3 exercices d’hypnose pour sortir de la torpeur
Des techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
Distinguer une émotion normale d'un trouble durable.
Tu es là, un soir de novembre, et tu te sens vide. Pas fatigué, pas angoissé, juste… rien. Le plat de pâtes que tu as préparé refroidit devant toi. La série que tu aimais d’habitude te semble fade. Tu te demandes si c’est juste un coup de mou ou si quelque chose de plus sérieux s’installe. Peut-être que cette fatigue dure depuis des semaines, ou des mois. Peut-être que tu as arrêté de voir tes amis sans vraiment le décider. Peut-être que tu te réveilles à 3 heures du matin avec le cœur lourd, sans raison précise.
Ce questionnement, je l’entends presque chaque semaine dans mon cabinet à Saintes. Des adultes viennent me voir en me disant : « Je ne sais pas si je suis déprimé ou si je traverse juste une mauvaise période. » Et c’est une excellente question. Parce que la frontière entre une tristesse passagère – une émotion humaine normale, saine même – et une dépression profonde – un trouble qui mérite une attention spécifique – est souvent floue. La confondre peut te faire passer à côté d’un vrai besoin d’aide, ou au contraire te faire croire que tu es « malade » alors que tu es simplement en train de vivre une phase difficile.
Dans cet article, je vais t’aider à distinguer les deux. Pas avec un diagnostic à distance (je ne peux pas, et ne le ferais pas), mais avec des repères concrets, issus de mon expérience avec l’hypnose ericksonienne, l’IFS (Internal Family Systems) et l’intelligence relationnelle. Je vais te montrer comment la durée, l’intensité, l’impact sur ton quotidien et la présence ou non d’un déclencheur peuvent éclairer ta route. Et je te donnerai des pistes pour agir, que tu sois dans une tristesse passagère ou face à une dépression qui s’installe.
Prêt à y voir plus clair ? Commençons par une distinction fondamentale.
Pour comprendre la différence entre tristesse passagère et dépression, il faut d’abord accepter une vérité inconfortable : la tristesse n’est pas l’ennemie. C’est une émotion comme la joie, la colère ou la peur. Elle signale une perte, une déception, un deuil. Quand tu perds ton travail, que tu traverses une rupture amoureuse ou que tu es confronté à l’échec d’un projet, ta tristesse est une réponse adaptée. Elle te dit : « Il s’est passé quelque chose d’important, prends le temps de le digérer. »
Le problème arrive quand cette tristesse cesse d’être un signal temporaire pour devenir un état permanent. C’est là que la dépression entre en jeu. En tant que trouble, la dépression n’est pas une émotion, mais un syndrome. Elle englobe toute une constellation de symptômes : humeur dépressive, perte d’intérêt ou de plaisir (anhédonie), fatigue chronique, troubles du sommeil, changements d’appétit, difficultés de concentration, sentiments de culpabilité excessive, et parfois même des pensées liées à la mort.
La clé, c’est la chronicité et la généralisation. Une tristesse passagère est liée à un événement précis et s’estompe avec le temps. La dépression, elle, s’installe dans la durée (au moins deux semaines selon les critères diagnostiques, mais souvent des mois ou des années) et colore tous les aspects de ta vie. Tu n’es pas triste à cause de quelque chose en particulier ; tu es triste dans tout, même dans les moments qui devraient être agréables.
Point clé : La tristesse passagère est une réaction à un événement. La dépression est un état qui persiste, souvent sans déclencheur clair, et qui envahit tout ton fonctionnement.
Je me souviens d’un patient, que j’appellerai Marc. Marc est venu me voir après un divorce difficile. Il pleurait facilement, se sentait vide, avait du mal à dormir. Pendant les premières séances, j’ai travaillé avec lui sur son deuil relationnel, en utilisant l’hypnose pour l’aider à accueillir sa tristesse sans s’y noyer. Après quelques semaines, il a commencé à aller mieux. Il est retourné au sport, a repris contact avec des amis. Sa tristesse était passagère, liée à une perte réelle. Il avait besoin d’un accompagnement pour traverser une tempête.
À l’inverse, j’ai reçu Sophie. Sophie n’avait pas de « raison » évidente d’être mal. Elle avait un bon travail, une famille aimante, une santé correcte. Pourtant, elle se traînait chaque matin, ne ressentait plus de joie, et se disait qu’elle était nulle. Sa dépression n’était pas une réponse à un événement, mais un trouble qui s’était installé silencieusement. L’approche a été très différente : nous avons exploré des parties d’elle-même (via l’IFS) qui portaient des croyances anciennes, comme « je ne mérite pas d’être heureuse », et nous avons travaillé à restaurer un lien avec ses ressources intérieures.
Alors, comment savoir où tu te situes ? Voici les trois questions que je pose souvent en consultation.
