fermée. Leur méthode est brutale, mais leur intention est de vous soulager sur le moment.
Les managers : Ce sont les parts préventives. Elles bossent en amont pour que le danger ne se produise jamais. C’est la part qui vous fait planifier votre journée dans les moindres détails, qui vous dit « il faut être parfait pour être accepté », qui anticipe tous les scénarios catastrophe. L’angoisse chronique est souvent alimentée par un manager hyperactif.
Les exilés : Ce sont les parts vulnérables, souvent jeunes, qui portent les blessures du passé (honte, peur, solitude, abandon). Elles sont « exilées » parce que leurs émotions sont trop intenses, trop douloureuses. Les pompiers et les managers travaillent sans relâche pour que vous ne ressentiez jamais ce que ces exilés portent. L’angoisse, c’est souvent la sirène d’alarme des pompiers : « Attention, un exilé est en train de se manifester ! Vite, occupe-toi, stresse, contrôle ! »
Le travail en IFS, que je combine à l’hypnose, consiste à vous aider à entrer en contact avec votre Self – votre essence, votre centre calme, curieux, confiant, compatissant. Le Self n’est pas une part, c’est votre être fondamental. De cet endroit-là, vous pouvez dialoguer avec vos parts. Vous pouvez remercier le manager pour son travail de vigilance, et lui demander de prendre un peu de recul. Vous pouvez rassurer le pompier, lui dire que vous avez compris le danger, et que vous allez doucement approcher l’exilé.
L’hypnose facilite ce voyage. Elle crée un état de sécurité suffisant pour que le Self émerge, et pour que les parts les plus réticentes acceptent de se montrer.
Je vais vous donner un exemple anonymisé, qui ressemble à plusieurs séances que j’ai menées ici, à Saintes.
Un homme, que j’appellerai Julien, venu pour des angoisses liées à son travail. Il était manager, compétent, mais dès qu’il devait prendre la parole en réunion, son cœur s’emballait, sa voix tremblait, et il avait l’impression que tout le monde le jugeait. Il avait fait de la sophrologie, ça l’aidait un peu, mais la peur revenait toujours.
En séance, avec l’hypnose, nous avons d’abord installé un lieu de sécurité : un endroit imaginaire, confortable, où il se sentait calme et fort. Ensuite, je l’ai invité à « laisser venir » la part qui s’activait avant ces réunions. Une image est apparue : un petit garçon d’environ 7 ans, assis au fond d’une classe, terrorisé à l’idée que le professeur l’interroge. C’était un exilé. Julien, depuis son Self (calme, curieux), a pu le regarder avec compassion. Il a ressenti une vague d’empathie pour ce petit garçon.
Puis, une autre part est arrivée : un adulte sévère, avec une cravate serrée, qui lui disait « Il faut que tu sois irréprochable, sinon tu es nul ». C’était un manager. Au lieu de le combattre, Julien, guidé, a pu lui parler : « Je te remercie d’essayer de me protéger de l’échec et du jugement. Mais aujourd’hui, je peux gérer ça. Tu peux te détendre un peu. » Le manager a accepté, à condition que Julien « promette » de ne pas oublier de bien se préparer. Un accord a été trouvé.
La séance d’hypnose a permis de sceller cet accord. Les suggestions hypnotiques ont renforcé la connexion de Julien à son Self, et ont « reprogrammé » la réponse automatique : au lieu de panique, une alerte douce, suivie d’une respiration et d’un retour au calme. En quelques semaines, les angoisses en réunion ont diminué de 80%. Il a gardé sa vigilance professionnelle, mais sans la terreur. Il avait libéré la part intérieure qui souffrait.
Ce n’est pas de la magie. C’est un travail de négociation intérieure. L’hypnose ouvre la porte de la salle de réunion de votre esprit. L’IFS donne un ordre du jour et un médiateur compétent.
Je veux être honnête avec vous. L’hypnose et l’IFS ne sont pas une baguette magique. Voici ce qu’elles font :
Voici ce qu’elles ne font pas :
Un écueil que je vois souvent chez les personnes qui commencent ce travail, c’est la tentation de vouloir se débarrasser de leurs parts. « Maintenant que je sais que c’est une part, je veux qu’elle parte ! » C’est compréhensible, mais c’est une erreur.
Imaginez que vous ayez un chien de garde qui aboie toute la nuit parce qu’il a peur. Si vous le chassez, il va aboyer encore plus fort, ou un autre chien prendra sa place. Si vous le frappez, il deviendra agressif. La seule solution, c’est de descendre, de le regarder dans les yeux, de comprendre ce qui lui fait peur, et de le rassurer. Peut-être même de le caresser et de le remercier d’avoir été si vigilant.
Vos parts ne demandent pas à être éliminées. Elles demandent à être reconnues, comprises et déchargées de leur mission. Une fois qu’elles se sentent vues et acceptées par votre Self, elles se transforment. Le manager sévère peut devenir un organisateur bienveillant. Le pompier paniqué peut devenir un allié créatif. L’exilé blessé peut retrouver son innocence et sa joie.
L’hypnose est l’outil idéal pour cette rencontre. Elle permet de créer une bulle de sécurité temporelle. Votre part la plus méfiante sait qu’elle n’est pas en danger, qu’elle peut se montrer sans être jugée ou forcée. Dans cet espace, la guérison peut opérer naturellement.
« Le chemin vers la paix intérieure ne passe pas par la guerre contre vos parts, mais par la paix négociée avec chacune d’elles. Vous êtes le chef de la table, pas le général d’une armée. »
Vous n’avez pas besoin d’être en séance pour commencer à poser les bases de ce travail. Voici une pratique simple, que vous pouvez faire chez vous, dans un moment calme, pour 5 minutes.
Asseyez-vous confortablement, fermez les yeux. Prenez trois respirations profondes, en laissant votre ventre se gonfler comme un ballon.
Posez une main sur votre cœur ou sur votre ventre, là où vous sentez souvent l’angoisse. Sans vouloir la changer, accueillez la sensation. Vous pouvez dire intérieurement : « Bonjour, je sens que tu es là. »
Adressez-vous à l’angoisse comme à une partie de vous. Ne dites pas « mon angoisse », mais « la part qui est angoissée ». Demandez-lui, avec une curiosité sincère (pas d’exigence) : « Qu’essaies-tu de me protéger ? » ou « Quel est ton travail pour moi ? »
Écoutez la réponse. Elle peut venir sous forme d’une phrase, d’une image, d’une sensation. Ne jugez pas. Remerciez simplement cette part pour sa réponse. Dites « Merci d’être là. Je t’ai entendue. »
Rouvrez les yeux doucement. Notez ce
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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