C’est le premier indicateur. La tristesse passagère a une durée de vie limitée. Elle peut durer quelques heures, quelques jours, voire une ou deux semaines si l’événement est marquant (un deuil, une séparation). Mais elle a une tendance naturelle à s’atténuer. Tu remarques que les moments où tu te sens mieux deviennent plus fréquents. Tu arrives à rire avec un collègue, à apprécier un bon café, à être distrait par un film.
La dépression, elle, s’installe dans la durée. Les critères diagnostiques parlent d’au moins deux semaines de symptômes quasi quotidiens. Mais dans la réalité, beaucoup de personnes que je reçois vivent avec cet état depuis des mois, voire des années. Ils ont oublié ce que ça fait d’être bien. La dépression devient leur nouvelle normalité.
Comment vérifier ? Pose-toi cette question honnêtement : « Est-ce que je me souviens de la dernière fois où je me suis senti léger, sans effort ? » Si la réponse est « non, pas depuis longtemps », c’est un signal d’alarme. La tristesse passagère laisse des fenêtres de répit. La dépression les condamne.
J’ai accompagné un coureur amateur, ancien marathonien, qui avait arrêté la course à cause d’une blessure. Pendant deux mois, il a été triste, frustré. C’était une tristesse passagère, liée à la perte de sa pratique. Il pleurait parfois, mais il avait encore de l’énergie pour ses enfants, pour son travail. Puis, la blessure a guéri, il a recommencé à courir, et sa tristesse a disparu. À l’inverse, j’ai vu des sportifs de haut niveau qui, après une défaite, tombent dans une dépression qui dure des mois, non pas à cause de l’événement, mais parce que leur identité tout entière était construite sur la performance. La perte a réveillé un vide plus profond.
Ce que tu peux faire maintenant : Prends un calendrier. Marque les jours où tu te sens « normal » ou « bien » (même un peu). Si tu constates que ces jours sont rares (moins d’un tiers du mois), et que cela dure depuis plus de deux semaines, c’est le moment de consulter un professionnel.
La tristesse passagère est contextuelle. Tu peux être triste après une dispute avec ton conjoint, mais tu arrives à te concentrer sur ton travail. Tu peux pleurer en écoutant une chanson qui te rappelle un souvenir douloureux, mais tu as encore de l’appétit et tu dors correctement. La tristesse ne contamine pas tous les domaines de ta vie.
La dépression, elle, est envahissante. Elle touche tout : ton sommeil (insomnie ou hypersomnie), ton alimentation (perte ou gain de poids), ta concentration (tu lis une phrase trois fois sans la comprendre), ta vie sociale (tu annules systématiquement), ta libido, ton énergie physique. Rien n’est épargné.
C’est ce que j’appelle le syndrome de la vitre teintée. Quand tu es déprimé, tout te paraît gris, même ce qui est coloré. Un compliment te semble faux. Un succès te paraît insignifiant. Tu ne vis plus les hauts et les bas de la vie ; tu vis un plat continu.
Moment fort : La dépression, ce n’est pas juste être triste. C’est ne plus pouvoir ressentir la joie, même quand la raison de se réjouir est là. C’est une déconnexion de ton propre système émotionnel.
Je pense à une patiente, infirmière de profession, qui venait me voir pour une « fatigue ». En creusant, elle m’a dit : « Je ne ressens plus rien. Pas de tristesse, pas de colère, pas de joie. Juste un vide. » Elle avait arrêté de voir ses amis, ne cuisinait plus, et son travail, qu’elle aimait, était devenu une corvée. Ce n’était pas une émotion. C’était une absence d’émotion, une anhédonie profonde. La tristesse passagère, elle, est encore une émotion vivante. La dépression, c’est souvent l’émotion qui s’éteint.
Ce que tu peux faire maintenant : Fais une liste des domaines de ta vie : travail, relations, loisirs, sommeil, alimentation, sport. Note sur une échelle de 1 à 10 ton niveau de satisfaction ou de fonctionnement dans chacun. Si tu vois que la plupart sont en dessous de 5, et que cela dure, c’est un signe fort.
C’est l’un des points les plus trompeurs. Beaucoup de dépressions commencent après un événement difficile : un deuil, un licenciement, une rupture. On parle alors de dépression réactionnelle. Mais la différence avec une tristesse passagère, c’est que la réaction est disproportionnée en intensité ou en durée.
La tristesse passagère est proportionnée à l’événement. Tu perds ton travail, tu es triste quelques semaines, puis tu rebondis. La dépression réactionnelle, elle, te plonge dans un état qui dépasse largement ce que l’événement justifie. Tu perds ton travail, et six mois plus tard, tu es toujours incapable de te lever le matin, tu as des pensées suicidaires, tu te dévalorises totalement.
Et il y a les dépressions sans déclencheur apparent. Celles qui arrivent « comme ça », sans raison. C’est souvent le cas des dépressions endogènes, liées à des facteurs biologiques, génétiques ou à des traumatismes anciens qui refont surface. Dans ces cas-là, chercher une cause extérieure est une perte de temps. Le trouble est là, indépendamment des circonstances.
Comment vérifier ? Demande-toi : « Si l’événement qui me tracasse disparaissait demain, est-ce que je me sentirais mieux ? » Si la réponse est oui, et que tu sens que tu pourrais rebondir rapidement, c’est probablement une tristesse passagère. Si la réponse est « je ne sais pas » ou « non, je serais toujours vide », la dépression est probablement en jeu.
J’ai reçu un jour un homme d’une cinquantaine d’années, cadre commercial, qui venait de prendre sa retraite. Il était dévasté. Il pensait que c’était la retraite la cause. Mais en travaillant avec lui, nous avons découvert que son identité était entièrement construite sur son travail. La retraite n’avait fait que révéler un vide intérieur qu’il portait depuis l’adolescence. Ce n’était pas une tristesse passagère liée à un changement de vie, mais une dépression qui avait trouvé son moment pour émerger.
Parlons maintenant d’un sujet délicat, mais crucial : les pensées liées à la mort. La tristesse passagère peut inclure des pensées du type : « La vie est dure », « J’en ai marre », « J’aimerais que tout s’arrête un moment ». Mais ces pensées restent passagères et ne sont pas accompagnées d’un plan ou d’une intention.
La dépression profonde, elle, peut amener des idées noires plus structurées : « Je ne mérite pas de vivre », « Les autres seraient mieux sans moi », ou pire, des scénarios précis. C’est un signe de gravité majeur. Si tu as ces pensées, ou si tu connais quelqu’un qui les a, il ne s’agit plus de distinguer tristesse et dépression. Il s’agit d’agir immédiatement.
Point fort : Si tu as des pensées de mort, même vagues, ou si tu te dis que la vie ne vaut pas la peine d’être vécue, ne cherche pas à faire la différence tout seul. Appelle un professionnel de santé, un médecin, le 3114 (numéro national de prévention du suicide). C’est une urgence.
Je ne veux pas t’alarmer inutilement. Beaucoup de personnes déprimées n’ont pas de pensées suicidaires. Mais si elles sont présentes, elles changent la donne. La tristesse passagère ne te fait pas vouloir disparaître. La dépression, si.
Un dernier indicateur très concret : la capacité à faire des choses, même petites. La tristesse passagère te freine, mais tu peux encore te forcer à agir. Tu peux te lever, prendre une douche, répondre à un message. C’est difficile, mais possible.
La dépression, surtout quand elle devient modérée à sévère, te vole cette capacité. Ce n’est pas que tu ne veux pas ; c’est que tu ne peux pas. Le simple fait de te brosser les dents devient une épreuve titanesque. La fatigue est physique, pas seulement émotionnelle. On parle de fatigue dépressive, une lourdeur dans les membres, un sentiment d’être lesté de plomb.
J’utilise souvent un exercice simple avec mes patients : le test du verre d’eau. « Si je te demandais de te lever et d’aller boire un verre d’eau, est-ce que tu pourrais le faire ? » La personne triste va dire : « Oui, mais je n’ai pas envie. » La personne déprimée va dire : « Non, c’est trop dur, je n’y arriverai pas. » La différence est subtile, mais cruciale. La tristesse impacte la motivation. La dépression impacte la capacité d’action.
Ce que tu peux faire maintenant : Choisis une micro-action pour aujourd’hui. Pas un grand projet. Juste : boire un verre d’eau, ouvrir la fenêtre, écrire trois mots. Si tu arrives à le faire, même sans plaisir, c’est un bon signe que tu es encore en lien avec ton agentivité. Si tu n’y arrives pas, ou si l’idée même te semble impossible, c’est un signal pour demander de l’aide.
Que tu sois dans une tristesse passagère ou une dépression profonde, mon approche à Saintes est la même dans l’intention, mais différente dans l’application. Je ne te dirai pas « arrête de pleurer » ou « positive ». Je t’accompagnerai à écouter ce qui se passe en toi.
Pour une tristesse passagère, l’hypnose ericksonienne est très efficace pour t’aider à traverser l’émotion sans t’y enfermer. On peut travailler avec des métaphores pour digérer la perte, restaurer ton énergie, et retrouver un ancrage dans le présent. C’est un peu comme un massage émotionnel : ça soulage, ça libère, et ça te permet de reprendre ta route plus vite.
Pour une dépression profonde, l’IFS (Internal Family Systems) est souvent plus adapté. La dépression n’est pas un ennemi à combattre, mais souvent une **partie
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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